Chapitre 3 : Rencontre
Le rendez-vous était fixé dans le salle de bain des préfets. En toute logique Harry sortit le grand jeu pour aller se laver : prendre une douche, se peigner (même avec cette foutue mèche rebelle), s'habiller comme pour un grand gala …
A un autre lieu de ce château, même scénario avec Mister Diggory. Celui-ci sortit discrètement de sa chambre espérant échapper aux remarques que ne manqueraient pas de faire ses camarades blaireaux (en référence au symbole de la maison Poufsouffle).
Cependant il y eut un incident sur le chemin de la salle de bain, un adorable blondinet venait de s'évanouir dans le couloir reliant les Poufsouffles à la salle de bain des préfets...
Il se tenait allongé sur le côté et semblait en mauvais état, sa robe de sorcier était déchirée par endroits et sur son visage se montraient des traces de luttes.
Cédric ne pu se résoudre à honorer son rendez-vous pour porter sagement Malefoy à l'infirmerie, il le laissa aux bons soins de Madame Pomfresh et reparti vers la salle de bain, au cas où Harry l'attendrait encore.
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Harry arriva tout joyeux devant le portrait de sirène qui annonçait l'entrée de la salle de bain des préfets et capitaines de quidditch. Il dit le mot de passe et entra dans la luxueuse salle aux robinets d'or et au sol de marbre.
Un grand vitrail de femme sur un rocher surplombait l'immense baignoire, mais aucun Cédric ne se trouvait dans les parages.
Harry se défit de ses habits, actionna les divers tuyauteries déversant des salves de parfums, d'eau et de mousses d'aspects différents et entra dans le bain. Une légère vapeur entourant désormais les lieux, les rendant ainsi beaucoup plus intimes.
Patientant un petit moment, il se motiva à réessayer l'énigme de l'œuf en l'ouvrant, celui-ci émit les mêmes cris assourdissant que dans la salle commune.
Quand une présence se fit sentir dans la salle, Harry se retourna en souriant d'excitation, pour accueillir Cédric …
Seul problème : depuis quand Cédric avait le teint si pâle ? Depuis quand se déguisait-il en fille à lunettes ? Et depuis quand traversait-il les murs ????
De toute évidence, Mimi geignarde fut aux anges d'être remarquée comme une déesse, mais la moue boudeuse que Harry lui donna quelques secondes après sa traversée du mur, fut de presser le sentiment qu'elle n'était pas celle qu'il attendait.
Le jeune vivant ne voulu surtout pas blessée Mimi, (à cause de son humeur lunatique), et lui parla aussi poliment que ses nerfs le pouvaient.
Celle-ci lui donna un indice pour découvrir le secret de l'œuf (...) il l'écouta et les cris aiguës se transformèrent en une douce plainte sub-aquatique dès que l'œuf fut englouti dans le bain tiède.
Il apprit par-cœur la complainte des sirènes avant de questionner Mimi sur sa vie depuis qu'il ne l'avait pas vu (la gaffe) … les cris qu'elle émit en protestation furent quasiment pire que les plaintes de l'œuf et elle s'enfuit dans le premier tuyau d'évacuation qu'elle trouva, en accusant Harry de se moquer d'elle en lui parlant de « vie ».
Il ne s'écoula guère quelques minutes quand découvrant l'heure qu'il était, Harry décréta officiellement s'être fait poser un lapin par Cédric.
Il s'habilla maladroitement, revêtant sa robe à l'envers et s'y reprenant plusieurs fois pour la mettre dans le bon sens et s'enfuit vers son dortoir avec colère.
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Seamus et Ron sachant que Harry devrait se rendre à la salle de bain pour rencontrer Cédric, décidèrent de bloquer toutes les interférences possibles à ce rendez-vous, et la première était Malefoy qui désirait autant que son rival de se faire le beau héros de Poufsouffle.
Pendant que leur copain prenait sa douche ils agirent … Ron déroba la carte du maraudeur et repéra Draco dans un couloir. Avec Seamus ils le rejoignit à la croisée d'un couloir.
Malefoy semblait hargneux ce soir là et ils n'hésitèrent pas à lui faire cracher la raison de cette hargne :
« Imbéciles de Gryffondor, s'exclama-t-il, vous pensez que je ne suis pas au courant pour le rendez-vous de ce cher Potter ? Alors croyez-moi ça ne va pas se dérouler sans moi ! Je vais de ce pas chercher un professeur, le balafré n'a aucunement le droit d'utiliser la salle de bain des préfets, et de plus le professeur Snape appréciera grandement de sanctionner une attitude indigne de se passer entre deux étudiants ! »
Son regard mauvais les délaissa et ils couru en direction des cachots.
D'un clin d'œil les deux compères s'exclamèrent respectivement : Levia corpus et Petrificus totalus, ce qui eut pour effet de soulever le blond dans les airs avant de le laisser choir brutalement contre le mur, déchirant sa robe et créant divers éraflures sur son visage.
