Me voilà de retour (de vacances) avec le chapitre 9 ! Visiblement le chapitre d'avant ne vous a pas laissés de marbre, j'en suis ravie !
Cette fic a dépassé les 100 reviews et je tenais à vous remercier pour ça. J'écris avant tout par plaisir mais savoir mon travail reconnu et apprécié, c'est formidable.
Merci à mon amie Américaine msslss qui m'a expliqué comment se déroule un appel d'urgence aux USA.
Enfin, merci à ma beta emicrazy, avec qui on s'est bien pris la tête sur ce chapitre. Ce fut épique.
CHAPITRE 9
Blaine était littéralement paralysé d'horreur. Le spectacle qu'il avait devant les yeux était pire que tout ce qu'il s'était autorisé à imaginer : Kurt était étendu par terre sur le ventre, les membres étrangement agencés comme s'il était tombé de son lit. Il était parfaitement immobile et silencieux. Sa manche gauche était retroussée et une seringue gisait à côté de lui, vide.
Blaine suffoqua, détourna le regard, essaya de reprendre sa respiration, poussa un petit cri de panique. Son cerveau était bloqué, il n'arrivait pas à rassembler assez de bon sens pour comprendre ce qu'il était censé faire. Il n'osait pas toucher le jeune homme. Il était terrorisé par les conclusions qu'il pourrait en tirer.
Il posa de nouveau les yeux sur le corps de Kurt et un nouvel électrochoc le traversa. Rassemblant ses esprits du mieux qu'il put, il sortit son téléphone et composa le 911 le plus vite que lui permettaient ses doigts tremblants. Au bout d'une seconde qui lui parut une éternité, le bip d'attente cessa et un message automatique s'enclencha.
"Bonjour, veuillez confirmer que votre appel est une urgence en tapant sur la touche 1, sin-"
Blaine s'empressa d'appuyer sur le 1 sans attendre la fin du message.
"Veuillez spécifier si vous voulez entrer en contact avec la police, touche 1, ou une ambulance, touche 2"
Blaine appuya sur la touche 2. Il s'était mis à trépigner sur place, se passait la main dans les cheveux toutes les cinq secondes, se mordait les lèvres et poussait de petits soupirs exaspérés. Il fut à peine soulagé quand l'appel bascula sur le standard et qu'une personne réelle lui répondit.
"Allo ? Ici le service médical d'urgence, veuillez préciser l'adresse de votre urgence."
Blaine hésita une seconde et ressortit de mémoire l'adresse que lui avait envoyé Kurt par message la veille. Il ne pouvait pas croire que si peu de temps s'était écoulé. Il avait l'impression qu'une semaine entière le séparait de la dispute avec son père et de sa soirée chez Kurt. Comment avaient-ils pu en arriver là ?
"Très bien. A présent, dites-moi à quel numéro de téléphone je pourrais vous joindre facilement en cas de coupure de la communication."
Blaine laissa son numéro de téléphone. Tout ça prenait beaucoup trop de temps, et il ne pouvait à présent plus détacher ses yeux du corps inerte de Kurt.
"Puis-je avoir votre nom ?
- Blaine Anderson. Est-ce que vous pourriez –
- Oui, exposez-moi l'objet de votre appel.
- Mon... ami a fait une overdose... je crois... je... Il est...il est étendu par terre et je ne sais pas quoi faire. Il ne bouge plus et... oh mon Dieu ! Aidez-moi !
- Essayez de vous calmer, monsieur. Nous allons faire tout ce qui est en notre possible pour vous aider. Êtes-vous certain que la victime est inconsciente ? Appelez-la, prenez-lui la main et demandez-lui de vous serrer les doigts.
- Je...je dois le toucher ?
- Oui, vous permettrez aux secours de gagner un temps précieux en effectuant ces manœuvres."
Blaine s'agenouilla à côté de Kurt et lui prit la main. Ses doigts étaient glacés et il eut du mal à en supporter le contact. Il essaya d'articuler le prénom du jeune homme, mais sa gorge était trop nouée et il avait du mal à respirer.
"Il...il ne réagit pas, murmura-t-il enfin en lâchant la main du jeune homme.
