Salut ! Voilà le second chapitre de mirrors in the dark ! Je suis désolée pour le retard mais avec les cours... J'espère de tout mon coeur que ce chapitre va vous plaire ^^. Sinon, bah... C'est con...

Sinon, j'ai écouté The Scientist de Coldplay en écrivant ce chap, je vous conseille de faire de même en le lisant^^.


Haine


Les pleurs ont cessé, tout le monde dort.

Sauf moi.

Ma mère a pris des somnifères, mon frère est tombé de fatigue. Tout est calme, aucun bruit, aucun mouvement, aucune lumière. Ouais. Tout est endormi. Je me lève de mon lit et vais ouvrir ma fenêtre. Le vent s'engouffre dans ma chambre, fait voler mes cheveux.

-Et puis merde ! je chuchote

Je monte sur le rebord de ma fenêtre et saute à terre. Une fois mes yeux habitués à l'obscurité, je commence à marcher. Où ? Je ne sais pas. Pourquoi ? Parce que je n'ai rien de mieux à faire. Naturellement, mes pas me conduisent vers mon arbre. Je saisis une branche assez grosse et me hisse dessus. Je monte jusqu'à ce que les branches soient trop fines pour supporter mon poids. C'est stupide, j'en ai conscience, je pourrais tomber et me tuer. Mais au pire… Cela n'arrive qu'aux autres…

C'est exactement ce que je pensais avant sa mort…

Je reste là jusqu'à voir les premiers rayons de soleil percer les ténèbres du ciel. Je me décide enfin à descendre et à regagner ma chambre.

-Putain ! J'y avais pas pensé !

Le rebord de ma fenêtre est assez bas pour me permettre de sauter sans me faire mal mais pas de remonter. Je vais jusqu'à la porte la morte d'entrée puis l'ouvre doucement. J'ai de la chance, ils ont oublié de la fermer. Je pénètre dans ma maison et referme la porte sans bruit. La fatigue commence à se faire sentir. Je regagne ma chambre et m'affale sur mon lit. Mon réveil affiche six heures. Je me glisse sous les couvertures et le sommeil me fait enfin l'honneur de sa présence.

La lame brillante d'un couteau parfaitement aiguisé se plante dans ma main gauche. Je la retire vivement et contemple la blessure, fascinée par le mince filet de sang qui coule de la blessure. Puis je balaye la pièce du regard, m'approche du feu qui danse dans une cheminée. Les murs de bois se teintent de la lueur orangée des flammes. Je baisse les yeux et vois le couteau venu de nulle part. Ma main me fait souffrir mais je l'ignore. La chaleur étouffante qui règne dans la pièce me fait retirer ma veste, que je pose soigneusement sur le fauteuil. Je ne reconnais pas cet endroit. Rien ne m'est familier. Je sors dehors et vois un regroupement de personnes, les yeux rougis par les larmes qui coulent le long de leurs joues.

-Pauvre petite, se lamente une femme que je connais de vue.

-Elle n'était pas faite pour gagner, renchéris quelqu'un.

-Etre tirée au sort deux années de suites quand même ! Cela doit être truqué !

-Je repense à sa meilleure amie qui s'est portée volontaire pour elle l'année passée…

-Elles sont mortes toutes les deux, alors…

Mais de qui parlent-ils tous ? Je m'approche d'une dame au hasard et lui demande :

-De qui s'agit-il ?

-Pauvre petite, geint-elle.

-De qui parlez-vous, je recommence.

-Et comment se porte sa mère ?

-Mais de qui parlez-vous bordel !

Je touche l'épaule de la dame pour attirer son attention, elle ne se rend conte de rien.

Je me retourne, ne comprenant rien de ce qu'il se passe.

Et là, je vois ma mère agenouillée auprès du cercueil.

-Clove… Pourquoi nous laisses-tu ? Ma fille… Ma jolie petite fille…

Alors je suis morte ?

Quand je me réveille, il fait presque nuit. Ai-je dormi toute la journée ? Je regarde mon réveil, dix-sept heures trois. Mon ventre commence à se manifester. Je me lève pour aller grignoter quelque chose. Cato et ses parents discutent avec ma mère dans le salon, j'entends leur voix. Je m'habille en vitesse, je prendrais ma douche après. Je me dirige vers les voix.

