Chapitre 7 Le vampire

Demi-tour, devant moi en grand gaillard, plutôt costaud.

—Merci de garder une distance correcte entre ta bouche et son cou. Je te conseille aussi d'enlever ce sourire, surtout quand tu la regardes.

—Possessif ?

—Question de précaution. Remarque que je ne suis pas intervenu, Buffy est tout à fait capable de se défendre seule.

—Je m'appelle Edward Cullen.

—Angel.

—Enchanté. Comme ça, vous êtes un vampire ?

—Tu n'as pas peur ?

—Non. Pourquoi ? Le devrais-je ?

—Ça serait beaucoup plus raisonnable.

C'est ma réplique, il m'a volé ma réplique. Devais-je avoir peur ? Il ne m'impressionnait pas du tout. Buffy reprit.

—Angel montre-lui ce truc avec ta tête.

—Buffy ce n'est pas un jeu.

—Montrez-moi, j'aurais peut-être peur.

Il se produit devant moi une, comment dire, une transformation. Ses dents avaient poussé, son front avait comme pleins de rides. Ces arcades sourcilières avaient doublé de volume et les yeux ressemblaient à des yeux de reptile.

—Et maintenant ? Me dit-il avec une grosse voix.

—Je trouve cela intéressant.

Il s'approche de moi, je décide de ne pas bouger. Il me prend par la gorge et me plaque contre un arbre, je lui souris découvrant largement mes dents. Il me relâche et reprend sa première apparence.

—Qui es-tu Edward ? Ta peau est aussi froide que la mienne ! Ton cœur ne bat pas ! Et tes dents sont presque aussi longues que les miennes.

La taille ne fait pas tout.

—Je crois qu'on peut dire qu'on est des cousins éloignés.

—Buffy, depuis quand traînes-tu avec des vampires sans le savoir ?

—Angel, ce n'est pas un vampire, il était dehors toute la journée.

—Buffy il t'a hypnotisé tout à l'heure, tu aurais pu lui servir de repas.

—C'est vrai Edward ? Tu aurais pu me tuer ?

—C'est vrai Buffy, ce n'est pas l'envie qui m'a manqué. Mais j'ai des principes et je me nourris plus d'humains depuis longtemps.

—Mais aujourd'hui tu étais dehors pendant la journée ?

—Oui le soleil ne m'est pas fatal je n'évite que le soleil direct pour des questions esthétiques.

Et voilà qu'elle recommence à me taper dessus, je l'avais trahi. Je ne suis vraiment pas un être bon.

—Calme-toi Buffy. Il n'est pas comme moi, j'ai moi-même failli me faire avoir, il n'a pas notre odeur. De plus tes coups ne semblent pas trop le faire souffrir.

—D'accord, mais je suis furieuse d'avoir été mené par le bout du nez depuis le début. Même mes pensées n'étaient pas claires.

—Il a joué avec toi, mais ne t'a pas fait de mal. Tu devrais être la première à savoir qu'il ne fait pas bon vivre ici pour les gens comme nous, ça modifie nos comportements. Buffy ce vampire a éveillé ma curiosité, je dois en savoir plus sur lui. S'il s'avère être un danger tu auras le droit de le tuer.

—Ok. Edward tu peux continuer.

—Parle-moi de toi Angel.

La conversation devient tout de suite plus passionnante. Il ne supporte ni le soleil ni les pieux dans le cœur. Il a beaucoup de force, mais court bien moins vite que moi. Et aussi détail important, il n'a pas de venin. Je crois qu'il est même jaloux de moi et il a toutes les raisons de l'être.

—Téléphone, désolé je dois répondre.

—Alice qu'y a-t-il encore ? Je n'ai pas de temps à te consacrer.

—Oh c'est que tout est devenu noir.

—N'aie crainte je suis avec un cousin, aucun danger en vue. Je sais me défendre sœurette.

