Et encore un ! Bonne lecture !
Chapter 11 : Souvenirs passés
Flash-back
Durant le tournoi européen, à la plus grande surprise de Tala, Kai avait trahi son équipe pour se joindre aux Demolition Boys. Cela faisait maintenant quelques jours que celui-ci les côtoyait tous les jours et dormait à l'abbaye. C'était à ce moment-là que le rouquin supporta les plus longues insomnies de toute sa vie.
D'ailleurs, cette nuit-là, il ne dormait pas.
Maintenant qu'il était devenu le capitaine de son équipe, sélectionné pour représenter son pays lors du tournoi, Tala avait eu droit, comme le reste de son équipe, à une chambre rien qu'à lui et bien que ce fut un solitaire invétéré, la compagnie de Bryan durant les nuits difficiles comme celle-ci, lui manquait au point de lui arracher une discrète larme qui roula lentement le long de sa joue droite.
Mais ce n'était pas tout. Allongé dans son lit, agrippant son oreiller de ses deux mains, il sentait qu'il n'avait pas la force de chasser toutes ces mauvaises pensées. Car quand son esprit osait s'égarer dans un univers plus paisible, la douleur lui rappelait aussitôt ce qui s'était passé quelques heures auparavant.
D'abord, ces soi-disant expériences sur son propre corps. Une vraie torture. Torture durant laquelle il avait eu le malheur de broncher. Et puis… Cette dispute avec Kai, cet arrogant petit salopard qui arrivait si bien à mettre le roux hors de lui.
Deux erreurs, qui n'échappèrent pas aux yeux vigilants de Boris. Comment Tala Ivanov OSAIT faire de telles erreurs quelques jours avant la grande finale ? Il allait lui faire regretter, et Tala le supplierait de le pardonner, en larmes et à genoux.
Ce n'était pas la première fois que Boris pratiquait de tels… Actes ? Attouchements ? Viols… sur le pauvre corps du garçon, et celui-ci se maudissait de ne pas réussir à s'y habituer. Il se sentait déjà en milles morceaux et cela depuis des années alors comment quelqu'un arrivait encore à le briser d'avantage ?
Et quelques heures après, il continuait bêtement de pleurer. Il haïssait tellement ces larmes… Il haïssait sa faiblesse… Et ce qu'il restait de son cœur.
Tala ne put retenir un sursaut en voyant la porte de sa chambre s'ouvrir et voir l'imposante silhouette de Boris y pénétrer. Non… Venez-t-il pour une nouvelle punition, une nouvelle… « session » ? Il devait… Oui, il devait garder son calme, rester le plus impassible possible, peut-être qu'ainsi l'homme l'épargnerait. Mais alors que son visage tentait tant bien que mal de rester neutre, ses mains, toujours agrippées à l'oreiller tremblaient incontrôlablement et si le roux n'en avait pas besoin pour jouer au Beyblade, il les aurait très volontiers coupées en cet instant même.
Mais le garçon se calma automatiquement en voyant que Boris n'était pas seul. Il était accompagné… de Kai ?
Boris : Kai a besoin d'une chambre et je pense que tu as des excuses à lui faire après votre petite querelle de tout à l'heure, n'est-ce pas ?
Le sourire qu'afficha l'homme n'était pas rassurant du tout et Tala avala de travers. Ça plus son aspect apeuré qu'il avait du mal à cacher, tout ça sauta aux yeux du bleuté mais celui resta silencieux et immobile, même après que Boris soit parti en leur lançant un « bonne nuit » sur un ton ironique.
Ce fut Tala le premier à briser le silence, quand il déclara après un long soupir las :
Tala : Tu peux dormir du côté gauche du lit. Mais t'as pas intérêt à me donner des coups de pieds ou encore ronfler, sinon tu t'installes dans la douche.
Kai ne répondit rien, regardant l'autre se recoucher et fermer les yeux, faisant semblant de dormir. Il se dirigea alors de son côté du lit, enlevant les vêtements superflus pour dormir, n'ayant pas de pyjama comme le roux, gardant tout de même son t-shirt et son caleçon, et s'allongea à son tour mais resta tout aussi éveillé que son compagnon de lit.
Tala : Tsss !
Kai : … Quoi ?
Tala : Tu m'fais chier !
Kai : J'ai rien fais.
Tala : Rah, ta gueule ! Ta simple présence m'énerve !
