Note de l'auteur: Mouais bon...

Dernière mise à jour de la fic: 5 Novembre.

A ce niveau, c'est juste inexcusable et je suis réellement désolée d'avoir eu un tel écart de parution entre deux chapitres ^_-"

Par contre, la bonne nouvelle -enfin, façon de parler- c'est que comme préciser mon rythme inspiration/rédaction est ultra méga chaotique, et que donc si j'ai été quasiment incapable d'écrire la moindre modique ligne pendant prêt de cinq mois, j'ai en revanche été récemment prise d'une brusque poussée d'inspiration et ai donc à présent quatre (le cinquième est presque bouclé aussi) chapitres tout chauds et aptes à la publication :)

Ce qui fait que vous pouvez -si vous en avez la patience et le courage- sans craintes d'une nouvelle interruption intempestive de 5-6 mois, vous relancer (ou lancer d'ailleurs) dans cette fic.

Bref -assez de blablas!- et bonne (du moins je l'espère) lecture ^^



Ne dis pas que je n'ai pas essayé

Snape 's song

Ne dis pas "au revoir", Ne dis pas que je n'ai pas essayé

La marque des ténèbres. Bien sûr. L'un des idiots me servant de comparse, l'a fait apparaitre. C'était cela, le sortilège lancé, qui m'a brusquement arrêté dans mes divagations. La marque des ténèbres, suprême annonciatrice de la mort, elle recouvre dans son entièreté le futur champ de bataille, transpercée de part en part par de furieux éclairs et une pluie diluvienne, enveloppant tout d'une lumière verte douceâtre. Une lueur d'un vert trop pâle, un peu fade, un vert presque maladif,… Un vert comparable à celui de ton regard fatigué, douloureusement vide, juste un peu trop las. J'en ai la nausée.

La marque des ténèbres. Je ne devrais pas être surpris, je savais bien qu'ils l'invoqueraient : nous Mangemorts, avons, après tout, toujours eu un certain sens de la mise en scène. Cependant, je n'ai pu m'empêcher de me crisper, le sang se glaçant momentanément dans mes veines, en voyant voleter de caractéristiques gerbes d'étincelles vertes en direction de votre ligne de défense, de même que je n'ai pu faire taire ce traitre sentiment de soulagement, en comprenant quelle était leur véritable cible…

Je suis distrait, je suis distrait et actuellement ne peut me permettre ce luxe. Pas aujourd'hui, pas ici, pas dans cette situation, pas face à toi. Je m'accorde quelques secondes de répit pour me ressaisir et instinctivement laisser ma froideur naturelle reprendre le dessus…

Ce n'est pas si simple : il y a certains moments dans une vie où on ne peut se cacher derrière de faux semblants, il y a certains instants où l'esprit critique n'est plus qu'une lointaine illusion, où tous les acquis et leçons tirés du passé sont oubliés, où le mur que vous aviez, tout au long des années, consciencieusement et patiemment érigé atour de vous et vos sentiments, s'effondre le temps d'un battement d'ailes. D'un battement de cils. Non, ça n'est pas simple, dans le cas présent c'était même sans espoir.

Ainsi quand, mon stoïcisme légendaire retrouvé, je relève la tête vers toi, c'est pour mieux sombrer. Oui, je sombre, c'est bien le terme, je sombre dans deux lacs couleur d'absinthe, qui me fixent sans ciller, m'étudiant sans vergogne. Et, je ne comprends pas vraiment comment mais j'en ai la certitude : tu as deviné qui se cachait derrière le masque…

Et, tu sais, plus que tout le reste c'est ça qui dans d'autres circonstances m'aurait fait bêtement sourire, plus que tout le reste c'est ça qui me fait mal : lorsque tes yeux ont croisés les miens, ils ont brutalement repris leur brulante couleur émeraude, brillants de vie et ont été traversés successivement par une myriade d'émotions aussi différentes que contradictoires: de la surprise, beaucoup de haine, trop de douleur, un peu d'une joie coupable et étrangement inappropriée dans la présente situation, du désarroi, un peu de désespoir, et cet autre sentiment qui me ronge et que je ne nommerais pas.

