CHAPITRE DEUX

Je grimpai quatre à quatre les marches de mon bar préféré, vêtue de ma petite robe favorite et perchée sur mes talons hauts. Rien ne pourrait gâcher cette soirée. J'allais faire la fête avec mes meilleures amies. Je repérai mon lutin préféré à notre table habituelle, agitée comme toujours de la danse de St-Guy. J'étais toujours épatée de voir que, comme toujours, cette mini-créature, qui avait travaillé toute la journée, était encore une vraie boule d'énergie.

Sa tenue était quasiment semblable à la mienne, un bon augure de plus plus pour une excellente soirée. Je me précipitai les bras grands ouverts, et je me mis à sautiller dans tous les sens avec elle. Nous poussâmes des cris suraigus, comme des gamines à un concert de Miley Cyrus, puis, nous nous calmâmes un peu pour nous installer à la table.

Quelques piliers de bar nous reluquaient du coin de l'oeil, mais je n'en avais rien à faire. Alice avait déjà commandé son martini habituel, celui avec deux oignons, alors, je commandai le mien sans attendre, Martini-rondelle de citron, pour commencer la soirée en beauté. Je savais que quelques bouteilles de Heineken suivraient ensuite, mais pour le moment, il me fallait un cocktail.

Au bout de cinq minutes, Rosalie fit son apparition. Toutes les têtes se tournèrent vers elle lorsqu'elle traversa l'établissement. Comme toujours. Elle était super sexy, et elle le savait. En rouge, comme à son habitude, elle se dirigea vers notre table en criant: "Comment vont mes pétasses préférées?" Oh! Rosalie... Elle rejeta ses longs cheveux blonds en arrière et se tourna vers le bar. Tous les hommes présents replongèrent les yeux dans leurs verres, tentant vainement de cacher le fait que tous l'avaient déshabillée du regard, sans vergogne.

Je me précipitai pour l'embrasser: "Alors, l'Italie, c'était comment Rosie?"

"Superbe, comme toujours!" sourit-elle. "Mais les hommes y sont bien plus magnifiques que les paysages."

"C'est sûr!" m'exclamai-je.

Je vivais par procuration, à travers la vie de mes amies. Rosalie clamait qu'elle resterait célibataire. Elle aimait bien trop les hommes pour se contenter d'un seul! Mais sous sa carapace, c'était une vraie gentille avec un coeur d'or gros comme ça, qui n'hésitait pas à montrer aux autres tout l'amour qui s'y cachait. Pour elle, rien n'avait plus d'importance que les enfants, c'est pour ça qu'elle avait choisi d'exercer la profession d'obstétricienne.

Alice. Ma chère Alice. Mariée à son amour de jeunesse Jasper Whitlock. A la naissance de leur fils Brandon, elle avait décidé d'ouvrir sa boutique de mode. Et comme c'était une créatrice talentueuse, ses lignes de vêtement se vendirent tout de suite comme des petits pains.

"Eh les filles!"

Je levai la tête et vis Angela qui arrivait. Ses yeux étaient gonflés et larmoyants et elle avait le nez rouge. Je m'inquiétai immédiatement.

"Qu'est-ce qui ne va pas Ange?"

"Ben m'a contaminée! Il m'a refilé son rhume." renifla-t-elle. Et elle éternua.

"Eh!" s'écria Rosalie en formant une croix avec deux doigts qu'elle éleva devant elle comme un crucifix. "Recule-toi petite soeur! Je ne dois pas l'attraper. J'accouche une grossesse gemellaire lundi. Pas le moment de tomber malade."

"Désolée" répondit Angela d'une voix enrouée. "J'aurais adoré faire la fête ce soir, mais je suis un nid à microbes."

"Microbes..." répéta Rosalie en frissonnant.

"Je suis navrée ma chérie" dis-je. "Rentre à la maison et soigne-toi toi bien, d'accord ? Et donne une taloche à ton homme pour t'avoir refilé ce rhume!"

Angela sourit alors franchement: "Déjà fait!" Elle nous fit au revoir de la main et repartit d'où elle était venue.

"C'est trop bête!" dit Alice soudain démoralisée. Six mois que nous ne sommes pas sorties entre filles et la voilà qui tombe malade!"

