Salut tout le monde ! Alors, premièrement, je tiens à vous remercier pour tout vos petits commentaires qui me font un biiiiiiiiiiiiiiiiiiiig plaisir. Heureuse que l'histoire vous plaise. Et aussi, je tiens à m'excuser pour ce retard, je m'étais promis de mettre la suite un peu avant mais voilà, j'ai eu quelques enpêchements. A partir de maintenant, je poste la suite chaque semaine ou même moins, de toute façon, à partir de jeudi prochain, je serai libre donc ça arrivera vite vite.

Allez, ENJOY !


CHAPTER 4 : Come Back In Business.

Caroline, le visage toujours enfoui dans son oreiller hurla une énième fois à pleins poumons, exprimant la rage qui consumait tout son être et se décida enfin à lever son visage tracé par les signes de la fatigue de son coussin, estimant que l'avoir tâché de mascara, de rouge à lèvres et de fond de tin était un crime assez grotesque compte tenu de la matière avec laquelle il était fabriqué. Il faisait presque jour dehors, on pouvait apercevoir les premiers rayons de soleil orangés baigner les bâtiments de la ville alors que les ruelles regorgeaient de véhicules dont les jurons, les klaxons et les bruits assourdissants remontaient vers les habitants qui dormaient toujours. Mais Caroline ne dormait pas, elle n'avait pas réellement dormi, si ce n'était les quinze minutes où le sommeil l'avait emportée dans un doux rêve où sa vie serait « normale ». Juste quinze minutes qui lui parurent durer une éternité. Eternité dont elle n'avait plus droit désormais.

Elle replongea une nouvelle fois sa crinière blonde dans le pauvre coussin qui n'était que la victime de ses malheurs et se remit à hurler de plus belle, c'est ce moment là qu'une voix familière, grommelant la sortit de ses pensées confuses.

« Arrête de faire autant de boucan, y'en a qui essaient de dormir ! » Grogna Cassie en mettant son oreiller contre son visage comme vaine tentative de stopper ce bruit incessant.

Caroline soupira bruyamment et se leva, régnée par la lassitude. Elle rejoignit la cuisine en trainant le pas et se hissa sur la pointe de ses pieds pour atteindre le haut du réfrigérateur. Ce dernier devait bien avoir de quoi la rassasier, quoique devenir obèse n'était peut-être pas la meilleure option qu'elle aurait choisie. Tant pis, il devait bien y avoir…

« Un demi citron et un vieux tube de mayonnaise…? » Se scandalisa-t-elle une fois la porte du frigo ouverte.

Elle poussa un soupir et referma la porte avec mauvaise humeur pour découvrir, sur le seuil de la porte de la cuisine, une grande brunette aux cheveux ébouriffés, la mine déconfite et le haut de son pyjama abaissé et laissant son soutien gorge paraitre légèrement de sa couleur rouge écarlate. Le nez pincé, elle semblait tenter de maitriser son envie de lui arracher le cœur immédiatement.

« T'as une tête horrible » Maugréa Caroline en lui passant sous le nez nonchalamment.

« On se demande pourquoi » Bougonna la concernée en s'approchant d'avantage du bar pour se servir un verre de scotch, le plus fort qu'elle avait trouvé.

La jeune blonde ne répondit pas et se rallongea mollement sur son lit dans des gestes lents et précautionneux. Ça faisait presque trois jours qu'elle n'avait pas dormis et ça commençait à avoir certaines conséquences sur son comportement. Par exemple, c'était devenu une habitude chez elle de dormir pendant les cours d'Histoire, ou de renverser toute commande sur chacun clients et les faire enfuir à peine sont-ils entrés. C'était déjà un miracle que Jack la laisse travailler chez lui vu la calamitée ambulante qu'elle était depuis peu. Sans oublier ses notes scolaires qui avaient chutés chute libre. Et le pompon, c'était que depuis une semaine, Cassie n'arrivait plus à dormir, elle aussi et elle avait besoin de son quota de sommeil sinon le résultat serait désastreux.

« Bon ça suffit ! » Eclata la vampiresse en cognant son verre contre la table avant de le briser en éclats et laisser couler le liquide en abandon sur la surface du bois.

« Qu'est-ce qui te prends ? » Lâcha Caroline en se tournant brusquement, alertée par les bruits.

