Note de l'auteur: voilà, voilà le sixième chapitre !

J'ai un peu beaucoup joué sur le pathos mais bon…on ne se refait pas :p

Bonne lecture ^^


Ne dis pas que je n'ai pas essayé

Harry 's song

Et je pleurerais ma solitude, je suis perdu

« Ne sois pas lâche, Potter. »

La pluie ruisselle sur mon visage.

Ne sois pas lâche.

Ces mots résonnent en moi, me donnant envie de rire, pleurer ou encore hurler.

Ne sois pas lâche.

Je me sens prêt à m'effondrer, alors je reste immobile, pour ne pas sombrer. Figé à quelques mètres de votre maitre.

Ne sois pas lâche.

La rage gronde en moi. La colère, la haine, le sentiment de révolte, la lassitude,…Tout se mélange. Pourquoi professeur ?

Pourquoi, est-ce que je ne serais pas lâche ?

Pourquoi, est-ce que je me débattrais inutilement ?

O nom de qui ?

Des gens qui se sont bêtement persuadé que j'allais tous les libérer de Voldemort ? Je n'ai jamais rien promis, jamais rien demandé. Ils avaient besoin d'un héros et, pour se rassurer, ils se sont convaincus que c'était moi. Ils ont cru qu'à à peine dix-sept ans, j'étais plus à même que des aurors aguerris de les débarrasser de Tom Jédusor. Ils se sont manifestement trompés, qu'ils se débrouillent…

Ça ne me concerne plus. En y réfléchissant bien, ça ne m'a jamais concerné. Qu'ils s'inventent un autre héros. Un autre héros à aduler et détester.

Mais non, je ne fais que me chercher une excuse…

Je songe à tous ces gens qui m'ont soutenu, se sont longtemps battus à mes côtés, mais ne se trouvent pas sur le champ de bataille aujourd'hui. Comme Tonks qui porte l'enfant de Kingsley, enceinte de plus de six mois et qui meurt sans doute intérieurement de peur, attendant notre retour à Square Grimmaurd. Eux qui ont cru en moi et vont en payer le prix. Et je pense à tous les modus et tous les gosses appartenant au monde sorcier qui n'ont aucune idée de se qui est entrain de se dérouler ici. Eux qui ne connaissaient pas forcément mon existence mais dont les vies futures reposaient sur ma capacité à vaincre le Lord. Eux qui mourront ou seront asservis à cause de ma faiblesse. A cause du choix que je viens de faire.

Des vagues de dégoût de moi-même me font suffoquer, mais je n'ai pas la force de faire machine arrière. Je n'ai plus la force de lutter.

Oui, je suis un lâche, et non, je n'ai réellement pas d'excuse, mais tant pis. Moi, je suis fatigué.

O nom de quoi ?

D'une noble cause ? J'ai déjà bien assez donné. Bien assez. Si être lâche me permet de sauver les personnes comptant réellement à mes yeux, alors, je n'hésiterais pas. Je voudrai simplement ne plus jamais avoir à voir une personne à laquelle je tiens, mourir sous mes yeux en essayant de me protéger. Plus jamais. Et si cela fait de moi un lâche, alors tant pis. Moi, je suis fatigué.

Pour qui resterai-je en vie ?

Pour mes amis ? Ils se remettront. Ils seront ensembles et vivants, alors, ils s'en remettront. Ils n'ont pas réellement besoin de moi. Dans un premier temps, ils pleureront ma mort tout en ne pouvant s'empêcher de me haïr pour ma dernière lâcheté, mais au fil du temps, les souvenirs s'effaceront. Et un jour ils finiront peut-être par oublier. Oublier mon existence. Oui, mes amis m'oublieront.

Mes amis…

Mr Weasley avec sa curiosité enfantine envers le monde moldu et sa bonté sans limites, Molly avec ses gâteaux, ses beuglantes et sa tendresse, Luna avec sa troublante lucidité déguisée en douce folie et son éternelle expression rêveuse, Neville avec toutes ses maladresses, ses frayeurs, son courage et sa loyauté sans failles, les jumeaux avec leurs inventions saugrenues et leur détermination, Hagrid avec son affection bourrue et son désir farouche de protéger coûte que coûte son entourage, Remus avec ses doux sourires rassurants toujours un peu trop tristes, Sirius avec ses grands rires ressemblant à des aboiements et sa rage de vivre. Remus et Sirius qui tour à tour, avant notre départ, m'ont murmuré qu'ils étaient fiers de moi et que, peu importe ce qu'il se passerait sur le champ de bataille, ils seraient à mes côtés.

Hermione avec ses incessants sermons sur notre manque d'attention en cours. Hermione avec son sens aigue de la justice et ses étreintes à vous couper le souffle. Hermione qui m'a dit ne pas croire aux prophéties, qui m'a dit que la communauté magique n'avait pas le droit d'exiger que je tue ou meurs pour elle. Hermione qui m'a dit que fuir ne ferait pas de moi un lâche.

Et Ron.

Mon meilleur ami. Mon frère. Ron avec son manque de tact, son appétit démesuré, son humour déroutant et son soutient implacable. Ron, qui est le seul à qui j'ai parlé de mes sentiments pour vous. Ron dont j'attendais l'incompréhension, peut-être le dégoût et même le rejet. Ron qui après quelques instants de silence s'était mis à ricaner et m'avait simplement dit qu'en vérité je ressemblais un peu à Hagrid. J'étais selon lui : victime d'une profonde affection totalement irraisonnée pour une créature foutrement dangereuse.