"Eh bien, ça nous fait une raison de plus de lever nos verres alors!" s'exclama Rosalie. Alice et moi nous retournâmes choquées. Elle attrapa une bouteille de bière sur le plateau d'une serveuse qui passait derrière elle. "Buvons! Parce que nous sommes en pleine forme ! »

Nous sourîmes, rassurées, et levâmes nos verres avec elle: "A la pleine forme!"

Juste à ce moment-là, "Party in the USA" de Miley Cyrus s'éleva. Tout le monde gémit ou grogna, mais Alice cria de nouveau d'une voix aigüe, comme si nous étions à un de ses spectacles. Mais au fait, c'était exactement comme ça qu'elle était quand nous l'emmenions à un de ses concerts! Sacré lutin! Elle nous attrapa par les bras et nous emmena de force sur la piste de danse. Enfin, pas complètement de force, mais presque. Foutue chanson!

Comme à chaque fois, Nous nous mîmes en cercle pour danser en chantant les paroles à tue-tête. Ça attira les regards comme toujours, surtout Rosalie était avec nous. Elle adorait exhiber son côté sexy, et elle ne s'en privait jamais quand elle était avec nous, car elle savait que jamais nous ne l'empêcherions de faire son show.

Nous agitions nos têtes sur « Yeah ! » et agitions nos hanches sur « Yeah ! » quand quelqu'un me pinça les fesse..

« Hey ! » criai-je en me retournant brusquement pour voir le trou-de-balle qui avait osé poser la main sur moi. Jake.

« Ecarte-toi de là.» sifflai-je d'un glacial. Il me rit au nez.

« Ohhhh, on est d'humeur rebelle ce soir, non ? T'inquiète chérie. J'en veux plus de ton cul de toutes façons, ricana-t-il, je voulais juste une petite pincée de ce qui ne me manque vraiment pas… »

Très très nul comme coup bas Jake. J'avais beau savoir ce qu'il vallait en tant qu'homme, ça me fit tout de même un sale coup d'entendre une telle méchanceté. Je lui avais offert huit années de ma vie, et il m'avait jetée comme une vieille chaussette pour la pire trainée de la ville. Je savais que je méritais mieux que ça, mais sa petite vacherie avait juste frappé là où ça faisait mal : mon manque de confiance en moi.

Mais avant d'avoir eu le temps d'ouvrir la bouche pour répondre, je fus poussée sur le côté par une force contre laquelle je ne pouvais pas lutter. « Dégage, trou-du-cul ! gronda Rosalie à quelques centimètres de son visage, touche-la encore et je t'enfonce une paire de forceps tellement loin dans le fondement que je pourrai accoucher ta cervelle avec. » J'éclatai presque de rire à l'absurdité de sa menace. J'adorais cette fille et sa nature protectrice. Ce n'était pas la première fois qu'elle venait comme ça à ma rescousse.

Je contemplai bouche bée le combat du siècle entre mon amie- accoucheuse de cerveau et mon enfoiré d'ex pendant une toute petite seconde … et la seconde d'après j'embrassai un homme que je ne réussissais pas à reconnaître ! Et cet homme embrassait vraiment très très bien, il fallait l'admettre.

Je gardais les yeux ouverts, cherchant un indice qui me dirait qui était l'homme-mystère. Je reconnus alors la couleur si particulière de ses yeux. C'étaient les yeux verts qui m'avaient fait flageoler les jambes quelques heures plus tôt.

Bon, c'est vrai que je ne suis pas quelqu'un qui court après les hommes d'habitude, mais pourquoi ne pas saisir cette chance juste pour cette fois ? Rosalie avait l'air de s'en sortir parfaitement bien avec Jake. Du coin de l'œil, j'aperçus même Alice le frapper sur la tête avec son sac à main. Vas-y Alice !

Wow, cet homme embrassait comme un dieu, mais pourquoi moi ? Mmmmmmmm…Ses lèvres sont tellement douces et humides. Je pourrais l'embrasser un jour entier.

Il me sembla entendre ce que je pris pour un petit gémissement qui s'échappait de sa bouche lorsque nos lèvres s'entrouvrirent et que nos langues se frôlèrent. Je passai mes bras derrière son cou, juste pour me rapprocher encore plus près, quand tout à coup, il s'arrêta net. Il s'arrêta, mais mes lèvres non. L'air que je retenais s'échappa brusquement de mes poumons et nos corps s'écartèrent l'un de l'autre. J'ouvris lentement les yeux, la bouche encore entrouverte, et mes yeux se retrouvèrent plongés dans ses yeux verts.

