Bonsoir à toutes!

Alors je poste à une heure tardive pour vous permettre de lire demain le nouveau chapitre ( les jours de congés on s'ennuie je le sais... mais si.. mais si...)

Cette fois si c'est du point de vue de Junes que l'histoire se déroule, on en apprend plus sur son passé (hum... j'ai eu beaucoup de mal à écrire cette scène), mais aussi sur son addiction.

Quant à la relation entre nos deux protagonistes et bien... disons que la fic' va porter de mieux en mieux son nom XD

Je vous remercie pour toutes vos gentilles reviews, cela me touche beaucoup de vous savoir de plus en plus nombreuses à lire mon histoire mais également de voir apparaitre des fidèles :p

("ahhhh j'ai des fans !!!!!!!" Hum.)

Merci à : littlebeattle , Suzblack, sherazade, Elayna Black, Lia sail , angie , spider clementi et Brume froide.

Brephe. Tout ça pour dire que sans vous bah je n'aurai pas le courage de continuer parce que c'est pas toujours simple d'écrire.

La suite de cette histoire ne dépend que de vous !

(ps: euh pour celle qui n'aurait pas compris, hein Spider Clementi ? :p, non Sirius n'a pas tué son frère à la hache. C'était plutôt le fantôme qui le hantait qu'il essayait de faire disparaitre.

Mais il restait toujours au fond de lui, quoi qu'il arrive et quoi qu'il fasse.

Chanson du chapitre : "June" d 'Indochine.

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"Junes putain!!

Vire ta sœur d'mes pattes là ! Bon sang, j' commence à en avoir marre de ces gamines ! "

Une bouteille d'un gros rouge se fracassa sur le sol, faisant trembler Marie, la petite dernière.

"Et v'là quelle se met à chigner ! Pleures pas..Pleure pas j' te dis ! " Il lui tapotait maladroitement la tête , essayant en vain d'arrêter ses pleurs, tout en se servant dans une nouvelle bouteille un verre de vin rouge.

"JUNES ! " hurla t-il " Secoue ton cul et descend ! "

Au premier étage de la petite maison où habitait la famille Brennan, une petite fille se regardait dans le miroir. Elle portait un long pull blanc, bien trop grand pour elle, tricoté dans une grosse laine qui grattait. Son jean bleu lui tombait sur les hanches, bien trop pointues et des vieilles baskets d'un gris sale complétaient le tout. Du haut de ses neuf ans Junes n'était pas tellement différente de maintenant, en tout cas de son point de vue personnel. Trop maigre , trop grande , trop blonde. Elle se rapprocha de la glace et se regarda la joue de plus près, un hématome s'étendait de sa pommette jusqu'à son oreille droite. Ça avait dégonflée mais Junes y appliqua quand même ses doigts froids, espérant ainsi faire diminuer le volume. Déjà qu'à son école on se moquait d'elle parce qu'elle était mal habillée, maintenant elle avait la tête de Quasimodo.. Elle attrapa dans son tiroir à chaussette un vieux tube de rouge à lèvre et elle s'appliqua à ne pas déborder quand elle se l'étala sur la bouche. Elle sourit, et se décida finalement à descendre de sa chambre.

Le papier peint dans le couloir se détachait en lambeaux et des coulées d'eau anciennes avaient laissées des traces humides et une sale odeur de pourriture sur les murs. Elle referma sa porte en bois et le parcouru, les mains contre les murs .

Son jeu favori c'était de sauter les carreaux du carrelage et évitant les lignes. Si elle en touchait une, eh bien ... quelque chose de pas bien aller arriver. Elle commença donc à sauter de carreau en carreau : un , deux , trois , celui là c'était tout juste ! Quatre , cinq , six.. Le soucis c'était, qu' arrivée à l'escalier, il manquait un carreau alors elle devait le sauter et atterrir sur la deuxième marche de l'escalier . Si elle arrivait sur la première, elle avait perdu .

"Junes ! Tu descends maintenant ! J' commence à en avoir marre de toi ! Marie arrête pas de chialer ! "

Elle prit son élan, respira un grand coup et sauta. Emportée elle ne se rattrapa que de justesse à la rambarde en bois . Elle sourit . Elle avait réussie, rien de pas bien allait arriver . Pas aujourd'hui . Elle descendit l'escalier en toute hâte et traversa le petit salon en courant. Elle s'arréta net devant la porte de la cuisine où Marie ne pleurait plus .

