Disclaimer : Ragnarok Online n'est pas à moi du tout, j'ai emprunté pour l'occasion et je le rend en l'état après usage, promis, comme si j'y avais pas touché ! Les persos sont à moi sauf : Nathaniel Surame-Campz (qui est à Nath), Kardis (propriété de Mini Aqualys), Dany (propriété du sale type qui vit près de chez moi et n'est jamais passé boire une bière) et l'assassin blond à lunettes qui donne des noms aux armures (il se reconnaîtra )
Note : j'ai écrit ça pendant ma période « intermèdes »
Ebène avait mal à la tête d'avoir passé son temps à crier sur Ruad qui, par inattention, avait manqué piétiner successivement: deux orc warriors, trois gobelins, six wild roses, deux geographers, une demi douzaine de metallings et un gros insecte géant qui ressemblait à la pince que le bijoutier d'Alberta avait utilisé pour lui percer les oreilles quand elle avait six ans. D'ailleurs, c'était surprenant de voir Ruad calciner l'insecte gigantesque, alors qu'elle avait failli lui servir de petit déjeuner.
"Comment peux-tu
massacrer tous ces monstres puissants et rester plantée sans
rien faire devnt un orc?" lui avait-elle demandé.
Et
Ruad s'était lancée dans un discours sur le visage de
l'orc en question, qui était selon elle "presque humain"
et digne d'intérêt pour quiconque s'intéressait
aux monstres. Ebène n'avait pas été convaincue.
Le seul intérêt que méritaient les monstres,
c'étaient de savoir si elle pouvait leur fendre le crâne
à coups de hache sans trop se faire blesser. Et si elle
pouvait tirer un bon prix de leurs dépouilles...
Accompagner
Ruad à Einbech, c'était une idée d'Orchideis,
qui lui avait donné des arcs à vendre, ainsi que les
coordonnées d'acheteurs potentiels. Ruad, elle, était
officiellement là pour protéger Ebène, et pour
rendre visite à sa famille.
"Tu as vécu
longtemps ici?" demanda Ebène, pour faire la
conversation.
"Toute mon enfance, jusqu'au jour où je
suis partie à Geffen pour étudier la magie."
Ruad
lanca un éclair de feu sur un metalling qui passait par là,
et récupéra les morceaux de machinerie qui en
tombaient. Ebène resta un instant interdite. Elle repérait
les metallings à des kilomètres et ELLE RESTAIT PLANTEE
SANS RIEN FAIRE DEVANT DES ORCS! Cette Ruad n'avait aucune
logique...
"Tu dois avoir des souvenirs magnifiques
ici!"
Ebène parlait sans conviction. Pour elle,
Einbech était un trou perdu.
Ruad acquiesça
distraitement.
"Moi, j'ai d'excellents souvenirs à
Alberta" continua Ebène, "Mon inscription à
la guilde des marchands, mon premier petit ami, ma première
masse d'armes, mes cicatrices multiples,..."
"Moi, j'ai
juste une cicatrice" répondit Ruad.
"Tu l'as eue
comment?"
"On me l'a faite quand j'avais six mois"
Ruad
se pencha en avant, souleva sa natte et révéla une
large balafre qui entourait son cuir chevelu.
"J'avais pas de
cheveux à la naissance, ils ont poussé très
tard, et quand mon père a vu qu'ils étaient roux, il a
essayé de me scalper. Il a pas pu finir, parce que ma mère
a appelé le guérisseur."
Ruad avait raconté
son histoire comme s'il s'était agi d'une banale égratignure
causée par un accident de cuisine. Ebène resta bouche
bée.
"Il a voulu te scalper...parce que tu es
rousse?"
"Ben, ça signifiait que mon vrai père,
ce n'était pas lui, mais un mage rouquin qui avait visité
la ville une bonne année plus tôt. Faut le
comprendre..."
"Mais c'est horrible!"