Yep ! Je venais juste d'embrasser Edward Cullen devant tout le monde, sur une piste de danse bondée, à La Bibliothèque.

Je regardai alors en direction d'Alice et Rosalie. Elles étaient toutes deux bouche bée, leurs mentons tombant pratiquement jusqu'à leurs genoux. En hâte, je m'excusai et allai attraper leurs mains pour les tirer jusqu'à notre table. Je gardai la tête baissée pour cacher mon embarassement. Apparemment le spectacle avait été passionnant et tout le monde me dévisageait.

Nous nous rassîmes toutes les trois et je me retournai pour voir ce que faisait Edward. Il était avec Jake et lui faisait face. Tous deux avaient à peu de choses près la même taille, mais Jake était deux fois plus baraqué. Je n'entendis pas ce qu'Edward lui disait parce que Miley chantait trop fort, mais il l'impressionna visiblement. Jake hocha juste un peu la tête, se retourna pour me fixer un instant et s'en alla sans faire plus de scandale.

Edward s'approcha alors de nous et s'exclama : « Eh bien, ça valait le coup m'échapper de ma prison ! » Il me fit un clin d'œil, image même de la fierté et de la virilité.

Je levai les yeux vers lui. Ses beaux cheveux en bataille étaient ce soir cachés sous une vieille casquette de base-ball. Je ne comprenais toujours pas bien ce qui venait de se passer. Il n'agissait pas du tout comme s'il m'avait embrassée par surprise. Est-ce que c'était vraiment arrivé ou est-ce que j'avais rêvé ?

« Je peux m'asseoir ? » demanda-t-il en indiquant la place vide à côté de moi.

« Oh, bien sûr ! » bafouillai-je, en m'écartant un peu pour lui faire de la place. Je regardai alors mes amies et je pouffai de rire. Je me penchai vers elle et remontai leur menton jusqu'à leur position normale en les maintenant un instant pour que leur bouche ne se rouvre pas. « Les filles ? Respirez. »

Elle inspirèrent une grande bouffée d'air en même temps et expirèrent profondément toujours dans le même mouvement. Ce fut au tour d'Edward de rire.

« Eh bien, comme… Euh ! Un instant. Comment t'appelles-tu? » me demanda-t-il, les sourcils froncés.

« Bella Swann. » Oh mon dieu ! Je lui ai donné mon nom entier comme si nous étions à un entretien d'embauche.

« Eh bien, comme Bella Swann ne me présente pas à ces deux charmantes jeunes femmes, je vais me présenter tout seul. Je suis Edward Cullen. Mais vous pouvez m'appeler Edward. » Il serra leurs mains tremblantes.

« Bella ! » chuchotta Alice, d'un ton frénétique. Je la dévisageai. « Edward Cullen est assis à notre table. Edward Cullen vient juste de t'embrasser devant tout le monde. Pourquoi tu ne t'évanouis pas ? »

Je me tournai vers Edward, encore toute retournée. Complètement paralysée. Mais paralysée en silence. Incapable de dire une phrase cohérente. Deux mots de réponse, c'est tout ce que j'allais pouvoir sortir.

« Je peux répondre à ça, dit alors Edward, Bella Swann et moi, avons fait connaissance cet après-midi. Elle m'a sauvé d'une horde de fans un peu trop "amicales". Ensuite nous avons écouté Van Morrison dans la voiture, pendant qu'elle me reconduisait à une rue de mon hôtel. » Il se pencha vers moi et murmura : « Au fait, merci pour tout ça. Il y avait deux paparazzi à la porte. Ton intuition était juste. »

« Juste Bella. » bégayai-je. Toujours pas plus de deux mots.

« Hein ? » Il avait l'air confus.

« Ne m'appelle pas par mon nom entier, c'est bizarre. Juste Bella. » Ahhhh ! ça y est, ma cohérence était revenue.

« Okay. Juste Bella, j'ai compris. » Et il me fit un nouveau clin d'œil.

Je me tournai à nouveau vers les filles et remarquai leur sourire entendu. « Quoi ? »

« Oh, rien… » dit Rosalie en hochant la tête. Elle se retenait de rire visiblement.

