Voilà le chapitre 13 ! Ce chapitre est plus long que prévu (je sais, la dernière fois que c'est arrivé, ce n'était pas bon signe) mais il est important, donc je pense que ça passe.
Merci comme d'habitude pour les reviews (immense merci aux gens qui reviewent à chaque chapitre, vous êtes incroyables) et merci à ma beta emicrazy qui a du relire ce chapitre un nombre incalculable de fois, parce que je suis trop exigeante (et un peu pénible).
Bonne lecture !
CHAPITRE 13
Kurt fut tiré de son sommeil par l'alarme de son iPhone. Le type d'alarme désagréable qu'il mettait habituellement les matins de cours, car elle l'obligeait à se lever rapidement pour l'éteindre tant le bruit était insupportable. Il grogna faiblement, mais c'était vraiment par principe car au fond, il était content de reprendre une vie normale et son traintrain de lycéen.
C'est alors qu'il s'aperçut qu'il était confortablement allongé contre quelque ch- contre quelqu'un. Il se rappela soudain de la nuit épouvantable qu'il venait de passer. Il se sentait beaucoup mieux à présent, même si une légère sensation de nausée persistait. Il fit un mouvement pour se détacher de Blaine, mais celui-ci le retint par réflexe.
"C'est bon, râla Kurt, tu peux me lâcher, je vais juste en cours."
Il ne savait pas trop quoi penser de sa soirée avec Blaine. Vu l'état d'épuisement dans lequel se trouvait le garçon, il avait du rester éveillé toute la nuit pour s'assurer qu'il ne s'échappait pas pour se droguer. Il fut touché de cette attention. Si Blaine n'avait pas été là la nuit précédente, il aurait peut-être replongé. Ou alors il aurait erré toute la nuit à la recherche de sa drogue. De plus, et cela l'agaçait de devoir se l'admettre, il avait apprécié de passer la nuit dans les bras rassurants du garçon.
Blaine poussa un soupir et repoussa les couvertures, prêt à se lever malgré son incapacité totale à mettre en marche son cerveau.
"Tu n'as qu'à rester là et dormir, proposa Kurt, pris de compassion."
Ok, il avait promis à Blaine de le virer de chez lui dès le matin... mais il lui devait bien ça, non ? Blaine se retourna, une main devant les yeux, comme s'il n'était pas sûr d'avoir bien compris.
"Et... merci, pour la nuit dernière, continua Kurt."
Il remit les couvertures en place sur Blaine d'un geste sec et se dirigea vers la salle de bain pour son habituel rituel de soins du visage.
Quand il quitta sa chambre pour se rendre au lycée, un peu plus tard, Blaine était profondément endormi dans son lit.
~oOo~
Il avait à peine garé sa voiture sur le parking du lycée que son portable sonna, annonçant un appel venant d'un numéro non enregistré.
"Allo ? décrocha-t-il.
- Kurt ? C'est Lea, je suis sur le portable d'une copine alors je ne peux pas te parler longtemps. On fait comme on a dit ? Je passe te donner les affaires de Blaine à la sortie de McKinley ce soir ? J'ai réussi à tout faire rentrer dans une seule valise. Comment...comment est-ce qu'il va ? Où est-il ?
- Il dort. Il est chez moi."
Il hésita une seconde et reprit.
"Tu lui manques.
- Il me manque aussi, répondit Lea d'une voix faible. Bon et bien...16h devant McKinley ? Je vais prendre le bus, ne pars pas si je ne suis pas pile à l'heure, je vais faire ce que je peux.
- D'acc-... attends Lea, tu sais quoi ? Je vais passer prendre ses affaires directement devant ton lycée, ce sera plus pratique avec ma voiture.
- Oh ! Merci Kurt. Merci beaucoup.
- C'est Crawford Country Day, c'est ça ?
- Oui, l'école jumelle de Dalton. Un peu plus loin sur le boulevard, en face. Je t'attendrai juste devant le portail principal. Avec une grosse valise noire.
- J'y serai. Passe une bonne journée.