De peur les deux imbéciles de Gryffondor ne se firent pas prier pour déplier leurs jambes et retourner incognito dans leur dortoir, certes essoufflé mais restant inconnu des services de répression des actes illicites interclasse ( à savoir Argus Rusard et Minerva Mac Gonagall).
Ils reprirent tranquillement leur partie d'échec version sorcier et encouragèrent Harry quand celui-ci émergea enfin de sa douche.
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Draco se réveilla douloureusement, il semblait être dans un lit, entouré de draps blanc, une odeur d'hôpital flottait dans l'air … Oh non il venait de nouveau échouer à l'infirmerie.
L'histoire ferait sans doute le tour de l'école et les Serpentards ne tarderaient pas à rappliquer pour colporter le dernier ragots concernant le fils Malefoy.
Cependant une autre idée bizarre lui trottait dans le système nerveux, un sentiment plus exactement, il … non il ne pouvait pas … pourtant il y pensa sérieusement … mais c'était impossible … moué, il aurait besoin d'y réfléchir avant de se poser plus de questions.
Il s'agita volontairement dans le lit, faisant grincer les ressort du matelas, afin d'attirer l'attention de l'infirmière.
En effet, il ne tarda pas à jeter un œil à travers le paravent. Mauvais signe elle jeta un coup d'oeil très inquiet.
Trop mauvais signe, elle lui souriait, habituellement elle ne souriait jamais. Une goutte de sueur glacée s'insinua dans le dos de Draco.
L'infirmière s'approcha, avec son horrible sourire radieux qui empestait les mauvaises nouvelles :
« Bonjour Monsieur Malefoy, comment vous sentez-vous ?
Mal, répondit-il de mauvaise voix, si je suis dans ce lit c'est qu'il m'est arrivé quelque chose non ?
En effet, reprit-elle, votre camarade vous a amené ici après vous avoir déniché dans un sale état près d'un mur.
De qui s'agissait-il, demanda le blond avec hésitation ?
De notre aimable héros : Cédric Diggory !
Draco reprit son souffle avec peine, bien que d'apprendre ceci le remplit doublement de joie, enfin presque … Cédric l'avait pris dans ses bras et Harry n'avait pas pu obtenir son rendez-vous … mais une petite voix lui dictait que ce serait triste que Harry souffre … il faudrait penser à faire taire cette voix !
Il se posa nonchalant sur son lit et essaya de ne surtout pas penser à ce qu'il venait de penser !
Se rendormir était le seul moyen … il interrompit son raisonnement. L'infirmière était toujours à ses côtés et semblait avoir autre chose à lui dire.
J'aurais une autre question à vous imposer avant de vous administrer une potion de sommeil.
Draco la regarda de son œil mauvais, le gris de son iris se colorant mystérieusement en noir dans ce genre de cas, ce qui encouragea la brave dame à poursuivre par LA question.
Avez-vous d'une manière ou d'une autre un sentiment qui aurait changé par rapport à un camarade auquel vous auriez pu penser très fort durant votre accident ?
Non, se défendit immédiatement Draco derrière un masque qu'il espérait impassible.
Cela convenu à l'infirmière qui décidément lui tapait sérieusement sur le système, en l'obligeant à cogiter sur la petite voix qui était survenue depuis son réveil.
Il prit rapidement la potion de sommeil et se retrouva en moins de deux dans les bras de Morphée.
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Harry se retourna une ultime fois dans son lit quand, ne supportant plus les halètements de ses compères il se leva et les rejoignit afin de leur faire gentiment comprendre qu'il ne voulait pas être excité après le lapin de Cédric.
Seamus eut la très très très mauvaise idée de lui dire :
Il paraît que les pattes de lapin portent chance. Peut-être que les lapins sont pareils.
Et il éclata de rire.
En une fraction de seconde le gentil Harry saisit sa baguette et prononça de sa douce voix : bloclang (sortilège collant la langue au palais) et Seamus n'émit qu'un gwahahawaha de protestation.
Harry retourna dans sa couchette et grâce au calme, il fut lui aussi emporté dans le monde des rêves.
Le lendemain, il descendit vers la grande salle, laissant Seamus et Ron seuls. Il soupçonnait Ron de lui faire un peu la tête. En chemin un puissant bras le stoppa.
Un jeune homme plus âgé bâti sur le modèle des athlètes grecs lui barrait le passage.
Je ne suis pas d'humeur, lui cracha Harry ! Comment interpréter ce que tu m'as fait hier ? Je croyais que c'était un rendez-vous …
Mais Harry ne put finir sa phrase, des larmes coulaient le long de ses joues et comme il ne savait pas la réaction qu'il devait adopter dans cette circonstance, il choisit l'option facile, la fuite …
Cédric se mordit la joue après ce que le jeune homme venait de lui dire. Il était amoureux de lui cela ne faisait aucun doutes, mais ce n'était pas comme ça que ça devait se passer, Harry ne pouvait pas l'aimer sans le connaître … il aurait voulu lui dire mais son cœur refusa de courir après un espoir, l'espoir de voir Harry amoureux de lui et non de son image.