"Qu'est ce que tu foutais, hein ?! " il souffla comme un bœuf en s'asseyant sur la chaise, toujours son verre à la main . "Ça fait au moins deux heures que j't'appelle .." Il tourna alors les yeux vers sa fille , passant de ses yeux , à son hématome , puis à sa bouche .

"T'as mis du rouge à lèvre?" Il se leva et lui attrapa le menton "Où est ce que t'as trouvé ça ?"

"C'était à Maman, je l'avait prit . Avant . "

"A ta mère ? J' veux pas qu' tu portes ça ! " Il lui essuya d'un brusque revers de manche les lèvres " Hein, ça te plait de lui ressembler, hein? T'as pas besoin de ça, t'as ses sales yeux . En fait t'es son portrait tout craché. "

Il lui tourna le dos, lui lâchant enfin le menton, et partit se servir un autre verre .

"Et voilà ! La bouteille est finie ! J't 'avais pas dis de faire les courses hein?" cria t-il les yeux exorbités par la colère .

"J' les ai faites ... " souffla Junes , la tête baissée .

"Tu fous jamais rien, toujours dans les pattes, à rêvasser, t'imaginer des tas d' trucs, qu'on sait pas d'où ça te sort .. " Il se dirigea vers l'armoire à alcool, se servit un verre de whisky et continua ".. et l'autre qui chiale tout le temps hein , ras le bol .."

Mais Marie elle pleurait plus. Non, dans son petit couffin, Marie elle dormait. Alors Junes s'approcha et lui caressa les cheveux , lui murmurant des mots réconfortants , des mots de grande fille qu'à neuf ans on connait pas normalement. Elle voulu lui prendre la main , mais elle était toute molle sa main et elle retombait sur le lit sans faire aucun bruit . Alors Junes la secoua un peu soufflant des "Marie , Marie , vient on va manger.." mais elle répondait toujours pas et ses yeux ne s'ouvraient pas. Alors Junes , elle mit sa tête sur le ventre de Marie et son cœur il battait plus et elle respirait plus non plus. Alors Junes se répéta dans sa tête ce qu'elle avait pas fait de bien, elle avait pas touché les lignes pourtant, elle n'avait pas perdu .

"Qu'est ce que tu fous ? Laisse la pioncer ta sœur, pour une fois qu'elle gueule pas . "

"Elle respire pas." murmura Junes, les yeux perdus dans le vague.

"Quoi ? Mais si elle respire , elle est p't'être un peu assommée c'est tout. Marie , Marie réveille toi ! "

Il l'attrapa par les épaules et secoua son petit corps tout mou. "Marie ! Marie, bon sang, tu vas te réveiller hein ?! "

Tu vas te réveiller, hein, Marie ?

Tu sais, j'ai pas perdu moi .

Junes tremblait.

Ses mains bougeaient, et sans son consentement battaient l'air violemment. Elle essaya de se concentrer et les planta devant ses yeux, les fixant d'un œil mauvais.

"Ne bougez pas .." leur souffla t-elle . Après un bref moment de répit son index droit sembla faire de la résistance et elle lui jeta un regard noir, un sourcil levé .

"On ne bouge pas ." Elle ferma les yeux, et réussi à poser à plat ses mains sur le carrelage.

Inspiration , expiration...

Voilà ce n'est pas si dur après tout. Étape numéro 2 : On se lève. Elle s'appuya sur le lavabo et remonta le long du mur carrelé. Elle rencontra son reflet dans le miroir et détourna instantanément les yeux. Elle se détestait dans cet état. Elle marcha lentement, les mains longeant le mur jusqu'à son lit et s'y effondra. Ses mains c'étaient remises à trembler et ça commençait à vouloir remonter le long des bras. Elle se tourna sur le coté, les yeux fixés sur le radiateur qu'elle trouvait décidément bien trop loin. Elle remonta ses jambes en position fœtal et frotta ses pieds glacés l'un contre l'autre. Elle tenta en vain de contrôler son souffle, et tira sa couette sur son corps de plus en plus douloureux. Son ventre se serrait, son estomac semblant se réduire à néant. Sa tête allait exploser c'était sur..

Une drôle de lumière éclairait sa chambre sous les combles. En effet, quelques jours plus tôt un ouvrier s'était pointé à sa fenêtre pour y accrocher une espèce de décoration de Noël lumineuse. Depuis, impossible d'avoir un noir complet dans son appartement, toujours cette lumière trop vive et trop colorée. Lumière qui n'allait décidément pas à Junes et à la situation. Elle se tordit une énième fois de douleur serrant sa main sur son ventre, un gémissement sortant de ses lèvres étirées en une grimace. Merde, ce que ça faisait mal.. Junes tourna la tête vers la fenêtre et constata que dehors il neigeait. Elle imaginait sans peine les enfants jouer dans la rue, si excités par le réveillon prochain. Elle se redressa tant bien que mal et attrapa le fil du radiateur électrique au pied de son lit. Elle tira dessus pour le faire venir à elle mais ne réussi qu'à le faire tomber sur le coté en un bruit sourd. Elle s'écroula de nouveau sur son matelas, la respiration courte toujours aussi tremblante.