- Toi aussi. Ne te laisse pas marcher dessus, ok ?
- Ne t'inquiète pas pour moi, minipouce. Je sais très bien me débrouiller tout seul.
- Merci encore Kurt. Bon je raccroche, mon amie gesticule tellement qu'elle a failli se mettre un coup de poing toute seule. »
Kurt raccrocha le téléphone. En à peine deux discussions téléphoniques, il s'était pris d'affection pour la petite sœur de Blaine. Il n'avait pas besoin d'en savoir plus sur elle pour comprendre qu'elle était la sœur qu'il aurait toujours voulu avoir. Mais il était obligé de se coltiner ce grand benêt de Finn à la place.
Il vérifia sa coiffure et son maquillage dans le rétroviseur, et s'autorisa à sortir de la voiture. Il savait qu'il aurait du être un peu inquiet de l'accueil que lui réservaient ses camarades de classe, surtout qu'ils n'avaient aucune idée d'où il était passé la semaine dernière, mais il se sentait en réalité plein d'assurance. Après tout ce qu'il avait traversé, ce n'était pas une bande de macaques au cerveau hypotrophié qui allaient faire leur loi. Et puis, il avait en quelque sorte réussi à dompter Blaine, et si Blaine ne représentait plus une menace, aucun élève de McKinley ne l'était plus non plus.
Il ressentit tout de même une petite boule au ventre quand il passa la porte d'entrée. Il n'aimait pas cet endroit, il ne s'y était jamais vraiment bien senti.
"Kuuurt ! s'écria une voix familière."
Il eut à peine le temps de voir Rachel foncer dans sa direction qu'il était déjà en train d'étouffer dans ses bras.
"Où tu étais ? demanda-t-elle en le relâchant. Tu ne me fais plus jamais ce coup, ok ? Tu n'imagines même pas dans quel pétrin tu m'as laissée pour la compétition de duo. J'ai du chanter toute seule !
- Je suis sûr que ça ne t'a pas dérangée plus que ça, répliqua Kurt. J'ai raté des trucs biens, la semaine dernière, ou pas ?
- Pas grand-chose, Blaine n'est pas venu en cours non plus de toute la semaine, tu ne sais pas où il est passé par hasard ? Santana a fait courir le bruit que vous vous étiez battus en duel pour sauver ton honneur, et que vous étiez morts tous les deux. Schuester a encore donné le solo de fin de semaine à Quinn, tu te rends compte ? Les mecs de l'équipe de basket ont perdu leur dernier match, Santana dit que c'est parce que Finn a marqué contre son camp, mais ce n'était que cinq points, tu vois ? Sinon...rien de neuf. Tu m'as un peu manqué, quand même.
- Tant mieux, alors. Je –
- Hey Hummel !"
Kurt se retourna immédiatement, vindicatif. Cinq mecs de l'équipe de hockey arrivaient droit sur lui, Karofsky à leur tête.
"Ça y est, tu as fini de chialer ? Tu en as mis du temps, dis-donc...
- Je suis content de voir que ton vocabulaire a incroyablement évolué en une semaine et que tes phrases d'accroche sont toujours aussi soignées.
- Heu...
- C'est bien ce que je me disais. Bon, la récréation est terminée, continua-t-il en croisant les bras sur sa poitrine. Je suis de retour et on repasse à l'ancien régime, c'est-à-dire que tu fermes ta gueule quand tu es à moins de vingt mètres de moi."
Karofsky ne savait visiblement pas comment se comporter. Il ne s'était visiblement pas attendu à ce que Kurt revienne avec un caractère aussi trempé.
"Tu faisais moins le malin quand Blaine était là...
- Dis-donc, tu ne serais pas en train d'admettre que tu t'extasies devant les conneries d'un mec d'un mètre soixante, par hasard ? Si me rappeler Blaine est ta seule manière de te sentir supérieur à moi, tu peux tout remballer et aller te faire voir, parce qu'en ce moment il est dans mon lit, dans l'incapacité totale de se lever pour venir en cours à cause de la nuit que je viens de lui faire passer."