Nos deux regards s'accrochent, et je n'ai plus la force de me détourner- en avais-je seulement eu envie- et l'idée même de fuir tes deux prunelles émeraudes provoque en moi un sourd sentiment de révolte. Non, je n'ai plus la force, plus la force de rien, alors je reste. Je reste là, mes yeux ancrés dans les tiens, et j'ai juste envie d'oublier, d'oublier tout simplement, d'oublier tout : tous mes principes, toutes mes douleurs, toutes mes certitudes, toutes mes peurs. J'aimerais oublier jusqu'à mon nom. Jusqu'à ton existence.

Le passé ? Trop douloureux. Le futur ? Trop incertain. Autant vivre au présent, ce présent là est beau, sans artifices, simple à définir, il se résume actuellement à presque rien, juste deux regards qui refusent de se quitter. Parce que, sans doute, nous le savons tous deux, lorsque l'un de nous se détournera, tout sera fini. Et pourtant, il le faut, dans quelques minutes, secondes peut-être, l'un de nous mettra fin à cette mascarade. L'un de nous apposera un point final à cette histoire qui n'avait même pas encore commencée. En Attendant : je savoure. Je savoure ces derniers instants volés, ces quelques secondes atemporelles que tu m'offres et me délecte de cette promesse d'éternité chuchotée dans un regard à la fois trop long, et bien trop court.

Tandis que les lignes offensives des deux camps prennent place, je me positionne inconsciemment, d'une manière plus mécanique que réellement réfléchie et pensée. La guerre vous enseigne, bien malgré vous, quelques automatismes. Plus les années passent, plus les réflexes s'accumulent tandis que la fatigue s'accentue. La guerre est fatigante. Elle vous plonge dans une longue et morne routine teintée d'un macabre étrangement empli de désespoir. Elle vous vide lentement mais sûrement de toute substance, ne vous laissant pour seule consolation qu'un solide instinct de survie doublé d'une paranoïa obsessionnelle.

Mon attention est déviée de nouveau, l'espace de quelques secondes, je songe à l'absurdité de cette guerre et la question que tu as murmurée lors de l'une de nos conversations me revient à présent clairement en mémoire… C'était une de ces questions qui n'attendent pas véritablement de réponses. Auxquelles il n'y a aucune réponse satisfaisante. Une de ces questions enfantines et naïves comme savent si bien en poser les gosses, et auxquelles ont ne peut répondre sincèrement sans risquer d'entacher de manière définitive l'innocence du gamin. Une question qui aurait sans mal pu me mener à te railler et humilier cruellement.

« Pourquoi, tout ça… cette guerre… tellement de haine ? »

Mais, je n'ai rien dit, ni même esquissé l'ombre d'un sourire moqueur. Non, je n'ai vraiment rien dit. Peut-être parce que tu avais murmuré, peut-être parce que les mots étaient incertains, la phrase hachée, peut-être parce qu'en formulant cette interrogation tu arborais un sourire vague et douloureux tandis que tes yeux reflétaient une profonde incompréhension. Peut-être par ce que c'était justement toi qui allait être sacrifié dans un avenir bien trop proche dans un conflit dont presque tous ignorent aujourd'hui les réels tenants et aboutissants. Peut-être parce qu'au fond, tu es encore un gosse et que tu recherches désespérément un sens à une guerre dans laquelle tu as de grandes chances –des chances un peu trop bonnes si l'on veut être véridique- de perdre la vie.

Alors, non. Je n'ai rien dit.

Depuis quand une guerre est-elle sensée avoir du sens ? Celle-ci en a-t-elle un ? Absurde.

Depuis que ton interrogation accablée se rappelle sournoisement à moi, je ne peux que crier à l'absurde. Car même si je l'avais intensément désiré, j'aurais été bien incapable d'y apporter un embryon de réponse à cette satanée et tellement douloureuse question.

Comment tout cela a-t'il réellement débuté ? Un homme pauvre, brillant, charismatique jusqu'au bout des ongles, avide de pouvoir et à l'enfance troublée, désireux de s'élever ? Absurde.

Comment cela a-t-il pris de l'ampleur ? Une bande de sang-purs un peu trop ambitieux politiquement parlant, portant, étendards fièrement dressés, des convictions racistes et rétrogrades quant à la « pureté » sanguine sorcière. Une bande de sang-purs décidant de s'agenouiller au pieds de l'un de ceux qu'ils méprisent tant, un simple sang-mêlé, pour faire valoir leurs idéaux ? Absurde.