-Maaarmotte ! Tu es réveillée marmotte ?

-Arrêteuh, je réponds à Cato en roulant, comme à mon habitude, le r.

-Arrrrrêteuh, il m'imite.

Je l'ignore et me dirige vers ma mère pour la serrer dans mes bras. Ses yeux sont explosés par les larmes trop salées qu'elle verse sans cesse.

Mon poignet me revient à l'esprit.

Priant pour que personne n'ai remarqué ce que j'y ai gravé. Je la cache dans mon dos, me donnant un air tout sauf naturel. Je vais vite prendre quelques gâteaux que je mange une fois de retour dans ma chambre. L'image d'un bracelet assez large pour cacher l'endroit mutilé de ma peau me traverse. J'ouvre donc ma boite à bijoux et en ressort un bracelet fait d'ovales de bois mis à la verticale. Il n'est pas beau, mais pas vilain non plus.

Je remarque que la tristesse m'a quittée.

Tant mieux.

-Clove ! Cato, j'entends hurler, On vous laisse seuls pendant quelques temps !

Pour emmener ma mère au funérarium sans doute. Pour qu'elle puisse voir mon père

-Ok, je réponds sur le même ton.

Une boule se forme dans ma gorge lorsque j'imagine malgré moi le visage brisé par l'accident de train de mon père. I revenait du Capitole. Il s'y était rendu pour aider dans les travaux de réparation du centre d'entraînement… La dernière demeure de vingt-trois filles et garçons chaque année… Ma main se pose sur mon couteau. La pointe de la lame luisante meurtrit une nouvelle fois ma peau. Je repasse les lettres VIVRE. En dessous de ce mot, je commence à écrire DIMICO (combattre en latin). Mais je n'appuie pas. Je repose même le couteau en disant :

-Pourquoi écrire « combattre » si je ne combat pas ma peine ?

Je regarde avec dégout les légères égratignures.

Je vais me battre.

Je vais dans la salle de bain et me déshabille pour prendre une douche.

Je m'assois dans la baignoire et laisse couler l'eau pendant plus d'une demi-heure sans bouger. Je me décide enfin à me savonner, puis je sors et enroule une serviette autour de ma taille et en pose une sur mes cheveux. C'est pour ne pas avoir froid que je m'enrubanne ainsi.

Mon père était désespéré par cette manie.

Encore une fois, ma gorge se serre, les larmes me montent aux yeux.

Je revêts un haut noir avec un jean. Comme d'habitude.

Je rejoins Cato dans le salon en tripotant nerveusement le bracelet en bois teinté de bleu qui recouvre les preuves de mon automutilation.

-Alors Cousin Machin, tu ne coiffes pas ta tignasse ?

-La flemme, je réponds.

Il se lève et va dans la salle de bain. Il revient, une brosse dans la main.

-Assis-toi, il me dit.

Je m'exécute tandis qu'il commence à démêler mes cheveux.

-Regarde-moi ce travail ! Ils ne sont pas censés être châtain tes cheveux ?

-Si, enfin… Je crois…

-Ils sont tellement secs que les pointes sont blondes !

Je prends une mèche de cheveux entre mes doigts et constate qu'il dit vrai. La pointe est « jaune pissou », comme dirait ma mère.

-Tu crois que si je me teignais en brune, ce serait joli ?

-Je ne sais pas… Moi je me demande si tu auras des tâches de rousseur, comme ta mère…

-Elle les a eues vers quinze ans… Ses yeux ont virés au vert la même année… J'aimerais bien avoir des yeux verts, moi aussi… Et des tâches de rousseur, c'est mignon, je trouve ! Et puis peut-être que mes cheveux seront bruns, un jour ! Non… Pour les cheveux… C'est pas possible sans l'aide d'un coiffeur...

-Tu es très bien comme ça, Clove.

Ses paroles me font énormément plaisir.

La douceur dont il fait preuve pour démêler ma tignasse est impressionnante. Et Dieu sait que je souffre lorsque je me la démêle toute seule.