« Je te retourne la question : depuis que tu es redevenue humaine, tu passes tes nuits à hurler, crier à l'aide, que quelqu'un va te tuer, tu es fade, pâle, en gros, tu es le portrait craché de la mort elle-même, on dirait un cadavre ambulant » Cracha enfin Cassie d'un ton acerbe.

« Je sais » Avoua Caroline, les yeux braqués vers le bout de ses chaussures. « Depuis ce jour-là, je n'arrête pas de faire des cauchemars, je n'ai plus faim, je n'arrive plus à dormir, ni à réfléchir »

« Quel genre de cauchemars ? » Lui demanda Cassie une fois calmée par son stress surdéveloppé.

« C'est bien ça le problème, je ne me rappelle de rien, tout ce que je sais, c'est que je fais des cauchemars tellement horribles que j'en deviens folle » Admit Caroline d'une petite voix.

Cassie leva un sourcil d'interrogation puis soupira d'exaspération. Elle avait passé trois cents ans à fuir les humains, à les repousser, à vivre dans l'ombre, sur la défensive, dissimulant son trouble derrière un mauvais caractère qu'elle s'était forgée au fil du temps et maintenant, trois siècles après, elle se retrouvait avec une humaine. Un fardeau de plus, un fardeau qu'elle rêverait de se débarrasser mais l'envie ne la laissait pas le faire, pour une fois depuis longtemps : elle n'était plus seule. Quelque chose à quoi elle n'aurait jamais pensé à l'époque où on l'avait transformée involontairement. Alors que Caroline attendait une réaction de sa part, son téléphone vibra et une sonnerie tout à fait insupportable retentit dans l'immense pièce.

« Allô ? » Répondit-elle avec humeur en faisant presque éclater l'écran.

« C'est Jack, j'aurai besoin de deux maints de plus aussi maladroites soient-elles si ça ne te dérangeais pas » Fit son patron avant de raccrocher non sans avoir crié : HEY MAIS QU'EST-CE QUE TU FOUS EMS ? […] COMMENT CA UN PETIT-DEJEUNER GRATUIT ? MAIS ON N'OFFRE PAS DE PETIT-DEJEUNER GRATUIT BORDEL !

Ses tympans risquant d'exploser à un moment ou à un autre, elle délaissa son portable sur la table puis reporta son attention vers son amie qui la jaugeait avec un certain intérêt.

« Parfois, j'en viens à regretter mon vampirisme » Marmonna-t-elle amèrement alors que le regard de Cassie s'illuminait d'une drôle de lueur démente. « Ne comprends pas de travers, j'adore être humaine ! » Exagéra-t-elle.

Aussitôt, la vampiresse éclata d'un rire franc devant la mine faussement réjouie et mi-déconfite de son amie qui s'en allait avec mauvaise humeur vers sa chambre pour mettre ses formes généreuses dans un short trop serré et un haut moulant. Au lieu de lâcher négligemment ses longs cheveux blonds bouclés, elle les attacha en une queue de cheval improvisée devant son miroir et mit ses converses qu'elle avait achetées pour aller avec son uniforme et se hâta à rejoindre le Solway. A peine était-elle entrée que cette odeur irrespirable la submergeait. C'était un mélange de transpiration et d'alcool avec des saveurs mexicaines aussi, un gros tat de n'importe quoi. Elle ne chercha même pas de regarder Jack qui essuyait les verres à l'aide d'un torchon derrière le bar et pressa le pas en allant chercher son tablier blanc. Lorsqu'elle l'enfila, elle prit rapidement son petit carnet, un stylo mâché et évita gracieusement les tables pour se diriger vers une qui donnait vue à la mer, près de la fenêtre. Elle se positionna tel un soldat devant le client qui avait la tête tournée vers la baie vitrée et lâcha son discours annuel avec un air las.

« Qu'est-ce que je vous sers ? Faite vite, je n'ai pas toute ma journée » Grommela-t-elle avec une mauvaise humeur sans lever ses yeux de son carnet, attendant patiemment la commande de ce client.

« Et que me conseillez-vous…Caroline…? » Fit une voix suave qui lui fit soulever la tête si vite qu'elle se crut se faire brisée la nuque seule.