Tala se redressa brutalement, ce qui eût pour effet de réveiller toute la douleur de son corps qui s'était pourtant quelque peu calmée. Il ne put s'empêcher de grimacer et une pénible plainte s'échappa malgré lui de sa bouche. Une main se posa instantanément sur sa hanche gauche, là où les griffes de Boris l'avaient férocement agrippé durant les longs et tranchants va-et-vient de leur session.
Kai : Qu'est-ce que t'as ?
Tala : R-rien, c'est rien.
Kai : Tala.
Tala : C'est rien j'te dis ! Ah- !
Le bleuté força l'autre à retirer sa main et souleva son haut pour y voir des traces d'ongles, sanglantes, déchirant la peau blanche auparavant si parfaite et pure. Tala le repoussa rapidement, se recroquevillant sur lui-même en tournant le dos à l'autre, haletant, comme si tout contact humain lui était insupportable. Une certaine peur était lisible dans ses yeux, ce genre de situation inconfortable ne devait JAMAIS arriver à quelqu'un d'aussi froid que Tala Ivanov. Mais réussir à cacher le déchirement et le souvenir sale d'un viol, ça prenait du temps, même pour lui.
Et maintenant, LA question le hantait : Comment Kai allait-il réagir ? Allait-il… se moquer de lui, le rabaisser ? S'en foutre ? Le rassurer peut-être. Non, certainement pas. Et plus l'atmosphère silencieuse prenait place, plus le rouquin se sentait oppressé, écrasé, pas une honte et humiliation sans nom mais aussi par un mal-être si profond et trop récent pour être caché, même à quelqu'un d'aussi odieux que Kai Hiwatari.
Saloperies de sanglots, il n'arrivait pas à les étouffer, même dos à l'autre, celui-ci ne pouvait que les entendre. C'était déjà dur de se calmer en étant totalement seul mais avec la présence de quelqu'un juste derrière lui c'était juste impossible. Il aurait tout donné pour une réaction, qu'elle quelle soit, de la part du bleuté, mais rien. Aucun son, aucun mouvement.
Tala tenta alors de jeter un rapide coup d'œil à Kai et vit que celui-ci, toujours en position assise dans le lit, regardait fixement devant lui. Il pu voir une certaine gêne dans ses yeux, gêne qu'il n'exprimait absolument pas, mais au moins le bleuté n'avait aucun signe de moquerie visible, c'était déjà ça.
Le temps passait et les sanglots du roux se firent de moins en moins entendre. Sa respiration reprit un rythme normal et de temps à autre, une manche de pyjama venait essuyer ses yeux trop humides. Il reprit une position plus confortable également, sa crispation commençant à lui provoquer des crampes déplaisantes, se rasseyant droit dans le lit. Kai en profita pour l'observer en coin, puis détourna la tête avant de parler.
Kai : … Désolé.
Et forcement, quand Kai Hiwatari s'excuse devant vous, vous ne pouvez qu'être étonné, même si vous êtes réputé sans-cœur.
Tala : Dé-désolé ?
Kai : Tu n'as pas à supporter tout ce qu'il te fait subir.
Tala : … Et TU n'as pas à me dire ce que je dois faire.
Kai : Tu as changé.
Tala : Ah ? Je croyais que tu avais perdu la mémoire ?
Kai : Il m'arrive… que certaines choses me reviennent. Vaguement.
Un discret hoquet de surprise de la part du roux. Se pourrait-il… qu'il se souvienne… ?
Tala : Bah… Tout le monde changerait en vivant cet enfer.
Kai : … Non.
Tala : Hum ?
Kai : C'est quelque chose d'autre qui t'a poussé… à accepter cette situation, je me trompe ?
Le regard perçant de Kai scrutait les yeux bleus encore humides d'un Tala visiblement surpris. Alors… il s'en souvenait vraiment ? La raison pour laquelle le rouquin avait accepté d'intégrer cette abbaye et s'était donné tout ce mal pour devenir le capitaine de l'équipe, supportant entraînement, expériences, tortures et même viols ?
Kai : Je ne me souviens pas… Pas vraiment. Je ne me souviens pas pourquoi tu me hais tant ou même pourquoi je te hais. Je peux juste dire que ça n'a rien à voir avec nos dernières disputes, notre rivalité actuelle n'est que le résultat d'évènements passés, bien avant qu'on ne soit ce qu'on est devenus… n'est-ce pas ?
