Disclaimer: Tout le monde de Hétalia appartient à Hidekazu Himaruya.
Parings: Fruk
Genres: Humour, Romance, Angst, Aventure
Rating: On va dire T, avec ce que j'ai prévu.
Chapitre 7: Souvenirs
Il se souvenait bien de Native Amérique.
Elle ne lui avait pas dit grand chose sur elle. Il ne savait pas quel était son âge réel. Il avait appris, lors de ses discussion avec elle qu'elle était jeune quand les vikings étaient venus. Sa mère et son père avaient disparu depuis longtemps. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle existait, il lui semblait qu'elle avait toujours été là. Sa mémoire de ses parents étaient flous. Parfois, elle se demandait si elle n'était pas une nation apparue subitement ou si elle n'était pas née de parents humains. Elle vivait en se déplaçant de campements en campements, fréquentant de nombreuses tribus.
Elle s'appelait Algoma.
Ses yeux étaient dorés et ses cheveux longs étaient de couleur bruns les tressait, les retenant avec un morceau de cuir, décorant sa coiffure avec des fleurs.
Un jour, des gens étaient arrivé de la mer. Des gens aux cheveux clairs, et à la peau pâle. Leurs bateaux étaient effrayants, avec des têtes de monstres.
La tribu qui l'abritait l'avait caché, emmené loin des côtes. Elle ne les avait plus vu mais avait entendu des histoires effrayantes au sujet de ces homme venus de la mer.
Alfred fronça les sourcils et lança, hésitant «Je me demande si Francis a connu Native Amérique dans notre monde aussi. Et si elle a croisé aussi les vikings. Et d'ailleurs on a jamais su pourquoi ils étaient partis.» Ce serait une question intéressante à leur poser d'ailleurs.
«Oui il la connaissait.» intervint Arthur, servant une tasse de thé à son invité d'un autre monde, il se tourna vers celui-ci et ajouta, pour son information «Dans notre monde, les jumeaux sont nos enfants à Francis et moi. Je l'avais transformé en fille et...» Il s'interrompit, gêné.
France ouvrit de grands yeux et fit, surpris «Et bien, je parie que mon Arthur aurait été ravi que ça soit le cas dans notre monde.» Il secoua la tête et reprit son histoire.
Algoma grandit. Elle portait des vêtements relativement décorés. Elle se peignait rarement la peau. Des plumes colorées ornaient le bandeau de cuir qui ceignait son front. Elle était très douée dans beaucoup de domaines. Elle était silencieuse et sentait les intentions des gens. Elle était capable de deviner si la personne en face d'elle lui mentait ou pas. Elle était d'une nature espiègle et curieuse. Son peuple la voyait comme une sorte d'esprit protecteur qui vivait parmi eux. Ils la respectaient et lui demandaient conseil. Elle était une sorte de shaman. Elle était à la fois respectée, crainte et aimée par son peuple.
Un jour, de nouveaux bateaux vinrent de la mer. Ils étaient différents. Elle évita les individus qui étaient, elle le sentait, comme elle et alla vers le nord, plus au calme. Mais là encore des hommes vinrent. Ils s'installèrent. Elle était curieuse et les observa de loin. Ceux-ci ne s'en prenaient pas à son peuple, ils commerçaient avec eux au contraire. Elle rencontra Francis un jour de troc. Elle lui échangea une couverture bien chaude contre les peaux de castors.
Ils échangèrent quelques mots une autre fois. Il lui apprit un peu sa langue, elle la sienne. Ils parlèrent elle de ses dieux, lui du sien. Il lui fit goûter des choses venant de chez lui et elle fit de même. Ils passèrent beaucoup de temps ensemble. Une fête fut organisé entre les colons français et les indiens. On l'appela la «Fête des récoltes».
«ThankGiving» s'exclama joyeusement Alfred, interrompant le français. «Il y a cette fête chez moi aussi.
- C'est effectivement comme ça qu'on l'appelle dans la partie anglophone chez mon Alfred.» sourit son interlocuteur, prenant une gorgée de thé. «Ils ont reprit la fête en prétendant que cela venait de chez eux. Une tentative de mon cher voisin pour attirer Alfred chez lui en s'appropriant cela. Évidement ça n'a pas marché. Mon fils avait déjà apprit la vérité. Il refuse d'utiliser le nom anglophone. Sauf pour se moquer d'Angleterre.»
