- Jonas ! Vite !
Il se réveilla en sursaut. Il s'était encore endormi à son bureau. Ca arrivait beaucoup trop souvent ces temps-ci.
Il se tourna vers la jeune femme.
- Quoi Magda ?
- La Porte ! Ils ont recommencé ! Ils sont plus nombreux cette fois !
Il se leva précipitamment et la suivit dehors. L'obscurité et la neige qui tombait les empêchaient de courir. Ils aperçurent un attroupement près de la Porte. Des soldats et civils armés tenaient en respect une dizaine de personnes, les empêchant d'intervenir pour qu'ils n'ouvrent pas la Porte. Depuis que les évacuations par vaisseaux étaient terminées, elle était devenue le seul moyen de transport pour quitter la planète. Les vaisseaux Tok'ras effectuaient encore quelques trajets pour amener des gens jusqu'à leur planète d'installation, mais de moins en moins souvent. Le nombre de réfugiés descendait doucement pour se rapprocher des 80000.
Jonas se dirigea vers un homme, un peu à l'écart de l'attroupement, qui fumait tranquillement.
- Pablo, que se passe-t-il ?
- Ils ont pris le contrôle de la Porte.
- … Comment ? Ca fait deux fois depuis le début du mois !
- Cette fois-ci, il y a des soldats de leur côté, ce qui implique qu'ils ont enfin les codes pour ouvrir la Porte.
- Et pourquoi les civils sont armés ?
- Ca… Demandez à votre très estimé supérieur…, répondit ironiquement son collègue. Ses entrepôts sont de vraies passoires.
Jonas soupira, et laissant là son interlocuteur, s'avança vers la Porte, suivit de l'Autrichienne.
- Vous ne les arrêterez pas tout seul ! lui cria Pablo.
Mais il fendit la foule pour se retrouver face aux soldats. Magda essayait de rester près de lui.
- Jonas !
- Restez en arrière !
Les soldats l'arrêtèrent, menaçants.
- On ne passe pas, Quinn.
- Abandonnez votre projet. Vous empêchez ces gens de passer la Porte. Votre tour viendra.
Un sergent rit.
- Et qui vous dit qu'on a envie d'aller là où vous nous enverrez ? On préfère choisir notre planète.
Jonas regarda les civils armés s'affairer près de la Porte. Il reconnu les visages de ceux qui avaient déjà tenté de contrôler la Porte, il y avait deux semaines. Il se retourna vers le sergent.
- Vous leur avez donné les codes…
- Et on part avec eux.
- Vous serez retrouvés de toute façon. Allez, soyez raisonnables…
- Parce que vous croyez vraiment que nous allons nous installer sur une planète que vous connaissez ?
Jonas ne se démonta pas.
- Voyons, sergent. Tous les codes que vous avez, je les connais. Ça ne vous sert à rien.
Le sergent lui sourit.
- Voyez-vous, si nous passons d'abord sur Terre, nous aurons tous vos magnifiques codes, et nous repartirons vers une planète agréable avant même que vous n'ayez commencé à nous poursuivre…
- La Terre ?
Le premier chevron venait de s'enclencher. Jonas cria à l'intention de celui qui se tenait près du DHD :
- Arrêtez ça tout de suite, la Terre n'existe plus ! Vous risquez de …
Le sergent face à lui le prit par le col, tandis que le deuxième chevron s'enclenchait
- A la surface, c'est invivable, pas dans votre base.
- Là vous vous trompez. Ca fait sept semaines que le Soleil l'a engloutie… Si vous ouvrez la Porte, vous allez…
- Lâchez vos armes !
Jonas reconnu la voix de son supérieur. Il s'aperçut alors que les soldats rebelles étaient encerclés. La voix reprit :
- Vous ne pourrez pas vous enfuir vivants ! Laissez vos armes !
Le sergent repoussa Jonas, et s'exécuta avec ses compagnons. Ils préféraient encore vivre à No Land que d'être tués.
Alors que les soldats venus stopper les rebelles emmenaient ceux-ci, Jonas s'aperçu avec horreur que le septième chevron allait s'enclencher. Avant qu'il n'ait pu dire un mot, le vortex se forma.
Il resta figé devant la mare bleue.
- Que personne ne traverse ! On ne sait pas encore où ils ont voulu aller !
Après avoir donné cet ordre un brin ridicule, puisqu'il suffisait de regarder le DHD pour le savoir, le général s'approcha de Jonas.