-Je peux te poser une question ?

Son ton se fait hésitant.

-Quoi, je demande.

-Tu penses que Calista m'aime bien ?

Ma tête se met à tourner, mes paroles y résonnent.

-Tu traînes avec elle, tu devrais le savoir, non ?

-Je peux te faire confiance ?

Je sais ce qu'il va me dire. Mon cœur se serre.

-Oui…

-Je l'aime.

Je me force à sourire.

-Je pense que c'est réciproque.

Je m'étonne de ce que je viens de dire. Je ne devrais pas l'encourager !

Je baisse la tête en retenant mes larmes. Une fois qu'il a finit de me brosser les cheveux, je me lève et retourne dans ma chambre.

Mon couteau n'attend qu'à déchirer ma chair.

Je lèche le sang laissé par les lettres du mot DIMICO, puis celui rougissant une nouvelle fois VIVRE. Je lance mon couteau contre le mur en face de moi.

Je me rate.

Je retourne le chercher pour recommencer.

Je me rate.

Toutes les fois que je réessaye, je loupe. Je finis par donner des coups de couteau contre le mur sans le lancer.

Je suis une petite sœur pour lui, rien de plus.

Je ne suis rien de plus.

Je ne suis rien.

J'ouvre ma fenêtre et saute. Je me rue vers la forêt qui borde la district deux.

-RIEN ! JE NE SUIS RIEN !

-RIEN RIEN RIEN rien rien, me répète un écho dans ma tête.

J'envoie des coups de pied dans les arbres, tombe plusieurs fois à cause des racines qui sortent du sol.

-Hé, Clove ! Mais qu'est ce que tu fais ?!

Olympe coure à ma rencontre et me prend par les épaules avant de me secouer comme un prunier.

-Reprends-toi Clove ! Reprends-toi !

-Qu'est ce que tu fais là, je questionne d'une voix plate.

-Je me baladais.

Elle jette un coup d'œil à mon poignet gauche et enlève mon bracelet. Une gifle vient faire rougir encore plus mes joues déjà rouges de froid et de fatigue.

-Arrête de faire ça ! Ca ne sert à rien !

-POURQUOI TU LE FAIS, ALORS ?

Je m'emporte facilement.

-Je ne le ferais plus si tu me promets d'arrêter.

Son calme légendaire m'a toujours fasciné.

-Promis.

Mensonges. Je ne dis que des mensonges.

-Rentre chez toi, tu vas attraper froid.

J'acquiesce et retourne chez moi.

Je pousse la porte d'entrée, Cato se retourne vivement.

-T'étais sortie ?

-Ouais. Ils sont pas rentrés ?

-Non. Tu vas attraper la crève à être sortie les cheveux mouillés, Cousin Machin.

-Rien à foutre.

Il s'approche de moi en fronçant les sourcils.

-T'es sûre que ça va ?

-Oui. Tu sais bien que je ne sourie jamais, même pas quand je suis heureuse.

-Je sais mais là, c'est différent.

-Oui, c'est vrai, je suis trop contente ! Mon père vient de mourir ! Putain ! Je suis tellement heureuse que j'en ai un orgasme !

-T'es pas obligée d'être amère comme ça ! Je m'inquiète pour toi !

- Eh bah j'en ai rien à foutre que tu t'inquiètes pour moi ! J'ai pas besoin qu'en me prenne en pitié ! Je suis pas comme Calista qui pleure parce qu'elle a perdu son rouge à lèvres ! Les gens qui éprouve de la pitié pour moi, voilà ce que j'en fait.

Je m'empare du couteau que tient Cato dans les mains et le lance contre le mur.

Je me rate.

Cato se moque méchamment de moi.

Pourquoi il avait un couteau dans les mains lui ?

Il va dans la cuisine et reviens avec une assiette pleine de riz et de viande.

-Tu donneras ça à Clove de ma part.

-Tu à fait à manger ?

-J'me barre, la blondasse. Ah ! Et au fait, peut être que Calista pleure pour un rien mais elle est sociable et gentille, ELLE !

-Je te hais !

Il sort dehors et claque la porte.