« Bella ! murmura Alice, tujours aussi frénétiquement, comment se fait-il que tu nous aies caché une chose aussi vitale ? »

Je gémis : « Alice ! » Et je regardai fixement mon verre vide. « Je n'avais pas à te le dire. C'est la vie privée de Mr Cullen. »

Il se pencha de nouveau vers moi et me donna un petit coup d'épaule : « Juste Edward, tu te souviens ? Et Juste Bella. » Il leva la main pour appeler la serveuse qui s'approcha. « Que prendrez-vous Mesdames ? » demanda-t-il en nous dévisageant tour à tour.

« Un autre martini, deux oignons. » répliqua Alice.

« Heineken .» Je ne voulais pas renverser mon verre de cocktail en tremblant comme une feuille. Avec la bouteille de bière, c'était moins risqué.

« Scotch. Un grand scotch, dit Rosalie en toussottant. Un grand, grand, grand verre de ce foutu scotch. »

« Et deux Heineken de plus. C'est ma tournée. Vous mettrez toutes nos boissons sur ma carte pour le reste de la soirée. » Il sortit le petit rectange de pastique de son portefeuille et allait le tendre à la serveuse lorsque je lui retins le bras en lui faisant désespérément "non" de la tête. Il me regarda.

« Elle va découvrir qui tu es. » murmurai-je à son oreille. « Laisse-moi régler. » Nos visages s'étaient rapprochés. Nos nez n'étaient plus quà un minuscule souffle de distance. Si je me penchais encore de deux centimètres, je pourrais l'embrasser une deuxième fois. Oh, je voudrais tellement l'embrasser encore. Pendant qu'il me regardait dans les yeux, je tendis ma carte à la serveuse. Puis, je pris sa main pour la reposer sur la table.

« Je te rembourserai, dit-il. »

« Non, non, répondis-je en hochant la tête et en me mordillant la lèvre. C'est pour moi. »

« Je trouverai bien un moyen de te rendre la pareille. » Son souffle sur mon visage m'étourdit. Mais quel effet me faisait cet homme ?

Au même moment, une nouvelle chanson de fit entendre. Ne-Yo's « Closer » sortit bruyamment des haut-parleurs, et notre petit tête à tête s'interrompit par la force des choses.

« Viens, Juste Bella. » Il prit ma main et m'entraîna vers un coin tranquille de la piste de danse.

Il me prit par la taille et l'attira à lui. Nos bassins se mirent à se mouvoir à l'unisson.

« Turn the lights off in this place And she shines just like a star And I swear I know her face I just don't know who you are Turn the music up in here I still hear her loud and clear Like she's right there in my ear Telling me that she wants to own me To control me Come closer, Come closer, Come closer »

Il prit mes deux bras et les passa derrière son cou, comme pour retrouver la position dans laquelle nous étions la première fois. Il se serra contre mes hanches. Je ne pus m'empêcher de frissonner.

« And I just can't pull myself away Under her spell I can't break I just cant stop, I just cant stop I just cant stop, I just cant stop And I just can't bring myself no way But I don't want to escape I just can't stop, I just can't stop I just can't stop, I just can't stop I just can't stop »

Il fit délicatement courir ses doigts le long de mon bras, et j'en eus la chair de poule. Son regard plongea dans le mien, cherchant visiblement quelque chose, mais que cherchait-il ? Je n'en savais rien.

« I can feel her on my skin I can taste her on my tongue She's the sweetest taste of sin The more I get the more I want She wants to own me Come closer She says "come closer »

« Bella, murmura-t-il, je peux sentir ton goût sur ma langue. (N/T : c'est ce que dit la chanson) Je peux t'embrasser encore ? » Et ses yeux d'un vert hypnotique se posèrent sur mes lèvres.

« And I just can't pull myself away Under her spell I can't break I just cant stop, I just cant stop I just cant stop, I just cant stop And I just can't bring myself no way But I don't want to escape I just can't stop, I just can't stop I just can't stop, I just can't stop I just can't stop »

Je le regardai, sans comprendre la raison pour laquelle il pourrait avoir envie de m'embrasser moi. Et pourquoi il voudrait m'embrasser, moi, encore.

