Note de l'auteur: Moui, je sais : si j'ai vraiment des chapitres en avance, pourquoi ai-je autant de retard dans la parution de celui si ? Raison simple : la batterie de mon pc adoré a rendu l'âme et je n'avais pas la possibilité dans racheter une directement ^_-;
Hmf, j'ai pas réussi à caser entièrement le titre anglais *prend une expression particulièrement boudeuse et frustrée*
Bref, j'espère que ce chapitre vous plaira ! ^^
Ne dis pas que je n'ai pas essayé
Snape 's song
Pour tous les mensonges que tu m'as craché, le mal, la faute…
Les mots que j'ai dérobés à ton esprit, continuent de tourner dans le mien, accompagnés d'un curieux tintement, se répercutant inlassablement, à l'intérieur de ma tête.
La colère m'envahit doucement, insidieusement mais sûrement, telle un violent poison. Un poison qui me ronge. Le désespoir et la haine aussi.
Une colère plus dirigée contre moi que toi. Surtout contre moi. Une colère dirigée contre moi, contre ce cher Lord Voldemort, contre le grand Albus Dumbledore. Contre le Monde.
Non, pas contre toi.
Qu'est-ce que je n'ai pas essayé ?
Dis-moi Harry, qu'est-ce que je n'ai pas essayé ? De me racheter ?
Me racheter ? Oh si, j'ai réellement essayé, tellement essayé. Tellement.Même en ayant parfaitement conscience que c'était impossible, qu'il était déjà bien trop tard pour ça, que peu importe le nombre de fois où j'essaierais les traces de sangs couvrant mes mains resteraient indélébiles, ne s'estomperaient pas au fil des années. Jamais. Parce que pour ça, je suis devenu espion et que ma manière de me racheter consiste à me salir toujours un peu plus les mains… participer à toujours plus de massacres…
Pour le plus grand bien .Oui, le plus grand bien. Je me dégoûte.
Je concentre à nouveau mon attention sur toi. Et je vois ta silhouette évoluer lentement, toi et le Lord, vous rapprochant inexorablement. Comme pour accentuer l'aspect symbolique et décisif de la scène, le temps, jusque là déchainé, connait une soudaine accalmie. Tout semble brusquement étrangement trop tranquille, à la fois morne, grisâtre et oppressant: Comme l'un de ces interminables jours de pluie. Lorsque l'atmosphère est pesante et que vous vous sentez comme écrasés entre ciel et terre. C'est cette même atmosphère, annonçant l'orage, qui nous a accompagnés ces six derniers mois.
Ma vie elle ressemble à ça. Un quotidien désespérément terne, une vie morose. Un quotidien morose entrecoupé d'orages plus ou moins violents. La monotonie uniquement rompue par de profondes cassures.
Cassure quand, à l'âge de quatre ans, ma mère m'a exprimé tout le mépris qu'elle nourrissait à mon encontre. Cassure quand, quelques années plus tard, mon père m'exprima ce même ressentiment d'une manière bien plus… tactile. Cassure quand, je me suis rendu compte que la magie ne protège ni des injures, ni des brimades et que, sorcier ou non, je demeure toujours aussi seul. Cassure quand, en fin de ma cinquième année, j'ai connu une particulièrement joyeuse humiliation public et ai dans un même temps, par bêtise, perdu la seule vraie amie que j'ai jamais eu. Cassure quand, je me suis agenouiller pour recevoir la marque des ténèbres. Cassure quand, j'ai été trop lâche pour reculer et ai été contraint d'assister –participer- à mon premier massacre. Cassure quand, pour la première fois après être devenu espion, j'ai froidement dû assassiner un innocent pour le plus grand bien. Cassure quand, cette nuit la, tu m'as adressé ces mots. Cassure.
Cassures…
Ma vie ressemble à ça : un enfer quotidien triste et maussade, seulement parfois brisé d'évènements encore plus noirs.
Ma vie a toujours ressemblé à ça.
Et, très sincèrement, je n'ai pas le souvenir d'avoir été heureux un jour. Non, je n'ai jamais été heureux.
Le seul moment où toute cette grisaille a semblé s'atténuer et se disperser un tant soit peu, c'est durant les quelques mois qui ont précédés la mort de Dumbledore. Les quelques mois où tu as apporté quelques couleurs a mon quotidien tellement fade. Et, cette fois, j'ai été si proche d'être heureux, que rien que le fait d'y repenser m'écrase.
Vous vous faites face et la voix sans émotion du Seigneur sombre, s'élève magiquement. Il ne te quitte pas des yeux, cependant ses propos s'adressent d'avantage à l'ensemble des membres de ton camps: « Comme convenu, environ deux cents membres de votre camp et le même nombre de mes partisans sont réunis aujourd'hui, en ce lieu tellement significatif. Poudlard. Preuve vivante de ma supériorité, de celle de mes fidèles et de nos idéaux. A cause de cette guerre, nous sorciers, avons déjà perdu beaucoup des notre…
C'est intolérable, ce conflit doit céder au plus vite. Dans ma mansuétude, j'ai décidé de vous accorder une ultime chance de régler cette guerre sans massacres ou effusions de sang.