Arthur grommela. Il avait l'impression que son double était un méchant dans cette histoire. Il n'avait pas été lui-même très aimable avec les indiens mais pas à ce point. Heureusement que les jumeaux ne s'en souvenaient pas. Il avait suffisamment honte quand il y pensait. Canada l'avait détesté à cause de ça à une époque. Il avait refuser de s'alimenter, avait hurlé et s'était roulé par terre. Il avait même fuit dans la forêt et il avait mit deux jours à le retrouver. Suite à ça, il lui avait interdit de s'approcher des indiens. Et avait prit des mesures pour que cela soit fait. Matthew n'en avait jamais reparlé. Arthur se demandait si il s'en rappelait. Si il subsistait une rancune à ce sujet.
Que ça soit dans ce monde ou dans l'autre, Francis était généreux et avait commercé avec les indiens au lieu de se battre contre eux, même s'il y avait eu quelques escarmouches avec certaines tribus. Dans l'ensemble, les français s'étaient bien entendu avec eux.
Il croisa soudain le regard suspicieux de l'américain et s'écria «La fête de ThankGiving vient bien d'un échange entre les anglais et les indiens dans ce monde. Je n'ai rien volé à Francis.»
Matthew serra son ours en peluche contre lui et fit «Alors vous êtes devenus proches vite?
- Assez. Avec le recul, je pense qu'elle sentait que ses successeurs devaient naître. Qu'elle ne pouvait représenter les colons. Qu'il fallait que des héritiers naissent. Et elle ne voulait pas que Espagne ou Angleterre soient les pères, cruels comme ils l'avaient été avec son peuple.»
Parfois il se demandait si elle avait vraiment eu de l'affection pour lui ou s'il n'avait été que le père idéal pour ses successeurs. C'était difficile d'en parler. Ce n'était pas Arthur qui aurait été une épaule solide pour en parler. Il aurait été trop heureux de critiquer l'indienne. Il avait eu beaucoup de mal à accepter cette histoire. Et parfois, certaines remarques pouvaient laisser penser qu'il y penser encore. Ce type avait la rancune tenace, surtout quand c'était sa jalousie qui était titillée.
Ils se rapprochèrent beaucoup en un hiver. Avant que le français ne reparte sur ses terres ce rapprochement fut rapide mais sincère. Parfois Francis ne savait pas à quoi elle pouvait bien penser. Elle disait des choses si étranges, comme si elle sentait les événements qui allaient arriver. Avait-elle un don de médium? Il n'en savait rien mais était impressionné par ses dons.
Et puis un jour, à la fin d'un séjour dans le nord des colonies, elle lui dit qu'elle attendait des enfants. Elle était certaine qu'il s'agissait de jumeaux. Un pour la partie nord des terres. Et l'autre pour les terres au sud.
Encore une fois ce mystérieux don.
Il lui fit de nombreux cadeaux pour lui faciliter la vie et fit construire une maison spacieuse pour les enfants. Il était impatient et inquiet. Il allait être père pour la première fois et le souvenir de Rome était flou, ne lui laissant pas un grand exemple dans la mémoire. Il craignait aussi qu'une autre nation ne vienne tout gâcher.
Et un jour enfin, naquirent les jumeaux. Pour cette fois, le français avait utilisé son pouvoir pour se téléporter sur sa colonie. C'est difficile et risqué mais il ne voulait pas rater ça. Ils étaient si petits que Francis craignait de les blesser en les prenant juste dans ses bras.
Durant les deux premières années de leur vie, ils grandirent comme des enfants normaux.
Matthieu avait des cheveux blonds bouclés et des yeux violets. Sa peau état pâle et délicate. Il était calme et ne pleurait pas beaucoup. Il était un petit mangeur, et était très câlin.
Alfred avait des grands yeux bleus, une peau dorée, et des cheveux bruns-rouge, avec une petite mèche au dessus du front. Il était vif et éveillé, pleurant beaucoup et voulant tout le temps être dans les bras, étant déjà un petit glouton.