Caroline déglutit difficilement. Cette voix sensuelle, douce et au même temps dite d'un ton carnassier n'appartenait qu'à une seule personne. Ce visage aux traits angéliques, au sourire enjôleur, aux fossettes digne d'un Anglais de souche, ces yeux bleus qui la laissent penser être transparente, n'appartenaient qu'à une seule personne, une personne qui tromperait tout le monde dans ce bar, tout le monde, sauf elle étant donné qu'elle connaissait cette personne comme elle savait ce qu'il y avait dans la poche de son short. Elle écarquilla les yeux de stupeur puis inspira une bonne bouffée d'air pour ramener tout son courage dans de vulgaires paroles insensées.

« Calme-toi Caroline, c'est encore un de ces cauchemars qui te réveillent toutes les nuits, tu n'as rien à craindre, Klaus n'est pas devant toi, il n'est pas devant toi, il est mort, il NE peut PAS être en vie, impossible » Murmura-t-elle dans sa barbe en respirant et inspirant, les yeux clos.

Ledit Klaus leva un sourcil d'interrogation puis afficha un sourire amusé avant d'entrouvrir les lèvres :

« Excuse-moi de te décevoir, sweetheart, mais c'est bel et bien moi » S'exclama-t-il sans se départir de ce calme aussi étonnant et irritant soit-il.

Caroline se mordilla la lèvres inférieure presque jusqu'au sang et reprit elle aussi son calme. Bien, Klaus n'était finalement pas mort, rien d'étonnant tout compte fait, et pour une fois depuis une semaine, ce n'était pas l'œuvre d'un rêve, ou un cauchemar, c'était bel et bien lui, avec toute son arrogance et sa parfaite structure de leader millénaire qu'elle n'avait pas vu depuis deux ans.

« Klaus » Dit-elle simplement d'un hochement de tête.

« Caroline ? »

« Comment se fait-il que tu sois là ? T'étais pas sensé être mort ? » Scanda-t-elle, indignée, les mains posées sur ses hanches.

« Je vois que tu es réjouie de me revoir » Soupira Klaus d'une mine faussement attristée et vexée.

« Parce que tu t'attendais à ce que je sois contente qu'une bonne étoile veille sur toi ? Extraordinaire, Klaus Mikaelson est en vie, c'est la meilleure nouvelle de l'année ! Non franchement, c'est génial » Exagéra-t-elle en clapant des mains, lâchant au passage son carnet.

Alors que Caroline s'en allait dans une démonstration en claquant des mains faussement joyeuses, Klaus lui, avait un sourire au coin puis releva de nouveau la tête vers elle, un petit rictus amusé plaqué aux lèvres.

« Doucement, love, heureux que je fasse ce genre d'effet sur toi mais il n'est pas nécessaire d'en faire une scène au risque de paraitre ridicule » La tenu-t-elle informée avec un sourire.

Indignée, Caroline grommela dans sa barbe en jurant comme un charretier et s'assit devant lui. Les coudes sur la table, la tête légèrement abaissée à son niveau, son regard dur et méfiant qui défiait le sien faussement plein de bienveillance et de calme, elle le jaugea un instant puis, n'y pouvant plus, les lèvres de l'hybride s'élargirent en un grand sourire amusé.

« Je vois que ton vampirisme ne t'as pas enlevée tes bonnes manières » Constata-t-il sur le même air qui exaspérait la jeune blonde.

« Tu parles » Marmonna-t-elle, roulant les yeux au passage.

Klaus sourit légèrement puis releva le visage, sérieux tout d'un coup, Caroline venait à se demander comment peut-on changer aussi vite d'expression en un battement de cil.

« As-tu remarqué quelque chose de différent lorsque tu es arrivée ici ? » Lui demanda-t-il.

« Tu veux dire à part le fait que je me retrouve du jour au lendemain humaine dans un uniforme trop serré pour moi et un gars plein aux as me voulant du fric, non rien » Répondit-elle sarcastiquement.

« Des sorciers, as-tu eu affaire à des sorciers avant de retrouver ton…Aspect humain ? » Fit-il, les yeux plissés.

Caroline parut éluder la question mais tout espoir d'une réponse concrète retomba aussitôt qu'elle décrocha un sourire malicieux et pour une fois amusé à l'Originel qui craignait à présent le pire.

« Ah je comprends mieux, tu as peur qu'on te transforme toi aussi ? Le grand Klaus Mikaelson a peur de se retrouver humain ! » Scanda-t-elle en cognant sa main dans l'autre comme si elle avait mit la main sur quelque chose sur quoi elle attendait depuis un moment de savoir.