Le roux ne pouvait répondre. Kai avait totalement raison. Mais il ne se souvenait pas des détails, ce qui provoqua une certaine tristesse désespérée au plus profond de son cœur qu'il croyait pourtant mort.
Kai : Tala.
Il sentait cette tristesse se transformer en haine. En haine contre lui, Kai Hiwatari, alors que des scènes du passé rejouaient dans sa tête.
Kai : Tala, s'il te plait.
Comment arrivait-il à faire ressentir de telles choses au roux ? Pourtant, il n'était rien d'autre qu'un prétentieux fils de riche à la recherche du pouvoir. Aucun intérêt. Mais il arrivait à faire naître des sentiments étranges chez Tala que lui-même ne pouvait nommer et ça le rendait fou. Encore plus que n'importe quelle peine, que n'importe quelle douleur.
Kai : Tala, dis moi. S'il te plait.
Tala : … Tu nous as quittés pour rejoindre une équipe plus forte.
Kai : … Vraiment ? Alors, j'ai vraiment fais ça ?
Tala : Oui. Puis tu les as quitté pour rejoindre l'abbaye, où tu savais qu'un puissant spectre se trouvait. Tu as passé ta stupide enfance à courir après la puissance.
Kai : … Tout comme toi.
Tala ne pouvait le nier. Mais ce n'était pas la puissance elle-même qu'il recherchait. Non, maintenant qu'il en parlait, la même sensation de l'époque lui revenait. Ce besoin d'être fort pour… attirer l'attention. Celle des autres mais surtout celle d'un être qui ne s'intéressait qu'au pouvoir, lui, Kai Hiwatari. Le roux s'était dit que s'il devenait puissant, peut-être que Kai aurait à nouveau des yeux pour lui.
Il secoua rapidement sa tête afin de faire partir cette désagréable sensation. Non, maintenant qu'il était le capitaine des Demolition Boys et futur champion du monde, il n'avait plus besoin de l'attention de ce…
Tala : Monstre. Tu es… un monstre. Encore une fois tu as abandonné ton équipe pour ce stupide spectre. Comment peux-tu être aussi… froid. Aussi froid que… que je désirais l'être et pourtant tu m'horripile, alors pourquoi… pourquoi je cherche encore tant à te ressembler… ?
Kai : Tala… ?
Tala : FERMES-LA ! Je gagnerais ce foutu championnat ! Et après, c'est toi qui désireras tant que j'ai la pitié de regarder ton pauvre petit être insignifiant ! Tu m'envieras et tu t'en voudras de m'avoir abandonné, à un tel point que la folie t'emportera !
Tala se choqua lui-même par ses paroles quand il se tut enfin, reprenant son souffle. Il sentait le regard surpris et interrogateur de Kai mais n'osait à présent plus lui faire face.
Kai : Tala, je… t'ai abandonné ?
Tala : … Retournes auprès de ton équipe, Kai. Je suis… le résultat de ton avidité pour le pouvoir. As-tu… vraiment envie de faire plus de dégâts ? As-tu vraiment envie… de continuer d'être ce monstre qui me hante ?
Kai : …
Et ainsi se termina leur discussion, Tala regretta ses mots encore longtemps après et pourtant, grâce à lui, cette nuit là Kai ne dormi pas, réfléchissant à ce qu'il devait faire. S'il avait finalement réintégré les BladeBreakers, c'était grâce à Tyson et les autres mais pas seulement. Tala y avait été pour beaucoup aussi. Mais jamais après ça il ne l'avoua. Les deux russes n'en parleraient d'ailleurs plus et reprirent leurs vieilles habitudes comme si rien ne s'était passé.
Mais cette nuit resta inévitablement gravé dans leurs mémoires.
Fin du Flash-back
Comment pouvait-il faire une telle chose ? Répéter sans cesse les mêmes erreurs ? Vouloir toujours plus et plus encore ? Bon sang, qu'est-ce que ce foutu Kai Hiwatari pouvait bien avoir dans le crâne ?
Tala courrait aussi vite que ses jambes et l'épaisse couche de neige le lui permettaient. Si Kai avait décidé de se joindre aux Wolves, il n'y avait qu'un seul endroit où il pouvait se trouver.
Les Snow Wolves.