- L'ambulance est en route et va arriver d'un instant à l'autre. Assurez-vous que toutes les voies d'accès à la victime sont libres et allez à la rencontre des secours quand vous entendrez les sirènes, afin qu'ils ne perdent pas de temps à vous chercher. En attendant, nous allons essayer de recueillir le plus d'informations possible sur l'état de la victime. Je les transmets directement aux secours qui sont en route."
Blaine courut déverrouiller la porte de la chambre de Kurt.
"Savez-vous quelle est la substance que la victime a consommée ?
- C'est...non, je ne sais pas. Il se l'injecte avec des seringues. Il a beaucoup de marques de piqures sur le bras. Il est accro mais je ne sais pas depuis quand. Quand est-ce que l'ambulance arrive ?"
Sa voix était tremblante d'angoisse.
"Elle est en route. Pouvez-vous vous assurer que la victime respire ? C'est d'une importance capitale, monsieur."
Blaine hésita. Tout cela le révulsait, et la panique lui donnait des haut-le-cœur. Mais il n'avait pas le choix. Il s'approcha de nouveau Kurt et, prenant une grande inspiration, il le saisit par l'épaule pour le retourner sur le dos. La vision du visage de Kurt lui fit l'effet d'une claque en pleine figure. Il avait les yeux mi-clos et la bouche entrouverte, mais ce qui frappait en premier était les longues trainées de maquillage que les larmes avaient tracées sur ses joues. Il était encore plus pâle que d'habitude, et ses lèvres avaient une légère coloration bleutée. Il était dans un état lamentable, et Blaine était terrifié. Il avait la terrible impression d'être dans un mauvais film, tout ça ne pouvait pas être réel.
"Monsieur ? Posez la main sur sa poitrine ou devant ses lèvres. Dites-moi si vous sentez quelque chose."
Mais ce n'était pas un film, et c'était Kurt, c'était un gamin de son âge qui quelques heures auparavant menait une vie de lycéen banal. Rassemblant tout ce qui lui restait de courage, il posa la main sur le torse du jeune homme inconscient.
"Je...je ne sens r...rien, murmura-t-il d'une voix étranglée.
- Avez-vous un miroir à portée de main ? Si ce n'est pas le cas ne perdez pas de temps à chercher, nous allons rechercher la présence d'un pouls carotidien."
Blaine trouva la question étrange, mais il n'était plus en état de réfléchir. Il se releva et jeta un coup d'œil dans la salle de bain. Son pied heurta quelque chose qui roula sur le carrelage de la petite annexe avec un bruit de verre vide. Il ramassa le petit flacon d'une main tremblante.
"Il a pris de la morphine, annonça-t-il d'une voix blanche.
- Vous en êtes sûr ?
- J'ai le flacon dans la main.
- Veillez à le remettre aux secours quand ils arriveront. Avez-vous trouvé un mir..."
Blaine raccrocha le téléphone. Il venait d'entendre les sirènes de l'ambulance des secours. Il remonta quatre à quatre les marches de l'escalier de la chambre et courut jusqu'à la porte d'entrée pour la déverrouiller de l'intérieur. L'ambulance s'arrêta dans un crissement de graviers, laissant le gyrophare bleu tourner à une vitesse folle. Les portes arrières s'ouvrirent et deux hommes descendirent rapidement, aussitôt rejoints par le conducteur du véhicule.
Ce qui se passa ensuite resta flou dans la mémoire de Blaine. Il les guida dans la chambre de Kurt et voulut rester avec eux pendant qu'ils s'occupaient de lui. Il voulait absolument voir Kurt ouvrir les yeux et revenir à lui, mais l'un des deux hommes l'entraina avec force dans l'entrée. Éperdu, il se débattit, cria, pleura de rage, convulsa presque, mais l'homme le maintenait fermement. Il lui parlait d'une voix paisible, et, au bout de plusieurs minutes, il finit par le calmer. Le garçon se laissa mollement tomber contre le mur, épuisé, anéanti.
"Est-ce qu'il est mort ? Dites-moi qu'il va s'en sortir. Dites-moi juste ça. S'il vous plaît...
- Nous allons faire tout notre possible pour le sauver, soyez-en sûr."
Blaine se prit le visage dans les mains. Il ne s'était jamais senti aussi mal de sa vie. Son estomac était tellement contracté qu'il en avait des spasmes de douleurs, et il se concentrait pour ne pas vomir. Il entendit des voix monter de la chambre de Kurt et ouvrit les yeux. A travers ses larmes, il vit les secouristes remonter les escaliers en portant un brancard à bout de bras. L'homme qui était près de lui l'écarta pour les laisser passer.