Et je me souviens encore des mots qu'il m'avait adressés en riant.

Je suis quasiment sûr qu'il est plus néfaste qu'un scroutt, vieux. Si tu veux le séduire, fais gaffe à pas t'faire arracher un bras.

Puis de ceux qu'il avait ensuite prononcés sur un ton légèrement plus sérieux et en me regardant droit dans les yeux.

Si un jour quelqu'un t'emmerdes à cause de ton orientation sexuelle ou de ta préférence pour Snape, fais-moi signe et j'enverrais ma famille à ses trousses : rien que Fred et George avec leurs farces idiotes et Percy avec un monologue ultra pompeux de trois heures sur les sanctions que peuvent entrainer un acte de discrimination selon le traité R812 de la constitution truckmuch édité en je sais pas combien, réussiront à faire regretter à la personne de t'avoir seulement regardé de travers.

Ron et tous les autres. Mes amis.

Est-ce qu'ils m'oublieront vraiment ? Rien que d'y penser me fait mal.

Mais je ne peux pas reculer, c'est pour eux que je fais ça. Pour qu'ils restent en vie.

Et tant pis, si ce n'est qu'une excuse de plus. Moi, je suis fatigué.

Je me souviens que Fol œil disait qu'on était parfois confronté à un choix capital « vivre couché ou mourir debout ». Moi je suis le Survivant, j'ai vécu à genoux, je mourrai à genoux.

Le seul pour qui, aujourd'hui, j'aurais pu faire machine arrière c'était vous, mais vous m'avez trahi. Alors maintenant, quelles que soient vos raisons pour me reprocher ma lâcheté et me pousser à me battre, je m'en moque. C'est trop tard. Vous, vous entre tous n'avez aucun droit de condamner ma traitrise. Vous qui avez été le plus lâche de tous.

J'ai détourné mes yeux des vôtres depuis un moment déjà, mais je sens encore votre présence dans mon esprit, vous vous y accrochez de toutes vos forces. C'est sans importance, ma décision est prise et rien de ce que vous pourrais dire à présent ne changera ça, alors je fais un pas de plus. Un seul pas de plus vers ma mort, vers Jedusor.

Je m'apprête à en faire un deuxième mais je suis brutalement coupé dans mon élan.

A présent, vous hurlez littéralement à l'intérieur de mon crâne

« Potter tu es…vraiment un idiot ! »

Fermez-la. Même dans cette situation vous parvenez à m'insulter. Fermez-la vraiment. Quoi que vous ayez à dire je ne veux pas l'entendre, c'est trop tard. Beaucoup trop tard.

« Je me fiche de …ce que tu veux Potter. Je vais parler et tu vas …écouter. Avant de débuter, j'ai cependant une légère …mise au point à faire : Je ne suis pas un lâche…encore moins un traitre. Si cette nuit là …j'ai tué Albus c'est parce qu'il me l'avait ordonné. Libre à toi de le croire ou non, mais c'est …la vérité. »

Non. Fermez-la. Vous avez raison, je ne vous crois pas, de toute façon c'est trop tard. Je fais un autre pas.

« Harry, arrêtes ça. Tu as raison…tu te comportes comme un lâche et ça ne te …ressemble pas. Tu n'es pas faible…tu n'as pas à plier face… à lui. S'il te plaît …Harry »

Et votre voix est de plus en plus faible, de plus en plus hachée. Je vous en supplie, taisez-vous.

Si vous ne mentez pas pourquoi avez-vous prononcés ces mots cette nuit là ? Pourquoi êtes-vous à ses cotés aujourd'hui ? Pourquoi ? Tout ça ce n'est qu'un mensonge. Un de plus. Alors, je fais encore un pas.

« Ce que… je devais entreprendre…je devais être seul. Ce que je t'ai… dit cette nuit…c'était pour ça…uniquement pour ça. Avant la fin…de cette bataille…je combattrai avec… vous. S'il te plaît… arrête. Crois-moi Harry. »

Je sens que tu ne peux maintenir plus longtemps le lien de legilimencie.

Je vous crois. Je te crois. Vraiment. Et je suis heureux, heureux de savoir que je ne m'étais pas trompé sur toi, que tu es bien un héros. Je suis heureux mais ça ne change rien. Je suis trop lâche Severus et je n'ai plus la force de combattre. S'il te plaît pardonne-moi. Pardonne-moi. Je fais un autre pas, levant encore un peu plus mon bras.

A peine un peu plus d'un mètre de distance nous sépare Voldemort et moi.

Tu parviens à prononcer quelques autres phrases avant d'être brutalement rejeté de mon esprit.

Et les mots que tu as prononcés sont sans doute les seuls qui étaient encore capables de m'arrêter.

Alors, je fais un pas de plus. Un dernier pas.

Ron, Hermione, Sirius, Remus,… Vous tous. S'il vous plaît pardonnez-moi.

Je plonge mon regard dans le tien et lève mon bras vers le ciel.

Je sens un sourire étirer mes lèvres et quelques larmes couler le long de mes joues. Ce n'est pas grave, elles se confondront avec la pluie.

Et je pleurerais ma solitude, je suis perdu


A suivre : Review or not review ? That is the question :p