Note de l'auteur: Lut ^^
Chose promise, chose due: quatrième chapitre en ligne !
Je pense poster le cinquième dans une ou deux semaine (simplement histoire d'avoir achevé le septième à ce moment là )
Bref -assez de blablas!- et bonne lecture ^^
Ne dis pas que je n'ai pas essayé
Harry's song
Ces larmes que je pleure, tombent en pluie
Maintenant que je connais votre position, je ne parviens plus à détacher mon regard de votre sombre et longiligne silhouette. En cette nuit O combien décisive pour notre future très hypothétique existence, sous les éclairs et la pluie rageuse, vêtu de la longue cape noirâtre propre aux Mangemorts et vos traits cachés par le masque blanc craie l'accompagnant, vous paraissez encore plus imposant et menaçant que d'habitude. Inévitablement, je m'attarde sur votre visage presque entièrement dissimulé et me concentre sur la seule partie découverte. Mon regard étant, comme à chaque fois, capturer par une paire d'étrange yeux brumeux, presque noirs, trop profonds et bien trop fascinants. Deux obsédantes obsidiennes pour me perdre définitivement.
Si je devais citer une seule chose qui m'ait toujours captivé en vous, ça serait, sans hésiter, vos yeux que j'aurais évoqués. Même quand je n'avais encore que onze ans et que je n'arrivais pas encore à exactement définir l'intérêt curieux qu'ils m'inspiraient. Et même à l'époque où je vous haïssez avec tellement de hargne et force de conviction, je ne pouvais m'empêcher d'être attirée par eux. Il y avait toujours une impression singulière de malaise ou mal-être qui me saisissait lorsque je les croisais. D'une première approche ils paraissaient juste vides, exempts de toutes émotions ou sentiments, la colère comme le mépris y semblant sur joués. Les yeux d'un mort, des yeux tout simplement morts.
Mais quand, par hasard, on creusait un peu plus, on y trouvait une étrange lueur, quelque chose d'à la fois las, fragile et mélancolique. Comme si vous aviez déjà été trop violemment et à de trop nombreuses reprises brisé. Et le jour où je l'ai perçue cette lueur, je me suis dit qu'au fond vous étiez simplement seul. Beaucoup trop seul. J'ai su –ou bêtement cru peut-être, actuellement, je ne suis plus certain de quoi que ce soit à votre sujet- lors de notre première leçon d'occulmencie à quel point j'avais raison.
Vos yeux vous représentent de manière saisissante, une personne ayant quelque chose d'étrange, d'à la fois infiniment triste et touchant. Un quelque chose que vous masquiez sous une impressionnante masse de sarcasmes et une froideur apparente presque caricaturale : c'est ce que j'ai pensé à cet instant et c'est ce que je pensais toujours il n'y a pas si longtemps. Dans un sens une part de moi en est aujourd'hui encore persuadée, même en sachant que c'était finalement bien moi qui me trompais sur votre compte, même en sachant pertinemment que vous êtes un traitre, même en sachant que la majorité de ce que je crois savoir à propos de vous n'est sans doute que quelques habiles mensonges de plus.
Est-ce que tout était un mensonge ? Je ne sais pas. Je ne sais plus.
Avez-vous déjà tellement eu foi en une personne que vous lui auriez sans une hésitation confié votre vie professeur ? J'en doute. Est-ce que vous avez déjà simplement une fois dans votre vie cru en quelqu'un ou quelque chose ?
Moi oui, j'ai cru en vous aux limites du raisonnable. Ma vie, tout, sans hésiter. Dumbledore l'a fait. Grand bien lui en a coûté !
Je vous hais. Tellement. Tellement. Tellement…
Et vous savez, cette nuit là, si vous aviez essayé de me fournir l'ombre d'une explication, aussi bancale soit-elle. J'y aurais adhéré. Parce que j'en avais besoin. Vraiment.
Même aujourd'hui j'accepterais peut-être encore d'y croire à votre foutue explication. Parce que j'en ai besoin. Toujours.