"Même le radiateur s'y met. C'est la fin. J'vais crever c'est sur." dit elle en hochant la tête gravement. Elle se décida donc à attendre la mort. Allongée, les bras en croix, elle regarda une dernière fois le radio réveil, 21h06, et ferma les yeux, convaincue de dans quelques secondes elle serait raide.

Rien.

Toujours rien.

Toujours toujours rien.

Elle rouvrit un œil et leva un sourcil fâché vers son radio réveil.

21h08.

Okay, la mort ne voulait pas d'elle. Elle était condamnée à souffrir. Elle écarta les bras et tenta de se concentrer sur autre chose que la douleur qui lui tenaillait le ventre. Un truc plus fort encore, qui occuperait son ventre pendant un temps.

Sirius.

Quand elle y réfléchissait, ce mec était vraiment étrange. Parfois, elle avait l'impression de faire face à un gamin, un petit garçon à rassurer, câliner qui ne demandais que l'approbation et le réconfort. Un petit garçon perdu et apeuré par elle et ses bas résille. Retourné par la vue de sa gorge, par l'entente d'un rire ou par le simple contact d'une main contre la sienne.

Mais d'autres fois... D'autres fois, il se faisait force et détermination. Ses yeux devenant orageux et possessifs. Elle savait que d'un souffle il aurait pu la plaquer contre un mur et la détruire. Lui faire faire tout ce qu'il voulait, la forcer, la pousser dans ses plus sombres retranchements et elle était certaine au fond d'elle, qu'il adorerait ça. Elle le sentait sombre et torturé. Elle le savait capable de beaucoup de mal et de douleur .. mais elle ne pouvait pas résister tant elle imaginait le plaisir qu'elle y prendrait en retour.

Elle se tordit en sentant une nouvelle crampe lui tordre le ventre, se recroquevillant de plus en plus sur elle même. Elle poussa un cri et serra ses mains sur ses côtes, tentant vainement de reprendre son souffle.

Elle espérait simplement que ça ne serait pas aussi douloureux de l'arrêter, lui.

Elle n'arrivait plus à bouger, un froid immense semblant s'être étendu dans l'intégralité de son corps. Elle était toujours dans la même position et pleurait. Elle savait que l'heure avançait, qu'il allait bientôt arriver mais son corps refusait de lui répondre.

"Bouge toi... bouge toi...bouge toi.." soufflait elle.

Elle tourna la tête vers le radio réveil, 22h02, et se remit de plus belle à pleurer, des sanglots la traversant de part en part. Elle voulait qu'il la trouve belle, désirable, intelligente, drôle ... et elle se retrouvait finalement en pyjama, la morve au nez, tremblotante comme une petite vieille.

Elle se marra. Bon okay , elle peut être encore un peu drôle. Mais surement pas assez pour lui faire oublier sa tête.

Son père avait raison, elle s'imaginait bien trop de chose. A peine Sirius avait il débarqué dans son monde tout gris qu'elle se voyait déjà partie avec lui sur son cheval de lumière.

Bon okay, Sirius était pas tout à fait le genre de prince auquel on s'attend et son cheval bah... en fait c'était plus une énorme moto noir, mais bon... Ça lui aurait convenue. Comme dans leurs contes, dans les histoires, quand les héros finissent heureux. Oui, elle aurait adorée ça.

On sonna à la porte. Depuis combien de temps elle était étendue là elle n'en savait rien. En fait elle ne savait plus grand chose. Son cerveau tournait au ralentit et ce ne fut qu'à la quatrième sonnerie qu'elle réalisa et consentie à se lever. La porte d'entrée lui semblait très lointaine et elle avait très froid. Elle ne devait pas être beaucoup habillée en fait. Elle regarda dans le judas et vit Sirius une cigarette au coin de la bouche.

"Junes tu es là ?" dit il à travers la porte. ll sonna une nouvelle fois tandis que Junes s'adossait contre le montant de bois. Elle tremblait toujours autant et son cœur semblait vouloir s'échapper à tout prix de sa poitrine. Rassemblant tout son courage et tentant de parler de la voix la plus neutre possible elle dit.

