Chapitre 47
Je regarde Ophélia empiler ses affaires dans son sac. C'est la fin des vacances et comme prévu, elle doit retourner chez sa mère pour les six prochains mois. Enfin, elle reviendra forcément avant ça, bien sûr, c'est pour ça que l'Univers a créé les week-end et les vacances.
« Je suis pressée de revoir Toc toc mais pas tellement de rentrer, déclare-t-elle.
« Je n'ai pas envie que tu rentres, bougonné-je.
« On se revoit très vite, m'assure-t-elle. On peut aller boire un verre chez Bessie un soir après les cours, si tu veux.
« Oui, je pense que c'est le minimum requis pour te laisser nous quitter.
« Je ne vous quitte pas, je vais simplement dormir chez moi quelques temps. Tu as plus de mal à me laisser partir qu'Edward.
« Oh mais il t'enfermerait dans sa chambre, s'il pouvait ! Il veut juste donner l'impression d'être un mec sain d'esprit.
Ophie rigole, zippe son sac avec ses affaires dedans puis le ramasse. Nous sortons de la chambre mais en passant devant la mienne, nous entendons hurler à l'intérieur. Ophie s'arrête et me regarde.
« Je vais voir ce qu'il se passe, lui indiqué-je.
Elle hoche la tête et continue son chemin tandis que j'ouvre ma porte.
« J'en ai rien à foutre, putain ! Hurle Paul. J'ai pas besoin de toi ou de ton argent ni rien qui vienne de toi. Va te faire foutre ! Je t'emmerde.
Paul, de rage, jette le téléphone contre le mur, l'appareil ne résiste pas, des parties de lui se détachent et le choc a fait un renfoncement dans le mur. C'est à ce moment qu'il me repère, son regard est furieux, il a les poings serrés, il se met à marcher d'un côté à l'autre entre le lit et le bureau, essayant de se calmer. Je sais qu'il a envie de frapper dans des trucs mais il se contient. Je referme la porte et m'approche, l'arrête et l'entoure de mes bras, ses mains se posent dans mon dos et son visage se cale dans mon cou où il inspire mon odeur.
« Tu ne devrais pas me prendre dans tes bras quand je suis énervé.
« Mais ça marche, rétorqué-je.
Je me recule pour regarder son humeur, son front forme un pli de contrariété.
« Qui était au téléphone ? Demandé-je.
« Mon père, il veut m'obliger à revenir parce qu'il s'est luxé l'épaule et il a besoin de moi pour le remplacer au boulot, pour couper le bois de chauffage pour la tribu, ça met les autres dans la merde vu qu'ils doivent travailler plus pour compenser son absence.
« C'est pas cool pour ses collègues mais tu ne dois rien à ton père vu la façon dont il t'a traité.
« Il ne mérite rien de ma part, grogne-t-il.
Je me recule pour le regarder.
« De toute façon, tu n'as pas besoin de retourner chez lui. Tu restes avec moi.
« Évidemment.
Il entoure mon visage de ses mains pour m'embrasser.
« Je n'arrive pas à croire que tu m'aimes, marmonne-t-il.
« Qui a dit que je le faisais ?
« Toi. Je sais ce que "pour toujours" veut dire.
« Je suis démasquée, soupiré-je tandis qu'il sourit.
Nous descendons tous les deux et rejoignons Edward et Ophie.
« Je ne sais pas vraiment, lui dit Edward.
« Qu'est-ce que tu ne sais pas ? M'intéressé-je.
S'il y a quelque-chose qu'Edward ne sait pas, je dois savoir quoi.
« Ce que je dois faire pour ma voix retrouvée, répond Ophie. Je ne sais pas si je dois faire semblant d'être toujours muette ou si je dois invoquer un miracle.
« Ah, fais-je. Je ne sais pas non plus.
« Je pense que je vais faire semblant, choisit-elle. Ma mère pourrait être chiante avec ça et vouloir me faire passer des examens pour comprendre cette guérison inattendue.
« Ouais, c'est peut-être mieux.
Ophie nous salue et Edward la raccompagne chez elle. J'entraîne Paul sur le canapé, allume la télé puis me blottis contre lui.
