Disclaimer : Ragnarok Online n'est pas à moi, les persos sont en revanche tous à moi excepté Merlin, qui est à Nath. « Reficul » vient d'une chanson de Christian Death

Ruad finit par découvrir le secret de Trent, en usant de moyens fortement désapprouvés par toutes les guildes magiques. Envahir l'esprit des gens n'était jamais anodin, surtout si pour cela on utilisait l'esprit d'un mort. Au fur et à mesure, les défenses mentales de Ruad s'amenuisaient, et chaque jour elle échappait de peu à la possession.
Ruad finit donc par découvrir le secret de Trent, au prix de sa santé mentale…

Régulièrement, elle avait des « absences » durant lesquelles elle prononçait, d'une autre voix que la sienne, des paroles incompréhensibles (le mot « Reficul » revenait souvent). Elle avait acquis deux surnoms : « Ruad la Noire » (pour ses amis) et « l'Alcoolique avec sa Cape qui Traîne par Terre » (pour les autres).
C'est dans cet état là que Trent la ramassait souvent, à Prontera. Ses devoirs de Garde Royale l'obligeaient à la faire enfermer. Mais elle ne pouvait s'y résoudre. A la place, elle la giflait jusqu'à ce qu'elle reprenne ses esprits. Ce jour là, Trent n'était pas de service. C'est Orchideis qui la trouva, errant près de la fontaine.

« Ruad ? Ruad Sidhe ? » hasarda-t-elle.
La magicienne avait les cheveux ébouriffés, le circlet de travers, et des traces de nourriture sur le visage, comme les bébés. Et son regard était aussi figé que l'œil pourri de la hunter.
Orchideis l'aida à se lever, lui enleva, par précaution, son bâton de sorcière des mains, et l'emmena à l'Eglise. Enfant, elle avait vu quelques possédés se faire exorciser. Elle espérait qu'on pourrait faire quelque chose pour elle.
« La grêle, ça résume pas tout » lâcha la magicienne, sur le chemin. Orchideis sursauta.
« Quoi ? »
« Hagall est la rune de la grêle » poursuivit Ruad d'un ton éteint, « mais elle parle aussi de changement, et de deuil. Hagall partira, et toi tu vas refaire ta vie sans lui »
Orchideis jugea plus prudent de ne pas répondre.
« Et je sais pourquoi Trent est partie »
La hunter ne parla toujours pas. La sorcière lui prit le bras et la fit s'arrêter.
« Promet moi que si tu croises un chevalier qui ne porte de coquille que pour le style, tu lui enverras une flèche dans l'œil. »
Orchideis resta interdite. Ruad avait l'air dément, et néanmoins sérieux.
« Jure le moi. » insista-t-elle.
Orchideis déglutit, et acquiesça.
« Juré » dit-elle.
Ruad tremblota un moment, et lâcha le bras de la hunter.
« Trent est comme une sœur. Je veux quitter ma famille et en trouver une eriuder Hcebnie ne serdnec…… »
Cette fois-ci, Ruad convulsait carrément. Orchideis la secoua, et appela à l'aide. Mais le soir était tombé depuis longtemps, et les rues, à l'exception de quelques mendiants et de gardes qui ignoraient ostensiblement Ruad, étaient désertes.

Traînant la magicienne en convulsions, elle demanda à un des gardes où elle pouvait trouver Trent. Ce dernier lui dit qu'il n'en savait rien, et lui suggéra de gifler la magicienne (après tout, cette méthode était généralement efficace).
Mais cette dernière avait récupéré son bâton et avait déjà lancé un sort sur Orchideis, qui était gelée sur place. Un autre sort, beaucoup plus puissant, était également lancé. La magicienne démente s'apprêtait à invoquer le tonnerre sur la hunter gelée, les gardes qui s'étaient approchés pour la maîtriser s'étaient vus repoussés par une force invisible. Dans quelques secondes, le tonnerre allait tuer Orchideis….