"Oui, je suis là Sirius.." Tentative ratée. Sa voix était sortie faible et cassée, secouée de tremblements. Elle se morigéna intérieurement.

"Est ce que ça va Junes? Tu n'as pas l'air bien.. " Il semblait inquiet.

"Euh si. Ca va." Elle reprit légèrement constance. "Je suis un peu euh.. malade." Oui c'est ça. Et puis ce n'était pas vraiment un mensonge après tout.

"Oh..." il semblait déçu " Tu souhaites que nous reportions à plus tard? Sinon je peux rester à tes cotés. Ce n'est pas agréable d'être seule quand on est malade.." Sa voix était douce et cela lui donna encore plus envie de pleurer. Elle résista à l'envie farouche de lui répondre oui et s'adressa à Sirius, toujours à travers la porte:

"Non, je te remercie, ça va aller. Bonne soirée." Elle ne regarda pas dans le judas, retournant directement dans son lit.

Elle fixait le mur, des larmes coulant sur ses joues sans qu'elle ne puisse les arrêter. Elle avait tout gâché et en plus elle avait de plus en plus froid.

Après quelques minutes passées dans un silence de mort, une voix s'éleva à nouveau à travers la porte.

"Je t'entends pleurer Junes..." Sa voix n'avait été que murmure.

"Va t'en, s'il te plait..." souffla t-elle encore plus doucement en serrant sa couette contre elle. Il ne pouvait pas l'entendre, évidement, mais elle espérait qu'il ferait demi tour et partirait très vite, loin d'elle. Il continua alors de la même voix douce:

"Ouvre moi... Ça me tord le ventre de t'entendre pleurer.." S'il savait lui, depuis quand elle avait perdu toute notion de douleur. Elle n'était plus que souffrance de la tête au pied: le moindre courant d'air, le moindre effleurement la brulant comme une braise.

"Si tu as mal , je peux soulager ta peine..Ouvre moi. Je ne te jugerais pas." Il avait prononcé sa dernière phrase d'une voix légèrement plus forte, et Junes décida de le croire.

"Peux plus me lever.."murmura t-elle à la couette, sa voix comme brisée en mille morceaux.

"Qu'est ce que tu dis ? Junes je n'entends pas."

"Peux pas me lever !" cria t-elle se déclenchant ainsi une nouvelle crampe qui lui serra le ventre. Elle s'agrippa de plus belle à sa couette en gémissant un "Sirius..." plaintif. Son cœur s'accélérait et bien qu'elle inspirait de grande quantité d'oxygène elle s'étouffa, comme si tout l'air dans ses poumons se désagrégeait . Elle paniqua, son souffle devenant rauque et sifflant pendant qu'elle inspirait de vaines bouffées . Elle tourna son regard en tout sens pour finalement se figer sur des yeux d'un gris clair, acier, qui la fixaient.

Sirius se mit à genoux au pied de son lit et glissa une main dans ses cheveux l'autre sur sa gorge.

"Chut.. calme toi.." souffla t-il les yeux toujours rivées dans ceux de Junes. "Calme toi.." Il imprimait un mouvement ferme sur sa gorge, la forçant à de profondes inspirations, tout en lui caressant doucement les cheveux d'une main.

"J'arrive...pas..à....respirer..." siffla t-elle, ses deux mains crispées sur le poignet de Sirius. Il resta étonnement calme face à la situation et continua de lui caresser les cheveux.

"Je sais."

"Aide... moi.." Elle leva une main et la posa sur sa joue mal rasée. Elle remonta vers ses cheveux noirs qu'elle agrippa comme une bouée de sauvetage. Leurs yeux ne se quittaient pas et Sirius restait toujours aussi impassible.

"Si..rius.." pleura t-elle se sentant vaciller le souffle toujours aussi rapide et rauque. Il lui caressa la joue, essuyant par la même une larme.

"Je sais ce que je dois faire.." il se pencha un peu plus " mais j'ai peur qu'en le faisant je ne puisse plus m'arrêter.."

Il n'était pas prédateur. Il semblait presque effrayée de dire ça.

Junes pleurait toujours en s'accrochant à lui, le manque d'oxygène la rendant folle. C'était pire que tout, pire que les coups dans le ventre. Elle aurait voulu remonter à la surface, nager à grandes brasses vers la lumière, mais elle ne se noyait pas dans l'océan, ou dans la piscine de son quartier. Non, elle se noyait dans sa propre chambre.