Algoma n'était restée que le temps de leur donner des noms indiens. «Mukki» pour Matthieu et «Mikasi» pour Alfred. Elle disparu un beau jour, laissant les enfants avec leur nourrice. Quand Francis revint au Canada, on lui dit qu'elle avait disparu.
Alfred se tortilla, mal à l'aise «J'ai croisé Native Amérique. Elle s'appelait Tala dans notre monde. Je l'ai croisé au moment de l'expansion vers l'ouest. Elle avait des yeux ocres et des cheveux noirs.» il avait l'air un peu coupable en disant ça. Il n'avait aucun lien avec elle mais s'était senti proche d'elle malgré les différences. Il était son successeur, et il serait indirectement responsable de sa disparition. Il ne l'avait jamais revu après ça. Il se demandait si elle était toujours là parfois. Mais il ne la voyait pas lorsqu'il allait dans les réserves. Un vieil homme un jour lui avait dit que une légende racontait qu'une fière guerrière nommée Tala avait disparue dans la destruction d'un village, après avoir sauvé tous les enfants au 19e siècle. Et plus personne ne l'avait vu, ou ils refusaient d'en parler avec lui.
On disait qu'elle était un esprit qui les protégeait.
Mais les paroles laissaient entendre qu'elle avait disparu.
Alfred ne savait pas. Il se sentait responsable. Il savait que ce n'était pas son unique faute, que c'était essentiellement son peuple. Mais quand même.
Arthur resservit un peu de thé à ses invités et les poussa à prendre un petit biscuit, agissant en hôte modèle.
«Comment a réagit mon double en apprenant que tu avais des enfants?
- Il m'a fait une crise. Il l'a apprit dans un courrier narquois que lui a adressé Antonio. J'aurais préféré lui dire moi-même. Mais mon frère a voulu le narguer.» Il lui en voulait d'ailleurs un peu pour ça, persuadé que l'anglais l'aurait mieux accepté si c'était lui qui lui avait annoncé la nouvelle.
Il s'en souvenait très bien. Ça avait commencé par des lettres rageuses, puis une visite où Arthur avait tenté de kidnapper Alfred.
Les deux enfants étaient très différents. Alfred était vif, curieux et bavard. Matthieu était calme, timide et curieux. Ils faisaient pas mal de bêtises tous les deux. Mais Francis les adorait et leur passait tout. Il les emmena un jour en France, alors qu'ils n'avaient que deux ans physique. Il fit même faire un tableau où ils étaient tous les trois. Il fit baptiser les deux enfants, cachant l'identité de leur mè parrain d'Alfred fut Irlande et celui de Matthieu fut Alister.
Il écrivait des lettres où il parlait d'eux à ses frères, fier comme un paon. Il savait que Antonio et Marco avaient probablement eu des enfants avec les nations d'Amérique du sud et cachaient soigneusement ce fait, voulant les protéger.
Il commença alors à recevoir des lettres froide d'Arthur où celui-ci lui rapprochait son infidélité. Lui demandant pour qui il le prenait, s'il n'était qu'un fantasme de passage ou quoi. Et le menaçait à peine de représailles.
Les enfants, eux, grandissaient. Alfred était le plus énergique, voulant tout le temps jouer. Il adorait se déguiser en indien et attaquer en riant son frère, vêtu comme un trappeur. Des deux, le petit aux cheveux rouges semblaient être le seul à avoir eu une sorte d'héritage de sa mère. Il babillait quelques mots indiens, se peignait des marques colorées sur le visage. Mais cela ne dura pas, bien vite, même s'il continua de se déguiser, il cessa de parler cette langue, se limitant au français.
Francis, voyant que Matthieu avait un sommeil un peu trop léger, prit ses outils de couture et se mit au travail, fabriquant une sorte d'animal en laine, fourré de plumes et de coton. Un ours blanc. Avait-il fait inconsciemment de la magie? Comme souvent depuis sa jeunesse, celle-ci s'était échappée, conduite par ses sentiments et avait imprégné l'ourson.
