Chapitre 11 ! (Déjà ?)
Merci pour toutes les reviews et bienvenue aux nouveaux lecteurs !
Je voudrais remercier comme toujours ma beta emicrazy. Je sais qu'elle aime bien ce chapitre...
La suite... mercredi ou jeudi de la semaine prochaine !
Remarque sur l'avancement de la fic : Elle n'est pas encore finie, loin de là, mais j'ai déjà passé la moitié.
CHAPITRE 11
Kurt resta songeur quelques secondes, et Blaine sentit son estomac se contracter légèrement. Il savait Kurt très intelligent, et redoutait un peu la question qu'il s'apprêtait à lui poser.
"A quel âge tu t'es fait dépuceler ? demanda Kurt.
- Pardon ?"
Il ne s'était vraiment pas attendu à ça.
"Ne m'oblige pas à répéter, tu as très bien entendu.
- C'est quoi cette question ? Qu'est-ce que ça peut te faire ?
- Pas grand chose, je m'en fiche un peu en vérité. Mais je veux assez d'informations personnelles pour pouvoir te tenir par les couilles. Je ne veux pas que tu me fasses le même coup deux fois de suite, tu comprends ? Si tu ne veux pas répondre, tu peux toujours me passer ton paquet de clopes, que je puisse nous en débarrasser une bonne fois pour toutes."
Blaine hésita. C'était lui qui avait proposé à Kurt de discuter, il ne pouvait pas renoncer aussi vite. Mais il devait reconnaître qu'il ne s'était pas vraiment attendu à ce genre de questions. Il s'était fait avoir et le garçon avait maintenant un avantage certain sur lui.
"Alors ? Ne me dis pas que tu es déjà en train de te dégon-
- Treize ans."
Et puis merde. Il n'avait rien à cacher. Kurt poussa un sifflement et ouvrit de grands yeux faussement admiratifs.
"Treize ans ! Tu n'as pas perdu de temps dis-donc ! C'était avec une fille ou un mec ?
- C'est à moi de poser la question. Quand est-ce que tu as commencé la morphine ?
- Il y a un an. A moi.
- Hé ! Tu pourrais être plus précis, non ? protesta Blaine. A quelle occasion ?
- Tu n'as qu'à mieux poser les questions. J'ai répondu correctement."
Kurt réfléchit, concentré. Il fixait Blaine de ses yeux bleus perçants, et l'autre se sentait vraiment mal à l'aise.
"Quelle est ton orientation sexuelle ?
- Merci Kurt, c'est super fin comme question ! Je me sens violé !
- Vraiment ? Et alors, qu'est-ce que ça fait d'échanger les rôles ?
- Je ne suis pas regardant sur qui je baise, je m'éclate avec les deux. Mais je ne me vois pas faire ma vie avec une femme.
- Parce que tu te vois faire ta vie avec quelqu'un ? Quelqu'un de normalement constitué ? Intéressant."
Blaine craqua et lui présenta son majeur. Kurt rit, ce geste était la preuve qu'il avait réussi à heurter la sensibilité du jeune homme. Rien ne pouvait plus lui faire plaisir que de voir Blaine quitter son masque d'arrogance, et de mettre à jour ses failles une à une. Plus il voyait l'assurance du garçon s'effriter, plus il reprenait confiance en lui.
"Pourquoi tu as commencé la morphine ?"
Kurt cessa aussitôt de rire. "Pourquoi" était la question qui impliquait qu'il en dévoile beaucoup. Il aurait pu s'en tirer rapidement avec "comment" et "dans quelles circonstances", mais "pourquoi"... Il baissa les yeux, non pas par honte, mais parce que tout cela représentait un souvenir trop douloureux pour en parler directement à Blaine.
Il n'avait jamais raconté ça à quiconque, hormis très récemment à Carole et aux médecins en charge de le soigner. Blaine était la première personne à qui il s'apprêtait à en parler sans y être vraiment obligé. Et étonnement, il avait envie de le faire. Il avait proposé ce jeu en sachant parfaitement quel genre de questions Blaine allait lui poser, seulement il avait voulu instaurer des règles strictes d'équité entre eux.
