Bonjour à tous !

Voici le chapitre numéro deux de "Noir désir", j'espère qu'il vous plaira ... Cette fois c'est la vie de Junes , on apprend à mieux connaitre ses galères et le pourquoi du comment de toute cette histoire .

Il y aura au cours de l'histoire des scènes assez...explicites disons. lol (pas classée M pour rien . )

Ce n'est pas une histoire tellement joyeuse donc ne noyez pas votre clavier hein, vous ne pourriez plus me mettre des reviews ! (fille à peine intéressée ..)

Bonne lecture à tous, Gros Bisous .

Oxe'

BAAM BAAM BAAM .

"Y'a quelqu'un là dedans ?! " hurla une femme à la porte du 2 Cristen road London.

"Ça fait deux mois qu'j'attends mon loyer! Ça suffit maintenant ! Ou vous me le donnez ou j'appelle mon mari qu'il vous foute dehors !"

Son mari. Oui. Pas les flics bien sur . S'il venaient ici ils auraient d'autres choses à régler qu'un loyer impayé.

Se levant doucement, Junes fit le plus d'efforts possibles pour ne pas faire grincer le parquet. Collant sa face contre la porte elle écouta si des bruits lui parvenaient.

Plus rien . Peut être était elle allé chercher son mari ?

Elle se laissa glisser le long de la porte. Quel réveil .

Elle regarda alors son minuscule studio et ce dit que ça ne serait pas tellement une grosse perte qu'on la foute dehors. Non c'était débile. Ou irait elle ?

Chassant ces idées elle se dirigea vers le réchaud et mit de l'eau à bouillir. Ça irait mieux après un café.

Le temps que l'eau bout elle alla se doucher. La minuscule salle de bain était décidément bien miteuse . La pomme de douche pendant lamentablement, à moitié pétée . Le carrelage fendu ici et là, un bout de miroir en moins ...

Elle alluma l'eau. Sa douce chaleur lui fit du bien et elle se laissa aller à ses pensées. Elle enroula une serviette autour de son corps et tout en séchant maladroitement ses longs cheveux blonds elle se regarda dans le miroir.

Son maquillage noir avait coulé. De toute, elle avait prit l'habitude de ne jamais l'enlever. Ses longs cheveux lui tombaient de chaque coté de ses épaules trop minces . Sur un tatouage en dessous de sa clavicule on pouvait lire :

"For blue, blue skies . "

Elle sortit de la salle de bain et voyant l'eau bouillir elle se fit son café. Elle ouvrit son placard où se côtoyaient sac de pâtes et manteau d'hiver, sachet de soupe et jupe en cuir. Le café tout seul c'était bien pour le petit déj' après tout.

Elle se roula une clope et s'installa devant son unique fenêtre en regardant Londres. Le soleil pointait son nez et on pouvait remarquer que les trottoirs étaient trempés. Elle se rappelait en effet être rentrée sous la pluie hier soir .

Ding ding ding ding " Bienvenue sur radio Londres, il est 11h30 et tout de suite un peu de musique pour les réveils tardifs " Et la musique se déclencha .

11h30

Café fini. Elle était en avance .

BAAM BAAM BAAM

"Ouvre la garce je sais qu't'es là! J'entends ta radio ! "

Merde! Et voilà le mari .

Junes enfila une chemise et un pantalon noir le plus vite possible. Cherchant dans son sac un peu de fric oublié elle n'y trouva que 50 livres.. Ça ne suffirait pas . Pourquoi ne l'avait elle pas fait payer bordel !

Elle se dirigea vers la porte où l'autre pachyderme tambourinait en l'injuriant. Prenant son courage à deux mains elle ouvrit. Un gros mec se tenait devant elle, visiblement surpris qu'elle lui ouvre. Il la regarda de toute sa hauteur derrière sa moustache de morse et sourit.

"Alors ma jolie , t'as finalement trouvé la poignée ? " Ricana t-il en la reluquant ouvertement , ses yeux se posant sur les deux boutons en haut de la chemise qu'elle avait oubliée de refermer.

"Je n'ai que 50 livres, je vous donnes le reste demain. C'est promis ."

"50 c'est pas assez ma jolie " il se pencha pour mater ses fesses " Mais on peut peut être s'arranger ...? " demanda t-il en lui caressant de la main ses cheveux mouillés .

"Je ne pense pas que votre femme serait ravie .." tenta -t elle d'une voie qui tremblait de plus en plus .

"Chut.." il lui posa un gros doigt sale sur les lèvres , " elle en saura rien du tout , je lui dirais qu' tu m'as filé le fric et c'est bon on s'ra quitte, hein ? "

Elle se recula assez vivement et, lui promettant son fric pour demain matin elle claqua la porte , dégouté .

J'suis pas une pute , j'suis pas une pute , j'suis pas une pute ! Merde ! se répéta t-elle frappant légèrement sa tête contre la porte fermée.

Les larmes se mirent à couler toutes seules.

Qu'est ce que je fous là ...