« Est-ce que tu détestes toujours être un métamorphe ? M'enquiers-je.
« Non. En fait, je me rends compte que j'aime ça. Courir dans la forêt sous forme de loup est assez libérateur. Puis je peux te protéger et ça, c'est très important pour moi.
Je souris.
« C'était probablement le côté obligation qui m'horripilait, continue-t-il. Je vais peut-être passer pour un connard mais me transformer pour protéger la tribu, ça me faisait chier. Bien sûr, si je vois quelqu'un se faire attaquer, je vais intervenir mais faire des patrouilles, au cas où, ça me gavait. Je n'ai jamais eu pour vocation d'être agent de sécurité.
« Je comprends, assuré-je.
« Tu t'inquiétais de m'obliger à me transformer ?
« Un peu.
« Ne t'inquiète plus, je suis à l'aise avec ma nouvelle nature, maintenant. Il me fallait du temps pour voir les bons côtés. Je suppose que ça aurait été plus facile si nous avions été prévenu plus tôt.
« Sans doute, oui.
« Ça me fait penser que mon grand-père devait être au courant pour les loups, son père l'était alors j'imagine que ce n'est pas illogique.
« Tu l'as bien connu ?
« J'avais onze ans quand il est mort, alors oui. Il ne parlait pas très bien anglais alors ses phrases étaient un mélange d'anglais et d'amérindien. Il me surnommait petit mahigan. [mahigane]
« Il savait que tu serais un petit loup.
« Je ne suis pas un petit loup, me rabroue-t-il.
« Je suis bien une petite étoile.
« C'est pas pareil, grommelle-t-il.
Je ricane.
« Je te fais marcher... petit loup.
« Je vais te mordre les fesses.
Je pouffe.
« Tu ne me prends pas au sérieux, visiblement.
« Si, si... Ô, grand et puissant loup-guerrier.
« J'aime mieux ça.
Je ris contre lui.
« Petit mahigan, prononcé-je. Hé !
Je me redresse et le regarde, le sourire aux lèvres.
« Quoi ?
« Mahigan, lui annoncé-je.
« Oui et bien quoi ? S'impatiente-t-il.
« Masen, Léo, Mahigan Cullen.
La compréhension illumine son regard, il me sourit et m'approche de lui pour m'embrasser.
« J'aime. Bonne idée, petite étoile.
« Oui ?
« Assurément.
« Génial, je suis contente.
Je me réinstalle et souris. Plus qu'à faire valider par l'autre moitié des concernés et Bébé pourra être un gars ou une fille.
Avoir le permis, c'est pratique parce que je peux me conduire seule où je veux mais conduire en étant enceinte de six mois, ça, ce n'est pas pratique. En plus, la ceinture de sécurité me gêne atrocement mais c'est le prix à payer pour avoir été une flemmarde et ne pas être allée chez Bessie à pied. Bon, si je veux être honnête avec moi-même, j'ai aussi du mal avec l'idée de traverser la moitié de la ville à pied, seule. Le moindre bruit suspect me rappelle que Tanya rôde quelque-part, attendant son heure de gloire. Ophie est déjà là, elle patiente devant la baie vitrée du resto et me sourit en me voyant sortir de la voiture. Nous nous enlaçons et entrons dans le restaurant, Noémie nous accueille comme à son habitude et nous place à une table.
« Il faut que je te demande ton avis à propos de la partie manquante du nom de Masen, nous avons une idée.
« Oh, je veux savoir.
Je souris. Noémie revient pour nous donner deux cartes et s'en retourne.
« Alors ? S'impatiente Ophie.
Je jette un regard dans la salle, laissant un peu de suspens.
« La dernière fois que je suis venue ici, la salle tournait.
« Tu veux me tuer ?
Je lui lance un sourire moqueur.
« Masen, Léo, Mahigan Cullen.
« Mahigan, c'est mignon, j'aime beaucoup. Quel est le rapport avec Paul ? Parce que j'imagine que tu as gardé cette idée.