« Come closer… » (viens plus près)

« Okay, » répondis-je dans un souffle. Alors, il prit mon cou dans sa main, juste sous mon oreille, il caressa ma joue en l'effleurant de son pouce, et doucement, tout doucement, il se pencha et posa ses lèvres sur les miennes, me faisant frissonner de tout mon corps.

« I just can't stop nooooo I just can't stop nooooo I just can't stop nooooo I just can't stop nooooo »

Nos corps bougeaient à l'unisson, serrés l'un contre l'autre, au rythme de la chanson. Nous étions blottis dans les bras l'un de l'autre alors que notre baiser devenait de plus en désespéré. Nous avions oublié tout ce qui se passait autour de nous.

« And I just can't pull myself away Under her spell I can't break I just cant stop, I just cant stop I just cant stop, I just cant stop And I just can't bring myself no way But I don't want to escape I just cant stop, I just cant stop I just cant stop, I just cant stop I just can't stop »

Il me souleva du sol pour me serrer encore plus contre son torse. Son bras droit me tenait fermement par la taille et sa main gauche retenait mon cou tandis qu'il m'embrassait passionnément.

« And I just can't pull myself away Under her spell I can't break I just cant stop, I just cant stop I just cant stop, I just cant stop I just cant stop »

« Oh, mon dieu, Bella ! » gémit-il contre mes lèvres.

« Come closer »

Le morceau cessa, et notre baiser prit fin. « Wow ! » C'est tout ce que je trouvai à dire. Il me fit un petit sourire en coin, et me reposa sur le sol. Main dans la main, nous revînmes à notre table. Ses yeux refusaient de quitter les miens, et mon regard ne pouvait se détacher du sien.

Bon sang, mais qu'est-ce qui se passe ? Je ne le connais que depuis quelques heures, et tout cela me paraît si normal comme si c'était écrit. C'était effrayant. Je n'avais jamais ressenti quelque chose d'aussi fort quand j'étais avec Jack. Même quand tout allait bien entre nous… quand nous nous aimions vraiment… quand il n'y avait personne d'autre. Je ne me souviens pas avoir ressenti une telle attirance envers Jack. Alors que celle que je ressentais pour Edward…

Lorsque je l'avais déposé cet après midi et que je m'étais retrouvée hors de sa vue, j'avais crié comme une folle dans ma voiture. J'avais eu envie de le faire dès que je l'avais aperçu devant ma librairie. Il n'y avait aucun client à l'intérieur, car il était déjà cinq heures. Les gens étaient déjà en route pour les resaurants de Port-Angeles. Un seul coup d'œil à son expression à travers la vitre m'avait fait comprendre qu'il se sentait en danger. J'avais fait de mon mieux pour jouer le rôle de la commerçante furieuse, et j'avais menacé en hurlant des filles à peine pubères qui étaient sur le point d'arracher ses vêtements.

Je pense que je l'avais effrayé lui aussi, encore plus que sa bande de fans l'avaient fait. Comme il s'éloignait, je l'avais fait entrer dans la boutique. Je suis certaine qu'à ce moment-là, il ne me faisait pas confiance. Ben oui, c'est clair, j'aurais bien aimé l'enfermer à double tour pour lui faire l'amour avec ferveur, mais alors, je n'aurais pas valu mieux que les autres filles dehors. Alors je retrouvai mes esprits, et je lui expliquai que j'étais toute seule, et que j'étais une toute petite personne inoffensive. Il dut s'en rendre compte et accepta mon offre après un coup d'œil rapide au carrefour. Elles se regroupaient déjà, et étaient prêtes à revenir le harceler. Il est à moi les filles, pensai-je alors. Je ris dans ma barbe à cette pensée tellement absurde, mais en même temps, j'avais le besoin pressant de respirer dans un sac en papier car j'hyperventilais à l'idée que c'était vrai à cette seconde précise !

Mon dieu ! Qu'on me le donne ce sac en papier !

Comment arrivai-je à me comporter comme une personne normale alors qu'il était dans ma boutique et qu'il en faisait le tour ? Je m'étonnai moi-même. C'est vrai, ce n'était pas moi l'acteur dans le couple!

Comment ça couple ? Vite, un autre sac. L'autre est usé.