C'était entièrement vrai. Ok, Karofsky ne saisirait sans doute pas une image très proche de la réalité, mais Kurt n'avait pas menti.
"Tu mens. Tu mens, Hummel, parc...
- Non, il dit la vérité, s'interposa une voix féminine."
Santana s'avança vers eux, et Kurt arma de nouveau son système de défense. Ce devait être la personne qu'il redoutait le plus dans le lycée, après ce qu'il s'était passé avec Blaine.
"Blaine m'a envoyé un message hier soir, il était bien chez lui. Je ne sais pas ce que vous avez fait, mais cette fois je ne veux pas les détails, Hummel, parce que je ne peux m'empêcher de t'imaginer en action et c'est franchement dégoûtant.
- Blaine t'a envoyé un mess... commença Kurt, abasourdi."
Il avait pris un malin plaisir à comploter - en quelque sorte - avec Lea dans le dos de Blaine, mais il était franchement surpris que Blaine ait fait de même avec Santana.
"Tout ça pour te dire, gros balourd presque chauve, reprit Santana en s'adressant à Karofsky, que si tu ne passes pas immédiatement ton chemin je te castre à la petite cuillère, c'est clair ?
- Je n'ai pas besoin de toi pour me défendre, Santana, fit remarquer Kurt d'un ton vexé.
- Je sais, mais Blaine m'a demandé de m'assurer que tu ne passais pas trop de temps à te prendre la tête avec eux, et que tu te concentres sur les cours.
- Blaine t'a demandé quoi ?
- Félicitations mon grand, tu viens de nouveau de rentrer dans la liste des personnes dont je tolère la présence.
- Et d'abord, depuis quand est-ce que tu obéis à Blaine ?
- Depuis que je nous ai nommés officiellement couple de dieux du sexe du lycée. Je lui rends des services, il m'en rend... on est égaux au-dessus de tout le monde, tu piges ?
- Je n'ai pas besoin de toi ni de Blaine pour me faire respecter ! s'écria Kurt alors qu'elle s'éloignait.
- Je sais, mon chou, répondit-elle en lui adressant un signe de la main. J'avais juste besoin de remettre les choses à leur place avec Karofsky. Au fait, si tu veux tester avec une fille toi aussi, ma proposition tient toujours."
Kurt se sut jamais vraiment si c'était grâce à Santana ou pas, mais il passa une journée de reprise très tranquille. Il avait exceptionnellement décidé de suivre en cours pour rattraper son retard, mais il s'était vite aperçu qu'il n'avait quasiment pas de lacunes. Ses camarades de classe et des professeurs se montrèrent très insistants pour savoir où il était passé durant la semaine passée, mais il les envoya tous sèchement balader.
Quand il quitta McKinley le soir même, il considérait cette journée comme une réussite totale. Personne n'avait osé lui parler de sa mésaventure avec Blaine, et il avait bien remis les pendules à l'heure.
Tout avait été plus facile que prévu. Il lui avait suffi de montrer qu'il avait confiance en lui et qu'il n'était pas disposé à se laisser insulter, et personne n'avait osé l'attaquer. Les autres élèves étaient comme des chiens, pensa-t-il avec dégoût. Il suffisait de leur faire comprendre qu'ils ne lui faisaient pas peur pour qu'ils rechignent à l'attaquer.
Et puis, oui, il avait couché avec Blaine, mais il s'était éclaté et ne le regrettait pas. Il avait décidé de ne pas en avoir honte, tant pis s'ils connaissaient tous les détails. C'était gênant, mais il préférait se dire qu'ils n'étaient qu'une bande de jaloux et de frustrés, Santana en tête. Et effectivement, sourit-il pour lui même, quand on voyait le corps de Blaine il y avait de quoi être jaloux.