Désormais celui-ci bougeait, parlait, dormait et même mangeait. Rien d'autre. C'était vraiment bizarre. Mais Francis le laissait, songeant que son fils avait un compagnon. Il avait fait une poupée de poney blanche à Alfred mais le phénomène ne se reproduit pas.
Arthur fronça les sourcils. Il ne savait pas comment son fils avait eu son ours. C'était un vrai qui ne grandissait pas. Mais les prouesses magiques de ce Francis l'intriguait. «Tu veux dire que tu ne contrôle pas ta magie?
- Elle est conduite par mes sentiments. Je ne maîtrise rien.»
Pendant un instant, l'anglais se demanda si cela était la même chose pour son amant. Il n'avait jamais rien vu mais songeait sérieusement à surveiller le français quand il reviendrait. Il n'allait pas le narguer comme ça. S'il pouvait utiliser la magie, il fallait qu'il apprenne à l'utiliser sans dommages, il ne fallait pas laisser ce genre de dons non maîtrisé.
«Et ensuite?» Intervint Matthew, câlinant son ours, curieux de savoir la suite. Ici, dans ce monde, son compagnon était un ourson véritable qui n'avait jamais grandit et qui pouvait parler. Il y avait sans doute de la magie là-dessous d'ailleurs mais il n'en savait pas plus.
Arthur se resservit une tasse de thé, s'enfonçant dans son fauteuil. Il était lui aussi intrigué par cette histoire et voulait savoir ce qui allait arriver. Même s'il ne l'aurait jamais admit.
Alfred coupa l'autre Francis avant même qu'il ne commence, comme si quelque chose lui venait, avec un peu de retard «Attends.
- Oui?
- T'a dit que j'avais les cheveux rouges?
- Mon fils a les cheveux rouges en effet. Et il les a longs. Il aime se faire des coiffures étranges avec ses cheveux.
- Ha...» L'état fédéral essaya d'imaginer une version de lui-même avec de long cheveux de cette couleur et eut du mal. Il aurait aimé le voir en vrai. Ils avaient sans doute des choses en communs et il aurait aimé apprendre des choses à ce double.
Ils étaient différents et semblables à la fois. Matthieu aimait les habits dans les tons bleus ou violet, avec du blanc et du doré. Alfred aimait le blanc et le vert, brodé de noir. Il aimait s'habiller comme un indien, un trappeur ou un pirate. Il inventait de nombreux jeux et entraînait son jumeau dans de multiples bêtises. Matthieu aimait s'asseoir dans l'herbe et tresser des couronnes de fleurs, jouer avec des poupées et des animaux de bois. Alfred aimait ses marionnettes et ses soldats de bois.
Ils étaient différents au niveau de la nourriture. Alfred était un petit glouton qui dévorait de tout. Matthieu mangeait de tout aussi mais était plus délicat. La colonie du nord était calme et aimait la musique, entendre son père lui lire des histoires. Celle du sud aimait aussi les histoires mais préférait s'amuser avec des animaux et imaginer des histoires dont il était le héros.
Quand ils eurent 4 ans physique, Francis leur présenta Antonio. Matthieu accourut vers son oncle en riant, les bras tendus. Alfred fut plus méfiant, et refusa de descendre de la bibliothèque avant que le nouveau venu n'ait donné son épée à son frère. Après ça, il fut bien plus affectueux. Mais il resta quand même collé à son père, lançant des regards méfiants à l'empire espagnol. Comme s'il sentait la dangerosité de cet être.
Il ressemblait à un chaton sauvage, selon son oncle.
Quand il fut partit, Francis demanda à son fils pourquoi cette méfiance. Le petit lui répondit, l'air étonne «Parce qu'il veut peut-être me voler à toi»
Étrangement le petit savait ça. Une sorte d'instinct. Sans doute venu de sa mère qui avait eu affaire à l'espagnol. Il sentait que celui-ci était à la fois un proche et un danger pour lui.
La situation géographique du petit pouvait en effet laisser présager un tel risque, même si Angleterre était plus dangereux que Antonio à ce niveau.
Curieusement il n'avait plus de nouvelle de l'anglais.