Joignez vous à moi ! Votre véritable Leader est mort. Dumbledore est mort et Potter n'est rien qu'un enfant. Si vous combattez ce soir à ses côtés vous mourrez, tous. »
Comme à l'habituel le discours d'ouverture est suintant de grandiloquence et condescendance. Le mot mansuétude sortant de la bouche de mon Maitre me donne envie de rire jaune et je sens une légère vague d'agitation soulever nos deux camps : certains de mes collègues trépignent d'impatience, tandis que certains membres du tien crient des insultes au Lord. Black et quelques uns des gosses Weasley en tête.
Ce dernier fait soudainement volte-face, se tournant vers nous alors que tu le contemple d'un air un peu perdu.
« Cette nuit est notre nuit. Vous n'avez plus à vous cachez mes précieux adeptes : retirez vos masques pour votre seigneur ! »
Pour notre seigneur. Vaste blague : une simple mais efficace mise en scène de plus destinée à vous déstabiliser et initier un vrai pugilat. Des « victimes » déjà troublées et nerveuses de par la situation, brutalement confrontés aux visages de ceux qu'ils haïssent plus que tout. Le rat pour Black et Lupin, Bellatrix pour Londubat, Lucius Malfoy pour Arthur Weasley… Toutes ces haines réciproques exacerbées, vont donner lieu à un véritable charnier.
Je retire mon masque, le laissant tomber au sol dans un bruit mat, et j'ai l'implacable certitude que c'est la dernière fois que je fais ce geste. J'essais de capter ton regard, alors que tu fuis soigneusement le mien.
Lord Voldemort te fixe à nouveau et un pressentiment funeste comprime mon cœur, bloquant ma respiration : la maussade trêve s'achève. L'orage va éclater.
Les mots du seigneur noir, claquent sinistrement dans la nuit.
« Harry Potter, le Survivant. Tu n'es pas idiot. Tu ne peux pas me battre et tu l'as bien compris, n'est-ce pas ? Cette nuit je te propose de choisir de quelle manière se soldera ce conflit, survivant.
Je te propose un serment inviolable, par ce serment je jurerais que ni moi, ni aucun de mes hommes, n'attenterons, ni aujourd'hui ni dans le futur, par quelques moyen que ce soit, à la vie ou l'intégrité physique et morale des personnes de ton camp se trouvant actuellement ici… »
Et comme quelque chose de mauvais et d'inéluctable, je sais quels sont les mots que le Lord va à présent prononcer.
« …en échange de ta vie. »
L'orage recommence, plus violent et destructeur que jamais. Mais, à moi, il semble étrangement assourdi. Je ferme les yeux et ai à nouveau une mal venue et hystérique envie de rire. Tellement prévisible, pratiquement évident.
« Qu'en penses-tu Harry ? »
Je t'observe.
Tu vacilles. Et tes yeux grands ouverts n'ont plus l'ombre de la froide détermination que tu portais tout à l'heure, ils expriment maintenant tout ton désarroi, toute ton hésitation. Et je sais qu'il a gagné, que tu vas abandonner. Et lui aussi le sait, les coins de sa bouche blanchâtre se courbant dans une ignoble ébauche de sourire.
Et je ne peux l'accepter. Ta mort qui me paraissait il y a peu si inéluctable, me semble lointaine.
Mais tu fais quelques pas de plus vers lui.
Et tes amis crient derrière toi, même si tu ne peux comprendre leurs paroles. Bill Weasley et Lupin s'escriment à retenir ton meilleur ami et Black qui essaient de rompre les lignes pour te rejoindre et t'arrêter. Eux aussi, ils savent.
Et je ressens ta résolution tandis que tu continues d'approcher docilement du Lord et esquisse un mouvement du bras en prévision du serment
« Agenouille-toi, Harry. Ne t'inquiète pas, tu ne souffriras pas. »
Et curieusement, certains de tes mots lors de cette nuit fatidique où j'ai tué Albus Dumbledore, me reviennent avec précision en mémoire.
Espèce de lâche…il croyait en vous…je croyais en vous…vous êtes un lâche.
Je vous aimais. Je t'aimais.
Je t'aimais. En bientôt quarante ans d'existence c'était la première fois qu'on m'adressait ces mots. Et ils étaient à l'imparfait. Risible.
Et tu tourne ton visage vers moi. Je ne me perds, pour une fois pas, dans ta contemplation. Je n'ai que peu de temps. Peu de temps pour te convaincre. Peu de temps pour essayer de te sauver.
Alors je pénètre ton esprit et y énonce ces mots :
Ne sois pas lâche, Potter.
Ne sois pas lâche.
Pour tous les mensonges que tu m'as crachés, le mal, la faute…
A suivre :que pensez-vous de la direction que prend cette histoire ?
Sixième chapitre dans deux semaines :)