J'appelai Alice pour vérifier si les fans étaient encore dans le coin, et je décidai alors de fermer un peu plus tôt. Je n'aurais rien fait de bon après cela de toutes façons. J'avais les jambes en fromage blanc à me tenir là devant lui, alors je lui demandai de fermer les verrous et d'éteindre les lumières car j'avais peur de me liquéfier si je bougeais. Ce qui aurait été fort embarrassant. Je mis à profit les quelques instant dont il avait besoin pour accomplir les petits travaux que je lui avais confiés pour reprendre mes esprits .

A la porte de derrière, mon bras et ma main décidèrent de leur propre chef de me trahir. Je les sentis se diriger derrière moi, et ma main prit la sienne. Comment pouvais-je faire une telle chose ? J'étais mortifiée. Mais à ma grande surprise, ses doigts s'enroulèrent autour des miens. Un léger choc électrique remonta mon bras et alla exploser dans mon cœur comme un feu d'artifice. C'était persque douloureux. C'était étonnant. C'était incroyable.

Je ne sentais plus aucune énergie dans mes membres, alors, comme dans « Mission impossible », je passai la porte et me précipitai dans ma voiture. Le thème du film passait en boucle dans mon esprit, et j'allumai le lecteur de CD pour le faire cesser. Au premier morceau, son visage s'éclaira. Il aimait Van Morisson, ce qui n'était pas fait pour me déplaire. C'était ma chanson préférée qui passait lorsque j'avais mis le CD en route et la suivante, « Beside you », était la sienne.

Lorsque nous arrivâmes aux environs de son hôtel, je paniquai. Est-ce que quelqu'un savait qu'il était là ? Y aurait-il des paparazzi ? C'est vrai que ça paraissait bizarre de penser qu'il y en aurait dans cette ville minuscule, mais Edward Cullen était une super star du cinéma. Je pris la décision de le déposer à une rue de son hôtel. Je tenais à ma tranquillité.

Qui étais-je après tout ? Juste une fille dans un trou perdu.

Il avait demandé où j'allais ce soir, mais jamais je n'aurais pensé le retrouver ici. Je croyais que je l'avais encore plus effrayé quand j'avais pris sa main encore une fois dans la voiture. Quand il fut en route vers sa « prison », je démarrai en trombe car j'avais un besoin irrépressible de hurler. Et je criai. Comme une hystérique.

Alice et Rosalie n'étaient pas là lorsque nous nous rassîmes à notre table. Lorsqu'elles revinrent, elles ne nous quittèrent plus du regard, l'air ébahi, de toute la soirée. Au bout de deux heures, je me sentais devenir complètement paranoïaque, et j'avais bu trop d'alcool. Beaucoup trop. Alors, je me levai brusquement, et je dis à haute voix : « Je dois faire pipi ! »

Alice éclata de rire et me prit par la main. Je titubais , mais au moment où j'allais m'écrouler, deux bras fermes me retinrent et me permirent de retrouver mon équilibre.

« Ouh là ! m'écriai-je en me frappant le front, je crois que j'ai mon compte. Oui, ça y est ! » En secouant la tête, je tapotai sa main lorsque je me sentis capable de me déplacer toute seule, comme une grande fille. Rosalie m'accompagna aux toilettes, abandonnant Edward à notre table.

Nous n'avions pas passé la porte que les filles me sautèrent dessus :

« Vous sortez ensemble ? »

« Il embrasse bien ? »

« Vous avez couché ensemble à son hôtel ou quoi ? C'était super chaud ! »

« Tu sais que j'ai dû tordre ma culotte après vous avoir vu tous les deux ? »

« Oh ! Rosalie, quelle classe ! » dis-je en attrappant ma tête à deux mains pour ne pas tomber à la renverse. « Je ne veux rien savoir de tes petites culottes ! Oh, mes aïeux, j'ai la tête qui tourne ! Pourquoi ça ne s'arrête pas de tourner ? » La faible ampoule tanguait et tournait et tournait et tournait. Oh mon dieu, je vais être malade !

Alice m'attrappa par les épaules, et me mit deux petites claques. « Reprends-toi Bella ! Tu as embrassé deux fois Edward ce soir ! Putain ! Cu_ »

Je mis ma main en travers de sa bouche avant qu'elle finisse de dire son nom : « SHHH ! Alice ! Tu ne comprends pas qu'il est là incognito ? » chuchotai-je.

