Salut à tous ! Voici le deuxième chapitre.
Je remercie une nouvelle fois emicrazy, ma bêta, pour sa relecture et ses conseils précieux.
Pas de warning particulier pour ce chapitre, seulement du vocabulaire pas très fin.
CHAPITRE 2
Lorsque la sonnerie de fin de cours se fit entendre, Kurt se leva et sortit le premier de la salle comme à son habitude. Blaine le suivit des yeux avec insistance. Enfin, c'était plutôt son derrière délicatement moulé dans son slim qu'il regardait. Il ne pouvait pas nier qu'il trouvait ce Kurt très attirant. Il aimait son aspect un peu fragile sous cette carapace de teigne semi-gothique. Il aimait son insolence et le regard hargneux avec lequel il l'avait dévisagé pendant une bonne partie de l'heure. Pourtant, Blaine était presque sûr qu'il plaisait au jeune homme. Il se savait séduisant, et il réussissait toujours à obtenir ce qu'il voulait que ce soit des filles ou des garçons. Il n'y avait aucune raison que Kurt déroge à cette règle. Blaine était convaincu que le jeune homme était sensible à son charme naturel mais trop prétentieux pour l'admettre. Il sourit pour lui-même. Il n'allait pas abandonner pour autant, car il avait vraiment envie de lui.
A peine sorti dans le couloir, il le chercha des yeux et l'aperçut dans un coin des casiers en train de taper frénétiquement un message sur son portable. Parfait.
"Il reste dix minutes avant le prochain cours, on a le temps de faire ça vite fait bien fait."
Kurt leva les yeux avec un regard qui indiquait clairement qu'il le dérangeait.
"Faire quoi ? demanda-t-il froidement.
- Ce que tu veux. Je pensais te faire jouir avec les mains, mais c'est vrai que ma langue s'ennuie un peu."
Kurt resta estomaqué par le culot du nouveau venu. Blaine s'empara de la cigarette coincée derrière son oreille et l'alluma d'un geste habille. Kurt se reprit.
"D'où tu débarques ? Fumer dans le lycée est interdit. Et je ne veux pas de ta merde dans mes poumons.
- Ça m'excite de faire des trucs interdits, répondit Blaine soufflant un nuage de fumée. Alors, on y va ?"
Il détailla Kurt de haut en bas avec un regard appréciateur. Celui-ci croisa les bras et le dévisagea avec dédain.
"Qui te dit que j'ai envie de toi ?
- Hmm. Ton regard lubrique pendant le contrôle d'Histoire. Tu as passé plus de temps à regarder sous ma table que sur la tienne.
- Tu es crade, tu es vulgaire et tu pues la clope, répliqua Kurt en rosissant légèrement."
Il ne pensait visiblement pas s'être fait remarquer. Blaine le trouvait de plus en plus désirable, avec ses petites manies de vierge effarouchée.
"Vraiment ?"
Il le prit par la taille et colla presque ton torse contre le sien. Kurt recula, dégouté par l'odeur de la cigarette.
"Lâch- "
Blaine lui saisit alors le bras au niveau du coude. Kurt se dégagea brusquement et lui retourna une gifle retentissante. Blaine tituba, complètement déséquilibré, et finit par s'étaler en arrière sur le sol froid du hall. Tous les élèves présents s'étaient figés et les regardaient avec un air choqué. Même Kurt semblait étonné par son propre geste.
"Qu'est-ce qu'il se passe, ici ? demanda la grosse voix de Coach Beiste."
Blaine regardait à présent Kurt avec un air mortifié. Il avait déjà été impliqué dans de nombreuses bagarres et avait déjà reçu beaucoup de coups, mais celui-là l'avait totalement pris de court. Il était totalement injuste. Il n'avait fait que le taquiner.
"Ri-rien, répondit Kurt."
Mais la couleur rouge vif de la joue de Blaine parlait d'elle-même.
"Vous l'avez frappé ? La violence est interdite dans cette école ! Filez dans le bureau du principal, Hummel !
- Mais...
- Il n'y a pas de "mais" ! Dépêchez-vous avant que je vous y traine moi-même !"
Kurt ramassa son sac d'un geste furieux et lança un regard assassin à Blaine.
"Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Beiste en se penchant pour ramasser la cigarette encore fumante par terre. Vous étiez sérieusement en train de fumer à l'intérieur du lycée,... ?
