Salut tout le monde ! Voici le chapitre 7 !
Pour le moment j'arrive (presque) à me glisser entre les bugs du site pour poster, pourvu que ça dure !
Merci à tous ceux qui ont pris le temps de laisser une review sur le chapitre précédent, et bienvenue aux nouveaux lecteurs ! (Vous êtes de plus en plus, je sens vaguement la pression monter ^^)
Pas d'avertissement dans ce chapitre, on commence à tomber dans quelque chose d'un peu plus sérieux... le chapitre prochain est trèèès important ha ha...
Comme toujours merci à ma beta emicrazy, parce qu'elle est géniale.
CHAPITRE 7
Blaine arriva chez lui gelé. Il faisait très froid et le manque de protection était l'un des inconvénients majeurs de la moto, mais il n'était pas près de laisser tomber son engin pour un désagrément aussi futile. Il avait enchaîné les petits jobs à temps partiel pendant deux ans pour se la payer, il comptait bien en profiter un maximum. Il l'entreposa soigneusement dans le garage de son père à la place qui lui était dédiée.
L'insulte inscrite avec des rayures était toujours là, car il n'avait pas les moyens de se payer de la peinture pour le moment. Une bouffée de haine l'envahit, comme à chaque fois que ses yeux se posaient sur la balafre de sa carrosserie. C'était un acte tellement lâche et bas qu'il n'arrivait pas à croire que son auteur pouvait vivre en paix avec lui-même. Le fait de ne pas savoir qui était le responsable le mettait dans une fureur noire, il avait besoin de se venger. Il ne pouvait pas regarder tous les jours sa moto dans cet état et faire comme si de rien n'était. Ce n'était pas dans sa nature, il détestait l'injustice et la lâcheté.
Il couvrit soigneusement le véhicule d'une bâche et rentra dans la maison. Il savait que son père était présent car sa berline était garée devant la maison, mais il ne le vit pas dans le salon, ni dans les autres pièces. Il devait sûrement être en train de travailler dans son bureau, et il n'avait pas du tout envie de le déranger.
Blaine n'avait pas osé lui parler du vandalisme de sa moto. Il savait très bien ce que son père répondrait : que c'était sa faute, qu'il cherchait toujours les ennuis, qu'il ne faisait que récupérer la monnaie de sa pièce. De plus, la nature de l'insulte était un sujet sensible entre eux et il évitait de l'aborder autant que possible. Mais un petit coup de pouce financier n'aurait pas été de refus, et il commençait vraiment à se demander s'il n'allait pas tenter sa chance malgré tout.
Il eut à peine le temps d'ouvrir la porte du frigo pour chercher quelque chose à grignoter que la porte d'entrée claqua de nouveau.
"Ne mange pas de sucrerie, Lea, nous allons nous mettre à table dans vingt minutes à peine, dit une voix féminine. Ah, bonsoir, Blaine. Tu as passé une bonne journée ?
- Potable.
- Je suis contente de ne pas avoir reçu de coup de téléphone du principal aujourd'hui."
Blaine ne dit rien. Il appréciait sa mère et savait que son attitude la décevait, mais il était comme ça, il n'y pouvait rien.
Une fille un peu plus jeune que lui entra à son tour dans la cuisine. Elle avait de longs cheveux bruns et soyeux, de beaux yeux sombres bordés de longs cils et elle était vêtue d'un uniforme de lycée privé. Elle sourit immédiatement quand elle le vit.
"Salut, Blaine ! lança-t-elle d'un ton jovial."
Blaine déposa un baiser dans ses cheveux en guise se réponse. Il adorait et admirait sa sœur, ce petit bout de femme débordant d'énergie et de joie de vivre. Il était aussi très protecteur envers elle, et il n'hésiterais pas à régler son compte à quiconque lui ferait du mal.
"Tu manges avec nous, ce soir ? demanda-t-elle.
- Heu...oui. Il faut que je parle de quelque chose à papa.
- C'est important ? demanda sa mère, un peu inquiète.
- Non. Enfin, si, pour moi. Ne t'inquiètes pas, je n'ai rien fait de mal.