"Quoi?
Que mon père ait eu un accès de rage?"
"Non,
que tu dise « Faut le comprendre »..."
Car Ebène
ne comprenait pas. Elle se savait "limitée" en ce
qui concernait la psychologie, mais tout de même...
pendant ce temps, à Geffen
"Hé ben dis donc! Qui
que ce soit, il t'a pas loupée!"
Kardis tenait le
piège refermé sur la jambe d'Orchideis, pendant que
cette dernière l'ouvrait et le retirait de sa jambe. Elle
avait une magnifique plaie en forme de pointillés sur son
mollet droit. Kardis la guérit, utilisant ses pouvoirs de
cruzader.
"Comment tu t'es fait ça?" demanda
Kardis.
"Eh bien, j'étais tranquille à Glast
Heim, quand un gros truc mort à volants est arrivé"
Kardis
grimaça. Elle avait peur des créatures de Glast
Heim.
"Alors j'ai reculé pour le viser et..."
Elle
ne finit pas sa phrase.
"Ca t'avait piégée?"
tenta Kardis.
Orchideis fit signe que ce n'était pas
vraiment exact. Kardis écarquilla les yeux, et éclata
de rire.
"Oh, ça va, hein! Tu riais moins quand je
descendais ces gros fantômes pendant que tu tremblais de
frousse!" rétorqua la chasseresse.
"Ouais, mais
toi, t'as encore marché sur tes propres pièges!"
Kardis
s'étouffait presque de rire.
"Marre toi, marre
toi...Mais quand tu verras un de ces dragons bizarroïdes, tu
seras contente de les avoir, mes trappes!"
"Je comprends
ce que le père Haray voulait dire quand il disait que ta pire
ennemie, c'était toi même!"
Orchideis se releva,
en maugréant, et ramassa son arc. Kardis essuya ses larmes et
suivit Orchideis.
Elles marchèrent un instant ensemble,
puis Orchideis s'éloigna de Kardis qui avait suggéré
que les pièges puissent être des pièges à
ours, avant de re-éclater de rire...
et dans la ville minière...
La maison des parents de Ruad était
petite et misérable. Ebène repéra trois fuites
dans le toit, six cafards, trois araignées, et estima la
valeur des chaises bancales presque cassées à un demi
zeny. Pour le lot.
Un portrait de famille, dessiné à
la hâte sur du papier jauni par le temps, montrait un homme
large d'épaules, aux cheveux noirs, une femme enveloppée,
brune également, deux garçons bruns, une petite fille
aux tresses brunes, qui tenait dans ses bras un bébé
également brun de cheveux. Et, dans un coin, une petite fille
pâle, aux cheveux plus clairs que les autres, avec des taches
de rousseur. Probablement Ruad.
"Asseyez vous,
mademoiselle Ebène. Excusez le désordre. Ma femme est
malade, et nos enfants ont tous quitté la maison. Je vais vous
servir quelque chose à boire. Et vous pouvez laisser votre
manteau à l'entrée, et votre hache aussi"
Le
père de Ruad n'avait prêté attention qu'à
la marchande, ignorant sa fille. Ebène se débarrassa de
son manteau, mais garda sa hache près d'elle. Elle regarda
encore le portrait. En bas de la feuille, il était écrit
"portrait de la famille..." et une tache avait brouillé
le dernier mot. Mais ce n'était certainement pas Sidhe.
Ruad!
Allume moi un feu dans la cheminée."
Ruad s'exécuta,
presque machinalement. Ebène manqua grimacer lorsque l'homme
en face d'elle ajouta, un rictus aux lèvres:
"Quoiqu'elle
essaie comme sort, ça finit de toute manière toujours
en boule de feu!"
Ebène toussota, et demanda, pour
détendre l'atmosphère, ce qu'il était advenu des
enfants sur le portrait de famille.