Un autre jour, ce fut Écosse qui vint leur rendre visite, apportant une montagne de jouets et d'animaux. Les deux enfants furent conquis très vite. Cette fois, Alfred ne manifesta aucune méfiance ou timidité. Il en fut de même pour Irlande. Le fait que beaucoup de leur peuple respectif viennent s'installer en Nouvelle-France aidait également.
Alfred dit plus tard à son père que «Oncle Écosse est bon pour nous. Son peuple aussi. Comme celui d'Irlande»
Encore une fois, c'était le don étrange du petit.
«Attends, il était devin ou quelque chose comme ça?
- Non. Il sentait quand quelqu'un avait de mauvaises intentions à son égard ou à l'égard de ses proches. Il se méfiait d'Espagne parce qu'il sentait que c'était un colonisateur et il sentait aussi qu'il m'avait blessé. C'est aussi pour ça qu'il n'a aucune confiance en Arthur d'ailleurs. Surtout dans la situation actuelle. Et pourtant mon cher voisin aurait pu se faire apprécier, mais ses actions ont exacerbés la méfiance de mon fils.»
L'anglais grogna. Et se resservit une tasse de thé, préférant ne pas relever.
Francis apprit aux enfants à lire et à écrire quand ils eurent 5 ans physique. Ils babillaient déjà en français, en espagnol et en anglais. Même si la langue de leur père était leur préférée.
Alfred cessa de jouer à l'indien. Il cessa de vouloir assister au troc. Matthieu, ne voulant y aller seul, fit de même. Leurs liens avec la culture indienne se rompaient les uns après les autres. Leur père avait tenté de garder un contact avec ce peuple mais ses efforts étaient vains.
Francis leur racontait des morceaux de son histoire, pour leur apprendre les grandes dates de l'Europe. Il voulait que ses fils aient la meilleur éducation. Qu'ils deviennent des pays cultivés, braves, qui se feraient une place et la garderaient.
Quand il n'était pas là une nourrice et un précepteur s'occupaient des petits.
Un jour, alors qu'ils avaient 7 ans physique, Arthur demanda à le voir. Il vint jusqu'à chez lui et frappa à la porte. Francis entendit Alfred pousser un petit cri et partir à l'étage. Matthieu le regarda, craintif. Il ne partit pas en courant mais s'accrocha à la jambe de son père, un peu méfiant. La perspective de voir l'empire britannique, qui leurs avait été décrit comme un pirate, l'inquiétait un peu.
Son père sourit «Ne t'en fait pas, il est là juste pour parler.»
Il ouvrit la porte à l'anglais, l'invitant à entrer. L'empire se comporta un peu en terrain conquis, regardant de haut son rival.
«Bonjour Francis.
- Bonjour Arthur.» Il fit un signe de main vers un petit garçon aux cheveux blonds bouclés qui tombaient sur les épaules et aux yeux violets. Il était vêtu d'un ensemble bleu et blanc brodé de fleur de lys dorés.
L'enfant esquissa une révérence et fit «Ravi de faire votre connaissance monsieur Kirkland. Je m'appelle Matthieu.»
Arthur s'adoucit un instant. Le petit ressemblait tellement à son père. Il se demanda où était celui qui l'intéressait, son frère. Celui chez qui il avait des terres. Et à qui il ressemblait. Il espérait en lui-même qu'il serait semblable à son père.
France l'invita à s'asseoir et alla préparer un thé. Il savait toujours comment recevoir. Il appela Alfred mais il n'eut aucune réponse. Soudain un hurlement retentit.
Il se précipita au salon et vit son fils, déguisé en indien, agrippé à l'anglais, en train de tenter de lui arracher les cheveux. La victime, poussait des cris de colère et tentait de se débarrasser de son attaquant.
«ALFRED»
Il attrapa l'enfant qu'il enleva à sa victime, mais le petit emporta une mèche couleur sable, poussant un cri triomphant.
Alfred s'écroula, mort de rire en entendant cette histoire. Son double lui semblait bien sympathique.
Matthew eut un sourire et Arthur gonfla les joues. Il ne trouvait pas ça drôle du tout. Il avait mal rien qu'à imaginer la scène.
«Il a pas du apprécier.» s'amusa l'américain en riant, croquant dans un biscuit. Il imaginait toujours comme cela avait du se passer et trouvait ça bien amusant.
