Chapitre 44

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ensuite ? Demandé-je à Nahuel.

« Nokomis et moi avons repris le cours de notre vie à la réserve mais certaines nuits, je l'emmenais découvrir le monde à l'insu des autres. J'ai révélé à mon meilleur ami ce que j'étais et il a voulu me rejoindre. Je l'ai mordu mais ça n'a pas donné de résultat, je lui ai alors fait boire mon sang et sa transformation a opéré. Nous avons passé trois siècles ainsi jusqu'à ce qu'Elias croise un groupe de trois vampires, il a réussi à en tuer deux à lui tout seul mais le troisième a profité qu'il soit occupé avec le second pour le tuer. Les autres sont arrivés à ce moment-là et ont tué le dernier vampire en vie. J'étais avec Nokomis quand les autres le lui ont annoncé, elle a été anéantie. J'espérais que son amour pour moi serait suffisant pour la garder en vie mais elle dépérissait à vue d'œil et... elle a fini par mourir. Je lui ai fait boire mon sang mais ça n'a évidemment rien fait. Je n'avais pas vraiment d'espoir que ça fonctionne sur elle mais il fallait essayer. À sa mort, tous les métamorphes ont perdu la faculté de se transformer en loup et ont perdu leur immortalité.

« Voilà, soupire Nahuel, vous savez tout.

« Merci de nous avoir raconté, le remercié-je.

« Je t'en prie, c'est bien normal, tu es la nouvelle nokomis.

« Sauf que je m'appelle Lunabell, pas Nokomis.

« J'entendais par là "fille de la lune", c'est la traduction dans notre langue.

« Ah oui, c'est vrai.

« Donc tu t'appelles Lunabell et vous autres ?

« Paul, se présente mon petit-ami.

« Edward et mon âme-sœur Ophélia.

Nahuel incline la tête.

« Du coup, Paul, tu es le nouvel alpha des nouveaux loups guerriers ?

« Non, c'est Edward qui l'est, Bells s'est liée à lui. Il a été son premier copain et c'est aussi son enfant qu'elle porte.

« Oh, fait Nahuel avec étonnement. La tribu t'a laissée bien plus libre que vos ancêtres n'ont laissé Nokomis l'être. Nokomis était obligée de faire ce qu'on attendait d'elle, soigner les blessures des loups, cacher les sentiments qu'elle ne devait pas éprouver pour un autre que son compagnon, ne pas sortir de la réserve pour sa protection. Ça la mettait juste dans une cage dorée.

« Ils n'ont pas vraiment eu le choix ni eu le moyen de m'empêcher de faire quoi que ce soit. Ce qui est drôle, c'est que ce sont les légendes que ma mère racontait à ma sœur et son manque d'intérêt pour moi qui m'ont donné un fort caractère et ce refus de laisser qui que ce soit contrôler ma vie.

Je lui résume notre vie, à Loona et moi. Lui explique comment j'ai rencontré Edward, comment il a été transformé, comment je lui ai révélé mes sentiments alors qu'il avait une folle envie de boire mon sang. Je raconte l'emménagement à la réserve avec Loona, comment je me suis rendue compte que j'étais tombée amoureuse de Paul alors que mes sentiments pour Edward n'avaient pas disparu et lui explique le bordel de mes liens avec les deux hommes à mes côtés.

« Donc Paul s'est imprégné de toi malgré ton lien d'éternité avec Edward ?

« J'appelle ça le lien mystique mais ouais, il y a Paul et moi, Ophie et Edward et ce lien entre Edward et moi. Faut juste... ne pas se saouler.

Nahuel reste silencieux un moment.

« Je vous envie, Paul et toi. J'aurais aimé pouvoir vivre mon amour avec Nokie, qu'elle me choisisse mais nous n'avions aucun lien si ce n'est des sentiments toujours présents et une amitié sincère alors je ne faisais pas vraiment le poids contre son compagnon d'éternité.

« Je suis désolée, soufflé-je doucement.