- Eh bien, heureusement que j'étais là ! Ils ont bien faillit réussir, cette fois !
Le vortex se déconnecta.
- Quinn ? Vous m'entendez ?
- Euh, oui…
Il se tourna vers son supérieur.
- Pourquoi les avoir laissés sortir de prison, alors qu'à chaque fois ils refont une tentative ?
- Les prisons sont pleines, mon jeune ami.
Jonas eut un petit rire.
- Alors qu'aucun criminel sur Terre n'a pu traverser la Porte ?
Le général ne dit rien et lui tourna le dos pour donner un ordre à ses officiers. Puis il se décida à lui répondre.
- Ils sont devenus fous, ici. Plus personne ne se contrôle, avouez que j'ai bien fait d'instaurer des prisons !
Jonas était atterré.
- Ils vont mal, général. Vous savez bien que nous n'avions pas prévu qu'il y ait un hiver si rude… Ils tentent de survivre.
- Distribuez-leur des couvertures.
- Et où sont-elles, général ?
Celui-ci parut embêté. Ne voulant pas montrer son ignorance, il lui retourna la question, sans oser le regarder.
- Voyons, vous ne savez pas où elles sont entreposées ?
Jonas le regarda avec insistance avant de lui lancer :
- Elles ont été distribuées il y a deux semaines, général...
- Bien, bien !
- Nous avons doublé les rations de soupe…
- Parfait, parfait !
- Nous allumons de grands feux sur les places, avons augmenté le nombre de personnes travaillant à la construction de bâtiments, ouvert un atelier de confection de manteaux…
- Mais c'est formidable ! Vous prenez de bonnes initiatives, Quinn, je suis heureux de travailler avec vous, continuez comme ça !
Jonas se passa une main sur le visage, exaspéré.
Le général tourna brutalement les talons et repartit vers les bâtiments en dur.
- Et fermez votre veste, vous me donnez froid !
Jonas ne s'était même pas rendu compte qu'il n'avait pas pris le temps d'enfiler un manteau. Il restait tout de même sur place, à serrer les poings. Il commençait vraiment à ne plus pouvoir supporter son supérieur.
Magda s'approcha timidement de lui.
- Ca va ?
- Oui. Vous pouvez retourner vous coucher. Je m'occupe de réactiver la Porte.
Elle partit en silence. Jonas resta face à l'anneau, pensif.
xoxox
On frappa à la porte. Jonas se leva pour accueillir Jacob.
- Vous vouliez me voir ? demanda celui-ci.
- En effet. Je ferais vite, puisque vous ne restez pas ici longtemps.
- Mon vaisseau repart dans une demi-heure.
Ils s'assirent.
-Alors ?
- Jacob, est-ce que des vaisseaux Tok'ras sont repassés par le système solaire depuis que la Terre a été engloutie ?
- Non Jonas. Nous avons arrêté les évacuations lorsque c'est devenu trop dangereux pour nos vaisseaux, quand les derniers membres du SGC ont quitté la Terre, en fait. Et depuis, nous ne sommes pas repassés par ce coin de la galaxie. Nous n'avons pas de raison d'y aller, en fait.
- Est-ce que vous pourriez y faire un détour ?
- Pardon ?
Jonas insista.
- Je sais que c'est un détour qui vous prendrait une journée entière, mais… Je vous en prie.
Il regardait Jacob, attendant une réponse. Celui-ci réfléchit un petit instant avant de se tourner vers lui, suspicieux.
- Vous ne me demandez pas ça sans raison. C'est d'accord, mais dites-moi d'abord ce qui vous passe par la tête…
xoxox
Jonas s'approcha du vaisseau Tok'ra qui venait d'atterrir. Tandis qu'hommes, femmes et enfants s'y engouffraient, prêts à rejoindre une autre planète, Jacob en sortit lentement, apparemment troublé.
Il vint se planter devant Jonas, qui attendit avec inquiétude qu'il prononce le premier mot. Ce fut Selma'k qui se mit à parler.
- Jacob est très perturbé, Jonas. Il ne comprend pas ce qu'il s'est passé…
- …Et ?
Jacob releva la tête et le fixa.
- Vous aviez raison…
Et ils se mirent à sourire, ce qu'ils n'avaient pas fait depuis longtemps.
Une suite qui, j'espère, vous plaît ! N'hésitez pas à me le dire si c'est le cas, c'est la récompense des auteurs !