«Il m'a dit que j'étais un mauvais père et que mon fils était mal élevé.
- Je parie qu'il a dit qu'il aurait fait mieux. Il venait pour tenter de te voler ton fils. Ou le manipuler pour qu'il le suive.
- Sans doute. Il voulait aussi me reconquérir et il était prêt à tout pour ça.
- T'enlever ton fils, ce n'était pas la meilleur chose à faire.
- Sauf s'il voulait me faire du chantage.
- Sûrement.»
«Quelle éducation donnes-tu à tes enfants.» cria l'anglais, se frottant le crâne, l'air furieux. Ce gamin l'avait agressé sans raison et il n'était pas de bonne humeur. Le petit ne ressemblait pas à son père, mis à part les yeux, aussi bleus que ceux du français. Pour le reste, il était semblable à sa mère et cela rappelait la trahison à l'empire britannique. Même si son rival ne lui avait rien promit à l'époque.
Francis posa le petit aux mèches rouges dans un fauteuil et sortit un mouchoir pour le débarbouiller des marques de peintures sur son visage. «N'exagères pas.»
Arthur tempêtait toujours «Il est aussi un territoire anglais. Tu pourrais lui donner une bonne éducation. Qu'est-ce que ça donnera quand il seras grand. J'aurais trop honte quand mon peuple devra négocier avec lui.
- Je l'élève très bien.
- A attaquer les gens?
- C'est la première fois qu'il fait ça.» Il s'assit à côté de son fils qui se nicha contre lui, jetant un regard sauvage à Arthur. «Je suppose que tu ne lui plaît pas.
- Il est aussi les Treize Colonies. Il sera amené à traiter avec moi. Il vaut mieux qu'il change d'attitude. Il représente aussi des terres qui sont à moi.
- Je ne le nie pas. Mais ma colonie est plus grande que la tienne. C'est normal qu'il reste avec moi, ça et le fait que je sois son père.» fit-il d'un ton narquois, regardant son rival droit dans les yeux.
Arthur grogna, mauvais «Et leur mère, elle t'a laissé tomber?» siffla-t-il d'un ton désagréable.
Francis se crispa «Écoutes...» il sentait que la crise de jalousie venait et que l'autre aurait du mal à entendre raison.
«Non. Tu t'es bien amusée hein? Je n'étais qu'un fantasme pirate de passage? Devenu un empire je n'étais plus assez intéressant.
- Pas devant les enfants Arthur.»
Francis s'en souvenait. Cette dispute, devant les petits, était encore fraîche dans sa mémoire. C'était la première fois qu'il avait vraiment senti le danger venant de son rival. Avant c'était juste un adversaire. Il l'avait vaincu durant cette longue guerre de 100 années mais n'avait plus été confronté de façon brutale à lui depuis. Il présentait que sur ces terres, cela risquait d'arriver et qu'il allait devoir se battre pour préserver ses fils.
«Il a renoncé?
- Il est partit en disant que ça n'était pas terminé et qu'il ferait d'Alfred un parfait petit gentleman dès qu'il tomberait entre ses mains.
- Ben voyons.» ricana Alfred en prenant un nouveau biscuit, jetant un coup d'oeil narquois à l'anglais qui se renfrogna.
Arthur se sentait un peu plus indulgent. Son double avait eu l'impression d'être trahi et confronté à des enfants de cette trahison. L'un d'eux le détestait et l'attaquait alors qu'il représentait des terres qu'il possédait, le rejetant en partie. Et suite à ça, il se disputait de façon brutale avec son rival. Il avait du être frustré. «Je ne prend pas la défense de mon double mais je conçois qu'il ait été vexé.
Je sais, je ne lui en voulait pas spécialement pour ça. Il était important pour moi et avait une place spéciale dans mon cœur. J'ai essayé de lui parler par lettres mais il semblait refuser de m'écouter.
- T'envahir, c'était pas un peu extrême comme réaction?
- Je ne suis pas certain que ça ait un rapport en fait.» murmura Francis en réfléchissant, se remémorant certaines choses. Tout semblait lui dire que tout cela avait résulté d'une rancune longuement ruminé ou d'un projet fou pris sur le vif, profitant de la situation. «Dire que j'ai appelé Alfred comme ça en hommage à un homme de chez Arthur. Il n'a jamais été capable de le voir.»