« T'en fais pas, balaye-t-il. Mes souvenirs de Nokomis et du temps passer avec elle sont ce que j'ai de plus précieux, il m'arrive d'être nostalgique en y repensant mais je suis heureux d'avoir vécu auprès d'elle. J'ai aussi pu voir les premières années de ta grand-mère, Ayla.

« Oh, j'ai peu de souvenirs de mamie Ayla, je me souviens de beaucoup de rides et de cheveux gris, je n'arrive pas à imaginer qu'elle aie pu être une enfant, un jour.

« Je peux te dire qu'elle l'a été, rit-il.

« Tu veux te rendre à la réserve ? Demandé-je.

« J'aimerais assez, je n'y ai pas remis les pieds depuis la mort de Nokie et, pourquoi pas, rencontrer la nouvelle génération de loups-guerriers.

« Je leur envoie un sms pour les prévenir, si tu veux ?

« C'est gentil.

Je sors mon téléphone et envoie un sms à Sam :

Hey, j'espère que vous allez bien ? Nous avons la visite du vampire que Jasper et Alice sont allés chercher, c'est un vampire particulier, vous ne sentirez pas qu'il en est un, il se nourrit d'animaux. Il s'appelle Nahuel, il a grandi avec la première génération de loups, je pense que vous voudriez parler avec quelqu'un qui a vraiment vécu auprès d'eux et qui connaît la vérité au-delà des légendes. Il aimerait bien revisiter ses terres d'origines.

C'est génial ! Il peut venir, on le rejoint sur la place du village. On va bien et vous ?

Ok, je lui dis. Ça va ici aussi.

« Ils t'attendent sur la place du village. Tu m'excuseras, je ne t'accompagne pas, je n'y remets pas les pieds tant qu'un problème n'a pas été résolu.

« Aucun soucis, Lunabell. Je vais y aller dans ce cas, je passerai vous saluer avant de repartir chez moi, sourit-il.

« Ok.

Nahuel s'en va. Je me tourne vers Ophie et lui sourit.

« Tu vas pouvoir gérer la transformation ? C'est trois jours mais tu gagnes ta voix à la fin et tu n'auras plus à passer par là, ensuite.

Elle hoche la tête.

* Si trois jours de torture est le prix à payer pour parler à nouveau, je passerai par là. Je vais envoyer un sms à ma mère pour lui dire que je reste dormir ici pour le reste des vacances. Je n'arrive pas à croire que je vais pouvoir devenir vampire sans faire peur à Toc toc.

« Tu n'as même plus à renoncer à la bonne bouffe et à toutes ces bonnes choses sucrées, appuyé-je.


C'est le grand jour, celui de la transformation d'Ophélia Miller en vampire. Dès que sa mère a accepté qu'elle passe le reste des vacances chez Edward, elle a voulu qu'on s'y mette. Edward lui a quand même demandé d'attendre le lendemain matin, soit aujourd'hui. Il s'est dit qu'elle devrait profiter de sa dernière soirée d'humanité. On a organisé une petite soirée burgers avec les loups pour l'occasion. J'ai tenté de la faire patienter jusqu'à demain, pour le symbolisme vu que ça la ferait se réveiller le jour de Noël mais elle a refusé tout net, ne voulant pas que sa renaissance soit assimilée à celle d'un être religieux.

Nous sommes assises dans le lit double qui a été installé dans la chambre d'Edward depuis deux mois. Ils ont découpés une partie des étagères pour incruster la tête de lit contre le même mur et ça rend comme si tout avait été prévu pour ça.

« Tu es nerveuse ?

Elle hoche la tête.

* Je suis terrifiée mais je suis prête. Nahuel a dit que ça va me soigner et me rendre parfaite en tout point, chaque partie de moi. Les cicatrices vont disparaître aussi ?

« Ouais, c'est ce que j'ai compris. Si ça soigne tes cordes vocales, je vois pas pourquoi ça ne soignerait pas des cicatrices, aussi.

Je vois le soulagement sur son visage.

« Tu as des cicatrices d'opération ou d'accident ? Demandé-je.