« Ça veut dire loup en amérindien. Le grand-père de Paul parlait mal anglais et il mélangeait les deux langues, il avait l'habitude d'appeler Paul "petit mahigan", quand il était petit.
« C'est parfait, m'assure Ophie.
« Super, fais-je en hochant la tête. J'ai presque envie de rajouter un "y" à la fin pour féminiser le prénom et le donner à Lily-Masen à la place de Pauline, si c'est une fille.
« Je pense que tu as raison, Pauline est un joli prénom mais j'ai une préférence pour Mahigany.
« Paul préfère aussi. Edward aime bien les deux donc il nous laisse décider.
« Lily-Masen, Mahigany, Cullen, alors ?
« Lily-Masen, Mahigany Swan, corrigé-je.
« Pourquoi pas Cullen, cette fois ?
« Et bien, après une grande discussion philosophique, on s'est rendu compte que Masen Swan, ça ne sonnait pas bien. Alors si c'est un garçon, ce sera Masen Cullen et si c'est une fille, Lily Swan. Ainsi, Bébé décidera lui-même de son nom de famille en fonction de ce qu'il aura entre les jambes.
« Au moins, vous n'avez pas à vous battre, rit Ophie.
« Exactement.
« Maintenant, je veux bien entendre cette histoire de salle qui tourne, m'annonce Ophie.
« Et bien, c'est ici que je me suis saoulée quand j'ai paniqué à propos de ma grossesse et la salle tournait, c'était... marrant.
« J'avais oublié cette histoire de beuverie.
« Hé, ne parle pas comme si j'étais une ivrogne. Ce n'est arrivé qu'une fois.
« J'aurais aimé te voir dans cet état, je pense que ça devait être drôle.
Noémie vient prendre notre commande. Nous commandons toutes les deux un milk-shake chocolat.
« C'est ça que j'aurais dû faire ! m'exclamé-je. Te saouler quand tu étais encore humaine. J'aurais bien rigolé.
« Trop tard, sourit-elle fièrement. Alors que, quand tu ne seras plus enceinte, je pourrais te saouler pour me moquer de toi pendant des jours, ensuite.
« La dernière fois – qui était aussi la première – j'ai fait une proposition indécente à ton âme-sœur. Es-tu vraiment sûre que tu veux prendre le risque ? Il pourrait dire oui, la prochaine fois.
Je joue avec mes sourcils, ce qui la fait rire.
« Il ne sera pas dans le coin, de toute façon. Je prendrais mes dispositions, bien sûr. Les mecs s'occuperont du bébé pendant que nous ferons la fête.
« Je te la ferai à toi, alors, cette proposition indécente.
« Ça sera une bonne anecdote à raconter à Bébé quand il sera grand.
« Hé, ce n'est pas très fairplay, ça.
Elle me tire la langue et sourit alors que nos milk-shakes arrivent. J'aspire un peu de glace et ferme les yeux de contentement. Cette adoration du sucre va me manquer quand je ne serais plus enceinte.
« Alors, Toc toc n'a pas peur de toi ?
« Non, s'enjoue-t-elle. C'est comme si je n'avais pas du tout changé, c'est vraiment génial. Maintenant, j'ai hâte de quitter ma mère pour venir vivre avec vous.
« J'ai hâte aussi.
Nous discutons en sirotant notre milk-shake jusqu'à ce qu'un mec s'incruste avec nous. Il s'assoit comme si de rien n'était sur la banquette près d'Ophélia, il va même jusqu'à allonger son bras sur la banquette derrière elle et me sourit quand il voit mon regard noir.
« C'est un verre entre filles, grogné-je.
« Ne peut-on pas faire semblant que je suis une fille ? S'enquiert-il.
Je fronce les sourcils.
« Seulement si tu n'utilises plus tes attributs masculins pendant un mois.
« Tu es sévère, je ne mérite pas ça.
Je lui lance un sourire sournois.
« Je ne vois pas pourquoi je serais punie aussi, se renfrogne Ophie.
Je ricane alors qu'Ophie embrasse Edward.
« Je lui ai dit qu'il pouvait nous rejoindre, le défend-elle après l'avoir embrassé. Je ne savais pas que ce serait une soirée entre filles.