Il avait besoin de parler de ça à un adolescent de son âge, à quelqu'un qui puisse se mettre à sa place. Et il ne voyait personne d'autre que Blaine à qui se confier, sans avoir honte de ce qu'il dirait et sans se sentir jugé. Blaine avait fait lui aussi des choses dont il n'avait pas de quoi être fier, et il se sentait plus sur un pied d'égalité avec lui qu'il ne l'aurait été avec Mercedes ou Rachel.
"J'avais besoin de m'échapper, et... Au début, ce n'était pas comme... Ok, je vais te raconter dans l'ordre, ok ? Mais après j'aurai le droit de poser au moins deux questions, parce que ça fait beaucoup d'infos d'un coup.
- Raconte, je jugerai après combien de questions ça vaut, répliqua Blaine en sentant qu'il reprenait enfin un peu d'ascendant.
- Il y a un peu plus d'un an, mon père est décédé d'un arrêt cardiaque au volant de sa voiture. Il y a eu un accident et... j'étais aussi dans la voiture, j'ai été blessé. A l'hosto..."
Il frissonna ostensiblement à l'évocation de ce souvenir. Blaine écoutait en silence, une nouvelle cigarette fumante à la main. Il avait vu quelques cicatrices sur le corps de Kurt quand ils avaient couché ensemble, mais il ne s'y était pas arrêté. Il avait pensé que c'était là les vestiges de quelques règlements de compte.
"A l'hosto, reprit-il, ils m'ont donné de la morphine. C'est la procédure habituelle pour les blessés graves, les doses n'étaient pas censées me rendre accro. Sauf que je me sentais tellement mal...mentalement je veux dire... je... j'ai feint la douleur pour qu'ils me maintiennent à des doses élevées. Ils sont un peu obligés de te croire sur parole, parce que même si leurs appareils ne détectent pas d'anomalies, ils ne peuvent pas te laisser te tordre de douleur sans rien faire. Donc voilà, c'est comme ça que j'ai commencé, et je n'ai jamais cherché à m'arrêter, je crois. C'était un bon moyen de m'échapper de la connerie des gens autour de moi, et je me fiche de me foutre en l'air. Je n'ai pas grand-chose à perdre, tu vois."
Blaine sortit son téléphone et tapa frénétiquement un message.
"Tu fais quoi, là ? demanda Kurt, un peu désabusé.
- Je note mes futures questions. Ma tête va exploser. Vas-y, pose les deux tiennes.
- Comment est ta relation avec ta famille ?"
Blaine haussa les sourcils et reposa son portable.
"Tu m'as dit que tu n'avais pas quitté l'hôpital pendant tout le temps où j'étais dans le coma, se justifia spontanément Kurt. Et tu m'as l'air de passer très peu de temps chez tes parents en règle générale. Ça sent l'embrouille.
- Mon père est un connard fini qui ne pense qu'à sa gueule.
- Voilà qui a le mérite d'être clair, commenta Kurt.
- Il n'a jamais été très présent, à part pour faire des reproches. Il est plutôt du genre très ambitieux et il avait déjà tracé nos carrières à la sortie de l'école primaire. Je sais que c'était pour notre bien mais j'ai toujours eu besoin qu'on me laisse un peu respirer et mener ma barque comme j'en ai envie, tu vois ? Ma mère... ma mère est plus cool, mais elle n'a pas de caractère et elle subit l'influence de mon père. Bref, je passe le plus clair de mon temps en famille à me prendre des vents. Voilà pourquoi je ne passe effectivement pas beaucoup de temps avec eux.
- Et ta sœur ? J'ai demandé "ta famille".
- Ma sœur... c'est la seule raison pour laquelle je reste ici. Je tuerais pour elle.
- Comment est-ce qu'elle s'appelle ?"
Blaine le regarda droit dans les yeux. Kurt était en train de gâcher sa question bonus, et il était à peu près certain qu'il le faisait consciemment.
"Lea, répondit-il. A mon tour. Comment faisais-tu pour te procurer la morphine ?
- Par un mec du personnel de l'hôpital. Je ne donnerais pas plus de détails, j'ai déjà du tout cracher aux flics, ça suffit.