Je ne m'attendais pas à voir ce genre de cicatrices quand elle remonte les manches de son pull. Je prends doucement ses poignets pour être sûre de ce que je vois. Elle porte constamment des manches longues pour les cacher, pas pour le soleil. Son excuse était plausible mais en connaissant ce qui se passe avec sa mère, j'aurais pu faire le lien. Ça m'attriste, j'ai envie de la prendre dans mes bras et la protéger contre la brutalité du monde.

« Tu as voulu...

Je laisse ma phrase en suspens. Elle reprend ses bras pour me répondre.

* À Phœnix, épelle-t-elle avec sa main. C'est pour ça que nous avons déménager.

Ça m'attriste beaucoup qu'elle ai voulu disparaître, qu'elle se soit sentie assez mal pour le vouloir. Elle place ses mains sur mes joues pour que je remonte le regard sur elle et elle me sourit. Ses mains disparaissent de mes joues et elle recommence à signer :

* Les ados de mon ancien lycée me harcelaient, je suis sortie avec un gars mais au final, il se foutait de ma gueule, c'était juste un pari de merde qu'il avait fait et j'ai fait l'erreur de parler de tout ça à ma mère. Je ne sais pas à quoi je m'attendais de sa part parce que, d'une certaine manière, elle faisait la même chose. Elle s'est juste servi de ça pour me faire comprendre qu'elle avait raison, que je n'intéresserais jamais personne, que je ne faisais pas d'effort pour m'ouvrir aux autres et que je m'enfonçais moi-même dans ma solitude.

Je secoue la tête, sidérée.

* Je n'ai pas réussi à lui faire comprendre que c'était difficile de s'ouvrir aux autres quand on ne dispose pas de l'un des outils essentiels à la communication. Parler avec le téléphone, ça va au début mais les gens se lassent vite et même m'oublient alors qu'ils se parlent normalement entre eux.

« Je n'ai jamais aimé ta mère mais là, elle ne risque pas de remonter dans mon estime.

Elle hausse une épaule.

* Je n'en pouvais plus et je me suis dit que tout serait plus facile si je n'existais plus. Je me suis taillé les deux poignets pour aller plus vite mais ma mère est rentrée plus tôt. Je dis "mais" mais heureusement, en fin de compte. Elle m'a emmenée dans son bureau à l'hôpital et m'a soignée elle-même pour que personne ne sache que sa fille déjà imparfaite avait tenté de se suicider. Nous avons déménager ici peu de temps après.

* Et Paul puis toi ensuite êtes arrivés dans ma vie et vous avez appris mon langage. C'est la première fois que j'ai compris ce que ça faisait que d'être aimée, vraiment aimée. J'ai su à ce moment-là que jamais je ne vous laisserais partir, je vous aime, tous les deux.

« Moi aussi et je sais que Paul aussi t'aime. Je remercie l'Univers de t'avoir placée sur mon chemin et sur celui d'Edward. Je n'aurais voulu personne d'autre comme meilleure amie et personne d'autre pour Eddy.

Elle me sourit.

* Tu peux appeler Edward, je suis vraiment prête.

Je l'attrape et la penche vers moi pour lui faire un bisou sur la joue. Je me lève et vais retrouver Edward qui attend plus loin dans le couloir, avec Paul.

« Elle est prête, leur annoncé-je.

Nous allons tous dans la chambre pour dire au-revoir à l'ancienne Ophie.

« On sera là, lui dit Paul.

Elle hoche la tête et nous regarde tour à tour.

* Je vous aime.

« Nous aussi, répond Paul, nous devançant, Edward et moi.

Paul et moi sortons et laissons le couple seul pour procéder à la transformation. J'emmène Paul dans ma chambre et me blottis dans ses bras. Je me rappelle comme Edward avait souffert pendant sa transformation et imaginer Ophie souffrir ainsi m'est difficile. Paul se dégage et s'installe en travers du lit, assis le dos contre le mur, je m'assois entre ses jambes, devant lui et m'adosse à lui. Il glisse ses mains autour de mon ventre.