Sirius se pencha vers elle, une main sur son front et la plaqua contre le matelas, son torse comprimant sa poitrine. "Junes.." souffla t-il "Regarde moi.."

Elle leva ses yeux paniqués vers lui. La main qui jusqu'alors, maintenait son front contre le matelat, descendit jusqu'à son nez et le boucha. Elle n'avait pas la force de lutter contre lui et chercha alors des yeux un secours dans la pièce, secours qu'elle ne trouva pas évidement. Ils étaient seuls.

"Regarde moi ! "

C'était un ordre. Elle vrilla à nouveau ses yeux bleus sur lui, de plus en plus terrifiée, et rencontra deux lames d'une dureté étonnante. Leur éclat gris métallisé imposait au silence et à la confiance. Il était sur de ce qu'il faisait. Elle se calma légèrement, ses mains déserrant leur étreinte sur le poignet de Sirius.

Il s'avança alors, et posa ses lèvres sur les siennes.

Ce fut d'une douceur sans nom et pour la rassurer d'autant plus il glissa son autre main dans la sienne. Il lui bouchait toujours le nez, et décollant ses lèvres des siennes, il la laissa expirer une unique fois avant d'en reprendre possession. Il soufflait en elle, lui faisait ainsi inspirer le gaz carbonique contenu dans ses poumons. Il la sentit se contracter les premières secondes, puis au fur et à mesure elle se calma. Son corps se soulevant à nouveau à un rythme plus régulier il se décida à contre cœur de se détacher d'elle. Elle semblait étourdie, les yeux mis clos, la respiration encore sifflante, mais elle inspirait à nouveau de l'air. Elle tourna son regard azur vers lui.

"Merci..." souffla t-elle. Il sourit.

"De rien Beauté. Ce fut un réel plaisir.. " Il lui caressait à nouveau les cheveux, la main toujours dans la sienne. "Qu'est ce qui t'a mis dans un tel état? C'est de me voir en costard' à ta porte c'est ça ?" Il voulait la faire rire mais ça ne fonctionna pas. Des larmes se reformèrent dans ses yeux et se mirent à nouveau à couler sur ses joues.

"Hey... ll ne faut pas pleurer pour ça...Ça m'est déjà arrivé de faire une crise de panique... Tu n'as pas à t'en vouloir.." Il essuyait au fur et à mesure les trainées d'eau.

"J'ai était idiote... je voulais...te plaire..." Elle chigna de plus belle et il ne comprit que quelques mots isolés quand elle poursuivit : "Maintenant...déteste...et moche....mal au ventre.."

Il rigola et Junes s'arrêta de pleurer. Elle le regarda avec de grand yeux étonnés, noyés de larmes et souffla une main sur la bouche :

"Tu rigoles comme un chien qui aboie..." Elle avait une toute petite voix de fillette et Sirius la trouva adorable.

"Et toi.." il lui attrapa sa main fine et la porta à sa joue "..tu trembles comme une junkie en manque." Il lui sourit doucement en lui intiment un mouvement caressant sur sa peau mal rasée. Elle fronça légèrement les sourcils et détourna son regard vers le mur.

"Tu avais dis que tu me jugerais pas.." murmura t-elle en se dégageant la main. Main que Sirius rattrapa très vite pour la replacer là où elle était.

"Je ne te juge pas. En aucun cas. Je ne comprends juste pas pourquoi tu as arrêté si brusquement." Junes se mordit la lèvre n'osant pas le regarder dans les yeux. Sirius soupira en s'asseyant plus confortablement sur le lit. Il commença :

"Ecoutes Junes, tu ne penses pas qu'on devrait en parler tous les deux ? De ça, de ton addiction."

"Non." répondit-elle simplement, toujours en regardant le mur. Il continua tout de même :

"Je ne sais pas ce qui t'a poussé à prendre cette saloperie, et je ne veux pas le savoir parce que ça risquerait de m'énerver en fait. Je ne sais pas non plus quel genre de drogue tu prends, bien que je me doutes que ça ne soit pas une douce vu l'état dans lequel tu te retrouves quand tu n'en prends pas.."

Il parlait trop vite et plus pour lui même que pour Junes, semblant fixer ses idées en les énonçant clairement. Il soupira.

"Tu sais que c'est dangereux d'arrêter comme ça, d'un seul coup ? Tu m'étonnes que tu ne sois pas bien.. " Il semblait énervé de son comportement mais restait en même temps très doux et quand ses yeux se posèrent à nouveau sur Junes il parla dans un murmure:

"Pourquoi as tu fais ça?" Il la fixa sans siller sa main caressant de nouveaux ses cheveux.