- Anderson, l'informa Blaine sur le ton de la conversation.
- Filez chez le Principal Figgins vous aussi ! PLUS VITE QUE CA !"
Blaine se releva, cala du mieux qu'il put un petit sourire insolent sur ses lèvres et partit à la suite de Kurt. Celui-ci se retourna et articula très nettement une insulte, à laquelle Blaine ne répondit pas. Il n'aimait pas perdre une bagarre, et encore moins en public. Il serra les poings dans les poches de sa veste et tenta d'ignorer les sourires moqueurs qu'il croisa en gagnant le bureau du principal.
~oOo~
"Mr Anderson, je vous félicite. Vous avez réussi à tenir exactement une heure et vingt-deux minutes dans cette école sans vous faire remarquer.
- Record personnel, commenta Blaine avec un sourire poli.
- Ce n'est pas une plaisanterie, Mr Anderson ! Le lycée McKinley a accepté de vous prendre comme élève malgré votre dossier scolaire surchargé. Vous pourriez au moins faire l'effort de vous plier au règlement intérieur.
- Je ne me plie que dans une seule situation, et c'est justement celle que j'étais en train de proposer à Kurt quand...
- La ferme ! l'interrompit Kurt en grimaçant."
Figgins ne parut pas saisir l'allusion.
"Mr Hummel, restez poli je vous prie. Le Coach Beiste vient de me rapporter que vous avez levé la main sur Mr Anderson au beau milieu du hall...
- "levé la main" ? Je ne suis pas une tapette, je peux endurer, répliqua Blaine, vexé."
Kurt tourna vers lui de grands yeux dégoutés. Pas un regard froid et calculé, un regard sincèrement répugné.
"Là n'est pas la question, Mr Anderson. La politique de cet établissement condamne fermement la violence. Mr Hummel, votre geste sera inscrit dans votre dossier scolaire et je vous donne une semaine de retenue...
- Qu-quoi ! Mais c'est lui qui...
- A vous aussi Mr Anderson. Dorénavant vous garderez vos cigarettes pour l'extérieur de l'enceinte de ce lycée. Vous viendrez tous les deux effectuer des travaux d'intérêt général après les cours, à partir de demain soir. Et estimez-vous chanceux de ne pas être suspendus."
Quelque chose qui ressemblait à "putain..." s'échappa des lèvres de Kurt. Il adressa un signe de tête à Figgins pour lui signifier qu'il avait enregistré l'information et les deux garçons sortirent dans le couloir.
"Sache qu'on ne me met pas une branlée au milieu du couloir, Hummel, murmura Blaine avec une voix grave. Si tu n'avais pas un si joli petit cul je t'aurais réduit en bouillie.
- Trop aimable à toi. C'était la première et la dernière fois que tu posais tes pattes dégueulasses sur moi. Maintenant dégage de mon chemin, tu m'as assez pourri ma journée comme ça."
Blaine lui envoya un petit baiser insolent du bout des lèvres. "La première et la dernière fois..." C'est ce qu'on allait voir. Il aimait qu'on lui résiste, cela l'excitait encore plus. Une partie de lui détestait ce petit insolent trop apprêté et l'autre avait envie de le prendre violemment contre le premier mur qui se présenterait.
Il se dirigea vers la porte d'entrée et alluma une autre cigarette, tout en restant à l'intérieur pour ne pas subir la morsure du froid. Ce qui l'agaçait le plus, c'était que Hummel venait de s'en prendre directement à sa réputation en le mettant KO devant tout le monde, et il était très rancunier. Il ne voulait pas que les autres pensent qu'il était une victime, et ce dès son premier jour de cours. Il avait toujours mis un point d'honneur à ce que les gens le respectent, et plus il lisait d'appréhension dans leurs yeux mieux il se portait. Or il ne pouvait effacer de son esprit les regards moqueurs qui l'avaient suivi jusqu'au bureau de Figgins. Hummel avait eu le dessus sur lui l'espace d'une seconde, et il en payait déjà le prix.
Mais d'un autre côté, il avait vraiment envie de se taper cette petite frappe en porcelaine. Une fois terminée, il écrasa le reste de sa cigarette par terre et s'appuya sur le mur, songeur. Soudain, ses lèvres s'étirèrent en un sourire narquois. Il avait une petite idée de la manière dont il allait se venger de Hummel tout en prenant un peu de bon temps.