Je vous aime tellement que s'en est parfois ridicule. Et vous savez, si vous me l'aviez proposé, je vous aurais suivi. Moi le Survivant, suivant gentiment l'assassin de Dumbledore parce qu'agissant en midinette aveuglée, je ne suis même plus capable de faire la part des choses. Si cette histoire c'était déroulée ainsi, je serais sans doute mort à l'heure qu'il est : je crois que j'aurais préféré, je n'aurais même pas eu besoin de combattre aujourd'hui. Pas de combat, pas d'autre morts inutiles pour me sauver, personne à décevoir, plus rien à perdre, pas à subir une toute dernière fois le poids de vos regards perçants.
Oui, j'aurais réellement préféré être mort.
Je fais un bien bel héros ! N'est-ce pas professeur ? Un héros qui n'a pas demandé à l'être et a, actuellement, simplement envie de fuir.
En parlant de héros justement…
Vous savez quoi ? J'ai cru que vous en étiez un. Un vrai. Pas un qui comme moi tire son soi-disant héroïsme de la chance ou des mérites de gens qui ont sacrifié leurs vies pour lui. Pas l'un de ceux dont on évoque le noms de manière élogieuse et flatteuse dans les livres d'histoire.
Non, pas ce genre de héros là. Je vous parle de ces personnes qui abandonnent tout ce qui les importent vraiment pour ce qu'il croit au fond d'eux, vraiment juste.
Un type payant depuis plus de vingt-ans pour une putain de sombre erreur de jeunesse. Un type ayant suivit un monstre pour simplement un peu de gloire. Un homme intelligent qui ne s'était rendu compte que bien trop tard de la déchéance et de l'inhumanité vers lesquelles le menaient son « mentor » et ses actions. Un homme qui avait accepté de devenir espion pour Dumbledore durant la première guerre, et n'avait pas hésité à reprendre ce rôle dès l'annonce de la miraculeuse « résurrection » de Jédusor. Un homme détesté et méprisé par la plupart des membres du camp de la lumière, qui continuait cependant à inlassablement risquer sa vie pour ses convictions. Un homme qui, a chaque fois qu'il se trouvait aux côtés de Lord Voldemort, devait s'attendre à être démasqué, tué, humilié ou torturé. Devait s'attendre à devoir abandonner, encore et toujours, sa dignité en s'agenouillant aux pieds d'un monstre abandonner encore quelques parcelles d'humanité, crever toujours un plus intérieurement, en étant parfois contraint de tuer et torturer pour conserver les apparences et ainsi sauvegarder son statut d'espion…
Un homme faisant tout ça pour le plus Grand Bien. Un homme qui finirait sans doute par mourir, seul, pour leur cause, et ne serait ni regretté, ni pleuré par le monde sorcier. Un homme bon. Un héros.
C'est ce que j'ai vu en vous. Cru savoir de vous.
Comment j'ai pu me tromper à ce point ? Je ne sais pas.
Est-ce que j'ai réellement pu me tromper à ce point ? Je ne sais pas.
Et vous savez, je crois que je vous admirez vraiment pour ça : tous ces sacrifices et souffrances que vous vous infligiez, pour une longue et douloureuse rédemption que vous ne pensiez pas mériter...
J'ai été très naïf, n'est-ce pas ?
Tous ces « illusions » faisaient de vous une personne à la fois infiniment belle et triste. Et je crois –ou plutôt suis certain- que c'est à cette période que je suis véritablement tombé amoureux de vous.
Mon amour pour vous est presque intégralement bâti sur des « illusion » et pourtant, même une fois que vous les avez brisées une à une, il ne s'est pas évaporé. Je trouve ça ironique, injuste et rageant.
Vos yeux trop sombres, trop profonds et généralement aussi beaucoup trop vides, sont vraiment fascinants.
Et vous me fixer de cette façon étrange et méditative que vous employiez ces derniers temps, avant l'assassinat. D'une façon vraiment étrange : un peu comme si j'étais une personne importante pour vous. Importante pour vous… je sens mon cœur battre furieusement. Avant l'assassinat, ces mots se rappellent cruellement à moi… je sens mon cœur se glacer à nouveau et je frisonne.
Je vous hais, vous n'avez pas le droit de me regarder de cette manière là. Surtout pas en cet instant.
Tout est terminé. Rien n'avait jamais débuté en réalité.
Et cette nuit, nous allons certainement mourir tous les deux…
Alors, au revoir, professeur. Tout est de votre faute, vous n'avez pas essayé.