Elle hésita un moment en se mordant la lèvre puis dit d'une petite voix :

"Je voulais être bien pour notre diner.. Je voulais.. Je voulais te plaire et..."

"Et ? " l'encouragea t-il.

"Et je... enfin tu avais l'air dégouté de moi la première fois quand tu as appris que je prenais de la drogue.. Je veux pas que tu sois dégoutée de moi. Je suis pas une espèce de dingue. Ça m'a permis de.. m'évader à certains moments de ma vie parce que c'était pas simple tu sais... enfin...j'ai eu des ennuis et puis dans ma famille, c'était dur et j'ai due commencer à travailler au Noir désir et au début je le vivais mal..mais maintenant je veux plus en prendre mais je sais pas comment faire.. Enfin voilà...Je suis pas une dingue. " Elle avait parlé trop vite, comme dans un unique souffle et due reprendre sa respiration après ce monologue. Elle leva les yeux vers Sirius et tomba sur un sourire en coin figé au bout de ses lèvres.

"Tu me prends pour une dingue."

"Non. En aucun cas ." Son sourire s'élargit. "Je me disais juste, que même avec le nez qui coule tu restais très belle."

" Han !" s'insurgea t-elle avant de filer dans la salle de bain, envoyant la couette valser à travers la pièce pendant que Sirius s'écroulait de rire sur son lit. Elle claqua la porte derrière elle et préféra filer directement sous la douche plutôt que de regarder l'étendue des dégâts dans le miroir. L'odeur de son shampoing à la vanille lui fit du bien , et en sortant elle se sentait mieux. Ça n'était pas parfait mais ça irait. Il fallait bien. Elle leva alors les yeux vers le miroir et en effet ce n'était pas très beau à voir. Livide, des cernes violacés sous ses yeux bleus pâles, elle ressemblait à un fantôme.. Elle se passa un peu de poudre sur les joue et un trais de crayon sur ses yeux pour renforcer son regard trop clair. Elle se retourna ensuite, cherchant des yeux ses vêtements...inexistants. Ou si, il y avait bien ce vieux pyjama dépareillé, mais elle n'allait quand même pas remettre ça ? Elle se racla la gorge et parla d'une petite voix à travers la porte :

"Hum.. Sirius.."

"Oui ? " répondit il .

"Euh... est ce que tu pourrais, pendant je dirais vingt secondes, te retourner et fermer les yeux ? S'il te plait..?" Elle l'entendit rire de l'autre coté du panneau de bois et répondre :

"Oui bien sur. Je ne regarde pas."

Elle enroula d'abord une serviette de toilette autour d'elle et tout doucement entrouvrit la porte pour vérifier qu'il avait bien les yeux fermés, (pas folle la guêpe..). Elle sortie alors sur la pointe des pieds en direction de son placard. Elle y attrapa une petite robe noire avec un sage décolté et une culotte en dentelle et se retourna vers la salle de bain, prête à repartir sur la pointe des pieds.

"C'est bon je peux ouvrir les yeux ? "demanda Sirius , allongé sur son lit , les mains cachant ses beaux yeux gris. Junes se rapprocha doucement de lui et trouva une certaine excitation à se tenir presque nue à ses cotés, alors qu'il ne pouvait la voir.

"Non.. pas encore." souffla t-elle en laissant tomber la serviette de toilette par terre se retrouvant nue par la même occasion. Elle enfila alors lentement le petit bout de tissus le faisant glisser le long de ses jambes, son visage à quelques centimètres de celui de Sirius , puis passa la robe par le bas avant de se retourner.

"C'est bon tu peux les ouvrir." Elle tourna la tête vers lui en relevant ses longs cheveux blonds. "Tu voudrais bien remonter ma fermeture éclair, je n'y arrive pas toute seule .." Elle ne pouvait pas voir ses yeux , mais savait très bien que de là où il était, il avait une vue plongeante sur son dos et donc sur la naissance de sa lingerie. Elle avait envie de le séduire et cambra légérement les reins comme pour lui indiquer l'emplacement de la fermeture. Elle s'amusait follement.

Sirius se racla la gorge et commença à remonter le zip assez lentement, comme à contre cœur. Arrivé à la moitié environ, la montée se stoppa.

"C'est bloqué.." murmura Sirius , le souffle légèrement haletant. Il posa alors une main sur la taille de Junes, et prenant appuie, força le passage. Son contact lui fit à nouveau tourner la tête. Elle aurait voulu se coller contre lui.. Elle se retourna vivement.

