Voici le dernier chapitre de Par désir de vengeance !

Merci beaucoup à tous ceux qui ont pris le temps de laisser une review, et merci à ma beta emicrazy !

Humm... warning : violence physique.


CHAPITRE 16

Le bruit caractéristique du verre qui se brise fit tourner toutes les têtes dans la direction de Kurt, Blaine et son père. Ce dernier avait serré tellement fort le pied de sa flûte de champagne qu'elle venait de lui exploser dans la main. Mais il était tellement choqué par la manière dont venait de lui parler son fils qu'il ne sembla même pas s'en rendre compte. Il tremblait de colère. Blaine savait que la gifle était à deux doigts de partir, mais le nombre de personnes qui les entouraient semblait retenir le bras de son père.

Un des jeunes hommes qui discutaient avec Mr Anderson quand Blaine était arrivé se précipita vers lui et commença à tamponner sa veste avec une serviette de table pour sécher la tâche d'alcool. Par chance, le père de Blaine ne semblait pas blessé.

"Laissez, ça va aller, le repoussa-t-il en levant la main d'un geste impatient pour l'écarter."

Les gens finirent par se détourner d'eux pour reprendre leurs conversations interrompues. Blaine fixait toujours son père avec une expression de défi, attendant sa réaction. Il avait l'impression qu'il venait de couper définitivement le mince cordon qui les liait depuis son enfance, qu'il avait atteint un point de non-retour.

Le père de Blaine s'assura que plus personne ne leur prêtait attention, et à la surprise des deux garçons, se tourna vers Kurt.

"Je ne sais pas ce que tu as fait à mon fils pour qu'il se pointe à une fête familiale en costume de seconde-main pour venir m'insulter ouvertement, mais tu vas le payer. Les rebuts de la société comme toi ne méritent même pas d'avoir le droit de montrer leur sale petite tête de pédale en public."

Blaine crut qu'il allait vomir. Son père le dégoûtait littéralement, il commençait à se sentir physiquement mal. Il portait certes des vêtements de seconde-main, mais Carole avait mis beaucoup de temps à retoucher ce costume de Finn pour qu'il soit à sa taille, spécialement pour l'occasion. Et il n'était pas venu pour insulter son père, au contraire. Pour finir, la manière dont il venait d'insulter Kurt était incroyable. Il n'arrivait pas à assimiler les paroles qu'il venait de prononcer.

De son côté, Kurt faisait des efforts surhumains pour rester calme. Si l'homme en face de lui n'avait pas été le père de Blaine, il l'aurait déjà enseveli sous une montagne d'insultes plus aiguisées les unes que les autres. Cet homme était le plus stupide, le plus injuste et le plus borné qu'il ait jamais vu. Il ne comprenait pas comment Blaine avait pu tenir tout ce temps avec lui sans devenir fou. Le jeune homme lui avait assuré que ce n'était pas son père qui avait fait de lui ce qu'il était aujourd'hui, qu'il avait toujours été beaucoup plus belliqueux et rebelle que ses cousins, même à l'époque où son père était très peu présent pour lui. Mais Kurt ne pouvait s'empêcher de se dire qu'avoir un tel personnage autour de lui n'avait pu qu'exacerber sa colère et sa volonté de s'échapper au plus vite de son quotidien.

"Ok. Viens, murmura-t-il en prenant de nouveau Blaine par la main. C'est impossible d'avoir une conversation sensée avec un homme de Neandertal, tu le sais."

Blaine sembla hésiter, encore sonné.

"Tu devrais très rapidement apprendre à discerner ce qui est bon pour toi, Blaine, murmura son père d'une voix sifflante.

- Avec vous, intervint Kurt, les clopes, l'alcool, les coucheries à droite à gauche, les fugues. Avec moi, la stabilité, l'amour (le père de Blaine grimaça avec répulsion) et une vraie vie de famille. Avec tout le respect que je vous dois, Mr Anderson, allez vous faire foutre."

Joignant le geste à la parole, il adressa au père de Blaine un sublime doigt d'honneur. Ce faisant, il tira Blaine par le bras et l'entraîna avec lui. Lea les rejoignit en trottinant, le visage anxieux, impatiente d'avoir les détails de ce qui était visiblement l'échec de réconciliation du siècle.

Les yeux du père de Blaine brillaient de haine. Il retourna lentement à sa table, et fit signe aux trois jeunes hommes à qui il parlait quelques minutes auparavant de le rejoindre.

~oOo~

"Une catastrophe, murmura Blaine en se passant de l'eau froide sur le visage."

