Disclaimer: Tout le monde de Hétalia appartient à Hidekazu Himaruya.

Parings: Fruk

Genres: Humour, Romance, Angst, Aventure

Rating: On va dire T, avec ce que j'ai prévu.


Chapitre 6: Une soirée dans l'autre monde.


Séduire Francis, ou plutôt le reconquérir, avait été long.

L'autre ne voulait pas entendre parler de lui. Arthur se heurtait à un mur d'hostilité et de silence quand il entrait dans la chambre. Le regard bleu posé sur lui était froid et les lèvres du français restaient scellées.

Il avait tout essayé.

Il avait parlé, parlé et expliqué ses raisons. Il s'était justifié, assez maladroitement car il était persuadé d'être dans son bon droit. Il rappelait à son rival qu'il l'avait attaqué en premier. Qu'il avait provoqué l'empire britannique, que sa révolution l'avait rendu fou.

Un regard noir avait été sa seule réponse.

Puis Francis lui avait tourné le dos, regardant le jardin par la fenêtre, sans dire un mot.

Arthur avait attendu, espérant des paroles qui n'étaient jamais venues. Il aurait voulu que l'autre lui parle, même pour l'insulter. Même pour se battre. Il n'aimait pas ce silence.

Il quittait alors la chambre.

L'indifférence de son rival le blessait, l'agaçait. Il aurait donné n'importe quoi pour que leurs relations redeviennent comme avant. Il le voulait tellement. Il en rêvait même.

Il changea de tactique. Il tenta de le pousser à bout, en le provoquant. N'importe quoi pourvu qu'il réagisse. Qu'il ne soit plus cet être silencieux qui le regardait à peine. Il le menaça même.

Ça n'eut pas de résultat plus efficace.

Finalement, à bout, il avait dit «Qu'est ce qu'il faut que je fasse pour que tu me parle?»

Un regard éloquent avait été sa seule réponse.

Il était partit en claquant la porte et n'était pas retourné le voir pendant quelques jours. Boudant dans sa bibliothèque, il avait aussi réfléchi à quoi faire. La situation était délicate, très délicate. Un moindre faux pas et il perdrait son ancien amant.

Son frère ne se gêna pas pour lui dire «Ha bon? Tu ne l'as pas déjà perdu?» d'un ton railleur, quittant ensuite la pièce avant de se prendre un mauvais sort.

Arthur était retourné dans la chambre, quand Francis dormait. Il s'était assis par terre près du lit et avait prit la main du français, le regardant dormir. Il passa pas mal de temps ainsi. Il pouvait ainsi être prêt de lui sans se heurter à un mur d'hostilité. Quand il dormait il lui arrivait de sourire et il était beau ainsi, dans les rayons de la lune. Il recommença plusieurs fois. C'était la seule façon d'être prêt de lui sans être la cible de colère ou de rancune.

Arthur ne savait pas comment le convaincre de lui parler. Ni comment lui plaire. Parfois, il s'interrompait dans ce qu'il faisait et prenait un miroir magique avec lequel il regardait son prisonnier.

Il détestait le voir triste, le voir faire les cent pas, l'entendre le maudire, l'entendre pleurer. Il reposait son artefact, pensif. Il voulait le voir heureux. Même si la meilleure chose à faire était de le ramener chez lui, c'était hors de question. Pas tout de suite en tout cas. C'était trop instable chez lui. Sa présence pourrait déclencher des révoltes, surtout s'il s'en mêlait. Francis ne resterait pas sans rien faire.

Une fois, au petit jour, il était allé cueillir un somptueux bouquet de fleurs, composé de lys et de roses, qu'il avait laissé dans la chambre. Il savait que Francis aimait ce genre d'attention.

Cependant il n'avait pas osé regarder dans son miroir.

Il craignait de voir le bouquet passer par la fenêtre avec le vase.

Mais rien de négatif n'arriva. Pas de drames ni de cris, ni de choses jetées dehors.

Il laissa passer un peu de temps puis offrit à Francis deux boîtes à musiques faites spécialement pour lui, dont une jouait son ancien hymne national.