Puis le sort s'annula. La glace qui retenait Orchideis se brisa. Une silhouette en robe noire s'approcha du duo. Orchideis soupira de soulagement.
« Merci, Merlin ! Sans toi, elle m'avait. »
Merlin l'Enchanteur annula un autre des sorts de Ruad, et fit signe à la hunter de fuir.
« Vas avertir un prêtre, mon enfant ! Je la surveille pendant ce temps là »
Orchideis courut en direction de l'Eglise, mais entra en collision avec Trent, que l'un des gardes avait été chercher. Les deux femmes tombèrent, et se relevèrent vite. Ebène était là aussi. Elle dînait à l'auberge, en compagnie de Trent, lorsqu'on était venu la chercher, et elle l'avait suivi.
Trent courut vers Ruad.
« Kiwi ! Prépare tes flèches d'argent ! » cria-t-elle.
« Je vais d'abord chercher un… »
« PREPARE LES ! »
Orchideis voulut protester, mais Trent ne lui laissa pas le temps.
« Merlin, continue de casser ses sorts, Kiwi, tiens toi prête, Ebène, envoie l'eau bénite et énerve là ! »
Ebène lança une fiole à Trent, qui l'attrapa au vol et, utilisant une technique de dissimulation apprise à la guilde des Rogues, disparut. La magicienne possédée reporta sa colère sur la marchande, qui dégaina son épée et l'agita devant elle. Orchideis ne comprenait plus rien. Elle chercha Merlin du regard, mais ce dernier était trop occupé à neutraliser les sorts de Ruad, qui s'attaquait alternativement à la marchande et au sage qui brisait ses sorts.
« Qu'est-ce que c'est que ce cirque ? » cria Orchideis.
« Elle va faire sortir le truc qui possède Ruad » répondit Ebène, entre deux moulinets de son épée.
« Avec de l'eau bénite ? » fit Orchideis, incrédule.
« Je l'ai marchandée suffisamment cher pour qu'elle soit efficace ! » répondit Ebène, d'un ton qui interdisait toute discussion.
Soudain, Trent réapparut derrière Ruad, et lui lança l'eau bénite. La magicienne trembla de plus belle, et Trent la ceintura, empêchant Ruad de bouger. Une silhouette nébuleuse s'échappait de la tête de la magicienne, dont le visage était méconnaissable.
« Vire le, Ru, vire le…Kiwi ! Tiens toi prête ! »
Orchideis équipa ses flèches d'argent, et Merlin annula un autre sort. La silhouette prit une forme vaguement humaine, et s'élança vers Ebène. Orchideis lui lança une de ses flèches, tandis que la marchande courait. En quelques flèches, c'en fut fini de l'entité, qui s'évapora.

Ruad toussa. Trent l'étreignait de toutes ses forces. Ebène reprit son souffle.
« On dirait que chaque fois que nous nous retrouvons, c'est pour sauver quelqu'un » dit-elle, rangeant son épée.
« Au fait, t'avais pas une hache ? »
« Si, mais je ne l'utilise plus. J'ai trop peur de l'abîmer »
Trent essuya la crasse sur le visage de la magicienne. Elles avaient toutes changé depuis leur première rencontre, même Ebène avait surmonté presque toutes ses difficultés.
La marchande prit congé. Merlin s'en retourna, non sans avoir salué Ruad d'une manière trop courtoise pour être honnête. La magicienne, rouge comme un drainliar, lui balbutia un « au revoir » maladroit.
« Les filles, si jamais je vous reprends à faire ce genre d'âneries, je vous jure que… »
Orchideis ne put finir sa phrase, car elle avait disparu ! Trent, abasourdie, prit peur. Ruad esquissa un sourire.
« Ce n'est rien, c'est simplement son mari qui a appris un nouveau …truc. Et il en use et abuse ! »
Trent soupira.
« A propos » ajouta Ruad, « Tu ne devineras jamais ce qui m'est arrivé ! »
Et les deux femmes s'en furent, bavardant comme si rien ne s'était passé…