« Voilà pourquoi tu dois être punie aussi, lui fais-je remarquer. C'est à cause de toi qu'il est là.
« Moi aussi je veux passer du temps avec Ophie. Essayes-tu de me voler mon âme-sœur ?
« Ça se pourrait, j'ai déjà prévu de lui faire une proposition indécente, la prochaine fois que je serais bourrée.
Il plisse les yeux.
« Après l'accouchement et si je n'allaite pas ou plus, précisé-je.
Il secoue la tête en souriant.
« D'accord, si je peux regarder.
J'écarquille les yeux et lui envoie mon pied dans le tibia. Je ne sais pas si j'ai atteint sa jambe ou le pied de la table mais c'est l'attention qui compte, comme on dit. Edward ricane.
« Tu ne t'es pas fait mal ? Me lance-t-il.
« Tu seras de corvée de couches pour toutes les grosses commissions de Bébé.
« Ne penses pas t'en tirer comme ça, m'envoie-t-il. Tu m'embêtes bien plus que je ne t'embêtes, c'est toi qui devrait l'être, par le fait.
« Mais... mais moi j'ai le droit.
« Voyons donc, rit-il.
Le téléphone d'Edward se met à sonner, il sort l'appareil de sa poche de veste et décroche.
« Oui ?
Ses sourcils se froncent tandis qu'il écoute son interlocuteur.
« D'accord, nous arrivons.
Il raccroche et range son téléphone.
« On sait où Tanya se terre.
Tanya se cache en Alaska. Nous sommes rentrés à la villa et sommes autour de la table de la cuisine, en pleine réunion de guerre. Nous ne sommes pas sûrs de la marche à suivre, maintenant.
Ophie veut la punir pour ce qu'elle lui a fait et ce qu'elle a fait au chat de son voisin mais elle ne veut pas la tuer pour autant, juste lui faire assez mal pour la faire regretter. Seulement, rien ne l'empêchera de se venger à son tour, elle est trop orgueilleuse pour nous laisser avec le dernier mot. Elle pourrait même déjà vouloir se venger pour la mort de Lauren. Si nous allons la débusquer, ce sera pour la tuer. Rien de plus, rien de moins. Ça nous laisse un dilemme éthique sur les épaules. Tuer un vampire parce qu'il nous attaque, c'est une chose mais le chasser pour le tuer, c'en est une autre.
« Je ne veux pas la tuer, déclare Ophie. L'idée de tuer quelqu'un me rebute mais je ne peux pas vivre avec cette épée de Damoclès sur la tête et sur celle de Bella puisqu'elle avait l'intention de s'en prendre à elle, ensuite. Cette fille est un danger pour nous, pour le bébé et probablement pour ceux qui croiseront son chemin. Si elle est assez inhumaine pour pousser quelqu'un au suicide et vouloir tuer une femme enceinte, qui sait ce dont elle est capable ?
Si nous pouvions avoir une prison pour vampires, ça serait pratique mais on ne peut pas enfermer un vampire, il sortirait de n'importe quoi. Le seul moyen serait de lui arracher les bras et les jambes mais une éternité de soif et de souffrances serait plus cruelle encore que la mort.
« On ne peut pas la laisser en vie, grogne Paul. Tu sais qu'on ne le peut pas, Edward.
« Nous allons la tuer, alors ? questionné-je.
« Pas nous, réfute Edward. Paul et moi. Alice et Jasper viennent pour aider avec leur don et Ophélia lui expliquera pourquoi nous devons l'éliminer. Toi, tu restes ici avec Carlisle et Esmée.
« Je n'avais pas l'intention de participer à l'expédition, je ne suis pas inconsciente et je ne suis pas la seule que je mettrais en danger, le rassuré-je en pensant à Bébé. C'était juste une façon de parler.
La réunion terminée, le groupe se prépare pour partir au plus tôt. Je me suis isolée dans ma chambre pour réfléchir et peut-être essayer d'échapper à l'angoisse de cette expédition punitive. Quelqu'un toque à ma porte, Edward entre et me rejoint.