Qu'on ne vienne pas dire qu'il ne faisait pas d'efforts pour lui plaire.

Cette fois il regarda dans son miroir. Francis écoutait la musique, les yeux brillants. Un air nostalgique se lisait sur son visage.

Arthur continua ses cadeaux, offrant des livres, des douceurs, des vêtements, voir même des bijoux.

Il venait toujours la nuit pour le regarder dormir.

Et remarqua que Francis souriait plus souvent dans son sommeil, dormait mieux aussi. Il lui arrivait de s'endormir près du lit, et de se réveiller au petit matin. Il quittait alors la chambre en silence, esquivant le réveil de son invité.

Il travaillait toujours autant, rencontrait son roi et les chefs militaires. Hors de chez lui il était sérieux. L'invasion de l'Espagne avait commencé et il y avait beaucoup de choses à faire. Son roi l'envoya faire la campagne. Il quitta donc sa demeure, laissant son invité à la charge de Killian et de Carwyn. Il emporta son miroir pour pouvoir voir Francis quand il voulait.

Il se montra impitoyable, balaye la résistance. Et fit prisonnier la nation. Il fut dur et froid avec Antonio, étant presque cruel. Il lui fit comprendre où était sa place désormais, le terrorisant avec plaisir. Quand il lui en eu finit avec lui, l'autre dut être soigner. Il était un empire qui serait un roc face aux autres et qui dominerait ceux qu'il envahissait.

Alister lui signala qu'il n'avait pas été si impitoyable avec Francis. Arthur ne répondit pas. Le français était spécial pour lui.

Ce soir-là, dans sa tente il avait utilisé son miroir pour voir ce que devenait Francis. Celui-ci parlait avec Pays de Galles, semblait heureux et détendu.

Était-ce parce qu'il n'était pas là? Ou allait-il mieux tout simplement? Arthur ne voulait pas savoir. Il était juste impatient de revenir et de prendre soin de son invité. Il trépigna avec impatience tout le chemin du retour. Sans compter qu'il y avait eu une révolte en son absence, révolte durement réprimée. Il regrettait de n'avoir pas été présent pour s'en occuper lui-même.

Arrivé à son manoir, il se changea et alla directement dans la chambre de son ancien rival. Celui-ci lisait sur un fauteuil, et leva la tête à son arrivé. Un éclat passa dans son regard et il détourna les yeux, mal à l'aise.

Avait-il peur de lui?

Arthur éprouvait à cette idée un mélange de jubilation (malgré lui) et d'agacement (il ne voulait pas que l'autre le craigne). Il voulait traité le français comme son égal, comme un époux même. Il voulait se disputer avec lui comme avant. Et voulait pouvoir savourer sa présence sans limite.

Finalement l'autre avait parlé «Alors...qu'est-ce que tu as fait à mon frère?

- Je l'ai envahi.»

Francis s'était levé et était allé regarder par la fenêtre. Un silence s'était établi. Arthur bouillonnait de dire ce qu'il s'était passé. Il n'avait pas vraiment été 'aimable' avec l'espagnol mais il hésitait à le dire. Nul doute que son invité n'aimerait pas.

«Combien de temps je vais rester ici?» fit le français d'une voix lasse, presque fragile.

- Jusqu'à ce que la situation soit stable chez toi.

- Et qui en décidera?

- Mon roi.» Il gardait un ton calme, pour bien montrer que c'était lui qui commandait malgré tout.

Francis laissa passer un long silence et fit, lentement«Autrement dit pas avant longtemps.»

Arthur n'osa pas dire que en effet, ce n'était pas pour tout de suite. Il espérait même qu'il resterait longtemps. «Il ne tient qu'à toi de rendre ce séjour agréable. Je te laisserais sortir de ta chambre si tu te comporte bien.

- Hors de question que je joue les soumis. Je ne ressemblerais pas à une épouse docile.» Sa voix tremblait un peu et il ne semblait pas aussi fier qu'avant. Sa situation ne lui permettait plus de jouer les forts comme il l'avait fait à l'époque où il était libre. Il était captif, même s'il allait mieux.