Les deux hommes crièrent quelque chose que Blaine ne comprit pas, et il vit le corps de Kurt disparaître à l'arrière du camion.
"Il est... ? demanda-t-il d'une voix à peine audible.
- Venez."
Le secouriste le prit fermement par l'épaule et le traina vers le véhicule. Il l'obligea à monter devant, à côté du conducteur, et prit place à côté de lui.
Le camion démarra dans un crissement de graviers et fonça à vive allure dans les rues de Lima.
"Vous allez nous suivre à l'hôpital, où nous aurons plus d'informations sur l'état de ce jeune homme, expliqua le secouriste à côté de lui. Nous avons besoin de vous pour remplir des fiches de renseignement.
- Je... je ne le connais pas...si bien que ça...
- Nous nous arrangerons autrement, alors. Mais vous ne pouviez pas rester là-bas tout seul."
Une fois à l'hôpital, on lui demanda beaucoup d'informations sur Kurt, et il s'aperçut qu'il ne connaissait rien de lui, hormis le fait qu'il avait dix-sept ans (il n'en était même pas certain) et qu'il vivait avec Finn sans avoir de réel lien de sang avec lui. Il était sonné, et ne s'étonna même pas quand l'une des infirmières reconnut le nom de famille de Kurt et partit en courant. Il la vit revenir quelques minutes avec une femme paniquée qui visiblement connaissait très bien le jeune homme, et à partir de cet instant, tout le monde l'oublia.
Il s'assit sur la première chaise qu'il trouva et observa l'agitation des urgences de loin. Il avait l'impression que tout ce qui l'entourait était irréel, lointain, qu'il était en train de tout observer de l'extérieur. L'image du corps de Kurt étendu par terre hantait son esprit, et il savait qu'il ne pourrait jamais l'effacer. Il n'avait pas le courage de se lever et d'aller demander aux médecins ce qu'il en était. Il n'avait pas le courage d'aller dire à cette femme qui connaissait Kurt qu'il savait qu'il se droguait, et qu'il n'avait rien fait. Il n'avait pas le courage de former dans son esprit cette phrase qui lui lacérait le cœur : c'était de sa faute.
Il repensa à Kurt la nuit dernière, vivant et heureux dans ses bras. Cette image fut immédiatement chassée par une plus récente, et il le revit en larmes dans les toilettes du lycée, harcelé par une bande de brutes écervelées. Sa détresse, son accablement. Son désespoir.
Il sentit un froid immense l'envahir quand il réalisa que si Kurt avait vraiment voulu mettre fin à ses jours, alors il n'y avait aucune raison pour que ses plans aient échoués. Il lui aurait suffi de s'injecter une quantité de drogue bien supérieure à sa limite pour être sûr de ne jamais se réveiller. Blaine n'y connaissait pas grand-chose en drogue, mais cela lui semblait évident. Et Kurt avait dû le savoir aussi.
"Monsieur ?"
Et s'il s'avérait qu'il était vraiment responsable de la mort de Kurt ? Penser à ce mot lui fit monter les larmes aux yeux. Il savait qu'il ne pourrait pas vivre avec un poids pareil. Il avait déjà fait certaines choses qu'il avait regrettées, mais Kurt était un gamin de son âge, perdu et vulnérable, et peut-être avait-il dépassé la limite avec lui.
"Monsieur ?"
Il essaya de maîtriser sa cuisse qui tremblait d'anxiété, mais n'y parvint pas.
"Excusez-moi ? Monsieur, vous m'entendez ?"
Il remarqua enfin l'homme qui se tenait à côté de lui. C'était le secouriste qui était resté avec lui pendant que les autres s'étaient occupés de Kurt. Il l'observait avec un mélange de curiosité et de compassion.
"Comment vous vous sentez ? demanda l'autre.
- Je...laissez-moi seul. S'il vous plaît, ajouta-t-il après une seconde d'hésitation.
- Je suis venu vous donner des nouvelles du jeune homme pour lequel vous nous avez appelés."
Blaine ferma les yeux. Il n'était pas sûr de vouloir entendre la suite.