Malgré que ce fût une simple équipe de rues, leurs dégâts étaient tels que leur nom était connu partout à Moscou et alentours. Ils avaient les meilleures toupies, car leur capitaine était suffisamment friqué pour offrir à son équipe les dernières pièces tout juste sorties. Grâce à ça et à leur cruelle façon de jouer, ils étaient vite devenus comme les leaders des duels de rues, donnant les ordres et appliquant les rares règles et gare à ceux qui osaient leur barrer la route. Ils étaient également les organisateurs des quelques tournois réservés aux plus grands tricheurs et jusqu'à présent, ils en restaient les champions.
On les surnommait les loups, les Wolves. Et on les craignait.
Tala arriva enfin à la ruelle désiré et son flair ne le trompa pas, non seulement Kai était là mais également toute l'équipe des Snow Wolves. C'est pour cette raison qu'il se sentit immédiatement mal à l'aise, mais ne le montra pas, laissant plutôt parler sa haine.
Tala : Kai !
L'interpellé se retourna vers le roux, ainsi que les quatre autres personnes présentes. Il y avait Nina mais aussi Alex, un autre garçon aux cheveux noirs cachés sous une casquette de même couleur puis un autre aux longs cheveux blonds attachés en queue de cheval. Les cinq se trouvaient autour du Beystadium, dans la même rue en cul-de-sac où Kai avait revue sa sœur deux jours auparavant.
Tala : Bordel Kai ! Qu'est-ce que tu fous ? Ton équipe t'attend chez moi.
Le garçon aux cheveux noirs se plaça devant lui, lui barrant la route, provoquant un duel de regard avec le roux.
Tala : Dégages, Syde.
Garçon blond : Ah, désolé Tala mais… Kai est déjà avec son équipe. Il vient de passer le test pour intégrer les Snow Wolves et il a réussi. C'est un loup maintenant.
Tala : Tssss… Kai ! Arrêtes de faire le con et ramènes-toi !
Kai : Tu as entendu ce qu'a dit Matt.
Tala : C'est de la merde !
Kai : Non. Juste la vérité.
Le roux cessa son duel de regards avec Syde pour fixer Kai, espérant voir un quelconque signe de blague sur ses traits mais il n'y vit rien de tel.
Tala : Kai… Tu vas pas recommencer, hein ? Te fous pas de ma gueule, Kai ! Comment tu peux faire ça alors que-… alors que… !
Syde : Tu l'as entendu non ? Dégages.
Tala : Ta gueule. Kai ! T'as pas le droit de faire ça à ton équipe après tout ça ! T'as vraiment envie de redevenir un monstre ? Ce foutu monstre qui ne sait que briser les autres ?
Alex : Qu'est-ce qu'il raconte ce con ? T'es pathétique mon pauvre Taloche ! Ahah !
C'est vrai, personne n'imaginait Tala parler ainsi ouvertement et seul Kai pouvait comprendre ses paroles. Mais il ne dit rien, préférant lui tourner le dos en réponse. Alors le roux su qu'il était inutile d'insister, du moins pour le moment. La seule chose qu'il aurait obtenue aurait été une violente bagarre et étant seul, il n'allait pas risquer de les provoquer d'avantage.
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Spencer : Ils sont au nombre de quatre. Vous avez vu Nina, la frangine de Kai. Faut se méfier de sa tête d'ange à celle-là. Alex est un sale petit vaniteux, pas grand-chose à dire de plus sur lui. Ensuite il y a Syde et Matt, le premier est un vrai bagarreur, certains le traite de psychopathe, mais je dirais simplement qu'il a pas eu une enfance facile et que ça a vachement déteint sur son caractère de chien. Quand à Matt, c'est le capitaine, il est redoutable. Il n'a jamais supporté que son père refuse qu'il devienne Beybladeur donc il s'est vengé en créant son équipe de rue et en foutant le bordel dans Moscou. Il est calculateur et manipulateur, en plus d'être sacrément riche.
Les BladeBreakers présents, c'est-à-dire, Kenny, Tyson et Max, écoutèrent avec attention ce que Spencer leur racontait à propos des Snow Wolves. Apparemment, Kai avait déjà fait parti de cette équipe il avait bien longtemps puis les avait abandonnés pour rejoindre l'abbaye, refusant que même sa sœur l'accompagne. Apparemment, la raison qui l'avait poussé à faire ça était le Black Dranzer. En sachant cela, ils se rappelèrent la fois où Kai avait fait la même chose avec eux. Ils avaient espéré qu'il avait à présent changé mais… Mais leur capitaine venait une fois de plus de les laisser tomber…
Tyson : Il faut le retrouver, il doit y avoir une explication derrière tout ça et il va nous la donner.
