Disclaimer : comme d'hab, hein, les amis, Ragnarok pas à moi, les persos à moi sauf Roda qui appartient à, euh…Roda (désolée ma poule je connais pas ton vrai nom !). Toute ressemblance avec un membre d'un groupe de punk-rock-cabaret ou de la musique rolistichaotique n'est pas accidentelle du tout.
Lorsque Viglione entra dans le bâtiment de la guilde des archers, certaines personnes se mirent à rire plus ou moins discrètement. D'autres le montrèrent du doigt, certains imitèrent même sa démarche, qui rappelait celle d'une danseuse juchée sur des crystal pumps. Pourquoi Viglione avait-il une telle réputation, alors qu'il était au moins aussi bon archer que quiconque appartenant encore à la guilde ? Etait-ce à cause de ses couvre-chefs ridicules (ce jour là, il portait de fausses oreilles de chien sur un serre-tête) ? Quoi qu'il en fût, Viglione s'en fichait.
Ce jour là, donc, il entra
dans le bâtiment de la guilde des archers, et au lieu de voir
le chef de la guilde derrière son comptoir, il vit une dame
brune qui lissait les plumes d'un faucon.
Il se dirigea vers
elle.
« Excusez moi, où est passé… »
«
Ah, tu dois être Vig ! » l'interrompit-elle.
Il
acquiesça, intrigué. Elle sourit, et expliqua :
«
On t'a fait appeler, si je n'm'abuse ? Parce qu'on m'a
demandé de te dire un truc. Le chef s'est absenté un
moment, alors… »
Viglione sourit. La fille était
plutôt mignonne, même s'il ne voyait pas ses yeux
cachés derrière des lunettes de soleil.
«
Alors voilà, commença-t-elle. On m'a demandé
de te dire d'aller chercher la machine à rajouter des cordes
aux arcs »
Viglione fronça les sourcils.
«
Il paraît que c'est Ebène, une marchande, qui l'a
empruntée pour réparer les vieux arcs qu'on lui file
et qu'elle revend. Elle est à Prontera. »
«
Mais, à quoi elle ressemble, cette machine ? »
«
Trop long à expliquer. Mais Ebène, tu la repèreras
facile. Grande, blonde, baraquée, qui serre sa hache de guerre
dans ses bras. Allez, file ! Ah, attends. Tiens, pour le voyage »
La
dame lui donna un petit sac rempli de zeny. Viglione la remercia et
s'en fut.
Arrivé à Prontera, il chercha parmi
les marchands. Il y en avait tellement qu'il craignait de rater
Ebène. De loin, il aperçut un marchand qui discutait
avec un de ses collègues, que Viglione ne voyait que de dos.
Le collègue en question portait des vêtements de femme.
Viglione, quelque peu surpris de voir un travesti en tenue de
marchande (ces derniers préférant généralement
les atours des danseuses ou des rogues, voire des assassins) s'avança
néanmoins vers ces deux là.
« Euh,
excusez-moi ? »
Le marchand travesti se retourna, et
Viglione constata que, si de dos, il ressemblait fort à un
homme, de face il était incontestable que ce marchand était
bel et bien une femme. Une femme dotée d'une forte
musculature, certes, mais également d'une poitrine
conséquente. Viglione dut lever la tête pour la regarder
dans les yeux.
« Est-ce que vous connaîtriez une
certaine Ebène ? »
« C'est moi »
répondit la marchande. Viglione se dit alors que l'expression
« grande blonde baraquée » était un peu
faible. Il aurait plutôt dit « monstrueuse armoire à
glace albinos ».
« Que puis-je faire pour vous ? »
demanda-t-elle, un aimable sourire aux lèvres. « Vous
êtes archer, on dirait ? J'ai ici pas mal de flèches à
pointe d'acier qui pourraient vous intéresser, elles… »
«
Non, en réalité, je suis apprenti barde, et… »
A
peine avait-il prononcé ce mot que le sourire d'Ebène
se fit beaucoup plus qu'aimable. Elle s'avança pour lui
serrer la main, et lorsqu'il la lui tendit, elle ne voulut plus la
lâcher.
« Mais je ne me suis pas présentée
correctement ! Ebène Bordensson, de la famille Bordensson
d'Alberta. Si vous voulez qu'on reparle de ces flèches, on
peut le faire autour d'un verre à la taverne!»