Arthur secoua la tête. «Je n'ai pas dis ça.» Et l'idée même ne lui plaisait pas le moins du monde. Francis totalement soumis? L'idée était risible. Il n'était pas question que cela arrive. Il aimait trop leurs joutes verbales. Il ne voulait pas y renoncer. «Si tu veux, je te laisserais te promener dans les jardins.» Finit-il par dire, calculant son prochain coup. Bien entendu la promenade serait avec lui. Il n'allait pas le laisser tout seul.

«En échange de quoi?

- Voyons Francis, c'est purement généreux de ma part.» lui dit-il en souriant, d'un air dangereux.

Depuis que le français avait eu les jumeaux avec Native Amérique, Arthur n'avait eu de cesse que de le reconquérir, de le récupérer. Sa jalousie était très forte, et il n'allait pas laisser son rival tomber entre les mains de quelqu'un d'autre encore une fois. L'idée de le partager lui était insupportable.

C'est avec lui qu'il aurait du avoir ces enfants, pas avec cette sauvage.

Mais cela allait changer, il y aurait des enfants dont ils seraient tous les deux les parents. Il ne savait pas encore quand ni comment ni qui serait ces enfants mais il en voulait vraiment.

«Que dirais-tu de manger en tête à tête avec moi ce soir?»

Cela faisait si longtemps qu'ils n'avaient pas dîné à la même table.

Mais en attendant, Arthur était épuisé. Il bailla et se dirigea vers le français, l'attrapant par le bras et le tirant contre lui. «Tu m'as manqué.» Il l'entraîna jusqu'au lit où il se laissa tomber, le serrant dans ses bras.

Il voulait juste dormir.

L'odeur des cheveux de son ancien rival parvenait à ses narines et l'apaisait. Il se nicha contre lui, sans un mot et ferma les yeux. «Ne dis rien.»

L'autre se tendit. Mais Arthur n'y prit pas garde. Il était bien et ne voulait qu'une chose: dormir.

Il avait le temps, le repas ne serait pas servit avant un moment. Une petite sieste ne ferait de mal à personne.

Qu'importe que l'autre ne soit pas à l'aise. Arthur n'avait pas envie d'y prendre garde pour le moment, il était trop bien pour le laisser partir.

Il s'endormit, le sourire aux lèvres.


Arthur sortit de ses souvenirs, relevant les yeux de son grimoire, fatigué des heures passées à lire les écrits. Il se frotta les yeux et s'étira. Il avait un peu avancé, il avait trouvé des pistes pour retrouver son Francis. Il fallait juste trouver, avec sa magie, l'aura de son ancien rival à travers les dimension. Il la connaissait par cœur.

«Je pourrais me servir de l'autre pour retrouver son univers. Ça ne devrait pas être difficile.»

Il espéra en finir vite. Il se sentait déjà seul, sans son appui, sans son amant. Il n'était pas facile d'être un puissant empire et beaucoup n'attendant qu'un moment de faiblesse pour en profiter sans remords. Il avait besoin de son principal soutien, de Francis. Sans lui, il se sentait un peu plus fragile, comme diminué. Son absence lui pesait, et l'autre était son principal réconfort.

Il avait eu quelques aventures avec d'autres nations...

Mais rien n'égalait ce qu'il ressentait pour son ancien rival, qui occupait une place que personne d'autre n'avait. Il était impatient de le retrouver, de le prendre sans ses bras.

Avec lui il pouvait être lui-même, laisser tomber son masque d'empire, n'être que Arthur pendant un instant délicieux. Ces moments étaient irremplaçables. Et il fallait cacher à quel point il tenait à lui, ne montrer aux autres qu'une domination pour ne pas qu'on se serve de Francis contre lui, qu'on ne s'en prenne pas à lui. Il prenait de nombreuses précautions à ce sujet.

Et une fois que tout serait rentré dans l'ordre, il se prendrait quelques jours de tranquillité avec lui, et ne sortirait plus de 'leur' chambre.