Spencer : Tala est certainement parti le chercher, vous devriez attendre son retour. De toute manière, il est difficile de savoir où il est.
Kenny : Mais on a pas vraiment le temps d'attendre les bras croisés ici, on a même plus d'endroit où dormir.
Spencer : … Vous n'avez qu'à rester ici.
Tyson : Oh, vraiment ?
Spencer : Oui. Je m'arrangerais avec les autres. Votre ami chinois n'est plus avec vous ?
Tyson : Ah, il a dit qu'il avait quelque chose d'important à faire aujourd'hui et nous a donné rendez-vous ici en fin d'après-midi. On savait pas quoi faire en attendant donc on est venus plus tôt.
Spencer : Vachement plus tôt…
Tyson : Eheh mais ça n'a pas d'importance vu qu'on va dormir ici finalement.
Le grand blond soupira, sachant d'avance que Tala le tuerait en sachant qu'il avait permis aux BladeBreakers de rester ici. Mais que pouvait-il faire d'autre ? Et puis, après la nuit dernière, il avait du mal à rester seul avec Max, ce qui l'aidait pas mal vu que les deux autres restèrent près du blond malade tout le reste de l'après-midi.
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Bryan : Alors, elle est pas classe ?
Ray observait sa toupie maintenant que la nouvelle pièce était en place. Son sourire en disait long, en effet, l'aspect tranchant qu'elle possédait à présent était, comme le disait si bien le russe, assez classe et le chinois n'en était pas peu fier.
Bryan : Bon, par contre, elle risque d'être dure à maîtriser au début, je suppose que tu t'en doutes. Faudra exercer ton lancé pour qu'elle soit assez rapide sans se casser la gueule. Comme ça…
Bryan sorti sa propre toupie de sa poche et la plaça sur son lanceur. Il avait choisi un terrain de jeu de sketteurs pour leur entraînement, celui-ci étant vide par temps de neige, mais les deux Beybladeurs durent dégager un peu de la matière blanche et froide pour avoir un espace suffisamment plat. Maintenant que l'endroit était adapté à un entraînement de Beyblade et que personne ne passait dans les parages, ils allaient pouvoir se défouler à volonté, principalement Bryan qui s'en donna à cœur joie, lançant Falborg de telle sorte, que la toupie sembla fendre l'air dans un sifflement aigu.
Bryan : Tu vois ?
Ray avait analysé chacun de ses mouvements et se concentrait maintenant sur la rotation de la toupie. Celle-ci était rapide et légère, touchant à peine le sol et pourtant droite comme un i. Autour d'elle, l'air était brassé au point de devenir tranchant comme des lames de rasoir. Pour preuve, Bryan saisi un bout de bois tombé d'une branche d'arbre et le jeta, visant le centre du mini cyclone que sa toupie provoquait. Immédiatement, le bâton fut tranché en trois morceaux et repoussé quelques mètres plus loin.
Bryan : Impressionnant hein ? Bon, évidemment, quand la toupie est en mouvement et petit à petit qu'elle perd de la vitesse, sa force est diminuée, c'est sûr. Mais c'est une sacrée protection et une redoutable attaque.
Ray : Merci, j'ai pu le constater quand je t'ai affronté.
Le russe perdit de sa gaieté en entendant ces mots, tandis que Ray continuait de fixer avec attention la toupie tournoyante. Et quelques minutes passèrent avant que Bryan ne lâche un énorme soupir.
Ray : Que se passe-t-il ?
Bryan : Rien, juste… Effaces ce foutu jour de ta mémoire, tu veux.
Ray : Ce jour ?
Bryan : Ouais. La finale. Notre duel.
Ray : Oh… ?
C'est vrai. Les Demolition Boys avait perdus. Bryan avait perdu. Ray l'avait vaincu. Et puis, les BladeBreakers étaient maintenant champions du monde alors qu'eux n'étaient plus rien aux yeux du monde. Le chinois chercha ses mots avec précaution.
Ray : Mais… ça vous a permit de partir de cet endroit, non ?
Bryan : …
Ray : Je veux dire… Même si votre vie n'est pas… Enfin, si vous semblez avoir du mal à vous en sortir… Enfin, je veux dire… C'est pas facile mais vous vous démerdez bien et-
Bryan : Ray.
Ray : Hein ?
Bryan : Ta gueule.