Le père de Ruad se
rengorgea, et commença:
"Mon fils aîné
est devenu ouvrier à Einbroch. Un vrai travailleur, celui-là!
Le second est à la mine, la plus jeune des filles est à
Izlude pour apprendre le combat à l'épée, et sa
grande soeur a épousé un riche marchand que vous
connaissez peut-être. Et Ruad envoie des boules de feu"
Il
éclata d'un rire gras. Ruad ne sembla pas réagir.
"Votre
fille est devenue assez puissante" rétorqua Ebène,
"Elle a tué un énorme insecte qui terrorisait tout
le monde par ici!"
"Avec des boules de feu?"
Ebène
fut forcée d'acquiescer. L'homme parut satisfait.
"Ne
vous laissez pas intimider, mademoiselle. Ma fille prend des grands
airs, mais elle n'est même pas capable de rassembler
suffisamment de magie pour faire descendre une araignée de son
plafond!"
Ebène se sentait carrément gênée
pour Ruad, qui ne semblait toujours rien remarquer. Elle marmonna que
Ruad lui avait sauvé la vie, et posa inconsciemment sa main
sur la garde de sa hache. Elle venait de comprendre pourquoi Ruad
avait toujours l'esprit qui s'évadait de son
corps...
pendant ce temps, du côté de Payon
Trent observait ce type depuis un bon quart d'heure. Il était affalé sur une chaise dans l'auberge, et avait de longs cheveux encore plus mal coiffés que les siens. Apparemment, c'était un chasseur. Il tenait sa tasse de café dans une main qu'ornaient deux bagues: une alliance, et une bague ornée d'un crâne. Trent en avait déjà ramassées du même genre. A l'intérieur de l'anneau, il y avait en général la même inscription: "ensemble jusqu'à la mort"...
Trent
se leva, et trébucha exprès alors qu'elle passait près
de sa cible. Comme prévu, l'homme se leva et lui tendit la
main. Elle la saisit et se releva.
"Merci" dit-elle, en
lui tapotant l'épaule, pendant que son autre main lui faisait
les poches.
"De rien, mais la prochaine fois..."
Il
lui saisit le poignet, interrompant le larcin de la jeune
fille.
"...trouvez une autre technique. Celle là, on
me l'a déjà faite un million de fois"
Quelques
hommes s'esclaffèrent. Trent dégagea sa main de la
poigne du type, et recula, adressant au type un sourire en coin.
«
N'empêche que là, je t'ai retiré ton alliance et
tu n'as rien remarqué! »
Elle s'enfuit de l'auberge
en courant, non sans avoir nargué sa victime en exhibant
l'anneau. Elle eut juste le temps de voir les deux noms gravés
à l'intérieur de la bague et de s'étonner de
voir celui d'Orchideis avant que Nathaniel ne l'attrape par le col et
ne la jette au sol.
Trent jura, alors que le chasseur lui criait
de lui rendre l'anneau.
« La vache, c'que tu cours vite »
protesta-t-elle.
Un faucon lui arracha l'alliance des doigts (et
Trent ajouta quatre au nombre de ses cicatrices).
« Pour un
piaf, t'es moins con que Hagall » marmonna-t-elle à
l'intention de l'oiseau.
Nathaniel, surpris d'entendre mentionner
le nom du faucon d'Orchideis, lui demanda de répéter.
«
J'ai dit: c'est bon, prend le toi même ton bijou, j'ai pas la
gale! »
Et elle s'en alla, en rouspétant...
promis, après j'arrête les intermèdes
Ruad
n'avait parlé que pour prendre des nouvelles de sa mère.
Le reste du temps, elle avait encaissé les piques de son père
sans sourciller. Ebène se sentait de plus en plus mal.
Orchideis aurait probablement trouvé de quoi répondre.
Trent aurait pillé la maison de ce type pour se venger. Mais
Ebène était trop polie pour répondre quoi que ce
soit à un sale type, si ce dernier l'invitait dans sa
demeure.
