Jour 2
7 h 00
Un jean, un t-shirt manche longue avec un col en V et ma veste en cuir beige. Je sens que je vais aller fureter à la bibliothèque. Le lycée de jour est si différent, plus animé. J'aimais de temps en temps vivre au milieu des humains. Leurs vies étaient souvent rythmées par des futilités, mais cela arrivait à me distraire de temps en temps. Ils semblaient se torturer l'esprit dans le seul but de se compliquer la vie. Beaucoup aimaient se complaire dans le malheur, cherchant le bonheur sans vouloir l'atteindre.
Devant le lycée il y a un vendeur de café, j'en achète un. Je tiens la tasse par la hanse afin d'éviter de refroidir le breuvage.
8 h 00
—Bonjour Monsieur. J'ai pensé que vous apprécierez un petit café.
Le bibliothécaire est fidèle au poste.
—Bonjour Edward, je t'en remercie. De nouvelles recherches ? Mais que fait-elle, elle à déjà 30 minutes de retard.
—Toujours et encore, les livres sont mes amis.
Je lui décroche un sourire et m'assoie à la table la plus proche avec une pile de livres.
Les livres avaient toujours été un refuge pour moi, un trait que j'ai peut-être hérité de Carlisle. À la maison nous étions les seuls à dévorer littéralement tout ouvrage nous tombant dans les mains. J'avais pu apprendre de nombreuses langues vivantes et mortes, la médecine, la biologie, la physique, la chimie, la musique, l'art, le bricolage, la mécanique et j'en passe. Il restait encore tous les volumes de cuisine, mais cela ne me tentait pas beaucoup. Un jour qui sait, j'aurai envie de cuisiner pour quelqu'un.
9 h 30
La petite blonde arrive, c'est le bibliothécaire qui lui adresse la parole. Tiens, il semblerait bien qu'elle porte les mêmes vêtements qu'hier. Son odeur est encore plus suave, elle n'a pas dû s'ennuyer cette nuit. La coquine !
—Buffy t'es en retard, tu devais être là à 7 h 30 pour ton entrainement.
—Giles, je sais mais j'ai patrouillé jusqu'au petit matin. Dans ses bras.
La menteuse, qu'elle est irrésistible cette fille. Elle a relevé ses cheveux et je peux voir sa nuque, j'aimerais bien sentir le contact de sa peau sous mes doigts, humer de plus près son odeur et ... je recommence. Je replonge le nez dans un livre.
—Oh Edward, je vois que la pluie t'a fait sortir de ta tanière. Bien dormi ?
—A priori plus que vous.
Et un petit sourire pour accompagner mon sous-entendu.
—Buffy tu connais déjà Edward ?
—Euh oui j'ai été son escorte hier, vous savez bien que ces temps-ci avec ce qui traine dehors il faut veiller sur tout le monde. Bon, il faut qu'il arrête de me poser des questions, il va finir par comprendre. Si au moins je savais mentir !
Il faut que je trouve quelque chose pour faire parler l'un des deux. Je suis sûr qu'ils savent beaucoup de choses intéressantes. J'avais un jour rêvé de pouvoir lire la vie des humains, rien qu'en buvant leur sang. Ce bibliothécaire semblait pouvoir m'en apprendre beaucoup. Bien, j'avance, je rajoute Giles à mon menu. Pensons à cet ours noir, je le boirai ce soir en pensant à Emmett.
—Et mon entrainement Giles ?
—Buffy il est trop tard.
—Vous savez que c'est important, allezzzzzzzz.
—D'accord même si je n'aime pas laisser ma bibliothèque sans surveillance.
—Edward va surveiller pour vous. N'est-ce pas Edward ?
—Mais avec plaisir Mademoiselle.
—Buffy, je m'appelle Buffy.
—Très bien Buffy.
Si j'avais soupçonné ça. Les livres secrets rien que pour moi. Je vois son bureau est bien plus vaste qu'il n'en parait. Lumière tamisée, fermé par une grille, des rangées entières de vieux livres. Carlisle apprécierait cet endroit, cette odeur le faisait toujours vibrer. Cela faisait partie des besoins qu'on pouvait assouvir sans danger pour autrui.
Voyons sorcellerie noire et blanche, loups-garous, démons en tout genre, Diable, enfer et voilà Les vampires, entre le mythe et la réalité. Les vampires, miam miam. Un livre, deux et rien que des foutaises, toujours les mêmes, c'est affligeant. Tiens ce petit volume sort du lot. Intéressant le concept, selon l'auteur il n'y aurait pas qu'une seule lignée de vampires. Que l'évolution avait aussi touché notre race, on pouvait y voir un tronc commun puis plusieurs branches seraient apparues. Certains vampires pouvait bien bruler au soleil par contre l'ail ça j'ai du mal à y croire. Que de souvenirs, l'odeur de l'ail est si forte qu'il reste dans le sang pendant plusieurs jours, lui conférant un gout plus fort, mais aussi plus sucré. Il faudrait que je parle du livre à Carlisle.
—Mais que faites-vous avec mes livres? aboya Giles.
—J'étudie.
—Vous étudiez ? Ces livres sont dangereux, Edward.
—Je n'ai pas peur Giles.
—Mais qui êtes-vous ? Et pourquoi m'appelez-vous par mon prénom ? J'espère que le conseil ne m'envoie pas un observateur pour mettre son sale nez dans mes affaires. Je sais que j'ai du mal à gérer Buffy. Mais je n'y peux rien moi.
—A votre avis ?
Un petit haussement des sourcils, un léger sourire, rien de mieux pour faire flotter le suspens.
—Très bien, assez joué, je suis envoyé par le conseil, pour être formé sur le terrain,
—Formé ? dit Giles.
—Formé ? répète la miss blonde.
Oui formé c'est si extraordinaire ? S'il continue à mordre sa lèvre il va finir par se couper. J'imagine le liquide rouge le long de son menton, de son cou et ... reprenons. J'ai l'esprit encore plus torturé qu'à l'ordinaire. « La maîtrise de soi prime sur les bons actes, car sans maîtrise de soi, on risque de perdre le bénéfice spirituel des bons actes que l'on a accompli. » Citations d'Ostad Elahi
—Je suis venu voir des vampires.
—Sunnydale est l'endroit idéal. Me dit Buffy. Rendez-vous ce soir, 20 h 00, dans le même parc qu'hier vers les balançoires
—Le rendez-vous est pris.