- Qu'est-ce qu'on mange ? interrompit sa sœur en jetant un coup d'œil dans le frigo."
Une petite demi-heure plus tard, ils étaient attablés dans le salon et la mère de Blaine déposait le plat principal fumant sur la table. Son père était enfin sorti de son bureau mais ne disait pas un mot, plongé dans ses pensées comme à son habitude. Blaine décida de profiter de la présence rassurante de sa mère et de sa sœur pour se lancer.
"Papa ? demanda-t-il avec hésitation.
- Hmm ?
- J'ai eu un petit souci avec...avec ma moto..."
Son père daigna enfin lever les yeux vers lui. Son regard était froid et distant, mais Blaine n'était pas habitué à ce qu'il le dévisage autrement.
"C'est-à-dire ? Tu n'as pas eu d'accident tout de même ?
- Non ! Non, c'est juste quelques connards du lycée qui me l'ont rayée...vraiment rayée."
Lea baissa les yeux. Sa mère toussota. Son père, lui, resta impassible.
"Premièrement, Blaine, je t'ai déjà dit qu'ici ce n'était pas la rue, tu es prié de bannir les mots grossiers de ton langage. Ensuite, nous avons été clairs à propos de cette moto. Nous t'avons explicitement fait savoir que nous étions contre et que si tu l'achetais tu devrais en assumer tous les frais tout seul."
La mère de Blaine jouait nerveusement avec de la nourriture du bout de sa fourchette. Elle avait à plusieurs reprises cédé aux regards suppliants de son fils et payé le plein d'essence.
"Enfin, quelque chose me dit que si ta moto a été vandalisée ce n'est pas par hasard, Blaine. Si tu évitais de te fourrer dans toutes sortes de querelles tu n'en serais peut-être pas là."
Blaine savait qu'il avait en partie raison. Mais ce n'était pas en le confortant dans cette idée qu'il allait le faire céder.
"Je ne me suis battu avec personne, ok ?"
C'était un mensonge tellement énorme que Lea lui lança un regard inquisiteur. Son arcade sourcilière en rémission hurlait qu'il avait été très récemment impliqué dans une bagarre.
"Ce...c'est une insulte homophobe qu'ils ont griffée sur ma carrosserie."
Son père ne bougea pas mais son visage s'assombrit d'un coup. Sa mère demanda d'une voix faible si quelqu'un voulait se resservir, mais Lea était trop occupée à attendre la suite de la conversation pour se concentrer sur son assiette.
"Écoute Blaine... je ne veux pas être mêlé à ça, tu le sais bien. Débrouille-toi tout seul.
- Mais je ne te demande pas de faire un procès à qui que ce soit ! S'il te plaît papa, juste la peinture. Avance-moi, je te rembourserai dès que possible !
- Non."
C'était une réponse ferme et définitive.
"Tu...tu vas me laisser me balader avec une insulte homophobe sur la carrosserie ? demanda Blaine, dont la voix commençait à s'éteindre."
Il comprenait qu'il n'y avait rien à faire. Il avait été une fois de plus stupide d'espérer que son père interviendrait en sa faveur.
"Tu ne fais absolument rien pour que nous soyons fiers de toi, Blaine, lui dit froidement son père. Tu es indiscipliné, mal élevé, tu as des mauvais résultats au lycée, tu te bats, tu as une attitude exécrable avec tous ceux qui veulent t'aider, et tu t'exhibes en tant que...enfin, tu vois ce que je veux dire. Ta mère et moi faisons de notre mieux pour t'assurer un avenir et tu balayes nos efforts à chaque fois. Tant que tu ne feras rien pour nous, nous ne ferons rien pour toi."
Il marqua une pause et reprit.
"Je ne payerai pas la peinture de ta moto. Peut-être le ferai-je si tu nous ramènes la moyenne ce trimestre.
- Je dois attendre Noël ?
- Tu ne peux t'en prendre qu'à toi."
Blaine se leva, furieux.
"Blaine... murmura sa mère."