Ray avait l'impression d'avoir touché un point sensible. C'est vrai que le russe était plus émotif qu'avant mais il semblait ne toujours pas vouloir montrer un quelconque sentiment négatif, mise à part la colère. Tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à de la tristesse ne devait pas faire surface. Et ça, le chinois ne le supportait bizarrement pas. En quoi ça le concernait ? Absolument en rien. Ou alors, au contraire. Il avait tellement haït ce garçon, alors que ce n'était pas dans ses gênes d'être désagréable avec les autres, que Ray sentait comme un besoin de lui donner une seconde chance et surtout, un besoin de faire tout pour que Bryan la saisisse.
Ray : Non.
Bryan : Hum ?
Ray : Je refuse d'effacer ce jour de ma mémoire. Oui, vous avez perdu et notre victoire a beau avoir apporté beaucoup de choses bénéfiques, je sais que ce n'est pas le cas pour vous et je n'ai pas à juger que votre situation est meilleure maintenant pour me donner bonne conscience.
Bryan : Fermes-la !
Ray : Non ! Au fond je ne sais rien de vous. Je ne sais rien… de toi et je ne te demanderais rien mais je refuse d'oublier. Je refuse d'oublier celui que tu étais avant, ce Bryan si froid et cruel qui n'aurait pas hésité à me tuer pour une simple victoire, et les blessures et douleurs que j'ai endurées… que tu m'as faites endurer pour pouvoir gagner ce match, je ne peux pas oublier.
Bryan : MAIS TU VAS FERMER TA GUEULE OUI ?
Il ne supportait pas… Bryan ne pouvait supporter le souvenir de ce jour, de ce qu'il était en ce temps-là. Il agrippa violemment Ray par le col, menaçant de le frapper du poing, se demandant d'ailleurs ce qui pouvait bien le retenir. Malgré ça, le chinois continuait de sortir ces mots douloureux aux oreilles du russe, essayant tant bien que mal de garder son calme.
Ray : Je ne veux pas oublier, Bryan ! Parce que… Parce que c'est grâce à cet horrible souvenir que je peux voir à quel point tu as changé aujourd'hui. Je ne peux pas m'empêcher de penser égoïstement que ça va mieux pour vous car tu montres finalement et ouvertement qu'en fait tu es quelqu'un de… bien. Et… au fond je… je crois que je t'apprécie réellement.
Bryan : …
Pourquoi ? Ces mots, ce n'était qu'un mensonge, n'est-ce pas ? Ça ne pouvait être que ça, bon dieu ! Jamais, jamais personne ne pouvait apprécier quelqu'un comme lui ! Quelqu'un d'aussi sadique, d'aussi cruel, d'aussi froid ! Alors pourquoi ? Pourquoi les yeux de Ray face à lui étaient emplie d'une sincérité si pure, si… profonde ? Bryan était submergé par ce regard, il ne pouvait que le fixer intensément, son esprit totalement off et son corps immobile, tenant pourtant toujours aussi fermement le col du chinois.
Ce fut sa toupie qui s'arrêta finalement pour tomber raide au sol dans un faible bruit qui le réveilla et son premier réflexe, après un court sursaut fut de braquer son poing une fois de plus, menaçant l'autre, qui ne fit rien d'autre que fermer les yeux, attendant le coup jugé bien mérité.
Mais le coup ne vint jamais. Un grognement plaintif et un claquement de langue se firent entendre et le col de Ray fut relâché. Celui-ci rouvrit les yeux doucement et pu voir Bryan, le dos tourné, s'allumant une cigarette dans des gestes agacés.
Ray : … Bryan ?
Bryan : Ta gueule et lances ta toupie. Faudrait ptet songer à le commencer, ce foutu entraînement.
Ray ne pu retenir un faible sourire. Puis inspira profondément avant de se mettre en position de lancer…
To be continued…
N/A: Pouah, foutu Flash-back qui m'a donné du fil à retordre. Mais bon, au moins c'est fait et le résultat me plait. J'espère qu'il vous plaira également. :)
Ouuuuh comment j'aime mon petit Ray et mon petit Bryan ! J'aurais jamais cru autant aimer ce couple. La musique « Angels » de Robbie Williams m'a d'ailleurs bien inspirée pour écrire le passage avec ces deux-là.
La suite est partiellement faite, mais comme je vais déménager très prochainement, je ne devrais pas pouvoir la poster tout de suite. J'essayerais de faire au plus vite mais bon, je ne promet rien. Ce que je peux promettre par contre c'est qu'elle aura le premier lemon ! :D
À la prochaine !