Et il préparerait ensuite un voyage en France, cela ferait plaisir à Francis de retourner chez lui. Il pourrait peut-être même envisager quelques séjours de ce dernier, seul, dans son pays. Nul doute que ce serait un peu cadeau.

Même si l'idée de se séparer de lui ne lui plaisait pas outre mesure.

Francis avait sans nul doute besoin de retourner chez lui assez souvent. Il serait ainsi plus fort et plus fidèle et surtout plus heureux de cette façon.

Arthur était prêt à ne plus l'avoir aussi souvent à ses côtés si tel en était le prix à payer.

En attendant, il fallait le retrouver. Et vite. Avant que quelqu'un ait des soupçons. L'autre Francis ne maintiendrait pas l'illusion longtemps. Il ne fallait pas que l'échange soit découvert. Qui sait ce que des traîtres pourraient faire.

Et pour les enfants, cela serait difficile.

Il chassa cette pensée, préférant ne pas y songer pour le moment. A part Matthieu, aucun n'était là. Ils étaient avec leurs oncles, en voyage. Il reviendrait normalement bientôt. Mais eux risquaient de voir la différence. Il ne fallait pas que cela arrive.

La découverte de ce monde parallèle devait rester secrète. Il ne fallait pas qu'il y ait une communication entre eux. Chacun devait rester dans son coin.

Il lança un nouveau sort et, au bout d'un moment, grimaça.

En plus d'être dans un autre monde, il n'était pas à la même époque. Cela allait compliquer les choses. Il se fustigea pour ne pas y avoir penser avant.

Cet autre Francis semblait trop différent, parlait un français différent du sien, il ne venait évidement pas d'un même moment.

Il allait avoir du travail.

Un profond soupir lui échappa, tandis qu'il se remettait au travail, les yeux plissés par la concentration, sa magie s'échappant de lui une nouvelle foi


Francis se releva du lit où il était allongé. Il s'ennuyait et ne savait pas quoi faire. Il avait juste à attendre que les événements arrivent. Le double d'Arthur allait arranger la situation...ou les frères du sien le feraient en premier. Mais il était impatient de retourner chez lui, de retrouver son monde et ses amis, son amant. Ce monde-là le mettait mal à l'aise. Ici, c'était l'anglais qui semblait avoir eu la folie des grandeurs, un empire surpuissant.

Il lui faisait presque peur. Son sourire avait quelque chose d'inquiétant et son regard pouvait se montrer dur, le rendant effrayant. Cet Arthur était un puissant empire, et ne se laissait pas marcher sur les pieds. Qui sait ce qu'il pouvait faire. Il avait des ressources sans doute importantes, et était certainement imprévisible.

Francis soupira. Son Arthur avait aussi été puissant mais jamais à ce point-là. Il avait conscience de ses limites et ne les franchissait pas ou alors pas sans avoir prit ses précautions.

Cet empire-là avait quelque chose de différent, de plus. Quelque chose que son double n'avait pas. Francis ignorait ce que c'était mais ne savait pas s'il avait envie de le savoir.

Et il ne comprenait pas le rôle que son propre double jouait dans ce monde. Il avait été visiblement envahi par l'anglais mais à part ça, il avait eu peu d'information. Si ce n'est que le double de Gilbert ne l'aimait pas vraiment et qu'il était amis avec Bavière. Mais il devait être un pays dominé par l'anglais, un membre de son empire.

Il n'aimait pas imaginer cette situation.

Il avait du mal à s'imaginer en être soumis à un pays plus puissant. Il n'était pas quelqu'un qui faisait facilement ce qu'on lui disait. Il pouvait se montrer très têtu.

«Comment mon double peut-il supporter cette situation?»

Il ne savait pas. Le peu de choses qu'il avait entendu, particulièrement les mots de Gilbert, lui avait fait mal. Était-il réduit au rôle d'amant? De compagnon? Ou avait-il un rôle plus important dans l'empire?