- Dans "comment" il y a aussi "avec quel argent", fit remarquer Blaine.
- Celui de l'assurance vie de mon père. Je sais, c'est dégueulasse, mais je n'avais pas le choix."
Blaine sortit une autre cigarette et la coinça entre ses lèvres. Il alluma son briquet et couvrit l'extrémité de la clope avec la main. Mais au dernier moment, il se ravisa.
"C'est dingue, quand même, que tu me casses les couilles avec mes clopes alors qu'au final tu t'injectes de la merde directement dans les veines.
- La morphine est un médicament. Propre. J'ai toujours été très précautionneux sur l'hygiène lors des injections. Tes clopes sont faites avec tout ce qu'il y a de plus dégueu sur Terre, et en plus elles puent vraiment."
Blaine rangea sa cigarette.
"C'est une explication potable. A toi de poser une question.
- Qu'est-ce que ton père pense de ta sexualité ?"
Blaine laissa échapper un petit rire cynique.
"Mon père adoré est un homophobe convaincu. Il pense que c'est une lubie destinée à l'emmerder, que ça fait partie de mon "attitude rebelle". Il fait tout ce qu'il peut pour le cacher aux gens extérieurs à la famille.
- Je suis désolé, dit Kurt d'un ton sincère.
- Laisse tomber, c'est un con. Qu'est-ce que ta famille en pense, toi ?
- Mon père a eu un peu de mal au début, mais il a fini par l'accepter. Il était vraiment d'un grand soutien.
- J'ai dit ta famille.
- Ma mère est morte quand j'avais huit ans, elle n'a pas eu le temps de le savoir. Plus de grands-parents non plus. Ma tutrice, la mère de Finn, l'accepte très bien. C'est une femme vraiment compréhensive. "
Blaine mit un peu de temps à assimiler l'information. Il n'avait pas vraiment pris le temps de réfléchir au fait que Carole soit "sa tutrice". Il se doutait que Kurt était orphelin, mais il n'avait pas réalisé à quel point il était seul. La seule famille qui lui restait était ce grand dadet de Finn et sa mère. Il avait toujours pensé que sa propre situation familiale était désespérée, mais au moins il avait toujours eu sa sœur à ses côtés.
"Je n'ai pas besoin de ta pitié, dit Kurt en sondant son visage. Je me débrouille très bien tout seul. Dans six mois j'aurai quitté ce trou avec mon diplôme.
- Et la drogue ? Tu vas arrêter ? Ils t'ont dit quoi à l'hosto ?"
Kurt tripotait machinalement les clous qui dépassaient de sa botte.
"Ils m'ont dit qu'il était encore temps de m'arrêter, que je pourrais me débarrasser de ma dépendance sans trop de risque de rechutes. Je n'étais pas à un nombre élevé d'injections par semaine avant l'overdose. J'ai du signer des papiers pour commencer un traitement de substitution et tout un tas de conneries pour ne pas ressentir les symptômes du manque...que je ressens actuellement, en fait."
Il poussa un profond soupir, visiblement agacé.
"Mais oui, je vais essayer d'arrêter, pour répondre à ta question. Je ne peux pas me traîner ça à New York, et j'ai d'autres choses dans lesquelles passer mon argent. De toute façon mon fournisseur a sans doute été arrêté.
- J'ai une dernière question...
- Pose, j'ai arrêté de compter.
- Est-ce que tu as essayé de te suicider ?"
Kurt ne répondit pas immédiatement. Il fixait Blaine, comme s'il voulait s'assurer que cet air inquiet était bien réel. Depuis le début de leur conversation, il n'avait quasiment pas détecté d'insolence et de moquerie.
"Est-ce que ça te ferait regretter ton attitude dégoutante à mon égard ?
- Réponds, c'est tout.
- Qu'est-ce que tu en penses ?
- Je ne pense pas. Mais je n'en dors plus depuis une semaine, alors j'ai besoin d'être sûr."
Nouvelle brèche dans sa carapace. Kurt s'adoucit.