Sans lui laisser le temps de finir sa phrase, il prit sa veste en cuir et quitta le salon. Il descendit quatre à quatre les marches qui menaient au garage et retira d'un coup sec la bâche de sa moto. Une nouvelle fois, la vision de l'insulte lui fit l'effet d'une gifle. Il saisit furieusement le guidon et fit demi-tour pour sortir du garage.
"Blaine, attends !"
C'était la seule voix qui pouvait le stopper. Il se retourna pour faire face à sa sœur qui l'avait suivi, les larmes aux yeux.
"Qu...qu'est-ce que tu fais ? Où tu vas ? demanda-t-elle.
- Je reviendrai demain."
Les yeux de la jeune fille se posèrent sur les rayures et elle frissonna. Des larmes coulèrent le long de ses joues pâles.
"Je suis tellement désolée... Si tu veux il me reste un peu d'argent de mon anniversaire..."
Blaine cala sa moto contre le mur et prit sa sœur dans ses bras. Il sentit ses bras frêles le serrer contre elle et il déposa un baiser sur son front.
"Sois prudent...
- Sois sage et fais ce que te dit maman, d'accord ?
- Tu es tellement bien placé pour me dire ça, Blaine, répondit-elle en esquissant un sourire moqueur."
Il lui rendit son sourire et poussa sa moto à l'extérieur du garage. Il mit son casque, l'enfourcha et la mit en route. Il quitta la cour de la maison et dérapant volontairement dans un crissement de graviers pour faire comprendre à son père qu'il partait, et qu'il était vraiment en colère contre lui.
~oOo~
Blaine ne roula pas longtemps et s'arrêta sur le parking d'un bar hôtel, profitant de la lumière qui en émanait. Il n'avait aucune intention d'y aller, mais il ne voulait pas s'arrêter un milieu de nulle part en pleine nuit. Il faisait très froid, et une fine vapeur sortait d'entre ses lèvres chaque fois qu'il expirait. Il sortit son portable et chercha rapidement dans son répertoire. Il attendit patiemment que son interlocuteur décroche, ce qui prit un certain temps.
"Ouais ?
- Kurt ? C'est Blaine. Je t'appelais pour savoir si tu étais disponible pour finir ce qu'on a commencé tout à l'heure."
Des grésillements lui répondirent, comme si Kurt avait soufflé très fort dans le micro de son téléphone.
"Kurt ? Allo ? Kurt ? Tu m'entends ?
- Ouais..."
Sa voix était vaporeuse, distante. On aurait dit qu'il était épuisé, ou complètement perdu.
"Salut, Blaine wouhouuu !
- Tu planes ? Kurt ?
- N...non. Je suis juste...super content ! Ma vie est putain de cool !
- Tu as l'air défoncé.
- Merci Blaine, ça me va droit au cœur. Et puis d'abord, comment tu as eu mon numéro de téléphone ?"
Blaine fut un peu soulagé de voir qu'il n'était pas assez drogué pour perdre sa répartie.
"Je l'ai... récupéré sur le dossier du surveillant, il était ouvert sur son bureau.
- Aaaah... espèce de voleur. Tu aurais pu me le demander, tu sais... Tu appelles pour quoi ?"
Blaine ne répondit pas tout de suite. Le fait Kurt soit sous l'emprise de la drogue changeait tout. Il n'avait pas envie de s'abaisser à profiter de lui, mais il savait très bien que Kurt était d'une pudeur maladive et la drogue les aiderait sans doute à franchir l'étape qu'il attendait depuis le début...
"Laisse-tomber, finit-il par dire. J'allais te proposer de baiser, mais visiblement tu as autre chose à faire. On se voit demain.
- Attends ! s'écria Kurt. Et si j'ai envie de toi ?
- Tu planes à cent mille, Kurt. Tu risques de faire des choses que tu vas regretter et même si c'est plutôt alléchant pour moi, j'ai un minimum de sens moral.
- Blaaiiiiiine ! Je te dois une..."
Blaine attendit, mais Kurt n'osa pas finir sa phrase. Même complètement stone il parlait comme une vierge effarouchée. Cette pensée le fit sourire.
"Pas de souci, tout le plaisir était pour moi.
