Disclaimer: Tout pareil qu'au chapitre précédent !

Oui, je sais, dépasser à ce point la limite temps qu'on s'était soi-même imposée est une chose assez...heu..honteuse... ^___^''

Et même après tout ce temps écoulé, je n'en suis toujours pas totalement satisfaite...

Mais bon, voici donc, sans plus attendre (kof, kof) le second chapitre.

Bonne lecture !


Harry's Song

Autrefois il y avait l'amour, L'amour n'est plus

Confortablement installé dans le vieux canapé face à la cheminée, j'observe les flammes qui dansent dans l'antre. C'est beau, vraiment, mais c'est comme le reste. Ça ne m'atteint pas. Combien de temps, combien de temps reste-il ? Combien de temps ça va encore durer ? Quelques minutes, quelques heures tout au plus. Je devrais avoir peur, je devrais être terrifié, je devrais sans doute pleurer, je devrais peut-être même essayer de fuir. Je contemple quelques instants le ciel à travers la fenêtre et retiens un sourire. Oui, je devrais pleurer. En vérité, j'en suis, fort heureusement, bien incapable : ce serait au mieux de l'hypocrisie, au pire d'écœurants atermoiements sur moi-même. Car honnêtement, je ne suis pas vraiment triste. Non, je ne suis même pas triste, juste étrangement vide.

Pour tout dire, plus que la peur de la mort, c'est cette attente, qui m'est pénible. Alors je bois.

Non… Je ne cherche pas un quelconque réconfort en faisant cela, je n'essaie pas non plus de trouver un hypothétique moyen de noyer mon chagrin. C'est un peu difficile à expliquer, mais l'alcool a toujours eu sur moi un effet assez singulier. Dès les premières gorgées, mon esprit dérive, se trouble ; cependant après quelques vers, les idées, les formes, tout acquiert une netteté nouvelle, et je me sens étrangement lucide. Les autres s'inquiètent de mon indifférence, ils ne se laissent pas plus berner par mes faux sourires que mes paroles rassurantes. Je suis vraiment un connard: dans un moment pareil, ils devraient simplement s'occuper d'eux, pas s'affoler de l'état de ma petite personne.

Oui, je suis réellement un connard et ce n'est certainement pas vous qui me contrediriez sur ce point. Je suis un sombre con à qui il est arrivé une histoire tristement comique et tandis que le whisky pur feu fait peu à peu son effet, je me souviens précisément de ses tenants et aboutissants. Vous voulez que je vous la raconte professeur ? Après tout, vous en êtes l'un des personnages capitaux, voir Le capital.

Comme à chaque histoire, il faut un commencement : Mon entrée dans le monde des vivants, du plus loin que je m'en souvienne, n'a pas été des plus chaleureuse. Dès ma naissance, j'ai été haï pour ce que j'étais : Harry Potter, l'orphelin anormal. Parce que j'étais le fils de James Potter et Lili Evans, parce que –foutu hérédité !- j'avais de par ce fait de grandes chances d'être un sorcier, j'ai été haï par la seule « famille » qui me restait. J'ai été haï par bêtise.

Mon entrée dans le monde magique a changé la donne. Dès que j'y ai pénétré, j'ai été, du moins par la majeure partie de la population, adulé pour ce que j'étais : Harry Potter, l'orphelin survivant. Parce que j'étais le fils de James Potter et Lili Evans, parce qu'ils étaient des héros morts pendant la dernière guerre sorcière, parce que la nuit où ils avaient été massacré, j'avais –foutu coup du sort !- réduit Voldemort, le plus puissant mage noir de tous les temps à néant. J'ai été adulé par des gens qui ne me connaissaient pas, pour quelque chose dont je n'avais plus le souvenir. J'ai été adulé par bêtise.

Mon entrée dans une certaine salle de cours située dans les cachots de Poudlard a à nouveau tout bouleversé. Dès que je m'y suis installé, j'ai été haï par vous, pour ce que j'étais : Harry Potter, l'orphelin qui vous rappelez de mauvais souvenirs. Parce que j'étais le fils de James Potter et Lili Evans, parce que –foutu ressemblance !- j'étais quasiment le portrait craché de votre pire ennemi de jeunesse, son portrait craché avec les yeux de celle qui avait, et ça je l'appris bien plus tard, été votre première véritable amie. J'ai été haï par vous, Severus Snape. J'ai été haï par bêtise.

Ensuite, tout c'est accéléré. Chaque année, Ron, Hermione et moi, étions confrontés à un Voldemort, étrangement vif pour un moribond, ou un cas de force majeur (l'affaire « maraudeur » restera dans les annales) particulièrement périlleux à régler. Selon les tendances nous étions, admirés, glorifiés, insultés, dénigrés ou méprisés. Le seul sur qui tout ça restait sans aucun effet, c'était vous. Peu importe tout ce que nous accomplissions, peu importe ce que je réalisais, peu importe mes mots, peu importe mes actions : que je me dresse contre les forces du mal, ou m'agenouille à leurs pieds, rien de cela n'avait vraiment de valeur pour Severus Snape. JE n'avais strictement aucune valeur pour Severus Snape.