"Théoriquement, je n'ai pas le droit de vous communiquer des informations sur l'état de santé de la victime car je suis astreint au secret médical. Mais je peux vous expliquer les complications habituelles d'un surdosage de morphine. La victime fait en général une dépression respiratoire, ce qui veut dire que ses poumons cessent de fonctionner pendant un certain temps. On la prend alors en charge aux urgences et les médecins font tout leur possible pour la réanimer. Pendant l'arrêt respiratoire, le cerveau reste en sous-oxygénation, et les séquelles éventuelles sont proportionnelles à la durée de l'arrêt."
Blaine étouffa un gémissement de douleur.
"Bien entendu, tout cela concerne la procédure habituelle, ajouta le secouriste avec un ton chargé de sous-entendus. La tutrice de votre ami nous a aidés à lui constituer un dossier médical afin de faciliter tout le processus administratif. En revanche, si vous savez quoi que ce soit qui puisse nous aider, même si cela concerne des activités illégales, il faut que vous nous le communiquiez.
- C'est un coup d'un soir, murmura Blaine d'une voix blanche. Je ne le connais pas plus que ça."
L'homme hocha la tête en signe de compréhension.
"Vous devriez rentrer chez vous, ou demander à quelqu'un de venir vous rejoindre ici, lui dit-il d'une voix douce."
Blaine ne répondit pas. Il n'y avait absolument personne qui puisse l'épauler à cet instant, et de toute manière il voulait être seul. Il le méritait.
"Vous voulez un café ?
- Laissez-moi."
Le secouriste n'insista pas.
"Vous pouvez demander des nouvelles de votre ami à tout moment, les médecins vous les communiqueront si sa tutrice est d'accord. Pour le moment elle est montée manger quelque chose, mais nous la tenons informée en temps réel de l'état de son fils adoptif."
Il s'éloigna et Blaine se retrouva de nouveau seul. Malgré le pronostic réservé que lui avait transmis le secouriste, il s'était senti imperceptiblement soulagé d'entendre que Kurt n'était pas mort. Quelque part dans cet hôpital, son cœur battait toujours, et il avait envie de prendre la main du jeune homme et de lui hurler de s'accrocher, de se battre. Il ne pouvait s'empêcher de s'accrocher lui-même à cet infime espoir de revoir un jour le Kurt qu'il connaissait.
Insupporté par sa propre impuissance, il se leva et sortit de l'hôpital. L'air glacial lui fouetta le visage, mais il avait besoin de respirer autre chose que l'odeur de médicaments qui l'entêtait depuis son arrivée.
Il s'assit en tailleur sur un banc et alluma une cigarette. Il en avait vraiment besoin. Il laissa la fumée lui envahir les poumons et l'exhala lentement. Après avoir savouré quelques minutes le tabac qui lui avait tant manqué, il sortit son téléphone, chercha un nom dans son répertoire et colla l'appareil contre son oreille.
"Allo Blaine ? décrocha une voix féminine. Qu'est-ce que tu fous ? Tu devais m'amener à ma leçon de piano, tu te rappelles ?"
Blaine se sentit immédiatement apaisé par la voix de sa sœur. Enfin quelque chose de réel, de rassurant et d'habituel auquel il pouvait se raccrocher.
"J'ai eu un contretemps, Lea, je suis désolé.
- Un contretemps ? demanda sa sœur d'une voix beaucoup plus calme. Qu'est-ce qu'il se passe ? Où est-ce que tu es ?
- Les parents sont vers toi ?
- Oui, attends."
Il l'entendit monter les escaliers quatre à quatre et fermer la porte de sa chambre.
"Dis-moi. Ce n'est pas grave j'espère.
- Je suis à l'hôpital, lâcha Blaine.
- A l'hôp-...qu'est-ce qu'il se passe ? Tu...tu es blessé ?
- Non non ! Calme-toi. Ce n'est pas pour moi, c'est...c'est un ami.
- Un ami ?"
Le ton de la jeune fille était franchement suspicieux à présent.
"Blaine, dis-moi juste ce qu'il se passe, s'il te plaît. Sinon je ne pourrai pas t'aider. Et te savoir à l'hôpital m'inquiète vraiment, alors ne tourne pas autour du pot."