- Menteur, je vais te prouver le contraire. Viens ici. Je t'attends."
Les lèvres de Blaine se pincèrent. Si Kurt continuait à le titiller...
"Bon, qu'est-ce-qu'il t'arrive ? reprit Kurt de sa voix étrangement nébuleuse. Tu me parles de me sauter depuis trois jours et maintenant que je suis partant tu ne me veux plus ? Tu plaisantes j'espère, parce que j'ai vraiment vraiiiiment envie de toi. Rapplique, et amène des préservatifs. Je ne sais pas où tu es, mais tu as cinq minutes."
Blaine ferma les yeux et se mordilla la lèvre. La balance de sa conscience commençait sérieusement à pencher du mauvais côté.
"Blaine ? Si tu ne viens pas je vais être obligé de m'amuser tout seul..."
Oh, et puis merde.
"Ok, répondit Blaine en se levant et en enfourchant sa moto. J'espère qu'il n'y a personne chez toi, parce que tu vas hurler.
- Je suis seul, Finn est chez sa grand-mère avec Carole. J'ai d'autant plus envie de jouir que je pense qu'ils doivent être en train de jouer au Scrabble.
- Envoie-moi l'adresse par message, j'arrive.
- A tout de suite."
Blaine raccrocha et démarra sa moto. Il savait que ce qu'il faisait n'était pas forcément moral, mais Kurt l'avait poussé à bout. De plus, même si la manière dont il le ferait était discutable, il allait enfin obtenir ce qu'il voulait.
~oOo~
Ce qui s'ensuivit resta comme un souvenir assez flou dans son esprit. Il se souvenait que Kurt lui avait littéralement sauté dessus quand il avait ouvert la porte. Il l'avait entraîné dans le sous-sol où se trouvait sa chambre, ce que Blaine avait d'abord trouvé un peu étrange. Il n'avait pas eu le temps de dire un mot que Kurt l'avait renversé sur son lit et entreprit de le déshabiller. Il avait essayé de le freiner un peu, mais il ne pouvait rien faire contre la substance qui coulait dans ses veines.
Le moment qu'ils passèrent ensemble fut mémorable. Complètement désinhibé, Kurt s'abandonna totalement à lui et prit même certaines initiatives. Parfois, dans un éclair de lucidité, Blaine ne reconnaissait vraiment plus le jeune homme et cela le mettait mal à l'aise. Mais Kurt noyait ses doutes dans des gémissements de plaisir, et il revenait immédiatement dans l'action. Il avait déjà connu beaucoup de coups d'un soir et ce n'était pas ça qui le dérangeait, au contraire, mais Kurt n'était pas vraiment lui-même ce soir-là et même s'il se pâmait entre ses bras, il aurait sûrement des remords le lendemain.
Il devait être minuit passé quand Kurt, épuisé, se lova contre lui. Les effets de la drogue commençaient à se dissiper, mais ils étaient remplacés par l'ivresse de sommeil. Blaine attendit qu'il se fût complètement endormi et s'extirpa précautionneusement de son étreinte. Il se rhabilla rapidement, monta l'escalier sur la pointe des pieds et sortit de la maison. Il poussa sa moto sur plusieurs dizaines de mètres pour ne pas réveiller Kurt en allumant le moteur, puis il disparut dans la nuit.
~oOo~
Quand Kurt se réveilla le lendemain, il était nu dans son lit et ses vêtements étaient éparpillés dans sa chambre. Des vagues flashs de ce qu'il s'était passé la veille lui revinrent en mémoire alors qu'il essayait de rassembler ses esprits, mais il était encore incapable de les analyser. A tâtons, il chercha son iPhone sur sa table de nuit et le ramena devant son visage. Il ouvrit un œil endormi et le referma aussitôt, agressé par la lumière de l'appareil. L'information mit plusieurs secondes à lui monter au cerveau, mais quand elle arriva il se redressa d'un bond dans son lit, parfaitement réveillé.
L'écran de son iPhone était clair : non seulement il avait une heure de retard sur les cours, mais en plus quelque chose n'allait pas. Son portable affichait vingt-six appels en absence et dix-sept messages non lus.