Il se retourna vers la fenêtre et alla regarder dehors. Il songeait que, pendant la guerre de cent ans, Arthur avait voulu lui passer la bague au doigt. Il s'était heureusement enfui avant le mariage mais, quand il avait été retenu prisonnier dans la cellule, enchaîné, son rival lui avait susurré des choses, et avait particulièrement insisté sur le fait qu'il était à lui maintenant. Heureusement qu'il s'était sauvé, il n'osait pas imaginer ce que ça aurait donner sinon. Bon il aurait réussi à fausser compagnie à son ''mari'' mais cela aurait sans doute été plus difficile.

C'était différent ici. Il n'était pas question de mariage ou de quoique ce soit. Cet Arthur semblait garder son double comme simple amant. Et devait coucher à droite à gauche. Il pouvait se montrer terriblement pervers quand il voulait. Même s'il ne connaissait pas cet Arthur-là comme le sien et même si il avait partagé une relation unique avec le sien, qui n'était donc pas allé voir ailleurs.

Certes il avait sans doute mauvaise opinion de cet empire mais il n'avait aucune indulgence vis-à-vis d'un type qui avait envahi la France et le tenait sous son joug. Peu importe les raisons et les excuses. Francis se montrerait impitoyable avec lui, même s'il ne lui montrerait pas.

On frappa à la porte et un jeune homme en uniforme de domestique se présenta. «Le repas est servit monsieur.»

Le français se leva et suivit le valet à travers le couloir jusqu'à une pièce. Elle avait des couleurs chaudes et rassurantes. Un feu brûlait dans la cheminée. Un tapis décoré de symboles ornait le sol et une table ronde avec trois couverts était disposée au centre. Devant la cheminée il y avait deux fauteuil. Dans l'un d'eux, Matthew était assis, le regard rivés sur les flammes. Son visage s'éclaira quand il vit l'arrivant.

«Papa.»

Francis se sentit un peu coupable de mentir mais hocha la tête «Comment te sens tu?

- Bien.» Le canadien se mordit la lèvre et chuchota «Et toi?

- Je vais bien.

- Pourtant Gilbert a dit...

- Peu importe.» soupira Francis, préférant jouer les indifférents. C'était le double d'Arthur qui le lui avait ordonné. L'échange devait rester un secret, personne ne devait savoir. Il se doutait que quelque chose n'allait pas vu les paroles du plus jeune mais préférait agir comme ça.

Canada le regarda, puis hocha la tête «Tu as raison, c'est un idiot. Et un méchant» Il ne donna pas plus d'explications. C'était des choses que Francis ignorait et quelque part, il était heureux de cet état de fait. Matthew rajouta «Il dit souvent des choses désagréables quand tu es là. Bavière lui dit qu'il est idiot mais il recommence sans cesse.»

Voilà qui expliquait sans doute que Arthur ait été impitoyable. Ces mots qu'il avait entendu étaient courants et l'empire ne les appréciait pas.

Francis aurait mis lui-même son poing dans la figure du prussien pour lui montrer que non, il n'était certainement pas un soumis à ce point. D'ailleurs c'est ce qu'il ferait la prochaine fois qu'il le croiserait, s'il le croisait. Et personne ne l'en empêcherait. Il détestait être traité de pervers, ou de quoique ce soit à ce sujet. Personne ne le traiterait de pute. Il allait faire payer à l'albinos ces paroles s'il le voyait encore.

«Il paraît que Wilheim à emmené Ludwig dans ses appartements. J'ai entendu crier depuis ma chambre.

- Pourquoi?

- D'après ce que j'ai compris, c'est Art...daddy qui a décidé ça avec lui.»

Soit l'anglais était sacrément rancunier, soit il y avait autre chose. En tout cas, s'il se vengeait, il avait frappé là où ça faisait mal. Et une partie de lui ne pouvait s'empêcher de plaindre le prussien qui se voyait enlever son petit frère. Certes c'était aussi celui de Bavière mais quand même.

«Et j'ai entendu Saxe se disputer avec lui aussi. Il disait qu'il avait cherché ça et que c'était à Bavière et lui de rattraper la situation.»

Francis se demandait ce que ces deux-là préparaient. Mais il ne saurait sans doute pas. L'empire ne voudrait pas qu'il en sache trop sur son monde. Après tout, il allait rentrer chez lui bientôt normalement. Il n'avait pas besoin de savoir tout ça.