« On se demandait où tu étais, Paul ne veut pas partir comme un voleur. Je pense qu'il veut un baiser de courage.
Je souris mais Edward voit que le cœur n'y est pas.
« Ça va bien se passer, Alice l'a vu. Nous ne serons même pas blessé.
« Le futur n'est pas une science exacte, marmonné-je.
J'essaye de replacer une mèche dans les cheveux d'Edward mais toute sa chevelure est indomptable.
« Je m'inquiète de ce que ça vous fera de la tuer. Tu as déjà tué un vampire pour me protéger mais cette fois elle n'est pas vraiment sur le point de me tuer et tu la connais.
« Et je la déteste, appuie-t-il. Combien de gens vais-je sauver si je la tue ? J'en compte déjà trois.
Ophie, Bébé et moi.
« Paul n'a jamais tué de vampire ni qui que ce soit... il pourrait être perturbé.
« Il faut que tu saches qu'il a besoin qu'elle soit morte. Elle a essayé de s'en prendre à toi, ça lui est insupportable de la savoir en vie. C'est pareil pour moi, elle a voulu vous tuer, elle ne doit pas s'en tirer comme ça et nous avons besoin de ne plus nous soucier d'elle. C'est une bonne chose qu'Alice l'aie repérée avant la naissance du bébé, je pense que ça aurait été invivable de se demander si elle ne va pas fomenter un autre plan par orgueil, pour se venger de la mort de Lauren ou pour toute autre raison vicieuse.
Il leur a fallu trois jours pour y aller, la tuer et revenir. Trois jours d'angoisse à me demander ce qu'il se passait pour eux. Edward m'a fait un résumé du déroulé des événements avant l'exécution mais ne m'a pas dit comment ils l'avaient tuée exactement et je n'ai pas demandé. Jasper a utilisé son don pour que Tanya se sente défaite et fataliste, elle n'a pas cherché à se battre quand Edward et lui lui ont attrapé les bras pour l'immobiliser. Ophélia lui a fait tout un discours sur ce qu'elle pensait d'elle. Discours qu'elle m'a retranscrit avec exactitude :
Tu ne peux pas savoir à quel point je te méprise. Je voulais me venger, te faire souffrir pour que tu ressentes ce que j'ai ressenti mais je vais être indulgente et tu vas mourir sans souffrance parce que j'ai quelque-chose que tu ne possèdes pas : l'humanité. En fin de compte, tu me fais pitié parce que toi, personne ne t'aime. Tu dois tuer toutes les personnes qu'un mec aime pour avoir une chance qu'il s'intéresse à toi et même là, encore... il ne t'aurait jamais aimée. Comment peux-tu seulement y croire ? Toi qui a passé ton temps à le dénigrer et à le harceler. Tu n'es pas une bonne personne. Pour avoir tué le chat du voisin, parce que, ouais, ce n'était pas le mien, pour avoir voulu me pousser au suicide, pour avoir menacé la vie de ma meilleure amie et pour le bien de l'humanité, ta vie prend fin aujourd'hui.
Elle m'a dit avoir préparé et changé plusieurs fois son discours sans arrêt pendant le trajet vers l'Alaska. Elle n'a pas voulu la voir mourir alors elle a laissé les autres s'en occuper. C'est mieux ainsi, voir Edward tuer un vampire n'est pas mon meilleur souvenir de lui.
Paul sort enfin de la douche, il n'a pas voulu me voir avant d'y passer. Il me prend dans ses bras, colle ma tête à son torse et respire mon odeur à grandes inspirations.
« Tu es hors de danger, m'assure-t-il.
Une nouvelle inspiration dans mes cheveux.
« Enfin, souffle-t-il de soulagement.
Je souris contre lui. Il avait effectivement besoin de mettre Tanya hors d'état de nuire. Je suis soulagée qu'aucun d'eux ne soit blessé et je peux enfin être sereine à l'idée de sortir sans escorte et pour l'avenir de mon enfant. C'est un sacré poids qui s'envole, mine de rien, comme Ophie l'a dit, on vivait avec une épée de Damoclès sur la tête. Il est seulement dommage qu'on aie dû tuer quelqu'un pour ça.