« Réponds » Troncha Klaus, la mâchoire serrée.

« Non » Déduit-elle en hochant la tête en signe de négation. « Pas en ma connaissance »

Klaus grogna de mécontentement puis jeta la tête en arrière contre le dossier de son fauteuil. Contrarié. Voilà l'humeur qui submergeait l'hybride. Visiblement, il ne s'attendait pas à ce genre de réponses venant d'elle.

« Klaus ? » Commença-t-elle timidement en s'enfonçant dans son siège.

« Quoi ? » Grogna-t-il, le visage une fois tourné vers elle.

« Tu sais qui m'a fait redevenir humaine ? Je veux dire, tu es venu ici…Tu savais que j'étais redevenue humaine n'est-ce pas ? » Hasarda-t-elle en espérant que sa question ne soit pas déplacée.

« Bien sûr que je le savais ! » Répondit Klaus sur le même ton irrité. « J'ai aussi remarqué que tu étais le seul vampire à être transformée en humaine –bien que je n'arrive pas à croire en ce que je viens de dire- et que le reste de la ville contient beaucoup d'autres vautours »

« Ah, je vois » Murmura-t-elle en baissant la tête, honteuse de penser qu'elle était l'unique vampire avec Cassie dans la ville. « Tu suspecte quelqu'un en particulier ? »

« J'ai suspecté plus d'un, love, mais tout me ramène ici » Dit-il d'un air énigmatique.

« Tu veux bien développer ? » Lui demanda la blonde en plissant les yeux légèrement.

L'hybride poussa un soupir lassé par cet interrogatoire auquel il ne s'attendait pas en arrivant ici. Tout comme il ne s'attendait pas à ce que la belle et forte Caroline se soit retrouvée humaine de nouveau. Sous le regard insistant de la principale concernée, il comprit qu'elle n'allait pas lâcher l'affaire facilement et décida de lui expliquer.

« J'ai côtoyé un groupe de sorciers qui m'ont tenus informés des complots qui se préparent contre moi et ma famille, certains m'ont conseillé de venir ici, il se trouve qu'une masse de sorciers s'abritent ici le temps que le sort soit conclu, je peux être très persuasif quand je le veux » Répondit-il dans un sourire carnassier qui glaça le sang de Caroline.

« Si ces sorciers veulent t'éliminer toi et ta famille, pourquoi ils se sont pris à moi ? » Interrogea-t-elle en se redressant brusquement, voyant la mine réjouie de l'hybride.

« Alors ça, c'est un mystère pour moi autant que pour toi, sweetheart » S'exclama-t-il.

Caroline hocha vigoureusement la tête mais alors qu'elle ouvrait la bouche pour poser une énième question, au grand dam de Klaus, une idée qui aurait du faire irruption dans son cerveau au premier instant vint illuminer le dessus de sa tête.

« Tyler, qu'est-il arrivé à Tyler ? Tu es vivant, il doit l'être lui aussi ! » Fulmina-t-elle en bougeant toute seule en place sous les regards méfiants des clients qui se demandaient bien des choses sur sa santé mentale.

Le sourire amusé de Klaus retomba aussitôt. Bien sûr, Tyler. Le louphteau sans importance mais aussi celui qui faisait sourire sa belle Caroline était remis sur le tapis. Quelle perte de temps. Qu'avait-il cru ? Qu'il allait débarquer deux ans après, se la jouer sérieux en gardant une pointe d'amusement et regagner son cœur sans difficulté. Il s'était une énième fois trompé à son sujet.

« Tyler est bel et bien vivant, mais j'ai bien peur qu'il ne soit pas en position pour te parler, Caroline » Dit-il d'un ton sarcastique, les dents légèrement serrées.

« Que lui est-il arrivé Klaus ? » Hurla la jeune blonde en cognant son poing contre la pauvre table qui menaçait de lâcher à une seconde ou à l'autre.

« Rien de bien méchant, il a juste été séquestré jusqu'à nouvel ordre, quelque part, aux Etats-Unis, Washington…New York ? » Lui dit-il vaguement d'un geste de la main, passif.