Matthew regarda la porte, impatient «J'ai faim. Tu crois que ...daddy ne va pas tarder?»

Pendant un instant, le français se demanda pourquoi le petit trébuchait ainsi quand il parlait de l'empire. Pourquoi cette légère hésitation avant de dire daddy? Il supposa que son invasion et la perte du Canada devait être récente et que la colonie n'était encore pas habitué à appeler ainsi l'anglais.

Il haussa les épaules «Je ne sais pas, il a parlé de magie.

- Ho non, il va passer des heures dans la cave à faire des sorts.

- Je suis certain qu'il ne va pas tarder.

- Mais j'ai faim.»

La porte s'ouvrit à ce moment là. Et Arthur entra dans la pièce, les traits tirés et des cernes sous les yeux. Il se laissa tomber sur sa chaise. Il se frotta les tempes.

Francis eut un haussement de sourcils «Tu vas bien?

- Fatigué.»

Malgré lui, le français eut un pincement de culpabilité. C'était parce qu'il était là que l'anglais avait autant de travail à faire. Il ne devait pas y arriver, il devait se plonger dans ses recherches, négligeant son temps de sommeil. Heureusement il prenait le temps de manger.

Matthew s'assit, sans rien dire de plus. Il regarda avec impatience les serviteurs qui apportaient les plats. Francis s'assit, gardant le silence. Il ne savait pas quoi dire et préférait ne pas se faire remarquer.

Arthur prit quelques bouchées et regarda les deux autres, avant de poser ses couverts. «Pays de Galles et Bretagne reviendront demain avec les enfants.»

Le petit canadien eut soudain un grand sourire, l'air impatient. «C'est vrai? Ils vont revenir?

-Tu pourras t'en occuper avant de retourner chez toi. J'ai prolongé ton séjour.»

L'enfant ne sembla pas s'irriter outre mesure de cela, l'air heureux. Il semblait impatient. «Merveilleux. Londres, Paris et Normandie me manquaient.»

Francis se figea, les informations venant à son cerveaux avec un temps de retard. Comment ça? Il y avait des représentations pareilles ici? Ce n'était pas le cas chez lui. Il était troublé. Mais préférait ne rien dire.

«Je pourrais m'en occuper?

- Tu aideras ton père à t'occuper de tes demi-frères et ta demie-sœur.»

Le français avait de nouvelles informations, donc Canada était bien son fils et ces trois enfants aussi. C'était sans doute Arthur l'autre parent. Mais il était inquiet aussi. Pourrait-il faire illusion devant les enfants? Et si ceux-ci ne rendaient compte de l'échange? Il lança un regard inquiet à l'anglais mais celui-ci ne fit pas attention à lui. Il était tourné vers la colonie, le sourire aux lèvres, parlant avec lui gentiment. Il n'avait plus le visage fermé et dur du matin, il était détendu et calme, et Matthew semblait bien moins tendue que dans la matinée.

«D'ailleurs ce n'est pas parce que Lily et Alan sont une ville et une région française qu'ils ne doivent parler que le français.»

Francis ne put s'empêcher de répliquer «Mais c'est la langue le plus utile pour eux.

- Certes mais vu les alliance, l'anglais en seconde langue serait parfait. Je te laisse bien apprendre le français à Jack.»

Matthew fit, comme pour en rajouter «Et moi je parle les deux langues. C'est bien non?» il semblait craindre la dispute. Son père lui avait appris les deux langues quand il était jeune, avant même qu'il passe sous domination anglaise. De même Alfred parlait trois langues: le français, l'espagnol et l'anglais. Mais la compréhension entre son frère et Arthur n'était pas très forte. Son aîné détestait l'empire, qui avait osé envahir son père alors que celui-ci était dans un moment de faiblesse.

«Très bien, je vais leur apprendre l'anglais.

- Parfait.»

Enfin, Francis espérait que la situation serait résolue avant que les enfants ne reviennent ou avant que quelqu'un ne se rende compte de la situation.


A Suivre