Il y a une différence fondamentale entre ce que l'on est et qui l'on est. Je ne sais pas si ce que je cherche à exprimer est très clair, cependant je suis persuadé que vous vous le comprenez parfaitement. Dans ce monde où tout n'est qu'apparence et où on s'amuse à coller une multitude d'étiquettes aux gens, qui l'on n'est ça n'a pas tellement de valeur. C'est tellement plus simple de juger les gens sans les connaître, par rapport à une pléiade de critères sur lesquels ils n'ont, en définitive, aucun contrôle : couleur de peau, physique, sexualité, classe sociale, nature profonde, …

Et vous vous me jugiez sans me connaitre, parce qu'au fond vous ne vouliez pas savoir qui j'étais. Parce qu'en vérité vous aviez déjà choisi ce que je serais, vous aviez décidé que, puisque je ressemblais tant à mon père, alors je paierais les humiliations qu'il vous avait infligées durant votre jeunesse ; votre pire ennemi version miniature, n'étais-ce pas merveilleux ? Dans la vie, on a tous besoin d'un élément fixe, une chose à laquelle se raccrocher et qui peu importe le temps, demeurera immuable. J'ai pensé que vous pourriez être cet élément, que notre haine mutuelle serait cette chose rassurante qui ne s'étiolerait pas avec les années. C'est ce en quoi j'ai cru. C'est ce en quoi j'ai voulu croire.

Alors, oui professeur, je vous ai haï. Je vous ai vouez une haine terrible et persistante, une haine sans fin et sans fond, une haine dévorante, tellement puissante et envahissante qu'elle en devenait presque malsaine. Vous étiez devenu mon obsession. Cependant, au commencement de la cinquième année, notre « relation » pris une nouvelle teneur. Lors du premier cours d'occulmencie que vous aviez consenti à me dispenser, mon univers à de nouveau été bouleversé, et ce encore une fois par vous.

Cette leçon, donna lieu à une situation pour le moins inédite, vous avez accédez à quelques uns de mes souvenirs d'enfance, des souvenirs douloureux. Vous avez vu mon placard miteux, ma tante me mépriser, mon oncle m'humilier, mon cousin et ses amis me frapper, moi pleurer silencieusement… Oui, c'était des souvenirs douloureux, des souvenirs du « avant Poudlard », tous sauf un, un qui ne devait pas vous être si inconnu. Vous vous amusant à terroriser un gamin maigrichon et tremblotant, aux cheveux en bataille. Glorieux souvenirs, n'est-ce pas professeur ?

Et pendant que vous vous immergiez ainsi au plus profond de moi, j'étais comme pétrifié. Voir horrifié. L'homme qui me détestait le plus au monde était entrain de passer en revue les moments les plus honteux de mon existence. Je me sentais nauséeux et mon cœur battait la chamade, je crois que je m'étais rarement senti aussi mal ; et à ce moment précis, j'ai à nouveau tenté de vous repousser hors de mon esprit, de toutes mes forces cette fois. Le sort s'est retourné contre vous, et j'ai à mon tour accédé à vos souvenirs…

On frappe à la porte, je me lance un sort de sobriété et l'ouvre. C'est Sirius. Le moment tant attendu est arrivé, finalement je n'aurais même pas la possibilité de me remémorer cette histoire dans sa totalité, non, je n'aurais même pas droit à cela. La majeure partie des appartenants au camp des forces du bien a été réunie au square Grimault. Quelques étreintes et paroles échangées plus tard, nous franchissons les portes du QG.

Le temps est chaotique, nous transplanons et arrivons face à l'enceinte du château, nous détruisons les grilles puis nous dirigeons vers le lac, sur le chemin le silence est presque religieux. Nous sommes là depuis dix bonnes minutes, lorsque vous apparaissez. L'atmosphère est oppressante et les grondements de tonnerres redoublent d'intensité. Mon regard se fixe quelques instants sur Voldemort, l'homme que je dois tuer. Je vous cherche des yeux quelques instants, essayant de deviner derrière quel masque vous vous cachez, c'est peine perdu et je le sais pertinemment. Je suis pathétique. Je l'ai déjà dit : vous êtes mon obsession.

Un grondement plus puissant retenti et l'un des Mangemorts lance le sortilège, faisant apparaître la marque des ténèbres. La scène est brusquement illuminée et j'ai le temps d'apercevoir deux yeux d'un étrange gris orageux virant à l'obsidienne, m'observant. Je vous hais. Vous avez corrompu mon cœur et obtenu sa trahison envers moi. Et alors que je vous fais face, à vous, et à votre « maître », j'ai une dernière preuve de sa duplicité. A l'instant même où nos regards se sont croisés, le vide qui m'emplissait tout entier s'est vu comblé.

Tous les sentiments et sensations qui m'avaient quittés depuis six mois, m'assaillent avec violence. J'ai froid. J'ai peur. Je veux fuir. J'ai envie de pleurer. Je suis vivant. Je vous aime. Je me hais.

Je me hais parce que j'ai cru en vous, parce que je vous ai admiré et que je me suis surpris à vous trouver beau. Je me hais parce que, même maintenant, je n'ai pas la force de vous haïr. Je vous aime.

Mais à présent c'est sans importance, tout est fini. Ce soir je tuerai Voldemort et ensuite je vous tuerai vous. Parce que vous demeurer mon obsession, parce que je vous...

Parce que je t'aime Severus.

Ceci est une promesse professeur.

Autrefois il y avait l'amour, L'amour n'est plus


A suivre

Pas évident, en faite, de faire une alternance de narrateur. ^___^"

J'ai essayé de donner des tons assez différents aux deux personnages et j'espère que les quelques pèlerins suivant cette fic, ne sont pas déçus par ce second chapitre ^^

Voilou ! :D