"Non. J'ai forcé un peu la dose parce que j'avais vraiment l'impression d'être une épave ce jour-là. Mais si j'avais voulu me tuer, je ne me serais pas raté, crois-moi."
Quelque chose en Blaine se détendit d'un coup. Il avait envie de rire et de pleurer en même temps. Il regarda Kurt se relever, indiquant clairement que la conversation était terminée.
"J'attends toujours tes excuses, évidemment, dit Kurt. Je sais que pour toi ça peut sembler humiliant, j'ai à peu près le même genre de principes. Mais tu as dépassé les bornes, tu t'es comporté comme le dernier des salauds, et je ne peux pas passer aussi facilement l'éponge. Et je ne veux plus que nous nous voyons, ok ? Trouve-toi une autre victime à McKinley, à partir de demain tu n'existes plus à mes yeux. Je suis sérieux cette fois."
Son ton n'était pas agressif, au contraire il parlait d'une voix calme et posée, comme s'il faisait un exposé. Pour Blaine, c'était presque pire.
Il se releva à son tour. Il ne savait pas quoi dire. Maintenant qu'ils s'étaient dévoilés l'un à l'autre plus qu'ils ne l'avaient jamais fait, il n'avait pas envie de voir Kurt lui filer entre les doigts. Il avait l'impression d'avoir enfin trouvé quelqu'un en qui il pouvait avoir confiance. Mais c'était lui qui avait grillé son unique chance que cette confiance soit réciproque, et ce avant même de comprendre ce que Kurt pouvait lui apporter.
« Kurt, attends... On ne peut pas faire comme si... pas après... je ne veux pas, ok ? »
Kurt se retourna et il le trouva plus séduisant que jamais, avec ses magnifiques yeux bleus cerclés de khôl, son corps svelte et gracieux, son attitude naturellement insolente. Blaine savait que le garçon pouvait lire tout ce qu'il ressentait sur son visage. Il était tellement désespéré qu'il ne faisait plus l'effort de se composer un air impertinent.
"Je ne pourrai plus jamais te faire confiance, annonça simplement Kurt d'une voix presque désolée."
~oOo~
Une fois qu'il eut déposé Kurt devant chez lui, Blaine se sentit vide. Ils s'étaient quittés avec un simple « salut », et un terrible goût d'inachevé lui tiraillait les entrailles.
Il n'avait même pas le courage d'aller dans un bar se souler, il allait simplement rentrer chez lui. Pour la première fois depuis presque une semaine. Il savait qu'il allait avoir droit à une montagne de reproches, mais il prévoyait déjà de les laisser lui glisser dessus sans les écouter. De toute façon, il n'avait ni le courage, ni la force, ni l'envie de se mettre en colère contre ses parents ce soir. Il allait faire la sourde oreille et monter directement se coucher, ce ne serait qu'un mauvais moment à passer.
Il envoya un message à sa mère pour la prévenir qu'il arrivait, et fit rugir sa moto. Le temps était passé très vite pendant qu'il était avec Kurt, et la nuit commençait à tomber quand il arriva enfin chez lui. Il gara le véhicule à la place qui lui était réservée puis monta rapidement les escaliers. Quand il entra dans le salon, ses deux parents étaient face à la porte, sans aucun doute possible en train de l'attendre. Lea était assise en travers sur un fauteuil, un peu en retrait, l'air sombre.
" 'lut, grogna Blaine."
Puis il se dirigea vers la cuisine.
"Blaine, reste ici. Ta mère et moi voulons te parler."
L'air peu enthousiaste, Blaine revint sur ses pas, les mains dans les poches, regardant fixement le plancher.
"Cela fait une semaine que nous n'avons pas eu de nouvelles de toi, commença calmement son père."
Il laissa planer quelques secondes de silence avant de reprendre.
"Où étais-tu, Blaine ?"
Du coin de l'œil, Blaine pouvait voir sa sœur enrouler nerveusement ses cheveux bruns autour de ses doigts. Il était tellement épuisé du manque de sommeil accumulé ces dernier temps qu'il n'eut pas la force de mentir.
"A l'hôpital. Pendant trois jours. Et puis après...ça et là.