Elle
lui adressa un clin d'œil. Viglione eut envie de rire.
«
J'aime beaucoup votre chapeau. Ce sont des oreilles de kobold, il
me semble ? » demanda Ebène, en avançant une main
pour caresser les cheveux du jeune homme.
« La guilde des
archers m'envoie chercher la machine à rajouter des cordes
aux arcs » lâcha-t-il à toute vitesse, en
repoussant la main de la marchande.
Ebène, quelque peu
déçue, réfléchit, et dit :
«
C'est ennuyeux, je l'ai prêtée à une sorcière
pour qu'elle essaie de la rendre indestructible. Elle est à
Geffen. »
« Bon, eh bien je vais y aller ! »
«
Attendez ! Vous n'allez pas partir maintenant ! »
Ebène
lui avait passé un bras autour de la taille. Viglione
craignait qu'elle n'eût l'idée de poser sa main
plus bas.
« Euh, je vous assure, madame, qu'il faut que
j'y aille. Sinon, euh…sinon, les archers vont me renvoyer, et…
»
Ebène pouffa de rire.
« Bon ! Tiens, voilà
une gemme bleue. Elle servira à l'acolyte là-bas pour
t'y emmener plus rapidement. Vas à la guilde des sorciers,
demande Ruad, dis lui que c'est moi qui t'envoies. Et prends ceci
aussi »
Elle lui tendit un ticket.
« Qu'est-ce
que c'est ? » demanda Viglione.
« C'est un passe
pour une chambre que j'ai réservée à
Nenkara's. Si tu passes par ici, et que tu veux te reposer, ou…
»
Et devant le sourire lubrique et les clins d'œil de la
marchande, Viglione s'empressa de prendre congé et de partir
presque en courant prier l'acolyte désigné par Ebène
de l'emmener à Geffen…
Il courut presque jusqu'à
la guilde des sorciers, et frappa à la porte. Un jeune mage
lui ouvrit, et avant que Viglione n'ait eu le temps de se
présenter, il fut appelé ailleurs et partit, laissant
l'archer planté là.
Viglione avança
timidement parmi les sorciers, esquiva une boule de feu perdue, et
demanda à un sorcier où se trouvait Ruad. On lui
désigna une jeune fille rousse qui discutait avec un
sorcier.
Plus il avançait, plus il trouvait la jeune
sorcière jolie. La vue de la jeune magicienne estompa de son
esprit le souvenir du contact de la main calleuse d'Ebène.
«
Ecoute moi bien, Roda » disait Ruad, l'air buté, à
son collègue. « Cette cape traîne peut-être
par terre, mais elle est parfaitement pratique, et en plus, j'ai
fait broder toute une séquence de runes dessus, dont le
pouvoir ferait rougir même un sorcier aussi doué que
toi. En conséquence, je te défends d'oser dire que je
ressemble à un sac à patates ! »
«Toutes
les runes du monde n'y changeront rien ! » répondit
Roda en rigolant, « C'est l'uniforme des sorcières
qui est comme ça. Sac à patates tu es, sac à
patates tu resteras jusqu'à ta renaissance, ma jolie !»
«
Tu es jaloux parce que MOI j'ai la classe, alors que TOI, tu as
juste l'air d'être en robe de chambre ! »
«
Euh, excusez-moi ? » les interrompit Viglione.
Ruad
dévisagea l'archer d'un air absent.
« Ebène
m'envoie vous demander de… »
« Est-ce que j'ai
l'air d'un sac de pommes de terre, monsieur… monsieur?»
«
Viglione, mais mes amis m'appellent Vig. Et, euh…non, moi je vous
trouve très chouette »
Ruad lança un regard
triomphal à Roda, qui ne faisait même pas semblant
d'être convaincu.
« Enfin, je suis venu chercher la
machine à rajouter des cordes aux arcs. Ebène m'a dit
qu'elle vous l'avait donnée, et… »
Ruad toussa.
Viglione crut percevoir un rire étouffé derrière
cette quinte de toux.
« Euh…Je l'ai prêtée
à une amie à Payon. Elle s'appelle Trent, et…
»
Viglione soupira. Il commençait à se
demander si on ne se moquait pas de lui.