Matthew toussota et dit «Et ensuite, que s'est-il passé?»
Cependant, un jour Alfred alla mal. Il fallait qu'il aille sur ses terres. Il avait besoin de renforcer ses liens avec elles. Francis fit donc construire une maison dans la partie sud de la Nouvelle-France, engagea une nouvelle nourrice et un nouveau précepteur.
Les deux enfants pleurèrent mais ne firent pas de crise. Ils sentaient la raison de cette sé se promirent de se revoir aussi souvent que possible et de s'écrire tout les jours. Comme ils écriraient tous le jours à leur père. Ils remplissaient de petits carnet durant la semaine et l'envoyait à Francis, sous un sceau créé spécialement pour eux.
Alfred était débrouillard et trouva vite à s'amuser là où il était, s'amusant avec les enfants de colons qui furent mis au courant de sa condition pour ne pas s'étonner du fait qu'il ne grandissait pas normalement.
Il apprit à monter à cheval et à manier une épée, petit à petit. Il fuyait parfois ses leçons pour aller jouer mais dans l'ensemble grandissait de façon saine et sérieuse. Matthieu faisait de même.
Un jour ce fut la guerre. Leur père la décrit comme celle de succession d'Autriche. Ils avaient 7 ans physique pour Matthieu et 10 ans pour Alfred à ce moment. Pour le moment ils n'étaient plus vraiment jumeaux. Et ils tremblèrent chacun dans sa maison pendant que les combats avaient lieu aux frontières des colonies. Mais la France et l'Angleterre finirent cette guerre sans que l'un l'emporte sur l'autre.
Quelques années passèrent et ils atteignirent les 10 ans physique pour Matthieu et 13 pour Alfred. Et éclata la guerre de 7 ans. Ce fut terrible. Angleterre avait prévu un véritable piège, qui se referma sur le Canada. Alfred hurla quand il comprit que son frère était tombé entre les mains de l'ennemi. Et son père eut toutes les peines du monde à l'empêcher d'aller le sauver, au risque de se faire piéger lui aussi.
Ce ne fut qu'en voyant les blessures de son père que Alfred se calma. Quand un messager arriva pour dire que le roi de France avait décidé de céder le Canada à l'Angleterre pour garder la Guadeloupe et la Martinique, Alfred fit une crise. Il s'enfuit dans la forêt, rejoindre les indiens et ne revint que un an plus tard. Et ce fut pour apprendre qu'une révolution avait eu lieu en France.
«Pendant la guerre de 7 ans, Arthur avait envahi la Belgique et les Pays-Bas. Il ne s'est jamais retiré, malgré les avertissement de l'Espagne. Et il a attendu son heure. Un an après cette guerre mon pays était dans une situation de crise: plus d'argent dans les caisses, les révoltes avaient été détruites par un hiver bien trop rigoureux et les anglais prenaient tous nos navires venus des Amériques. Le roi en place à multiplié les erreurs. Et mon peuple s'est soulevé. C'était en 1759.
- Tiens la guerre de 7 ans a lieu plus tôt dans ton monde?
- Pourquoi dis-tu ça?
- Chez nous, elle s'est fini en 1763.» expliqua Arthur, resservant du thé à son invité, et écrasant le pied de son ancienne colonie qui voulait dire quelque chose.
«Je vois, il y a donc pas mal de différences entre nos mondes.
Ils n'allaient pas très rigoureusement identiques.
- Que s'est-il passé alors?
- Mon peuple a voulu envahir la Belgique, donnant ainsi à Arthur l'occasion de riposter et il m'a envahi. En sentant la défaite proche, mon peuple a donné l'indépendance à Alfred mais il ne l'a pas accepté et a attaqué mon ancienne colonie pour l'envahir. Au début Espagne l'aidait mais depuis qu'il s'est fait envahir à son tour...ce n'est plus qu'une question de temps avant qu'il ne se fasse capturer. Je crois que Arthur s'amuse, pour voir combien de temps mon fils lui résistera avant de céder ou se rendre.»