« Rien de bien méchant ? C'est une blague j'espère ! » Tonna l'adolescente, hors d'elle. « Comment as-tu pu laisser Tyler séquestré quelque part sans chercher à le retrouver ? Comment tu… »

« Comment n'ai-je pas essayé de le retrouver ? Tu veux parler de la personne débordante de politesse qui a mainte et mainte fois essayé de me tuer ou cherche à me nuire ? Caroline, je t'ai cru plus intelligente que cela » Grogna Klaus avec ce calme légendaire qui étonnait Caroline.

Son visage était impassible. Il parlait. Juste parler. Aucune émotion ne trahissait les pores de sa peau parfaite. Aucun sourire. Aucun rictus. Aucun regard. Il paraissait vide. Lassé. Rien de tout cela ne semblait l'atteindre. Caroline remarquait tant bien que de mal la mauvaise humeur qui le submergeait, même s'il essayait de la dissimuler derrière son masque d'impassibilité. Elle l'avait côtoyé plusieurs mois et même si leurs discussions n'apportaient rien de bon pour la blonde, elle pourrait affirmer le connaitre on ne peu plus mieux. Mais l'homme qui se trouvait face à elle semblait…Différent. Il n'avait plus rien du charmant hybride millénaire qui se conduisait tel un gentleman en sa compagnie. Non, il semblait dénué de sentiment. C'était passé. L'année où il semblait focalisé sur Caroline et voulait gagner son cœur. Il avait tourné la page. Elle n'était que de passage, comme toutes les jeunes femmes qu'il avait connu pendant mille ans.

« Je dois retourner travailler » Murmura-t-elle pour se persuader que faire une analyse sur lui était une grosse erreur.

Klaus se contenta de la regarder se lever lentement de sa chaise. Lorsque Caroline leva les yeux vers lui, il lui semblait que ses yeux bleus la passaient au scanner, il la sondait, il semblait lire en elle comme dans un livre. C'était gênant. Oui gênant car elle se refuserait de dire que c'était troublant. Elle ne devait pas le dire, ni même le penser.

« Caroline… » L'interpela-t-il une fois qu'elle se dirigeait avec un pas pressé vers l'intérieur du bar.

La jeune humaine se retourna si vite qu'elle cru s'être brisé la nuque toute seule, mais lorsqu'elle le vit, avec ce sourire faussement innocent et cette flamme machiavélique dansant dans ses yeux, sans oublier l'objet qu'il tenait dans la main et qu'il lui tendait, tout espoir retomba presque aussitôt.

«…Tu as oublié ton carnet » Dit-il simplement.

Caroline cru que son cœur venait de rater un battement. Bon sang, son cœur s'était arrêté depuis fort longtemps ! Poussée par sa colère qui menaçait d'éclater à une minute ou à l'autre, elle prit rageusement le petit bloc-notes dont la moitié était déchirée et l'engouffra dans sa poche avant de presser une fois de plus le pas et rejoignit les vestiaires. Que lui arrivait-il ? Pourquoi se conduisait-elle d'une telle façon ? Pourquoi avait-elle perdu tout ce contrôle qu'elle possédait une fois redevenue humaine ? Elle se sentait de nouveau la bonne vieille gourde écervelée doublée d'une maladroite légendaire.

« Hey, Blondie ! »

Tout en poussant un grognement, elle déposa son tablier sur le porte-manteau et alla rejoindre son supérieur qui se tenait toujours derrière le bar. Lui aussi semblait bien bizarre et ce froncement de sourcils n'annonçait rien de bon. Pourvu qu'il ne me vire pas, avait-elle pensée tout en trainant le pas en sa direction.

« Je sais, règle n°1 on doit pas sympathiser avec les clients et rester papoter avec eux plus d'une minute dans un sujet qui ne concerne pas le fric, c'est juste que c'est une vieille connaissance et que j'ai pas pu résister » Se justifia-t-elle en se mordillant la lèvre inférieur après avoir prononcé le dernier mot.

« Ce n'est pas ça dont je voulais te parler, Caro' » Expliqua le barman d'un ton posé, décidemment, tout le monde semblait zen, tout le monde sauf elle bien évidemment.

« Cool, de quoi tu voulais me parler alors ? » Demanda la blonde en prenant place sur l'un des tabourets, les bras avancés et posé sur le bar.

« Du mec avec qui t'étais en train de parler, Klaus » S'exclama-t-il, les yeux plongés dans le fond de son verre parfaitement essuyé.