Il monta dans sa voiture et rentra les coordonnées de Crawford dans son GPS. Vingt minutes et un arrêt au Lima Bean plus tard, il passait au ralenti devant l'école privée, cherchant des yeux une jeune fille susceptible d'être la sœur de Blaine. Il n'avait pas énormément de souvenirs du rapide aperçu qu'il avait eu d'elle à l'hôpital. Le fait qu'elles portent toutes le même uniforme ne lui facilitait pas la tâche, et il repassa plusieurs fois devant le lycée avant de la trouver.
Quand il repéra la valise noire, il n'eut pas de doute sur l'identité de la jeune fille qui se tenait à côté. De loin, il comprit pourquoi il l'avait confondue avec Rachel à l'hôpital. Elle avait de longs cheveux bruns et soyeux, coupés en frange sur son front et attachés en queue de cheval pour s'accorder avec son uniforme stricte. Il la klaxonna brièvement et lui fit signe de monter. Elle trottina vers lui, mit non sans peine la grosse valise dans le coffre et monta du côté passager.
"Salut, lui dit-elle en s'attachant.
- 'lut. Bon, je vais sortir d'ici, parce qu'avec toutes ces voitures dans tous les sens je ne peux pas me poser."
Ils restèrent silencieux le temps qu'il réussisse à sortir de l'embouteillage que formaient les véhicules devant l'école. Il se gara un peu plus loin, dans une contre-allée. Il n'avait aucune idée de comment il était supposé engager la conversation. Rencontrer la sœur de Blaine à l'insu de celui-ci lui laissait un sentiment un peu étrange.
"Je suis passé au Lima Bean nous prendre des cafés, annonça-t-il en lui tendant un thermos. Je serais bien allé me poser là-bas avec toi, mais c'est un peu le coin de ralliement des beaufs et des coincés, et j'imagine que tes parents vont trouver ça louche si tu rentres trop tard. Grande mocha allégé, comme je ne connaissais pas ta commande habituelle...
- Merci, murmura-t-elle."
Elle laissa le silence planer quelques secondes entre eux.
"Je suis contente de voir que tu vas bien, lui dit-elle en l'observant attentivement. Tu as une bien meilleure mine que la dernière fois où on s'est vus...
- Merci, c'est rassurant.
- ...et je comprends pourquoi tu as tapé dans l'œil de Blaine. Tu es mignon quand tu n'agonises pas."
Kurt sentit les poils de sa nuque se hérisser à cette remarque.
"C'est la dernière fois que tu prononces cet adjectif en parlant de moi, gamine. Je ne suis pas un chaton ou ce genre de merde en peluche. Bon, qu'est-ce que je dois transmettre à Blaine ?
- Et charmant avec ça. Tout est dans la valise. Des fringues, affaires de toilette, ordinateur portable, chargeur de téléphone, un peu d'argent, papiers, deux trois bricoles. Je crois que je n'ai rien oublié.
- Tu as essayé de parler à tes parents ?"
Le visage de Lea se voila d'un coup.
"Mon père ne veut rien entendre, il estime qu'il lui a déjà laissé assez de dernières chances. Et ma mère est incapable de lui tenir tête. Je...je pensais leur faire du chantage, tu sais... lui dire que j'arrête l'école s'ils ne le laissent pas revenir, mais...
- Non ! Ne fais pas ça, ok ? Blaine ne veut absolument pas que tu fasses ça. Je suis quasiment sûr qu'il ne veut pas que tu t'impliques, il veut gérer ça tout seul.
- Mais je ne peux pas rester là sans agir, à faire comme si rien ne s'était passé !
- Tu dois le laisser gérer son truc tout seul, cette fois. C'est ce qu'il veut. Il n'est pas complètement à la rue, je suis là."
Lea renifla faiblement et il s'aperçut que les joues de la jeune fille étaient trempées de larmes.
"Il a toujours été là pour moi, et je ne peux même pas être là pour lui quand ça ne va pas, pleura-t-elle.
- Tu étais là à l'hôpital, et je suis sûr que tu l'étais aussi à plusieurs occasions avant, la contredit Kurt en lui tendant un mouchoir. Ecoute, Lea, nous allons trouver un moyen d'arranger tout ça.
- Je suis dé...désolée de te mêler à ça...