Blaine sentit sa gorge se nouer. Il aimait sa sœur plus que tout au monde et il aurait préféré qu'elle ne soit pas mêlée à cette histoire. Mais il l'avait appelée par réflexe, sans trop savoir pourquoi, et maintenant qu'il avait entendu sa voix il ne pouvait plus faire demi-tour. Il avait besoin du soutien qu'elle seule pouvait lui apporter.
Il prit une profonde inspiration et lui raconta tout. Il passa rapidement sur la soirée chez Kurt, lui décrivit en toute sincérité ce qu'il s'était passé à McKinley et la situation dans laquelle il avait retrouvé Kurt. Quand il eut fini, des larmes de honte glissaient sur ses joues. Sa sœur écoutait silencieusement.
"Tu me détestes ? lui demanda-t-il, convaincu qu'il venait de perdre le seul amour qui comptait à ses yeux.
- Non, répondit-elle calmement."
Elle marqua une pause avant de reprendre.
"Tu veux que je t'amène de l'argent et des vêtements de rechange ? Quelque chose à manger ?"
Blaine resta muet de surprise. Il s'était au moins attendu à des reproches. En réalité, il avait besoin que quelqu'un dise à voix haute ce qu'il refusait de s'admettre lui-même.
"Tu... tu n'es pas furieuse contre moi ?
- Je suis déçue. Je ne te pensais pas comme ça. Pas à ce point."
Blaine eut l'impression qu'on venait de le plonger dans un bain glacé.
"Mais je sais que tu regrettes ce que tu as fait, et je sais que si tu es encore là-bas en ce moment c'est qu'au fond tu n'es pas le connard fini que tu fais semblant d'être."
Il ne l'avait jamais entendu dire d'insulte, et la première qu'elle prononçait lui était adressée. Il encaissa sans rien dire.
"Tu as été horriblement égoïste et ta réaction était complètement disproportionnée. Mais ce n'est pas de ta faute s'il était toxicomane quand tu l'as rencontré, Blaine."
Elle marqua une nouvelle pause pour prendre le temps de réfléchir et reprit.
"Je vais dire à maman que je dors chez une amie ce soir et je vais t'apporter de quoi te changer et te payer à manger. J'imagine que tu ne quitteras pas l'hôpital tant que tu n'auras pas plus de précisions sur son état ?
- Non. Je reste ici, mais...
- Je vais venir avec toi, si tu veux nous nous relayerons pour attendre les nouvelles.
- Non ! Tu as des cours, des devoirs, la danse, le piano... tu ne peux pas rater tout ça à cause de moi ! Je ne veux pas, je me débrouillerai seul.
- Je viendrai après les cours et mes activités, comme ça tu pourras te reposer un petit peu. Je dirai à maman que j'ai un exposé à faire avec une copine, ça justifiera une absence prolongée.
- Tu ne peux pas mentir à ce point, Lea, ce n'est pas bien...
- Oh, tu crois ? Comme si tu pouvais te permettre de me dire ce qu'il est bien de faire ou non, Blaine. Je n'aime pas mentir à maman, mais à circonstances désespérées, méthodes désespérées. De toute façon, je ne te laisse pas le choix. Je passerai à dix-huit heures, là je dois retourner en cours. A ce soir, je t'aime."
Blaine se sentait immensément soulagé quand il raccrocha. Il se sentait tout à coup beaucoup moins seul.
~oOo~
Carole bondit sur ses pieds quand le médecin apparut au bout du couloir. Elle vint précipitamment à sa rencontre et écouta attentivement ce qu'il avait à lui dire, les larmes aux yeux.
Le médecin lui parla longuement, puis désigna deux personnes assises dans le hall d'entrée, un peu plus loin. La première était une jeune fille brune très jolie, assise sagement sur une chaise avec un livre ouvert dans les mains. Sur ses genoux reposait la tête du jeune homme aux boucles brunes qu'ils avaient vu attendre toute la journée, assis à la même place. Il semblait endormi, légèrement recroquevillé sur lui-même.
Le médecin prit congé de Carole et se dirigea vers les deux adolescents.
"Je suppose que vous êtes des connaissances de Kurt Hummel ?"
Lea hocha la tête et passa la main dans les boucles de Blaine pour le réveiller en douceur.
"Je vous apporte des nouvelles de votre ami, déclara le docteur."