« Ça va aller, murmure-t-il. Dans trois jours, c'est fini.

Je le sais mais ça ne m'empêche pas de m'inquiéter, elle est sur le point de souffrir atrocement. Je regrette qu'elle doive passer par la transformation normale pour retrouver sa voix. Après un moment de silence entre Paul et moi, on toque à la porte qui s'ouvre immédiatement après, Jasper apparaît, il semble mal.

« Edward ne supporte pas. J'ai essayé de l'éloigner d'Ophélia mais il refuse. Je pense que tu peux le convaincre, il ne faut pas le laisser la voir souffrir, il va perdre pied.

Je me lève aussi rapidement que mon ventre me laisse le faire et me dirige dans la chambre d'Edward, suivie par Paul. Ophélia agonise sur le lit, se tordant, ses mâchoires sont tellement serrées que j'ai mal aux dents rien qu'en la voyant. Edward est à genou à côté du lit et lui tient la main entre les deux siennes, s'excusant inlassablement. Je pose ma main sur son épaule pour attirer son attention mais il ne montre aucun signe qu'il m'aie sentie. Je prends son bras et tente de le relever moi-même en l'appelant mais je n'ai aucune force. Cependant, ça le réveille de sa transe d'excuses, il se relève, me fixe avec de la douleur dans les yeux.

« Viens avec moi, tu ne peux pas rester ici.

Il secoue la tête.

« Je ne vais pas la laisser seule à souffrir comme ça.

« Paul va rester avec elle, toi tu viens avec moi. Elle souffre déjà assez, elle n'a pas besoin de voir à quel point ça te fait souffrir aussi. Paul et moi, nous nous relayerons pour veiller sur elle. Viens.

Je prends sa main, peu sûre qu'il me suive mais il le fait. Je veux l'emmener au salon mais il s'arrête, je me tourne pour savoir ce qu'il veut, il m'attrape et me serre dans ses bras. Je le serre à mon tour et le réconforte.

« Je ne sais pas comment tu as fait, grogne-t-il à moitié.

« Fait quoi ?

« Me regarder souffrir pendant trois jours. C'est atroce.

« Je me suis évanouie avant la fin, tenté-je de plaisanter.

« Ça a été très dur, oui, reprends-je plus sérieusement. Je ne savais pas s'il y aurait une fin, ni même si tu allais vivre, j'ai mentalement souffert de te voir comme ça mais il y a une fin et Ophie sera debout dans trois jours.

Il me décolle et entoure mon visage de ses mains, ses yeux dorés me scrutent.

« Je suis heureux de ne pas avoir à te transformer, aussi. Être ta première fois a été la meilleure décision de ma vie.

Ses mains glissent pour entourée mon cou, ses pouces caressent l'angle de ma mâchoire inférieure.

« Tu m'aurais transformée si tu ne me rendais pas immortelle ?

« 100%, oui, répond-il. Tu crois que je ne t'aie pas prise au mot quand tu m'as promis de ne jamais m'abandonner ?

« Sauf que je ne peux pas être transformée, lui rappelé-je.

« J'aurais cherché un moyen, contre-t-il. Et je l'aurais trouvé.

Je vais chercher ses mains avec les miennes et les serre.

« Je suis sûre que tu l'aurais fait. Elle ira bien, dans trois jours ce sera fini.


Les trois derniers jours ont probablement été les pires qu'Ophélia a vécu. Paul, Esmée, Alice et moi nous sommes relayés pour rester auprès d'Ophie et d'Edward. Il avait besoin d'être soutenu et surtout d'être empêché de revenir dans sa chambre. J'ai donc passé la plus grande partie de mon temps à veiller sur Ophie et sur Edward, tour à tour, les seuls moments où je n'y étais pas, c'était pour dormir et me laver. Alice et Esmée se relayaient la nuit, Paul et moi, la journée. On ne pouvait pas faire grand chose mais au moins, nous étions là, comme soutien.