- Ouais... tu n'y peux rien, c'est Blaine qui a forcé son entrée dans ma vie, quand on y pense.
- Il n'est pas le salaud pour lequel il s'est fait passer, tu sais. Ce qu'il t'a fait était horrible, et crois-moi, il l'a amèrement regretté. Je ne comprends pas ce qui lui a pris, il a complètement pété un câble. Il s'était pris une tonne de reproches par notre père la veille et avait quitté la maison en courant, je crois qu'il a craqué. Je suis désolée que ce soit tombé sur toi, Kurt. Il l'a immensément regretté, je te le jure."
Kurt tapotait nerveusement son volant du bout des doigts.
"En tout cas il a de la chance d'avoir une sœur comme toi, qui le défende coûte que coûte.
- Oh, crois-moi, quand il fait des bêtises je lui en mets plein la tronche aussi. Je pense vraiment ce que je dis, c'est ma marque de fabrique."
Elle sécha ses dernières larmes et sourit à Kurt. Le garçon fut touché par ses grands yeux noirs et brillants.
"Bon, je vais y aller, sinon mes parents vont se douter de quelque chose. Déjà ce matin ils n'ont pas trop compris pourquoi je partais si tôt, j'ai été obligée de prendre le bus à 6h pour ne pas qu'ils voient la valise. Si tu as besoin de me contacter fais-le par le numéro depuis lequel je t'ai appelé ce matin, c'est ma meilleure amie. Fais-le par messages, elle me transmettra. J'espère...j'espère pouvoir revoir Blaine bientôt.
- On étudiera les options que vous avez pour vous voir, promit Kurt. »
La jeune fille le serra dans ses bras par-dessus le levier de vitesse. Kurt fut un peu déstabilisé par cette étreinte soudaine et lui tapota maladroitement le dos. Un doux parfum de fleur d'oranger lui envahit les narines. Elle le remercia une nouvelle fois pour le café et sortit de la voiture pour courir à l'arrêt du bus. Il la suivit des yeux alors qu'elle s'éloignait et remit le contact, songeur.
Une partie de lui en voulait encore à Blaine, mais au fond son comportement agressif avait surtout pour but de maintenir son récent avantage sur le jeune homme. En fait il ne détestait pas - ou plus vraiment - Blaine, et plus il apprenait à le connaître plus il se sentait désolé pour lui. Mais il avait peur de baisser sa garde, il avait peur d'ouvrir une brèche et de permettre à Blaine de redevenir le garçon insolent et beaucoup trop entreprenant qu'il était quand ils s'étaient rencontrés. Il aimait bien ce Blaine-là à l'époque, mais il l'avait trahi, et il ne pourrait jamais construire ne serait-ce qu'une amitié avec lui. Il ne voulait plus jamais le revoir, et il ne le laisserait pas réapparaître.
Il pensa pendant tout le trajet à ce que lui avait dit Lea. Il avait envie de croire que Blaine n'était pas réellement le connard qu'il avait fait semblant d'être. Il lui avait sauvé la vie, et en retour Kurt l'avait tiré d'une très mauvaise passe. Ils avaient tissé des liens forts malgré eux, et ils allaient encore avoir besoin l'un de l'autre, c'était inévitable. Mais si Blaine s'était adouci juste parce qu'il avait eu besoin de lui, d'abord pour soulager sa conscience, ensuite pour trouver un toit ? Il soupira. Restait à savoir lequel des deux Blaine, l'ancien ou le nouveau, était le plus sincère et vrai. Il avait tendance à prier pour que la deuxième option soit la bonne. Blaine lui avait donné quelques signes encourageants, mais Kurt hésitait toujours entre le badboy apprivoisé et le manipulateur sans limite.