Le sang de Caroline ne fit qu'un tour. Elle avala sa salive tout en maudissant le principal concerné du sujet. Comment se fait-il qu'à peine arrivé, il soit déjà connu et par qui, le responsable d'un bar miteux. Elle n'oserait même pas imaginer comment le reste de la ville a appris cette nouvelle. D'ailleurs, que pensait Jack de Klaus ? Et pourquoi voulait-il lui parler de lui ? Ce n'était définitivement plus ces jours ces derniers temps.

« Tu le connais ? » Demanda-t-elle, terrifiée à l'idée de le voir approuver.

« En quelque sortes, Cassie m'a vaguement parlé de lui et je peux t'assurer qu'elle ne m'a pas conseillé de prendre un verre avec lui » Marmonna Jack dans une grimace tout en pressant le torchon contre le verre qui menaçait de se briser en mille morceaux dans trente secondes chrono.

Elle écarquilla les yeux de stupeur. Donc, en gros, non seulement un humain complètement fauché et vivant dans la merde connaissait un originel hybride millénaire mais en plus, Cassie semblait s'être confrontée à lui plus d'une fois pour affirmer qu'elle n'appréciait pas sa compagnie.

« Il paraitrait que c'est un Originel, et qu'il est récemment devenu hybride grâce au Double Petrova, mais je pensais que c'était un mythe, jusqu'à ce qu'elle me le montre et que je le vois de mes propres yeux » Poursuivit-il sans lever ses yeux verts de son occupation.

Elle ravala sa salive une énième fois. Bien, Jack connaissait l'existence des vampires, des Originels et semblait en connaitre un rayon sur le surnaturel. En faite, il semblerait que tout le monde dans cette ville connait le monde mythique du surnaturel, ou pas si mythique que ça. Voyant sa mine déconfite, le barman laissa passer un léger rire moqueur avant de reporter une intention très particulière à la serveuse, pétrifiée sur-place.

« Calme-toi chérie, ce n'est pas moi qui avais l'air de vouloir te bouffer tout à l'heure » Ironisa-t-il.

« Ce n'est pas drôle » Marmonna Caroline, enfin calmée. « Comment se fait-il que Cassie soit au courant de son existence ? Non non, attends, quel âge elle a en faite ? »

Impressionné par la vitesse fulgurante qu'elle avait lâchée cette phrase, Jack étouffa un nouveau rire derrière une fausse toux puis se racla la gorge.

« Elle a pas voulu me le dire, tout ce que je peux t'affirmer, c'est qu'elle est plus vieille qu'un siècle vu comment elle dégomme les sorciers et les vampires sans même leur accorder un regard » Dit-il d'une voix blanche.


A quelques mètres de là, l'ouïe tendue vers l'intérieur du bar, Klaus sourit discrètement, un sourire qui s'élargit encore plus une fois que la description de la personne qui l'aiderait peut-être à y voir plus clair dans cette affaire s'intensifiait. D'après ce qu'il avait compris à partir des bribes de conversation qui se déroulait à l'intérieur de cet endroit immonde, Caroline n'était pas l'unique vampire à Hampton. Cette Cassie semblait bien mystérieuse et très intrigante vu le portrait que Jack pendait d'elle. Elle n'aimait pas parler de son passé. Ni d'elle. Elle a une oreille attentive mais refuse catégoriquement que quelqu'un se mêle de ce qui la regarde. C'est une fêtarde qui aime sa vie de vampire et qui croque la vie à pleines dents sans se plaindre ou chialer, n'empêche qu'elle restait toute fois avec un mauvais caractère et était aux premiers abords sur la défensive et froide. Mais rien de tout cela n'intéressait l'hybride, même pas le fait qu'elle semble en savoir un rayon sur lui car touts les vampires le craignait lui et sa famille, on avait même peur de Rebekah parce que c'est une Originelle, alors ça ne l'avait pas vraiment étonnée qu'elle soit si stricte sur ce qui concernait ses amis et leurs contacts avec lui. En faite, tout ce qui l'intéressait, c'était de savoir comment cette vampiresse aux plusieurs facettes ne s'était pas retrouvée elle aussi humaine. Pourquoi avoir transformé Caroline et pas elle ? Pourquoi laisser la belle et douce Caroline, cheerleaders, ne se nourrissant pas d'humains, gentille et attentionnée et laisser celle qu'on décrivait comme étant un vampire qui n'en a rien à faire de tuer des innocents ou hypnotiser pour s'acheter un portable ? Ça n'avait aucun sens. Les sorciers qu'il avait connu étaient jusque là tous les mêmes : obsédés par l'équilibre de la nature. Par contre, ce que ces sorciers sont en train de faire est exactement le contraire. Après avoir écouté longuement leur conversation et remarquant que le sujet dérivait sur des voies qui ne le concernait en rien, Klaus démarra la voiture dans laquelle il se trouvait et se dirigea vers l'endroit où il semblerait que Caroline et cette dénommée Cassie habitaient.