Je ne sais même pas réellement de quoi je vous accuse. Je m'en fous. Tout ça s'est sans importance, maintenant.
Pendant un bref instant, je sens votre présence dans mon esprit et arrache mon regard au votre. Même si j'ai l'impression de me répéter… je vous hais.
Le moment est vraiment venu cette fois. Voldemort et moi nous faisons face. Nous avançons de quelques pas, nous rapprochant ainsi de l'autre. Le temps semble suspendu, les spectateurs statufiés.
La voix glaciale du lord s'élève, amplifiée magiquement, au dessus du tumulte, son regard est rivé sur moi mais ses paroles s'adressent directement à mes alliés : « Comme convenu, environ deux cents membres de votre camp et le même nombre de mes partisans sont réunis aujourd'hui, en ce lieu tellement significatif. Poudlard. Preuve vivante de ma supériorité, de celle de mes fidèles et de nos idéaux. A cause de cette guerre, nous sorciers, avons déjà perdu beaucoup des notre…
C'est intolérable, ce conflit doit cesser au plus vite. Dans ma mansuétude, j'ai décidé de vous accorder une ultime chance de régler cette guerre sans massacres ou effusions de sang.
Joignez vous à moi ! Votre véritable Leader est mort. Dumbledore est mort et Potter n'est rien qu'un enfant. Si vous combattez ce soir à ses côtés vous mourrez, tous. »
Derrière moi, j'entends quelques cris que je n'arrive pas à comprendre. Et Voldemort se tourne alors vers ses disciples.
« Cette nuit est notre nuit. Vous n'avez plus à vous cachez mes précieux adeptes : retirez vos masques pour votre seigneur ! »
J'entraperçois du mouvement dans les lignes Mangemoriennes, les masques blancs tombant les uns après les autres. Et je dois faire de réels efforts pour me retenir de regarder dans votre direction.
Le Lord prend parole une troisième fois et me fixe à nouveau, ces propos m'étant cette fois vraiment destinés :
« Harry Potter, le Survivant. Tu n'es pas idiot. Tu ne peux pas me battre et tu l'as bien compris, n'est-ce pas ? Cette nuit je te propose de choisir de quelle manière se soldera ce conflit, survivant.
Je te propose un serment inviolable, par ce serment je jurerais que ni moi, ni aucun de mes hommes, n'attenterons, ni aujourd'hui ni dans le futur, par quelques moyen que ce soit, à la vie ou l'intégrité physique et morale des personnes de ton camp se trouvant actuellement ici… »
Je sens mon souffle se couper.
« …en échange de ta vie. »
J'entends de nouveau des cris assourdis derrière moi. Et l'orage qui s'était légèrement calmé, redouble de violence. Une chape de plomb tombe en moi, les battements de mon cœur semblent ralentir, la pluie continuant de ruisseler sur moi.
Un serment inviolable. La vie sauve de tous ceux qui comptent pour moi. Pas de combat. Juste ma mort.
« Qu'en penses-tu Harry ? »
Peut-être que c'est bon comme ça. Que c'est bien plus que je ne pouvais espérer en combattant.
Et Voldemort continuera son règne de terreur, à massacrer des moldus et sorciers au sang « impur ». Mais les gens que j'aime ne mourront pas.
Je ne suis pas un héros.
Je ne l'ai jamais été.
Je fais quelques pas en direction de l'homme qui fut un jour appelé Tom Jédusor.
« Agenouille-toi, Harry. Ne t'inquiète pas, tu ne souffriras pas. »
Oui, c'est fini.
Je ne résiste pas et tourne la tête vers votre visage, observant une dernière fois vos traits, plongeant une dernière mon regard dans le votre.
Vous envahissez mon esprit, et votre voix résonne dans ma tête : « Ne sois pas lâche, Potter. » Votre ton est dur et cinglant comme quand vous me réprimandiez en potion et vos yeux brillent encore de cette étrange lueur.
Quelques gouttes passent la barrière de mes lunettes, s'accrochant à mes cils, avant de tomber.
Ces larmes que je pleure, tombent en pluie
A suivre: Voilà, voilà, j'espère que cette suite vous plait...
Comment trouvez-vous cette évolution ?
Pour les commentaires: n'hésitez pas !