"Tu veux boire quelque chose ? Je n'ai pas de whisky mais j'ai de la vodka bon marché." Il lui sourit.

" En fait je pensais que nous pourrions sortir diner quelque pars, quand dis tu ? " Il lui caressa les cheveux, prenant une mèche entre ses doigts, la faisant tourner. Junes se mordit les lèvres et baissa les yeux.

"Si tu ne veux pas on peut rester ici.."

"Non ! Enfin... je ne me sens pas vraiment d'affronter le froid et le monde dehors..." Il lui attrapa le menton d'une main, l'autre toujours dans ses cheveux .

"Mais alors pourquoi avoir cette si belle robe si ce n'est pour te montrer ? " Elle releva les yeux vers lui, se trouvant de plus en plus niaise à rougir sous ses doigts. Elle toussota légèrement comme pour reprendre constance et répondit :

"Je voulais simplement te rappeler..." elle se rapprocha de lui, se collant presque contre son torse. Le souffle de Sirius se coupa sur le coup, elle était décidément bien trop proche de lui..

"Oui..." l'encouragea t-il.

".. que je ne suis pas toujours moche, négligée et morveuse ."

Elle lui appuya sur la tête la faisant de ce fait, basculer vers l'avant. Elle partit se servir un verre de vodka tout en riant pendant que Sirius se redressait en murmurant, ses yeux bien plus bas qu'il ne l'auraient du sur son dos :

"Crois moi, amour. Je suis très loin de l'avoir oublié..."

Il se rallongea sur le lit et posa sa tête sur l'oreiller de Junes. Il sentait la vanille comme ses cheveux..une odeur de petite fille, sucrée, et cela l'excitait encore d'avantage car il savait à quel point elle cachait bien son jeu.. Elle revint, deux verres à la main et s'assit à ses cotés.

"Dis, tu ne devais pas faire la cuisine au fait? " Elle leva un sourcil tout en sirotant sa vodka, le regard inquisiteur.

"En fait quand je disais ça, je comptais juste t'emmener au restaurant." Voyant qu'elle ne réagissait pas il continua :

"Tu ne croyais tout de même pas que je savais cuisiner ? " Il semblait réellement étonné, ses yeux gris tournés vers Junes mi amusés mi stupéfaits.

"J'ai eu l'impudence de le croire, si. " Elle soupira en se laissant tomber à coté de lui. "Je suis déçue. Tu n'es pas le prince charmant que j'imaginais.." Il se redressa sur son coude, posa son verre par terre et commença à jouer de nouveau avec une mèche blonde.

"Prince charmant ? " Il se moquait d'elle.

"Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire." Elle avait répondu très vite et tourné la tête trop brusquement pour que cela semble honnête. Sirius sourit : c'était à son tour de jouer.. Il descendit sa main des cheveux de Junes jusqu'à son cou effleurant au passage son oreille. Il traça de légers sillons le long de sa jugulaire et continua jusqu'à l'espace entre ses deux seins. Il décida de camper ici sa main fermement décidée à rester dans cet espace. Elle le regardait dans les yeux nullement effrayée mais Sirius sentait son souffle s'échauffer légèrement.

"Tu sais, commença t-il, au Collège j'étais un vrai Don Juan. J'avais toutes les filles à mes pieds. Des vrais chiennes. Elles se seraient damnées pour une nuit dans mon lit, pour un simple baiser ou pour une caresse sur leur sein.." En disant cela il avait effleuré du bout des doigts la pointe tout juste durcie du sein droit de Junes. Elle frissonna intérieurement en se disant que pour sentir à nouveau se contact elle aussi serait prête à beaucoup de chose.. Il continua :

"J'en ai fais jouir des dizaines dans mon dortoir, dans les salles de classes vides, les cuisines.. Dépucelé des gamines de 12 ans qui criaient mon nom entre deux soupirs à demi conscientes, à ne plus savoir si c'était du plaisir ou de la souffrance.. " Sa main descendait de plus en plus bas effleurant les côtes, une hanche, le haut d'une cuisse, attrapant la robe noire, passant doucement un doigt en dessous..

"J'ai attaché, frappé même parfois, essayé garçons, filles.. Après tout, un trou est un trou, n'est ce pas?" Junes devenait de plus en plus septique et son cœur battait la chamade, tellement qu'elle ne savait si c'était l'œuvre de l'appréhension ou de l'excitation. Elle décida de l'interrompre.