- A...l'hôpital ? Tu es malade ? Blessé ? demanda sa mère en palissant.
- Non, pas pour moi. Pour quelqu'un d'autre."
Il n'osait pas lever les yeux, il n'avait aucune envie de croiser le regard de son père.
"Et qui est cette personne ? Et pourquoi était-elle là-bas ?
- C'est un garçon de ma classe. Il était là-bas parce qu'il a fait une overdose de morphine."
Sa mère poussa un petit cri, mais son père restait parfaitement immobile et froid.
"De la drogue ? En quoi y étais-tu mêlé ?
- C'est moi qui l'ai trouvé après son overdose. Nous sommes dans le même lycée. Mais je ne le fréquente pas plus que ça. C'est...heu... un coup d'un soir, acheva-t-il d'une voix à peine audible."
Cette fois, son père tiqua. Il se redressa et Blaine sentit que les choses allaient mal se passer pour lui. Mais après tout, cette dernière phrase était de la pure provocation. Il n'avait pas pu s'en empêcher.
"Blaine, cette fois tu as dépassé les bornes, dit-il d'une voix qui commençait à trembler de colère. Nous avons toléré toutes tes frasques jusqu'à présent parce que nous pensions qu'il s'agissait là d'une recherche désespérée de reconnaissance, mais il est hors de question que nous abritions sous ce toit quelqu'un qui trempe dans une histoire de drogue.
- Mais ce n'est pas moi, je te dis !
- "Trempe" de quelque sorte que ce soit. Tu mets en danger ma carrière et celle de ta mère tant que tu as un lien avec ce milieu, tu te rends compte de ça ? Je ne te laisserai pas ruiner les efforts de toute une vie aussi facilement."
Il prit une grande inspiration avant de lâcher la sentence.
"Tant que tu n'auras pas décidé de changer radicalement de comportement et d'abandonner tout ce qui est aventures d'un soir avec des hommes drogués, je ne veux plus de toi ici."
Lea poussa un cri de protestation. Blaine tremblait à présent.
"Il y a des choses que je ne peux pas changer, papa, répliqua-t-il avec colère.
- Il y a toujours de la place pour le changement, tout dépend la volonté qu'on y met."
Il jeta un coup d'œil à sa fille et reprit.
"De plus, je ne veux pas que tu aies une mauvaise influence sur ta sœur. Tant pis si tu as décidé de détruire ta vie, nous avons tout fait pour t'en empêcher. Mais je ne te laisserai pas détruire la sienne."
Blaine avait à présent les yeux brillants de larmes. Lea cria quelque chose et son père la fit taire sèchement. Sa mère était restée en retrait, terrifiée.
"Très bien, murmura-t-il... Je me casse. Si c'est ce que tu veux, je me casse. J'espère qu'un jour tu comprendras combien tu as eu tort.
- Blaine, non ! s'écria enfin sa mère. Chéri, essaye de te calmer un peu, nous ne pouvons pas le mettre à la porte...par ce froid...laisse-lui une chance...une dernière..."
Blaine regarda d'un air vide sa mère le défendre craintivement. Il savait qu'il aurait du plaider sa cause, mais il était trop dégouté par ses propre parents pour tenter une négociation. Son père sembla sensible au regard suppliant de sa femme, et il s'était un peu calmé quand il se tourna de nouveau vers lui.
"Je te laisse une chance de changer, Blaine. Mais dorénavant tu resteras ici et tu auras un comportement irréprochable. Je ne veux plus te voir traîner dans la rue, je ne veux plus que tu mettes un pied dans un bar. Tu iras au lycée et c'est tout, tu rentreras ensuite immédiatement travailler ici, et ce jusqu'à nouvel ordre. Evidemment, je te laisse le choix. Tu peux te plier à ces règles, ou quitter la maison. Mais si tu passes cette porte, je ne veux plus te voir jusqu'à ce que tu aies fait une croix définitive sur les bagarres, l'indiscipline, la drogue, les hommes et tout le reste."
Blaine recula, horrifié par son propre père. Il entendit Lea crier de nouveau, mais se sentit incapable de la regarder. Il fit demi-tour et quitta le salon en courant.