« Elle a du goût en matière d'appartement en plus » Commenta-t-il d'un air amusé.

Il coupa le contact et sortit nonchalamment du véhicule, trainant le pas. Il avait remarqué à un kilomètre à la ronde le bruit assourdissant du sèche-cheveux qui venait de cet appartement et de la musique à fond qui diffusait un mélange de pop et de rock. Amusé d'avoir eu enfin affaire à une vampiresse qui ne regrettait pas sa vie d'humaine, il rejoignit l'étage et sans prendre la peine de sonner à la porte, y pénétra. C'était une résidence de vampires, il l'avait remarqué sans difficulté. Visiblement, elle n'avait pas été la première à y habiter, ce qui lui facilitait la tâche et lui permettait de faire son entrée théâtrale, typiquement Klaus Mikaelson.

Mais à peine eut-il poussé la porte que le bruit de sèche-cheveux et de post à fond s'arrêtèrent synchronisés et un calme presque rasoir régna dans l'appartement décoré avec beaucoup de goût. Un sourire amusé erra sur ses lèvres, effectivement, cette vampiresse semblait bien sur ses gardes et semblait être assez vieille pour remarquer l'arrivée d'un vampire chez elle avec autant de rapidité. Elle ne cesserait pas donc de le surprendre avant même qu'il n'ait eu à la voir ? Mais son sourire retomba le long de sa mâchoire une fois plaqué contre le mur d'en face d'une poigne, certes, de fer mais faible à son goût. Il la vit, elle. Grande brunette aux longs cheveux multicolores. Les yeux bleus et la peau parfaitement blanche encastrant un visage presque rond. Aussitôt, il la plaqua à son tour contre le mur de l'autre côté alors qu'elle fronçait les sourcils de confusion. Lui aussi était en pleine confusion. C'était elle, il n'y avait plus l'ombre d'un doute.

« Merde » Murmura-t-elle alors que la poigne du vampire relâchait prise, elle aurait voulu mourir sur le champ plutôt que d'affronter ce regard encore une fois.

« Ce n'est rien de le dire » Fit-il une fois l'ayant relâchée.

Elle retomba mollement au sol et ramena sa main contre son cou. Maudissant au passage cet appartement réservé aux vampires et se maudissant elle-même d'avoir encore une fois à l'affronter, de toute sa hauteur, après si longtemps.

« Comment se fait-il que tu sois vivante bordel ! » Lui aboya-t-il au visage.

« Je te retourne la question, je pensais que ce psychopathe que ta folle de mère avait créé t'avait brûlé vif » Marmonna Cassie en peinant à se relever, la main toujours pressant son cou.

Mais au lieu de s'excuser, elle sourit légèrement avec toute l'innocence qui lui restait encore. Il la plaqua une nouvelle fois contre le mur et lui murmura à l'oreille des mots en langue morte mais qui ne l'était pas à une certaine époque et qu'elle comprit aussitôt.

« Sérieux, Klaus, après trois siècles, tu continue à te conduire toujours de la même façon, si prévisible » Fit-elle d'un ton faussement rageur.

Il la vit lui passer sous le nez nonchalamment comme s'il ne venait pas de lui promettre l'Enfer dans sa langue paternelle et prendre une poche de sang et l'aspirer à l'aide de son tube en plastique tranquillement.

« Bien, maintenant que tu m'as retrouvée, tue-moi, on fait ça vite-vite ou tu préfère la souffrance ? » Continua-t-elle en croisant élégamment les mains autour de ses genoux.

« Je ne suis pas là pour te tuer, quoique j'en ai très envie, mais pour te poser quelques questions » Dit-il simplement, les dents serrées.

« Oh par pitié, je viens tout juste de revenir du commissariat pour vol de voiture » Railla-t-elle, une grimace faussement dégoûtée plaquée au visage.