Comment j'ai moi-même été embarqué dans cette sordide histoire ? Quelles étaient mes grandes raisons pour y prendre part ? J'avais moins de dix-sept ans, j'étais jeune bien trop arrogant et beaucoup trop seul. J'avais soif de connaissance et un immense besoin de reconnaissance. Pour la première fois de ma vie, quelqu'un semblait réellement estimer mes capacités, disait que mes talents lui seraient nécessaires, me susurrant aux oreilles des paroles enjôleuses pleines de rêves et serments de grandeur. Et peu importe si je n'y croyais vraiment pas en tous ces idéaux nauséabonds, peu importe si l'on me demandait de courber l'échine et de porter une marque gravée dans ma chaire. Exceptionnellement, on m'accordait réellement de l'attention, et pour cela j'étais prêt à aller bien plus loin encore. Absurde.

Comment cela s'est-il provisoirement achevé ? Par la naissance d'un héros, d'une idole. La naissance d'un mythe: le Survivant. Un gamin de un an à peine, détruisant le mage noir le plus malfaisant de tous les temps. Magnifique histoire s'il y en est, n'est-il pas ? La vraie version est beaucoup moins féérique : la pauvre et obscure sang de bourbe dont le mari vient d'être froidement assassiné est une extrêmement puissante sorcière, désespérée, elle use de chaque parcelle de magie qu'elle possède pour créer un sort qui sauvegardera la vie de son enfant et défera momentanément celui qui se fait appeler Seigneur des Ténèbres. Qui de nos jours sait que ce n'est pas le « Survivant » mais bien Lily Potter, meilleure amie d'enfance du bras gauche du dit seigneur sombre, une femme d'ascendance moldue de tout juste vingt et un ans, qui a cette nuit là annihilé Lord Voldemort ? Absurde.

Et comment et surtout pourquoi cela recommence t-il aujourd'hui ? De vieilles familles versées dans les Arts sombres ayant trop peur de leur cher Leader pour se rebeller ? Des loups-garous et créatures magiques dupés par de belles promesses d'égalité et de liberté ? Des fidèles ayant sombré dans la folie ou prêts à toutes les ignominies pour conquérir le monde sorcier ? Absurde.

Et pourquoi sommes-nous tous réunis ici pour la « Bataille Finale » ? Parce qu'aux tréfonds de sa démence, même le Lord Sombre s'est rendu compte que si cette petite guerre continuait pendant plus longtemps, il ne lui resterait plus quoi que ce soit sur quoi régner ? Absurde.

Et pourquoi il y a-t-il autant de gosses, des deux camps, aujourd'hui sur ce futur champ de bataille ? Parce qu'ils n'avaient en vérité pas d'autre alternative.

Oh oui, bien sûr, ils ont eu des choix. Mais des choix tellement restreints ou horribles pour des gamins de cet âge :

Déserter et perdre la plupart des choses ayant de l'importance à leurs yeux, mourir pour les idéaux de leurs parents : la pureté du sang contre de belles valeurs utopiques, trahir leur camp et devoir se rallier et mourir pour celui adverse…

Haha. Oui, ils ont tous eu le choix ! A part toi.

Toi, évidemment, tu n'avais pas le droit à un choix. Tu n'as jamais eu le choix. Après tout, tu es l' « Élu ». Si j'en étais encore capable, j'en pleurerais presque.

A nouveau, je vois deux émotions traverser ton regard avec violence: résignation et reproche. Et inconsciemment je me laisse, l'espace de quelques secondes, glisser dans ton esprit. Tu le sens et détourne finalement tes yeux des miens, le Lord et toi vous rapprochez alors l'un de l'autre, votre salut respectif marquera enfin le début des réjouissances. Tous les spectateurs semblent captivés par l'image de vos silhouettes avançant sous la pluie. Moi, je suis déjà bien loin, les deux phrases que j'ai perçues pendant mon infime excursion mentale, tournent en boucle dans ma tête. Encore et encore.

Et je sens une étrange colère, teintée de peine et lassitude, gronder à l'intérieur de moi.

Et même si je sais que même sans les bruits furieux de l'orage et du vent, à cette distance tu ne pourrais m'entendre, je le murmure…

Je le murmure plusieurs fois et finis par le crier, même si personne autour de moi n'est capable de comprendre mes paroles :

Ne dis pas "au revoir", Ne dis pas que je n'ai pas essayé


A suivre: Voilà, voilà, j'espère que cette suite vous a convaincus et vous donne rendez-vous pour le prochain chapitre, très précisément dans une semaine ^^

Pour les commentaires: n'hésitez pas, je ne mords pas :p