—Désolé pour le dérangement, ma sœur est un peu trop protectrice à mon encontre, dis-je à Angel et Buffy.

—Ta sœur? me demande Angel

—Oui du moins l'une de mes sœurs. Nous sommes une famille très unie, mes parents et mes quatre frères et sœurs. Nous avons été adoptés, mais cela ne change rien à notre amour.

—Je ne connaissais aucun vampire avec une vraie famille. À la rigueur en couple ou un clan.

—Je ne connais qu'une autre famille comme la nôtre. Le fait de notre alimentation semble nous aider à entretenir des liens familiaux et à les apprécier.

Leur alimentation ?

—Nous nous considérons comme vampires végétariens, on se contente de sang animal que nous chassons.

—Edward as-tu une âme ?

—Une âme ? Selon mon père oui.

—Mais pas selon toi ?

—Je ne sais pas, je cherche une réponse. C'est la véritable raison de ma présence ici.

—Les vampires dont je fais partie n'ont pas d'âme et ça j'en suis sûr, me confirma Angel.

Carlisle, a peut-être tort.

—Comment peux-tu en être sur ?

—Car on m'a rendu la mienne.

—Comment est-ce possible ?

—J'ai été maudit.

—Maudit ?

—En 1898 en Roumanie j'ai tué une jeune bohémienne. Son clan m'a condamné à retrouver mon âme.

—Comment peux-tu qualifier cela de condamnation ?

J'ai du mal à comprendre que d'avoir une âme était pour lui une condamnation. Moi qui en rêve.

—Car depuis je vis avec les remords et la culpabilité de toutes les personnes que j'ai massacrées, les familles que j'ai détruites, explique Angel. Mais je suis capable à nouveau à ressentir de l'amour.

Buffy se blottit tout contre lui et de son propre chef cette fois-ci.

—Moi aussi je culpabilise sur des meurtres que j'ai commis. Il faut assumer ses actes vampire ou pas. Le jour où tu l'oublies tu deviens pire qu'un monstre.

—Tu as peut-être toujours ton âme, Edward. Comment pourrais-tu avoir des sentiments, des regrets sans elle ? Ta famille est-elle comme toi ?

—Oui et même certains membres sont mieux que moi.

—C'est fascinant j'ai l'impression d'être un homme des cavernes face à l'homme moderne. Je t'envie beaucoup.

—Et moi j'envie ta relation avec Buffy. Même si j'ai du mal à comprendre comment on peut tomber amoureux d'une humaine. L'humaine que j'aimerais n'est pas encore née crois moi.

—Buffy ? Humaine ? Il faut le dire vite.

Elle se dégage de lui par un coup de coude. Et ils commencent à simuler un combat tous les deux. Simulation quelque peu forte tout de même.

—Stop Buffy on n'est pas seuls. Ton entrainement semble à désirer, va falloir être plus sérieuse. Je te veux en vie le plus longtemps possible.

Puis il se retourne vers moi.

—Pour l'amour, Edward, tu n'en sais rien, garde l'espoir.

—Je vais vous laisser je vais rentrer chez moi, la chaleur de la maison me manque.

Une maison ?

—Oui on vit en maison, les cryptes ce n'est pas pour nous.

Ça coute cher !

—Mon père travail comme chirurgien à l'hôpital. Sinon nous avons de nombreux placements plus que rentables.

Ils vivent une vraie vie, famille, maison, travail.

—Et loisirs, personnellement j'aime la lecture et la musique.

—Edward? Tu parles tout seul ? s'inquiète Buffy.

—Ah j'oubliai je sais lire dans les pensées et je n'ai jamais trouvé quelqu'un qui m'a résisté. J'avais une conversation avec le ténébreux Angel. Je dois rejoindre ma voiture.

Voiture ?

—Une Aston Martin modèle Virage version Volante. Ça te dit de venir faire un tour ?

—Et plutôt deux fois qu'une.

C'est dingue l'effet que fait ma voiture sur tout le monde.