"Pourquoi est ce que tu me dis tout ça ? " Elle se voulait froide et détachée de la situation, elle ne céderait pas, non. Mais en même temps, comment ignorer ces doigts qui doucement remontaient le long de sa jambe nue puis redescendaient.. remontaient... Il lui sourit simplement en réponse à sa question puis continua, penché contre son oreille:

"Parce que je ne veux pas que tu pense que je suis un bon garçon, gentil et aimant." Le souffle de Junes s'était coupé. A peine quelques caresses, des mots.. choquants, mais pourtant si délectables, et elle se sentait mouillée entre ses jambes. Une douce chaleur l'enveloppait et semblait remonter par vague dans son intimité..

"Je ne suis rien de tout ça Junes.." La main de Sirius continua à monter et pivota vers son bas ventre, lui écartant les jambes d'un mouvement vif. "Ne me prend pas pour ce que je ne suis pas.." Il lui susurrait toujours ses mots à l'oreille et vint taquiner de sa langue son lobe, mordillant légèrement la chair tendre.

"Je ne t'ai pas laissé crever tout à l'heure, parce que j'avoue que..." il remonta sa main vers la source de chaleur dans son ventre et toucha du bout des doigts la moiteur sur sa fine culotte, appuyant légèrement "... il aurait été bête de gâcher ça."

Junes ne disait plus rien, ne bougeait plus, elle n'était pas sur de vouloir en entendre plus..

"Je ne te ferai pas l'amour Junes, je ne te sauverai pas de ton trou, de la noirceur dans laquelle tu t'es toi même enfoncée. Je ne te ramènerai pas dans mon monde plein de lumière et de couleur, non. "

Son doigt appuya plus fortement contre le tissu et la pénétra légèrement. Il se pencha encore plus, et lui souffla dans le creu de l'oreille d'une voix grave, et sensuelle :

"Je te baiserai Junes, de toutes mes forces. Contre un mur bien froid, sur le sol, dans les chiottes d'un restaurant.. Je me viderai en toi et te laisserai, épuisée et dégoulinant de moi." Il écarta alors le tissu trempé et fit, d'un doigt, le tour de son intimité avant de l'enfoncer violemment en elle. Junes poussa un cris de surprise, tournant vers Sirius des yeux stupéfaits remplis de désir. Il sourit, arrogant .

" Et tu sais quoi Amour ? Tu en redemanderas." Il fit quelques mouvements de va et viens, rajoutant très vite un second doigt pour la faire gémir un peu plus fort.

"Tu me supplieras de continuer parce que ça sera la seule et unique marque d'affection que tu obtiendras de moi." Il les pénétra un peu plus profondément, en se plaçant au dessus d'elle.

" Tu me supplieras, comme toutes les autres. "

Il retira alors d'un brusque mouvement ses doigts et les porta à sa bouche, les suçant avidement pendant qu'il remettait sa veste.

"Où vas tu? " demandas Junes d'une petite voix, encore sous le choc, en resserrant ses cuisses, cachant sa nudité. Il se tourna alors vers elle, rivant son regard redevenu orage dans ses yeux devenu nuage.

"Tu n'as pas compris Amour? Tu es déjà à moi, et ça ne m'intéresse plus."

Sur ces mots, il quitta la pièce. Refermant la porte derrière lui.

Abasourdie quelques secondes, Junes se leva et à toute vitesse se rua vers son placard. Elle souleva une pile de fringue d'où elle tira un petit papier plié et une liasse de billet. Elle ouvrit sa porte d'entrée à la volée et lança à travers le couloir le paquet d'argent. Sirius qui était toujours au bout du couloir se retourna et la regarda un sourcil levé. Elle déchira le chèque devant lui laissant tomber les petits bouts de papier sur le sol. Elle croisa les bras et sourit.

"Reprends donc ton fric Sirius. Il est aussi dégueulasse que toi. Et oh ! Pour ta gouverne, je préfère ma tombe à la tienne. Elle est bien moins profonde."

Sur ce elle claqua sa porte, le laissant seul dans le couloir obscur. Elle se retrouva dos à la porte le souffle court des larmes coulant toutes seules. Elle sentit sa respiration vaciller et son souffle devenir rauque...

Non. Elle ne lui donnerai pas cette joie.

Non.

Elle n'avait pas encore perdue.

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Voilà ! J'espère que ça vous a plu... C'est de plus en plus noir... et ça va aller en empirant désolée... -_-'

J'aimerai vraiment que vous aimiez Junes comme moi : je la sens fragile et douce mais je sais de quoi elle est capable quand on la blesse ! Haha !

Fait gaffe à toi Sirius Black !

Vous aussi vous voulez le savoir ? Reviews ? XD