Ruad bailla.
« Au fait, on m'a parlé de
cet insecte qui terrorisait tout le monde » fit le père
de Ruad, « et on m'a dit qu'une magicienne l'avait tué
mais ça ne pouvait pas être Ruad »
Ebène
l'interrogea du regard.
« On m'a parlé d'une
magicienne accompagnée d'un grand type blond avec une hache
»
Ruad pouffa. Ebène se leva, et brandit sa hache.
«
Monsieur, je suis peut être grande, je suis peut être
blonde, mais je ne suis pas un type! » annonça-t-elle.
Ruad pouffa davantage.
« Donc ça ne pouvait pas être
Ruad! » rétorqua le père de la magicienne
hilare.
« Si, c'était elle! Et... »
Ebène
s'interrompit. Le père de Ruad était devenu bleu. Et
des stalactites de glace tombaient de son visage.
Ruad reposa son
bâton de mage et fit signe à Ebène de partir.
«
Bon, pour une fois que ça ne finit pas en boule de feu, on le
laisse là. J'ai eu des nouvelles de ma mère, c'est tout
ce que je suis venue faire ici. Maintenant, on s'en va avant qu'il ne
dégèle »
Ebène suivit Ruad
dehors.
Elles coururent pendant quelques mètres puis
marchèrent, d'abord silencieusement.
« Tu sais que
j'ai failli engager un assassin pour le tuer? » dit Ruad.
«
Vraiment? Et pourquoi tu ne l'as pas fait? »
« Pas
assez d'argent pour le payer »
Ebène ne répondit
rien. Elle réfléchissait. Finalement, elle demanda:
«
L'assassin, c'était pas un grand blond à lunettes de
soleil qui donne des noms aux armures ornementales? »
Ruad
haussa les épaules.
« Je ne m'en souviens plus.
Pourquoi? »
« Oh, pour rien. »
allez un dernier pour la route
Orchideis donna un coup de pied
dans la porte de la taverne pour l'ouvrir, et hurla de douleur. Bien
sur, elle avait tapé sur sa blessure!
Kardis la suivit, et
fit signe à un jeune prêtre, seul occupant des lieux à
boire autre chose qu'une grande chope de bière (et sans faux
col). Un ballon rebondit sur la tête d'Orchideis, qui se
retourna et vit un garnement qui faisait semblant d'être
désolé.
« Excusez moi madame »
commença-t-il, « je... »
« Hagall!
Poring! »
Le faucon d'Orchideis mit environ cinq secondes
pour mettre en pièces le ballon de l'enfant médusé.
«
Qu'il est con, ce piaf » songea-t-elle, satisfaite.
Pendant
que son amie allait chercher des boissons, Orchideis s'assit à
la table du prêtre.
« Dis, Dany, tu sais ce que je
t'ai dit le jour où tu as marché sur un de mes pièges?
» demanda-t-elle.
« Ce qui avait trait à une
flèche qui irait tout droit dans...vers le...à
l'arrière de... »
« Là où le
soleil ne brille jamais » dit Orchideis, pour l'aider. Elle
jeta un regard désabusé à Kardis, et lâcha:
«
Oublie ça, c'est pardonné. Hagall! Poring! »
Le
faucon fonça droit sur une botte orpheline, sans doute laissée
ici par un poivrot, et la déchiqueta proprement.
«
Qu'il est bête, ce piaf » ricana Orchideis, avant
d'ajouter: « Qu'est-ce qu'elle fabrique, Kardis? Elle fait
encore sa face de poring avec le...non Hagall NON! ICI! »
Mais
Hagall brisait déjà ses griffes sur l'armure de Kardis,
qui paraissait plus surprise qu'effrayée. Orchideis cacha son
visage dans ses mains, en grommelant:
« Mais qu'il est con,
ce piaf, mais qu'il est con,... »