Soudain, les lèvres de Kurt s'étirèrent en un petit sourire en coin quand il pensa au couple qu'il formerait avec Blaine. Ils seraient absolument invincibles. Il se remémora les moments qu'il avait passés dans ses bras et se mordilla la lèvre inférieure pour s'empêcher de sourire vraiment. Blaine lui avait malgré tout permis de faire un grand pas dans l'acceptation de lui-même et de son corps. Kurt se rappela que les médecins avaient attribué ces problèmes à la drogue, tout comme ses problèmes d'alimentation, mais il ne pouvait s'empêcher d'inclure Blaine dans les progrès qu'il avait fait. Le garçon s'était toujours montré compréhensif et à l'écoute et ne l'avait jamais forcé à faire quoi que ce soit.
Et puis... il était toujours aussi bien foutu. C'était un détail superficiel, mais mon dieu, ça comptait quand même ! Peut-être... peut-être que Kurt avait envie de recommencer l'expérience avec l'esprit clair cette fois-ci.
~oOo~
En arrivant chez lui, Kurt annonça à Finn qu'il avait une valise à décharger dans le coffre de sa voiture, rassura Carole sur le bon déroulement de sa journée de reprise au lycée et descendit dans sa chambre en laissant la porte ouverte pour la première fois depuis longtemps. Il eut la surprise de trouver Blaine encore endormi dans son lit, mais il s'aperçut rapidement que le garçon s'était changé et portait ses habits de la veille. Il avait du se lever et se recoucher.
Il s'assit à côté de lui sur le bord du lit. Il ne voyait rien de son visage, caché sous un amas de boucles brunes, mais il entendait sa respiration lente et régulière, légèrement plus bruyante qu'à l'ordinaire. Il resta un moment à observer la forme que le corps de Blaine donnait à sa couverture. Il s'en voulait un peu de le réveiller, mais il estimait que le jeune homme avait pu dormir autant qu'il le souhaitait dans la journée. Il posa la main sur son épaule et Blaine remua faiblement dans son sommeil.
"Blaine..."
Il le secoua faiblement. Blaine poussa un soupir d'aise et se retourna. Kurt faillit éclater de rire en voyant la marque des draps sur sa joue, mais se retint à temps.
"Je rêve ou tu es en train de te foutre de ma gueule ? demanda Blaine d'une voix ensommeillée en entrouvrant les yeux."
Kurt lui adressa un sourire moqueur et le laissa émerger lentement. Il sourit en voyant papillonner ses longs cils sous ses boucles.
"J'ai vu ta sœur, lâcha-t-il enfin."
Le processus de réveil de Blaine sembla s'accélérer brusquement.
"Ma sœur ? Comment...où ? Pourquoi ? Je peux la voir ?
- Non, mais elle m'a donné des affaires à toi. J'attends que Finn les descende. »
Blaine se redressa et s'assit contre un oreiller, l'air un peu dépité. Il essaya d'écarter les mèches indisciplinées qui lui tombaient devant les yeux.
"Alors ? Comment s'est passée ta journée ? demanda-t-il.
- Je ne savais pas que tu faisais des plans avec Santana dans mon dos.
- Ce ne sont pas des plans, c'est juste un petit service que je lui ai demandé. Il fallait bien que j'essaye de rattraper le coup, et je n'allais pas te laisser retourner dans cette jungle sans avoir au moins un soutien sur lequel compter. Et elle me devait bien ça après la soirée que je lui ai fait passer le soir de la première retenue..."
Kurt prit un air dégouté.
"Tu te sens obligé de remettre ça sur le tapis ? Merci Blaine, j'ai plein d'images géniales en tête.
- Ce n'est pas parce que tu es jaloux...
- Non mais je rêve ! J'ai l'impression de faire un bond d'une semaine en arrière, là. Tu ne vas pas recommencer !
- Au contraire, je pense qu'on devrait tout effacer et recommencer à zéro, répondit Blaine très sérieusement."
Kurt sourit et laissa un silence un peu gêné planer entre eux. Recommencer à zéro, c'était exactement ce qu'il voulait. Il avait juste besoin que Blaine fasse le premier pas, qu'il rallume la mèche. Un peu comme il venait de le faire timidement.