Je suis actuellement allongée aux côtés d'Ophie, Edward et Paul sont adossés contre le mur, pas très loin. Ce n'est qu'une question de minutes avant que la torture ne se tarisse totalement. Elle semble déjà moins souffrir qu'il y a une heure, son visage est moins crispé et ses grimaces moins prononcées. Elle n'a pas fait le moindre son, aussi j'ai peur que Nahuel se soit trompé mais vu la crispation de ses muscles maxillaires, il est possible qu'elle se soit toujours contenu. Elle veut peut-être que le premier son qui traverse sa gorge ne soit pas quelque-chose de négatif.

Son corps cesse de s'agiter et devient complètement immobile, il n'y a pas le mouvement de sa respiration et je suis sûre que si je prenais son pouls, je ne le sentirais pas. Le silence est si pesant autour de nous que j'entends ma propre respiration. Je me redresse et me tourne vers elle pour m'asseoir en tailleur. Je ne suis pas inquiète de la soif qui va la submerger car ce n'est certainement pas vers moi qu'elle se dirigera. Elle ouvre les yeux, autrefois verts, ils sont noirs à présent. Elle reste un moment à regarder le plafond puis elle se redresse, posant les mains sur le matelas pour se maintenir. Elle nous regarde tour à tour puis son sourire apparaît. Son regard se baisse un instant et se relève, elle nous regarde à nouveau, ses lèvres s'ouvrent, elle passe sa langue dessus pour les humidifier ou pour faire durer le suspens. Nous attendons tous de savoir si elle n'a pas enduré ces trois jours pour rien.

« Je vous aime, murmure-t-elle.

Ses yeux s'écarquillent alors que sa main s'approche de sa bouche sans aller la toucher, son sourire s'agrandit.

« Je vous aime, répète-t-elle plus fort.

Sa voix est magnifique, aucunement affectée de ne pas avoir été utilisée depuis douze ans. L'émotion est visible sur son visage. Edward se rapproche et s'assoit sur le matelas, sa mains glisse sur la joue puis dans les cheveux de son âme-sœur, il lui sourit, dépose un bref baiser sur ses lèvres.

« Je t'aime, lui dit-elle.

« Je t'aime, lui répond-il.

Ophie le regarde avec admiration tandis qu'il pose sur elle un regard tendre. Ils sont adorables tous les deux. Ophie se tourne vers moi, échappant à la main d'Edward qui était toujours dans ses cheveux, elle s'agenouille et me serre dans ses bras.

« Merci d'avoir été là, me murmure-t-elle. Merci de l'avoir éloigné, je ne supportais pas de le faire souffrir.

« Pas de soucis.

Elle se détache et se lève pour enlacer Paul, elle a eu une légère hésitation mais qui s'est vite dissipée.

« Merci.

« Rien de moins normal, dit-il.

Elle s'assoit au pied du lit, elle reste immobile et silencieuse. Edward se relève et s'approche d'elle, il glisse sa main dans ses cheveux ondulés.

« Tout va bien ?

Elle tourne la tête vers lui, je ne peux pas voir son visage d'où je me tiens mais je la vois hocher la tête.

« J'essayais de voir si j'avais un don, répond-elle, mais je crois que non.

Il la regarde un petit moment, silencieux puis sourit.

« Tu es déçue ?

« Un peu, fait-elle en haussant les épaules. Ma gorge me brûle.

« Tu as soif, je vais t'emmener chasser.

« C'est vrai, je dois faire ça. Rien qui ressemble à un félin, s'il te plaît.

« Bien sûr.

Il lui présente sa main, elle la prend.

« Nous ne seront pas longs, nous indique-t-il.

Il l'emmène avec lui à l'opposé de la porte. Je les suis du regard, me tournant sur le lit pour le voir ouvrir une double porte fenêtre qui mène... et bien nul part. Il n'y a pas de balcon, juste le vide et, plus loin, des pins qui cachent l'horizon. Au bord, Ophie commence à signer puis s'interrompt.

« On ne va pas se casser les jambes ? S'inquiète-t-elle. Je n'arrive toujours pas à croire que je parle.

Edward lui sourit et dépose un baiser sur son front.

« Tu me fais confiance ?