« Cassidy ou Cassie, peu importe, je ne suis pas là pour m'amuser, je suis là pour un but précis »

« Ça sonne comme le début de Massacre à la Moulinette 3, franchement Klaus, tu m'épate, moi qui croyais que tu reste ce vampire assoiffé de pouvoirs et craint sans vie sociale » Poursuivit l'adolescente sans prendre en considération ses menaces.

« Fais attention Cassidy, tu t'aventure sur une très mauvaise voie » L'alarma-t-il, pointant un doigt menaçant vers elle mais en vain.

Cassie but une énième gorgée puis releva des yeux parfaitement ronds. Dignes d'une adorable adolescente de dix huit ans tout à fait innocente devant son vieux père grincheux. Elle n'avait pas réellement changée depuis le temps en faite, quoiqu'à présent, elle semblait être bien plus belle et plus rayonnante que trois siècles en avant.

« Je t'écoute » Dit-elle sur un ton soudain devenu sérieux.

« Tu es une Blackwell, tu as été la seule à ne pas être retransformée en humaine, tu dois connaitre ceux qui on fait ça » Fit-il d'un ton tranchant sans appel.

Elle parut soudain mal-à-l'aise par ce nom qu'il lui attribuait, un nom qu'on ne lui avait pas dit depuis si longtemps.

« Je ne le suis plus depuis que je suis morte tuée de tes mains, Klaus et je n'ai plus aucun contact avec ces salopards » Troncha-t-elle.

« Tu vas me faire croire que tu n'es pour rien dans tout ce qui se trame ici ? Faire passer mon frère pour le premier des idiots ne t'as pas suffit, il faut que je me joigne à vous ? » Tonna l'hybride avec mauvaise humeur en cognant son poing contre la table qui perdit l'équilibre et tomba à terre.

« Je n'y suis pour rien, j'ai laissé le monde la magie derrière moi une fois devenue vampire et lui aussi m'a laissée tranquille, depuis, je vis très heureuse, je pense même que j'aurai droit à ma Happy End » S'expliqua-t-elle sans jeter un seul regard à la table qui trônait parterre.

Klaus, furieux, la souleva de sa chaise à partir de son col alors qu'elle ne cherchait même pas à se débattre. Elle aurait du être morte trois siècles auparavant et maintenant qu'elle ne servait plus à rien, comme toujours, il ne fallait plus que la remettre à sa place, la remettre là où elle aurait du finir comme toute emmerdeuse de son genre qui joue les gros dures. Mais alors qu'il allait arracher son cœur, la porte s'ouvrit lentement, dévoilant une Caroline exténuée après une matinée de travaille mais qui en plus, semblait plus que choquée de le voir tenant fermement sa colocataire par le col.

« Prends tes jambes à ton cou et t'arrête pas, c'est un ordre ! » Ordonna Cassie tant bien que de mal à l'intention de Caroline.

Mais celle-ci ne prit pas en considération ce qu'elle venait de lui dire et marcha d'un pas hésitant vers l'hybride qui ne bougeait à présent plus, se contentant de la regarder comme il l'avait fait tout à l'heure, avec cette façon qui l'agaçait tant.

« Klaus, lâche-la, s'il te plaît » Implora-t-elle d'une voix minuscule.

L'hybride hésita un instant puis la relâcha. Cassie s'écroula une fois de plus à terre et massa son cou rageusement, lorsqu'elle releva ses yeux vers eux, sa première réaction fut de dire :

« Vous vous connaissez, cool, manquerait plus qu'il pleuve »

Et son souhait s'exauça. Une pluie à cordes s'abattit sur les immeubles. Pour la première fois, il pleuvait à Hampton un jour d'été.


N/A: VOILA ! Donc, comme promis, Klaus IS BACK ! Et pas n'importe comment. Qu'avez-vous pensé de ces retrouvailles avec Caroline? Mais aussi, quelle relation pensez-vous que Cassie et Klaus avaient auparavant? Du pourquoi du comment Klaus la tué et suuurtout, comment s'en est-elle sortie? Pas vraiment Klaroline mais ça arrive, je tiens à garder un minimum de cohérence.

Encore un merci à vous très chers lecteurs, ça me fait plaisir et ça m'encourage à écrire la suite !

Xoxo, Aislinn