Il laissa son esprit vagabonder pour se remémorer d'une dernière scène.
«J'ai une surprise pour toi.»
Arthur semblait de trop bonne humeur. Il lui prit la main et le tira hors de sa demeure, l'entraînant dans un voiture tirée par des cheveux alezans. Le trajet se fut dans le plus grand silence, Francis refusant de parler à son geôlier. Celui-ci fit quelques tentatives pour parler mais sans succès. Il renonça donc et regarda par la fenêtre.
«Tu verras.» fit-il soudain «Ça va te plaire.» Il n'y eut aucune réponse. Arthur ne se démonta pas et eut un petit rire «Tu pourrais dire quelque chose. Tu n'es pas curieux?»
Rien, l'autre ne le regarda même pas. Arthur eut une moue agacé mais n'insista pas.
Ils finirent pas arriver sur le port, où venait d'arriver un magnifique navire. La passerelle était abaissée.
Arthur eut un nouveau sourire et fit «Allez, ferme les yeux.»
Francis lui jeta un coup d'œil blasé.
«S'il te plaît.»
Le plus vieux obtempéra, essentiellement pour avoir la paix.
Arthur aboya quelques ordres, veillant à ne donner aucune informations intéressantes. Il fallait que l'autre reste dans le vague.
Finalement il rit et fit «Tu peux ouvrir les yeux Francis.»
L'autre obéit et se trouva face à un enfant d'environ 10 ans, aux cheveux blonds bouclés et aux yeux violet, serrant un ours blanc contre lui, tremblant et jetant des coups d'œil inquiets à l'anglais. Puis il se jeta dans les bras de son père en pleurant. «Papa, tu vas bien?
- Tout va bien mon chéri. Je suis tellement désolé.» il sentit les larmes lui piquer les yeux. Il était tombé à genoux pour être à la hauteur du plus jeune et le serrait contre son cœur, la gorge serrée. Voir un visage familier dans cette prison dorée était un bonheur. Voir son fils qu'il n'avait pas pu contacté depuis sa défaite lors de cette guerre aussi.
«Ne pleures pas papa.» fit le canadien avec inquiétude. «Je n'aime pas quand tu es triste.
Ça va, Mattie.» il s'essuya les yeux, regardant son fils avec joie. Il n'avait pas grandit, mais semblait en forme et heureux. Arthur ne lui avait rien fait de mal, et l'avait même fait venir ici. Dans une tentative pour l'acheter sans doute. Mais peut-être qu'il s'agissait d'une véritable gentillesse. Il ne savait pas et ne voulait pas le savoir. Il regarda l'anglais qui parlait plus loin avec le capitaine du bateau, le laissant en paix. Mais il sentait bien qu'il était surveillé.
«Arthur ne t'a rien fait? Il n'a pas été méchant avec toi? Mon pauvre chéri, il ne t'a pas nourri j'espère?
Non il y avait une nourrice. Mais ce n'était pas celle que tu avais laissé. Elle était anglaise et sévère. Elle ne voulait pas que je parle français. Et elle voulait me convertir de force à la religion des anglais. Finalement le gouverneur a dit qu'il fallait me laisser tranquille et m'a donné une nounou écossaise catholique qui elle est très gentille. Il l'ont fait venir avec moi d'ailleurs. Elle cuisine bien. Pas aussi bien que toi. Mais non je n'ai pas goûté les repas de monsieur Kirkland. Il a été gentil avec moi. Et a donné des droits aux canadiens d'origine française. Ils peuvent garder leur langue, leurs traditions et leur religion.» Le petit reprit son souffle. Et fit un grand sourire à son père.
«C'est...bien.»
Au moins, Arthur ne s'était pas comporté comme un sauvage. Il se crispa en le voyant revenir.
«Tout vas bien?» Fit l'anglais, le sourire aux lèvres.
Cependant, Francis ressentait de la gratitude pour avoir fait venir son fils ici et fit un fragile sourire à son désormais empire «Merci Arthur.»
Canada hocha la tête «Merci monsieur Kirkland.»
Celui-ci sembla ravi. Mais il se pencha vers l'enfant et fit «Désormais, appelle moi daddy.»
A Suivre