Elle se remit à penser à la soirée d'hier .

Elle était allé bosser Au Noir désir' comme tous les soirs, ils payaient pas mal comme serveuse, plus que la moyenne en tout cas. Le prix à payer pour la mini jupe en cuir sans doute .

Et puis Junes ne faisait que le service, elle ne dansait pas pour les clients bien que les demandes ne manquent pas. Trop jeune disait le patron et ça l'arrangeait bien. Elle n'avait alors trop rien à craindre à part une main aux fesses de la part d'un vieux pervers un peu trop saoul de temps en temps. Et Joey, le videur n'était jamais très loin . Un geste déplacé et tu vires. C'est la règle.

Mais alors pourquoi ne l'avait elle pas fait virer, lui ?

Elle se rappela de son air un peu perdu quand il regardait les filles qui dansaient, de son désir tout juste contenu , des ses longs cheveux noirs qui lui tombaient nonchalamment devant les yeux , ses yeux d'un gris vraiment bizarre .

A peine 20 ans. Elle était allé le voir, lui faire comprendre que c'était pas sa place qu'il ferait mieux de rentrer chez papa . Et c'était faite rembarrer comme jamais. Son regard glacé la toisant comme la plus insignifiante des choses .

Il se croyait dans un bar à pute. Il la détaillait des pieds à la tête passant son corps aux rayons X s'arrêtant sur la face interne de son coude , marqué de nombreuses cicatrices.

La vérité c'était que Junes avait besoin de thune. Vraiment . Pour son loyer oui , mais aussi pour payer cette saloperie qui n'était plus que son unique recours.

Après tout il était mignon, beau même et n'avait pas l'air d'un dingue enfin pas vraiment. Sans doute un peu paumé, oui .

Elle fit alors quelque chose qu'elle n'avait encore fait . Elle n'était pas une pute , non ..

Sa main dans ses cheveux se fit ardente , suppliante , violente . Il l'a guida fort et joui dans un râle...sanglot ?

Il était par terre et pleurait . Pleurait comme un môme , un gamin qui aurait fait une grosse bêtise et qui se demandait si sa maman lui pardonnerait son erreur .

Junes s'assit sur les toilettes et attendit . Elle ne voulait pas tellement son fric , mais voir ce qui allait se passer après. Il se releva alors brusquement cherchant son porte monnaie lui promettant tout le fric qu'elle voudrait .

Combien voulait elle au fait ? On prend combien pour faire ça ?

Il était tellement pitoyable , son pantalon grand ouvert laissant apercevoir un caleçon noir . Sa chemise défaite , toute froissée des larmes pleins les yeux. Il n'avait rien à faire ici .

Je crois que c'est la mode de vouloir tomber le plus bas possible , on attend toujours que quelqu'un vienne nous sauver en tendant la main mais ici , tu sais amour , il n'y a personne .

Elle le rhabilla et l'emmena devant le miroir, lui faisant comprendre que sa place à lui n'était pas là. Il la regarda quelques instants d'un air presque ... suppliant? et partit en courant . Ne laissant derrière lui qu'une vague odeur, mélange d'un parfum pour homme et de sexe.

Elle était censé faire quoi après ? Après avoir fait ça ?

4h58.

Elle finit son service comme si rien ne c'était passé et rentra chez elle à pied. S'effondrant sur son lit .

Elle était toujours appuyée la tête contre la porte . Elle aurait du prendre son fric, maintenant elle était dans la merde.

12h03.

Et en retard . Elle fila dans la salle de bain, et à l'aide la serviette de bain tenta d'enlever un peu de noir sur le haut de ses joues. Attrapant son crayon elle se farda le tour des yeux qu'elle jugeait trop clairs. Ce bleu si pale c'était vraiment pas ce qu'il fallait pour son travail. Mouef.. ça irait pour aujourd'hui. Attachant ses cheveux, un peu plus secs que tout à l'heure, en une longue queue de cheval, elle sortit en trombe, enfilant ses bottes courtes au passage.

Elle passa devant l'appartement de sa propriétaire se demanda comment elle allait faire pour payer .. Elle verrait ça plus tard.

Elle courrait dans la rue encore trempée. Si elle ratait son bus elle pourrait être renvoyé et elle n'avait vraiment pas besoin de ça .

C'est bon il n'était pas encore passé, elle arriverait à l'heure, ou tout juste.

La journée passa . Son travail au restaurant ne lui faisait pas gagner beaucoup mais c'était tranquille et le patron l'aimait bien. Peut être voudrait il bien lui faire une avance sur son salaire ?

Elle mangea un sandwich à sa pause en fumant sa clope .

A la fin de son service elle demanda à Luc son patron. Il refusa. Pas assez de fric en ce moment disait il . Elle aurait sa paye avec les autres . Merde.

20h05.

Elle trainait dans les rues .

Arrivée chez elle, elle attrapa vite fait des fringues pour ce soir, son maquillage et partit pour le Noir' .

23h.