D'ailleurs il doutait que Harry puisse lui pardonner, ce Gryffondor était réputé comme le plus têtu de l'école.
La colère de Ron, après le sort de son meilleur ami sur son petit ami, tomba en flèche lorsqu'il le découvrit pleurant dans son lit.
Seamus s'en alla par décence et les laissa parler, de la dureté des sentiments, de l'ivresse d'une passion, des désespoirs de l'âme.
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Dans un lit d'infirmerie, Draco devenait de plus en plus rageur. Il ne pouvait s'ôter de la tête une récente conquête qui avait fini comme habituellement dans son lit.
La différence avec « comme habituellement » c'est que cette conquête lui tourmentait encore les méninges. Comme habituellement un seul soir lui suffisait pour remplir son carnet de chasse et passer à la prochaine proie, il devint fort suspect envers Pomfresh qui trouvait toujours une excuse à deux noises pour lui soutirer des détails sur sa vie.
N'en tenant plus il pénétra profondément les yeux de sa soignante et lui demanda clairement :
Quels sont les effets du sort que l'on m'a infliger ?
Rien du tout, répondit-elle sèchement. Vous vous sentez en pleine forme, n'es-ce pas ?
Ce qu'elle ne savait pas : Draco pratiquait la legimencie et l'occlumencie après les quelques cours particuliers de son professeur et ami Snape.
Il vit aussitôt que cette charmante dame lui cachait quelque chose et qu'elle lui mentait effrontément. Elle ne cessait d'avoir à l'esprit un sentiment d'inquiétude … pour son malade … un sentiment d'incertitude sur sa vie … amoureuse … sur son futur …
Draco fouilla un peu plus profondément : elle cherchait à lui cacher un … effet … secondaire.
Mince, il n'arrivait pas à décrypter plus ce qu'il y avait dans le crâne d'une satanée Sainte ni touche. Il joua le bluff :
Je sais que vous me cacher l'effet secondaire de ce qui m'est tomber dessus. Je veux savoir ce qui m'attend et si vous ne me dites rien de suite je pourrais aisément parler à qui veut m'entendre et il y a du monde que vous aimez en secret le professeur Dumbledore et que vous avez même fini dans la couche du directeur après une soirée arrosée.
L'infirmière devint blanc comme un linge, hésitante entre montrée son choc ou montrer sa colère. Finalement elle tourna les talons et n'ajouta aucun mot.
Draco ne s'était pas du tout attendu à cet imprévu. Il profita néanmoins de sa journée pour lire un livre sur la legimencie et comment découvrir ce que la petite infirmière cachait.
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Harry se perdit dans les couloirs, errant comme une âme en peine, ne cherchant aucun but si ce n'est de déambuler et se laisser envahir par la colère qu'il ressentait envers le beau gosse, le golden boy...
Son chemin fut arrêté par deux puissants membres d'un corps apollon qui entourèrent ses épaules en maintenant une prise ferme mais non agressive.
Harry, je dois te parler et m'excuser de t'avoir abandonné l'autre soir, débuta Cédric.
Parce qu'il y avait un rendez-vous ? J'ai du le louper moi aussi, renchérit Harry.
Cédric rigola franchement déstabilisant le Gryffondor.
Oui, il y avait bien un rendez-vous que je compte sacrément remettre à demain soir, même lieu, même heure. J'en profiterais pour te conter une histoire sur les raisons de ma précédente absence. Et cette fois, un Serpentard pourrait mourir que je ne le sauverais pas.
Le plus âgé repartit dans les couloirs en donnant l'impression de connaître sa direction, en réalité il était aussi perdu que Potter et ne faisait que semblant d'être sûr de lui. Il n'aurait jamais cru pouvoir débiter le petit discours précédent bien qu'il l'eut répété une trentaine de fois devant son miroir depuis l'incident Malefoy.
Harry ne comprit pas ce que Cédric voulait dire avec l'histoire des Serpentards, mais il acceptait nonchalamment de « subir » un éventuel nouvel affront pour les beaux yeux du Poufsouffle.
Intérieurement notre élu sautait de joie à l'idée de profiter d'un moment de pure intimité avec son Cédric. . . . Tiens maintenant il commençait à penser à SON Cédric ? Oui les choses ne pouvaient que s'améliorer.
Et voilà enfin la suite des aventures folles de nos héros. La suite … je la promet pas tout de suite ça m'évitera de donner de faux espoirs, bien qu'étant en vacances désormais, j'ai plus de temps pour m'y mettre.
En espérant que cette histoire vous aimez, une bonne journée je vous souhaite .