Ils étaient tous les trois dehors devant la salle des fêtes. Blaine était penché au dessus d'un robinet extérieur et essayait de faire passer la nausée qui lui tordait les entrailles. Kurt était adossé contre le mur, sombre et silencieux, ruminant les paroles de Mr Anderson. Lea était près d'eux, les bras croisés et les yeux brillants de larmes.

"Je suis désolée, c'était mon idée...

- Il fallait qu'on tente, murmura Blaine. Je ne pensais pas qu'il était aussi con, putain..."

Il s'assit sur une canalisation incendie et joignit les mains devant son menton.

"Je ne veux plus jamais voir sa gueule, déclara-t-il.

- Je suis désolée pour ce qu'il t'a dit, Kurt, murmura Lea. Je ne pensais vraiment pas qu'il irait aussi loin. Je suis répugnée..."

Kurt fit un geste dédaigneux de la main pour faire comprendre qu'il s'en fichait.

"En tout cas, à partir de maintenant il est hors de question que je respecte les ordres de papa, déclara Lea. Je viendrai te voir quand je voudrai, Blaine."

Blaine lui adressa un pâle sourire. Il n'avait à présent plus le choix, il était obligé de rester avec la famille de Kurt, de représenter un poids pour eux jusqu'à ce qu'il trouve de quoi se payer un logement à lui. S'essuya les yeux le plus discrètement possible, ce qui n'empêcha pas Kurt de le voir et de le relever pour le serrer dans ses bras.

"Je vous laisse, tous les deux, déclara Lea en comprenant qu'ils avaient besoin d'un peu d'intimité."

Elle déposa un baiser sur leurs deux joues et s'éclipsa. Blaine la regarda partir d'un air désolé, puis se tourna vers Kurt pour l'embrasser passionnément. Le garçon se montra un peu réticent.

"Je crois... que ce n'est pas le meilleur endroit...

- On s'en tape, Kurt. Ils se fichent de ce qu'on peut penser ou ressentir, c'est exactement la même chose dans l'autre sens. Je suis capable d'aller te sucer au milieu de la salle, là, maintenant.

- Hmm... ça pourrait éventuellement être pris pour de la pure provocation, sourit Kurt."

Blaine le prit par la taille et l'embrassa langoureusement. Il ne savait pas si quelqu'un pouvait les voir depuis la salle, mais au fond de lui il espérait que oui. Il était immensément fier d'avoir Kurt pour lui, de pouvoir le toucher et l'embrasser, et il ne comptait pas se priver de ce privilège à cause d'une bande d'intolérants.

"Plus on me dit que je ne devrais pas être avec toi, plus j'ai envie de toi... murmura Blaine. Autant te dire que là, je pourrais te prendre sur place et tout de suite..."

Avant que Kurt n'ait eu le temps de le retenir, Blaine tira d'un coup sur sa ceinture dont il avait discrètement défait la boucle.

"La voiture, alors, murmura Kurt."

Blaine ne se le fit pas dire deux fois. Il prit Kurt par la taille et l'entraîna avec lui vers la voiture. La porte à peine ouverte, il poussa Kurt sur la banquette arrière et se colla contre lui, entre ses cuisses. Kurt glissa les mains dans ses boucles brunes et le serra contre lui pour l'embrasser. Blaine desserra sa cravate et laissa ses doigts se glisser sous la chemise de Kurt. Celui-ci lui emprisonna la taille avec ses jambes et colla son bassin contre le sien. Il n'y avait pas de sensation plus agréable ni plus excitante au monde que de sentir le corps de Blaine contre le sien. Il poussa un soupir d'aise et Blaine enfouit son visage dans son cou. Kurt ferma les yeux pour se concentrer sur ses baisers, sur ses caresses et sur sa présence contre lui.

Il allait commencer à déboutonner la chemise de Blaine, quand celui-ci se raidit d'un seul coup et se serra contre lui tellement fort qu'il l'étouffa presque.

"KURT !"

Un bruit de verre brisé couvrit son cri, et une pluie de particules brillantes s'abattit sur eux. Kurt essaya de se dégager, mais Blaine le tenait contre lui, le visage collé contre son torse pour le protéger des éclats. Puis en une fraction de seconde, Blaine se jeta en arrière hors de la voiture et tira Kurt avec lui. Ce dernier s'étala par terre, sonné, ne comprenant absolument rien à ce qu'il venait de se passer. Blaine le releva et l'inspecta en un coup d'œil pour vérifier s'il n'avait pas de blessure. Puis les deux se tournèrent vers la voiture de Kurt.

"MAIS PUTAIN VOUS ÊTES TARÉS ! cria Blaine, hors de lui."