« Désolée, dit-elle d'un ton penaud, mais vous sortez ensemble ou bien ? »

« Non ! » criai-je. « C'est juste… euh… Je ne sais pas ce qui s'est passé là-dehors. » Mes bras bougeaient de leur propre accord en montrant la porte des toilettes. « Il est sans doute comme ça avec beaucoup de filles. Ce n'est pas grand-chose. On a fait la fête. »

Et même si je savais que c'était surement le cas, j'avais au fond de moi le minuscule espoir qu'il fût un tout petit peu attiré par moi. Comme un amour-feu de paille ? Une étincelle? Moi je devais admettre que j'éprouvais quelque chose pour lui, mais c'était idiot. C'était un acteur connu. Et jusqu'à preuve du contraire, je n'étais qu'une obscure libraire de Forks, Washington.

« Conneries ! intervint Rose. Ce mec veut te sauter. »

« Me sauter Rosie ? Tu crois vraiment qu'on dit encore ça de nos jours ? » demandai-je, stupéfaite.

« Eh ben… ouais ! Et aussi, ce gars là en pince sévèrement pour toi. Il veut coucher avec toi. »

« Grands dieux ! » Je levais les mains au ciel et j'entrais dans un des WC. « Je ne couche pas ! » et je claquai la porte derrière moi. Les filles éclatèrent de rire.

Elles me trainèrent ensuite vers la table où Edward attendait bien sagement avec tous nos sacs à main.

« J'ai appelé mon chauffeur. Nous allons vous ramener à la maison. Vous n'êtes pas en état de conduire. »

J'allais protester, mais Rose fut plus rapide : « Merci Edward » dit-elle d'un ton charmant, puis elle me regarda et me fit un clin d'œil.

« Oh, merci », dis-je gentiment, puis je tanguais dangereusement vers la gauche. Une fois encore Edward dut me retenir.

« Okaaaaay ! Je crois qu'il est temps de rentrer à la maison, Bella ! » rigola-t-il. Il me prit par la taille et me serra contre lui pour me soutenir. Mon nez était suffisamment proche de lui pour que je puisse m'enivrer de l'odeur de sa chemise sans qu'il s'en rendît compte. Il sentait l'homme. Transpiration légère, alcool et son eau de toilette. Mmmm ! Nous nous dirigeâmes vers la porte à travers la masse des clients.

« Attendez ! m'écriai-je, l'addition ! Ma carte de crédit ! J'ai oublié de payer ! » Je me retournai d'un coup pour repartir vers le barman. Mais ce mouvement brusque et la force de gravité firent monter dangereusement vite le sol vers ma figure. Ahhh, zut ! Et là encore, avant de sentir l'impact du sol, j'étais en l'air, bien en sécurité entre deux bras protecteurs.

« Bella, mon cœur, je m'en suis occupé. Ta carte de crédit est dans ton sac, » me murmura Edward. J'étais bien trop pompette pour être contrariée par ça après tout, et je lui tapotai la joue gauche, comme si j'étais sa grand-mère tandis qu'il nous emmenait hors du bar.

« Est-ce que les garçons sautent toujours les filles ? » demandais-je ? Il me fixa pendant une seconde, puis il éclata de rire bruyamment.

« Hé ! qu'est-ce que ça a de drôle ? » ronchonnai-je en retroussant mon nez.

« C'est la question la plus bizarre qu'on m'ait posée, et dieu sait si j'en ai entendu ! » Il me guida vers la portière de la voiture en semblant chercher une réponse adéquate. Il se pencha alors vers moi et ses lèvres effleurèrent le lobe de mon oreille. Et lorsqu'il parla, son souffle envoya un long frisson le long de ma colonne vertébrale. « Pour répondre à ta question honnêtement, je suis certain que beaucoup d'hommes sautent les femmes. Mais pas moi Bella. Les femmes méritent plus de respect que ça. Et toi, tu mérites d'être chérie et adorée. »

Et il posa ses lèvres sur ma tempe.

Ce fut mon dernier souvenir conscient, avant de plonger au pays des rêves.

Merci d'avoir lu ce chapitre au bout de tellement de temps.

A la prochaine fois.

Je n'ose pas dire quand...

Je dois terminer le chapitre en de Forever Bound avant !