Le service commençait . Au début il n'y avait presque personne, le bar se remplissait plus tard pour atteindre son apogée vers minuit. Minuit. L'heure où tous les chats son gris .

"Ça va chérie? " C'était Lucie , une amie qui servait ici comme elle depuis 3 ans .

"T'as pas l'air bien ? Qu'est ce qui se passe ? "elle s'inquiétait vraiment . Pourquoi lui mentir.

"J'ai besoin de fric et ..."

"Tu devrais vraiment arrêter cette merde Junes. Vraiment c'est super mauvais ." la coupa t-elle .

Elle savait tout ça.

"Non c'est pour mon loyer , je dois le payer demain et j'ai deux mois de retard, je vais me faire virer. " pendant qu'elle disait ça, son rouge à lèvres redessinait sa bouche bien trop pâle. Elle avait redressé ses cheveux en un haut chignon lâche et avait tracé à l'intérieur des mèches d'un noir très sombre ce qui tranchait avec leur clarté habituelle.

"Mince, répondit Lucie j'ai pas une thune moi non plus..Je t'en aurait filé sinon, tu le sais hein? "

Ouais ça aussi elle le savait .

Son service se passa sans encombre. La musique lui martelait les tympans. Elle servit de nombreuses bières, absinthe et autres martinis .

Sentant les regards sur elles, oppressant.

Et tout d'un coup, elle le vit. Il était assis au fond de la deuxième salle, à la même place qu'hier, installé négligemment, les jambes écartées ses bras étendus sur le dossier du canapé. Il la fixait depuis l'autre bout de la pièce .

Étonnement le cœur de Junes manqua un battement et s'affola. Que faisait il là ? Allait-il tout raconter à son patron ?

Lucie alla le servir, l'aguichant ouvertement .

"Qu'est ce que tu regarde ma jolie ? J'tai commandé une absinthe , j'aimerai bien pas poiroter deux heures! "

Le client qu'elle était entrain de servir avait remarqué son absence et la regardait d'un air mécontent .

"Je vous apporte ça dans deux minutes, Monsieur" répondit elle faisant vite demi tour vers le bar où Lucie préparait la commande du brun .

"Que veut il ? " demanda t-elle sans doute un peu vite car Lucie leva un sourcil interrogateur .

"Une bière, pourquoi ? "

"Je lui apporte " Sur ce elle prit le plateau des mains de son amie et fila dans sa direction .

"Et mon absinthe ?! " Lui cria le vieux qu'elle avait servit il y a plus de deux minutes , quand elle passa devant lui , les yeux fixé sur le regard acier du brun qui n'avait pas bougé d'un pouce.

Il rivait toujours sur elle un œil glacé, prédateur. Arrivée à sa hauteur elle se retrouva d'un coup vraiment bête. Que devait elle dire au fait ?

Elle posa la bière devant lui et lui demanda de la voix la moins tremblante possible :

"Que veux tu ? Pourquoi es tu revenu ? "

Il la regarda droit dans les yeux, un mince sourire s'étirant sur ses lèvres pleines.

"J'avais oublié de te payer pour ton travail hier ."

Elle resta abasourdi . Sa voix froide, monocorde, semblait être de retour. Elle posa une main sur sa hanche, et répondit plus vite qu'elle ne l'aurait voulu :

"Je ne veux pas de ton fric. Garde le . Je ne suis pas une pute ."

S'apprêtant à faire demi tour elle senti une main la retenir par le bras. Il s'était levé et l'avait rapproché de lui . Ils étaient à présent collés, les reins de Junes touchant le bas ventre de l'inconnu . Il se pencha alors à son oreille et murmura le nez dans ses cheveux :

"Désolé d'être revenu.." il respira longuement son parfum "..mais j'en veux plus ."

Son cœur sembla s'affoler . Était il sérieux? Pourquoi faisait il ça ?

Elle se retourna vivement et planta son regard dans celui du jeune homme, s'apprêtant à appeler Joey pour qu'il dégage cet importun. Mais elle fut stoppé dans son élan.

Dans son regard il y avait bien plus que du désir, de l'envie.

Elle pouvait presque y lire de la supplication. Elle se mordit la lèvre.

"S'il te plait . C'est mon adresse " il lui fourra un papier dans la main. "Viens après ton service. Je t'attendrai."

Il la relâcha alors et pris la direction de la porte de sortie.

Junes resta longtemps à fixer la bière encore pleine sur la table basse, la musique trop forte, beaucoup trop forte .

"Et mon absinthe Bordel ! "

Elle l'avait presque oublié celui là .

Attrapant la bière encore fraiche elle marcha d'un pas vif jusqu'à lui et la lui jeta à la tête.

"Désolée , on a plus d' absinthe ."

Sur ce, elle sortit, se dirigeant vers les loges sous le regard amusé ou irrité des autres clients.

Elle s'appuya sur la table de maquillage et se regarda dans la glace. On aurait dit un fantôme, une poupée trop fardée, trop mince au cœur qui bat trop vite .

Merde. Qu'est ce que je suis censé faire ?