Kurt resta interdit. Trois hommes étaient campés à côté de la vitre brisée de son véhicule, et chacun tenait une barre de bois ou de métal à la main. Kurt n'avait jamais vu aucun de ces hommes, et il n'avait absolument aucune idée de la raison pour laquelle l'un d'entre eux venait de faire exploser en mille morceaux la vitre arrière de sa voiture. Il n'arrivait pas à y croire. C'était impossible.

"C'est quoi, votre problème, bande d'enculés ? demanda Blaine, déjà prêt à en venir aux mains.

- Pas sûr que ce soit nous, les enculés, répondit l'un des hommes en contournant lentement la voiture pour les rejoindre."

Ils étaient armés, et Blaine recula en obligeant Kurt à faire de même. Celui-ci se laissa faire, sonné par ce qu'il venait de se passer.

Blaine reconnut l'un des trois hommes comme celui qui s'était jeté sur son père pour essuyer le champagne qui tâchait sa veste. Il n'avait aucune idée de qui il pouvait bien être par rapport à lui, et surtout pourquoi lui et les deux autres les avaient attaqués.

"Ma voiture... gémit Kurt d'une voix brisée.

- C'est vrai qu'elle était bien pratique pour que les petits pédés comme vous puissent baiser tranquilles. Mais tu vois, nous on trouve ça dégueulasse. John."

Le dénommé John leva la barre en métal qu'il tenait dans la main et l'abattit de toutes ses forces sur le pare-brise de la voiture, qui s'opacifia d'un coup. Mu par l'énergie de la rage, Kurt écarta Blaine et se jeta sur l'homme qui leur avait adressé la parole. L'autre avait du prévoir ce genre de réaction, car il lui envoya son genou dans le ventre. Kurt se plia en deux, le souffle coupé. Blaine accourut aussitôt vers lui, mais les deux autres hommes se jetèrent sur lui et l'immobilisèrent par les bras. Il se débattit, hurla les pires insultes, parvint presque à se libérer, mais ils tinrent bon.

Kurt tenta de se relever, les entrailles comprimées par le coup qu'il avait reçu. Il ne cherchait même plus à comprendre ce qu'il se passait. Il entendait Blaine crier derrière lui, mais il lui semblait assez lointain.

"Debout, tapette.

- Ta gueule, connard."

Cette réponse lui valut un coup de poing dans la face si violent qu'il se retrouva étalé sur le bitume, un goût de sang dans la bouche. Cette fois, il réagit plus rapidement et se retourna pour faire face à son agresseur. Un liquide chaud lui perlait sur le menton et il l'essuya rapidement avec sa manche. Son nez le faisait horriblement souffrir et il était à peu près sûr que l'autre venait de le lui briser. Il esquissa un geste pour se relever, mais un violent coup de pied dans les côtes l'en empêcha.

De son côté, Blaine était en train de devenir fou. Il se débattait comme un diable et les deux hommes qui le tenaient avaient de plus en plus de difficulté à le contenir. Il ne comprenait pas pourquoi ces hommes en avaient après Kurt, pourquoi ils avaient visiblement l'intention de le détruire. Et il n'allait pas laisser faire ça sous son nez, il n'allait pas assister à ce spectacle et laisser ces monstres s'en aller vivants.

"Kurt ! Dégage ! Va-t'en, putain ! Sauve-toi !"

Quand le garçon se retourna, il vit que son visage dégoulinait du sang qui coulait de son nez. Cette vision était insupportable. Appuyant de toutes ses forces, il tordit les bras des hommes qui le tenaient. Ceux-ci le lâchèrent dans un cri de douleur, et il fonça sur l'agresseur de Kurt. L'autre tenta de se protéger mais Blaine avait beaucoup plus d'expérience que Kurt en matière de bagarre, et il lui envoya un coup de poing magistral dans le sternum. L'autre tomba en arrière et Blaine se détourna de lui pour s'occuper de Kurt, qui tentait de retrouver une respiration normale, des larmes de panique dans les yeux.

"Ça va aller, ok ? On se casse d'ici, je ne sais pas ce qu'ils nous v-"

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. L'un des deux hommes qui le tenaient quelques secondes auparavant l'avait agrippé par les cheveux et le jeta en arrière. Il tenait son bras bizarrement, comme si la douleur l'avait figé en extension. Blaine griffa la main qui le tenait mais l'autre homme se mit à le rouer de coups de pieds, et il n'eut pas d'autres choix que de se rouler en boule pour se protéger.

"Arrête ! s'écria l'homme que Blaine avait frappé, et qui venait de se relever. Il a dit celui qui ressemble à une fille, surtout pas l'autre.

- Mais il est intenable, cet enfoiré, grogna le troisième homme, prêt à revenir dans l'action.

- Finissons-en, alors, grogna le premier, qui semblait être le chef des trois."