« Je ne peux rien
faire de plus. Je suis navrée »
« Ce n'est
rien. Merci quand même. Oh, et, monsieur, j'ai cru entendre
quelqu'un vous appeler Roda. Est-ce que ça a un rapport avec
les grenouilles ? »
Ruad éclata d'un rire si
inextinguible qu'elle en éjecta quelques éclairs du
bout de ses doigts. Roda, lui, resta digne, et se contenta de
répondre qu'il n'en était rien. Viglione salua les
sorciers, et s'en fut rapidement de ce qu'il qualifierait, une
fois dehors, de « maison de fous ».
Les employées
de Kafra Corp. L'envoyèrent à Payon en quelques
secondes. Il chercha Trent, d'abord sur la place du marché,
ensuite sur les terrains alentour. Personne ne semblait connaître
quiconque du nom de Trent, enfin, personne excepté un jeune
voleur qui lui indiqua une dame balafrée aux cheveux violets,
qui traînait sur les terrains du sud-est de la ville.
Viglione
courut vers le territoire des bigfoot, et entendit au loin une voix
féminine altérée par plusieurs années de
bière tiède et de cigarettes plus ou moins
tabagiques.
Ce qui lui sembla correspondre à la description
qu'on lui avait faite de Trent chantait à tue-tête :
«
Les smokies de payooooon, c'est nous qui les but-aineuh, les
smokies de payooooon, c'est nous qui les butoooons ! Butons,
butons, les smokies de pay-aineuh, butons, butons, les smokies de
payoooon ! »
Viglione s'approcha de la dame, et sursauta
lorsqu'elle trancha la gorge de six smokies en un seul coup de
dague.
« Euh…excusez ? »
Trent envoya un nuage de
fumée de cigarette dans le visage de Viglione, et s'exclama
:
« Bienvenue, petit gars aux oreilles de…peu importe. Tu
es venu m'aider à rabattre du smokie ? »
«
Euh, en fait, Ruad m'envoie vous chercher la machine à
rajouter des cordes aux arcs »
Trent éclata de
rire.
« Et tu as cru ce bobard ? Incroyable ! La machine à
rajouter des cordes aux arcs… »
Furieux, Viglione tourna
les talons et chemina, à grandes enjambées rageuses,
vers la guilde des archers. Trent l'apostropha :
« Hé,
te fâche pas ! C'est juste pour ton initiation ! Moi, les
rogues m'ont envoyée chercher l'appareil à friser
les moustaches des wild roses pour pus qu'ils voient dans l'noir
! Tu crois qu'c'est mieux ?»
Mais Viglione était
déjà parti…
Lorsqu'il poussa d'un coup de
pied la porte de la guilde des archers, il ne trouva presque plus
personne, à l'exception du chef de la guilde qui
l'attendait, hilare.
« Bienvenue, Vig ! Tu es des nôtres
maintenant ! »
« Parce que vous trouvez ça
drôle ? »
Le chef lui donna une tape sur l'épaule.
«
On fait ça à tous les nouveaux dès qu'ils sont
capables de taper les Greatest Generals. Ah, au fait, on m'a dit
qu'on t'avait envoyé chez Ebène. Elle a du vouloir
voir le tien, de GG! »
Le chef éclata de rire.
Viglione ne daigna même pas répondre.
« Ah, au
fait » ajouta le chef, « Orchideis, la fille qui t'a
reçu, c'est une ancienne d'ici, et elle se sentait
coupable de t'avoir envoyé affronter la nymphomanie d'Ebène,
alors pour se faire pardonner, elle te file ça »
Il
tendit à Viglione un paquet dont la forme rappelait vaguement
une grosse arbalète.
« C'est la vieille bécane
qu'elle utilisait dans l'temps. Elle s'en sert plus, alors
c'est à toi »
Viglione, toujours énervé,
déballa l'arbalète, grommela un « merci »
et partit se défouler sur les monstres des terrains
environnants, non sans avoir glissé dans sa poche, de laquelle
dépassaient deux baguettes de batterie, un ticket pour une
chambre réservée dans une auberge de Prontera. Il
songeait déjà à un rythme sympathique pour une
chanson, dans laquelle il raillerait la marchande, les sorciers, la
rogue et ses smokies, les archers et leur inculture, ...