La blondasse…

Et la, c'est la même chanson.

Couteau

Sang

Nouvelle marque de souffrance

Encore du sang

TACITA PASSIO, souffrance muette en latin

Sang

Nouvelle marque de souffrance

SUM, j'existe, toujours en latin

Douleur

Mon poignet est ravagé, mon bras tremble. La pointe de mon couteau est maculée de sang.

Mon sang.

Cato, je te déteste. Je te déteste de m'infliger ça.

La sonnerie du téléphone retentit, je vais décrocher.

-Allô, Clove ?

-Allô ?

-Oui, c'est Mirania.

Mirania est la mère de Cato.

-C'était pour te prévenir que nous ne serons pas de retour avant une voir deux semaines, continue t-elle. Le président Snow veut voir ta mère en personne pour s'excuser de l'accident. Tu sais bien que le chauffeur du train venait du Capitole.

-Oui. Mais le voyage ne dure pas deux semaines jusqu'au Capitole…

-Il veut préparer toutes sortes de festivités pour changer les idées de ta mère. Pour se faire excuser, tu vois ?

-Oui…

-Confie ton frère à la voisine. Il va bien ?

-Oui.

-Je dois raccrocher, bisous !

Un bip sonore marque la fin de la conversation.

C'est n'importe quoi le truc de Snow !

-Peris !

La trappe qui se situe au dessus de mon piano s'ouvre, laissant apparaître un enfant de…

J'allais oublier…

-Bon anniversaire, Riri, je dis gentiment.

Mon frère se tient maintenant debout sur le piano, les yeux brillants de joie. Il se jette dans mes bras, je peine grandement à le retenir.

-Tu es la seule avec Cato à y avoir pensé ! Il y a un cadeau ?

Je décroche la pierre que je porte autour du coup. Un œil de tigre. Je la lui tends. C'est une pierre qui l'a toujours fasciné.

-Merci !

Je lui explique ensuite que je dois l'emmener chez la voisine. Sur le court trajet qui nous sépare de la maison d'à côté, il ne fait qu'admirer la pierre que je lui ai offerte.

De retour chez moi, j'attends Cato. Sa maison est à une demi-heure de voiture d'ici, (oui, le district deux est immense), il ne peut pas être rentré à pieds.

Un bruit de pas sur le gravier attire mon attention. Je regarde par une de nos grandes baies vitrées pour voir Cato qui fait signe à… ma vue est nulle et je ne porte ni lentilles ni lunettes aujourd'hui. Ma précision au lancer de couteau n'est rien sans elles.

Mais cela n'explique pas pourquoi je me rate à courtes distance aujourd'hui.

La porte s'ouvre, Cato entre, le sourire aux lèvres.

-C'était qui, je demande froidement.

-Calista.

Son expression blasée me besse.

-Pardon pour ce que je t'ai dit tout à l'heure…

-La Grande Clove serait elle en train de s'excuser ? Tu sais, je n'ai pas besoin de tes excuses. J'en ai rien à foutre, plus précisément. Et franchement, tu veux que je te dise ? C'est parce que je dois veiller sur toi que je suis revenu, et à contre cœur ! Donc maintenant t'arrête de me faire chier et tu fais comme si je n'existais pas.

Chaque mot me fait l'effet d'un coup de poignard porté à mon cœur.

-Pardonne-moi, je t'en prie !

Pas de réponse.

-Cato ! Répond-moi ! CATO !

Je me mets à genoux devant lui.

-Je t'en prie…

Il s'agenouille à son tour et approche sa bouche de mon oreille. Son souffle chaud me fait frissonner :

-Tu es faible.

-C'est faux.

-Ne m'adresse plus jamais la parole sans autorisation, ne me regarde plus jamais dans les yeux et ne me touche en aucun cas. Tu comprends ? Ja-mais. Retiens bien ceci : je suis le dominant, tu es soumise. Je suis alpha, tu es oméga.

Il se relève, je fais de même.

Cato n'est un être humain qu'avec ceux qu'il aime. Avec les autres, c'est une bête sauvage.

Le gentil Cato n'est plus.

Je l'ai blessé, il va me détruire.