Kurt avait enfin réussi à se relever et essuyait tant bien que mal le flot de sang qui coulait de son nez. Un coup venu de nulle part l'aveugla, et une douleur violente dans le dos suivit immédiatement. Sa joue rencontra une nouvelle fois le béton. Nouveau coup de pied, nouveau coup de barre de métal. Chaque parcelle de son corps hurlait de douleur, mais aucun son n'arrivait à passer ses lèvres. Il avait l'impression qu'il allait mourir. Il aurait voulu mourir plutôt que d'endurer tout ça une seconde plus.

Mais son calvaire continuait, sans qu'il comprenne pourquoi. Soudain, un coup violent lui heurta la tempe, et il plongea dans les ténèbres.

Blaine vit avec horreur le chef du groupe s'écarter de Kurt, en nage. L'homme jeta la barre de fer un peu plus loin et fit quelques pas pour reprendre ses esprits. Kurt était étendu par terre sur le côté, parfaitement immobile. De là où il était, Blaine ne pouvait pas voir son visage, mais il avait vu l'homme s'acharner sur lui à coups de pieds et barres. Et ce geste, sa manière de reculer, comme s'il avait fini...

Il poussa un cri de désespoir et se libéra une nouvelle fois des deux hommes qui le tenaient, profitant du fait que ceux-ci aient diminué leur poigne quand ils avaient vu leur chef reculer. Cette fois, Blaine se jeta sur l'agresseur de Kurt non pas avec la volonté de l'écarter, mais vraiment pour lui infliger la plus grande douleur possible. L'autre recula d'un pas mais Blaine l'attrapa par le cou. L'homme se débattit, les deux autres se précipitèrent à son secours. Un coup de genou fit lâcher momentanément prise à Blaine, mais il se jeta de nouveau sur l'homme avant qu'il ait pu se dégager complètement. Il esquissa un geste en direction de son cou, mais l'autre ne se laissa pas surprendre une seconde fois. Il para son attaque d'un coup réflexe, et Blaine sentit son poing heurter son ventre, mais avec trop peu de force pour le déstabiliser.

Il allait frapper de nouveau, mais le regard choqué de l'homme en face de lui l'arrêta. Il avait les yeux exorbités de surprise et semblait complètement paralysé.

"Merde..."

Les deux autres hommes s'écartèrent. Blaine baissa les yeux pour voir ce qu'ils fixaient tous les trois, et s'aperçut qu'un manche en argent sortait de son abdomen.

Il tituba. Il n'avait pas mal, il n'avait même pas senti le couteau s'enfoncer dans son ventre. Une tâche sombre commençait à apparaître autour de l'objet.

Paniqués, les trois hommes s'enfuirent en courant. Blaine se sentait étrangement calme. Il arrivait parfaitement à réfléchir et se posait des questions très rationnelles, comme par exemple s'il devait ou non retirer le couteau, et comment s'y prendre. Il trouvait presque ironique d'avoir été poignardé par un couteau issu d'un service de mariage. Ses jambes se dérobèrent sous lui et il tomba à côté de Kurt. Le garçon portait une blessure sanguinolente à la tempe, en plus de son nez meurtri. Il avait du sang sur les mains et les joues. Il avait l'air brisé.

Blaine ne comprenait pas qu'on puisse anéantir un être aussi magnifique que Kurt, qu'on puisse lui faire du mal volontairement. La vue du garçon inconscient était insupportable et le blessait plus encore que le couteau planté dans son ventre. Pourquoi avaient-ils fait ça ? Il avait peur de se le dire, il ne pouvait pas y croire... mais si son père avait commandité tout ça ? Les hommes en avaient eu après Kurt, ils l'avaient maintenu à l'écart. Non... c'était impossible...

Des larmes de haine lui brouillèrent la vue. Il s'affaissa sur le goudron. Il commençait à prendre conscience du liquide chaud qui coulait sur son ventre. Il devait appeler à l'aide.

"Kurt..."

Ce fut le premier nom qui lui vint à l'esprit, mais Kurt était déjà là, auprès de lui, dans un état pire que le sien. Ses idées commençaient à se brouiller. Alors, c'était comme ça que tout allait finir ? Déjà ? De manière aussi stupide ? Il repensa à Lea, qu'il avait quittée sur un rapide baiser, sûr de la revoir quelques instants plus tard. Elle était là-bas, à quelques mètres de lui, inconsciente de ce qu'il se passait. Il roula sur le dos, épuisé. Ses doigts effleurèrent le manche du couteau, mais il n'osait pas toucher cette chose figée en lui. Il tendit ses doigts rougis vers la main de Kurt, si proche de lui. Mais il n'eut pas la force de la rejoindre, et les ténèbres l'envahirent avant qu'il atteigne son but.


Pas de panique, il y a un épilogue.