Kurt glissa sa main sur le ventre de Blaine et le caressa avec son pouce en remontant la ligne de son nombril. Les abdominaux de Blaine se contractèrent à se contact mais il ne le repoussa pas. Il suivait sa main des yeux, le souffle court. Kurt voyait dans ses yeux que lui aussi crevait d'envie de le toucher, de balader ses mains sur son corps, mais qu'il n'osait pas. Il en fut presque étonné, et touché. Blaine avait enfin décidé de le respecter.
Il se rapprocha un peu plus de lui balada sa main sur le torse du garçon jusqu'à son cou. Blaine frémit et ferma les yeux. Excité par cette vision, Kurt se pencha et déposa un baiser dans le cou de Blaine, sous la ligne de sa mâchoire. Cette fois, Blaine sursauta vraiment et son corps se tendit d'un coup. Ses mains saisirent les hanches de Kurt, mais le garçon se dégagea d'une petite tape. Blaine gémit doucement, frustré. Kurt suçota doucement la peau de Blaine, l'effleurant de temps en temps avec la pointe de sa langue.
"Oh mon dieu Kurt ! Qu'est-ce qu'il te prend ? demanda Blaine dans un souffle."
Kurt ne répondit pas et approcha encore son corps du sien, tout en prenant soin de laisser un espace entre eux. La poitrine de Blaine s'arqua pour chercher le contact avec la sienne, mais Kurt recula et elles ne firent que s'effleurer.
Décidant qu'il avait assez joué avec les nerfs de Blaine, Kurt laissa trainer ses lèvres sur sa joue, laissant son souffle chaud caresser la peau déjà brûlante du garçon. Ses paumes s'enfoncèrent dans le matelas de chaque côté du garçon quand il s'appuya sur ses bras, et colla leurs lèvres ensembles.
Kurt avait fait son choix. Il avait choisi de croire que Blaine avait un bon fond, qu'il était sincèrement désolé, qu'il était digne d'une seconde chance. Il avait choisi de lui faire confiance. Une partie de lui était terrorisée à l'idée d'être trahi une seconde fois, car il savait qu'il aurait vraiment du mal à s'en remettre. Mais il savait aussi que s'il passait à côté de Blaine sans tenter sa chance, il le regretterait pendant longtemps.
Blaine prit une grande inspiration et son torse se souleva contre celui de Kurt. Celui-ci sentit des mains s'enrouler autour de sa taille, tandis que la langue de Blaine se faufilait entre ses lèvres. Oh mon dieu, cette étreinte lui avait tellement manquée. Il grimpa complètement sur le lit et glissa une main dans les boucles brunes du jeune homme, puis s'installa sur ses genoux tout en se débarrassant hâtivement de sa veste.
Un toussotement gêné suspendit son geste.
Kurt se figea et laissa tomber son visage au creux de la nuque de Blaine, toujours collé contre lui.
"Dis-moi que c'est un cauchemar, murmura-t-il d'une voix intelligible. Dis-moi que ce crétin n'est pas derrière moi.
- Dis-moi que ce n'était pas un rêve, lui souffla Blaine au creux de l'oreille."
Kurt soupira, se releva et se retourna pour faire face à Finn qui se tenait debout derrière eux, la valise de Blaine à la main. Le jeune homme n'avait pas l'air de trop comprendre ce qu'il se passait. Aucun des deux garçons ne l'avait entendu descendre les escaliers.
"C'est la dernière fois de ta stupide existence que tu rentres ici sans frapper, lui dit Kurt en quittant le lit, franchement menaçant.
- Je...mais tu m'as demandé de descendre...la valise.
- C'est bon, elle est descendue maintenant. Allez, ouste ! Et ferme la porte ! Et pas un mot à ta mère de ce que tu as vu. Et si je reçois le moindre message de Rachel y faisant allusion, je te détruis."
Il regarda Finn remonter les escaliers quatre à quatre avec un air franchement furieux. Blaine sortit du lit et s'assit en tailleur sur le bord, tirant la valise vers lui. Kurt marmonna quelques insultes à l'encontre de Finn et alla s'asseoir sur son bureau, attentif à chaque mouvement du garçon.