"Hé ! Le nouveau !"
Blaine leva ses yeux ambrés vers le groupe de cinq énormes gorilles qui s'avançait vers lui. Il sortit du sas d'entrée du lycée et leur passa devant avec un air désinvolte, faisant mine de ne pas les entendre. Il ne tenait pas à déclencher une bagarre et retourner dans le bureau de Figgins aussi rapidement.
"Je te parle !"
Blaine ajusta sa veste en cuir et glissa une main nonchalante sur son crâne pour ébouriffer ses boucles brunes.
"Laisse-tomber, Dave. Il se laisse marcher dessus par Hummel, c'est une fiotte."
Cette fois, Blaine se figea.
"Tu aimes être dominé, le nouveau ? Ça te fait triper d'être remis à ta place par Hummel ?
- Il parait qu'il t'a mis une sacrée beigne. Vu les bras qu'il a, soit tu es une mauviette, soit tu l'as laissé faire parce que tu aimes ça.
- Et on ne veut pas de mauviette ici, tu comprends ? On a déjà une tapette-en-chef qui croit qu'elle nous fait peur, on ne tient pas à ce qu'elle se forme une bande de copines."
La haine brillait à présent dans les yeux de Blaine. Ils étaient cinq et il était seul. Il leur aurait facilement rabattu leurs caquets un par un, mais là ils étaient trop. Et il s'était déjà fait remarquer aujourd'hui.
"Est-ce que tu as peur de Lopez aussi ?
- Regarde comme il sert les points. Relax, tu vas te faire mal.
- Fermez vos gueules, abrutis."
Les cinq brutes se turent, interloquées.
"J'explose vos faces de babouins quand vous voulez, ok ? Hummel s'en est tiré parce qu'une espèce de mammouth en short nous a séparés, mais il va bientôt pleurer sa mère. Alors si vous ne voulez pas avoir à expliquer à vos mamans pourquoi vous avez le nez arraché, cassez-vous.
- Houuuuu. Il s'énerve le nabot !
- Ok Seth, c'est bon, intima le dénommé Dave. On n'a pas envie de se taper le nettoyage des chiottes pendant une semaine, alors on va éviter de te régler ton compte ici. Mais si on te tombe dessus en dehors du lycée...
- Je n'attends que ça, le provoqua Blaine.
- Ne t'avise pas à traîner dans les parages. C'est pour ton bien."
Ils passèrent leur chemin, le laissant seul et bouillonnant de colère au milieu du hall. Oh, et puis merde. Il fit demi-tour et sortit du bâtiment. Il commençait sa première journée en séchant quelques cours, mais tant pis, il en avait déjà par-dessus la tête de tous ces crétins. Il traversa le parking du lycée d'un pas rapide et se dirigea vers le hangar à motos. Un petit tour dehors et quelques excès de vitesse lui feraient le plus grand bien. C'était la seule chose qui réussissait à le calmer quand il avait les nerfs à vif.
Il chercha l'engin des yeux en s'approchant. Soudain, son cœur bondit dans sa poitrine et il poussa un cri à mi-chemin entre l'horreur et la rage. Sa moto, son bien le plus précieux au monde, gisait par terre couchée au milieu des autres. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine quand il s'approcha. Un crétin l'avait juste fait tomber, elle n'avait rien... l'effroi lui fit faire un bon en arrière. Il détourna le regard, les poings devant les yeux. C'était trop. C'était insoutenable.
Sur la belle carrosserie rouge sombre et brillante de l'engin s'étalaient des rayures grises, assez épaisses pour former le mot "pédé". Des larmes de haine lui brouillèrent la vue. Comment avaient-ils osé ? De quel droit avaient-il bousillé la seule chose qui pouvait lui apporter un peu réconfort ? Dans un élan de rage, il comprit qu'il n'avait aucun moyen de retrouver le coupable. Des dizaines d'élèves l'avaient vu arriver sur cette moto le matin-même, et ils avaient très bien pu se passer le mot. Il prit une grande inspiration, engouffrant autant d'air qu'il pouvait dans ses poumons. Tout ça, c'était la faute de Hummel. Il l'avait rabaissé devant tout le monde. A cause de lui, il était devenu le nouveau souffre-douleur du lycée. Peu importe le temps que cela prendrait, Hummel allait payer.
