Prompt:
Ce texte est un OS écrit lors de la participation à l'ASPIC (Ateliers Scripturaux Promouvant l'Imagination et la Créativité) organisé par le serveur Discord Potterfictions sur le thème des fanarts.
Nous remercions infiniment UptheHill, artworkfromamage et kidovna, qui autorisent l'utilisation de leurs œuvres à condition d'être nommées.
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Mon incipit imposé : Germinal de Zola : "Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route…"
Mon trope imposé : Capsule temporelle : L'intrigue est lancée par la découverte d'un objet du futur ou du passé
Les fanarts :
1 : Pansy; UptheHill .
2 : Severus; UptheHill . /74206cc946fa3713fa0b2a69832cda16/tumblr_oisxl0PvRZ1vqfid4o1_
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Je vous laisse avec mon histoire, j'espère qu'elle vous plaira. N'hésitez pas à me laisser une review pour me donner votre avis ;)
Sortir des ténèbres
Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route le menant à Poudlard. Kyle Johnson venait d'arriver en Angleterre et c'était donc la première fois qu'il se trouvait là. C'était un jeune homme de vingt-sept ans, brun, grand et musclé. Il portait un long manteau noir caractéristique des Aurors, un pantalon en toile grise et une paire de mocassin.
Cela faisait quelques semaines qu'il avait été nommé Auror sur le territoire britannique. Il venait de quitter le Bureau de la Justice Magique, un des nombreux départements du Ministère des Affaires Magiques français. Il était parti car il ne s'y sentait plus à sa place. L'ambiance était tendue, lourde, étouffante, c'est donc naturellement qu'il avait fini par demander sa mutation et était arrivé en Angleterre.
Kyle débarqua devant une grille, surmontée de deux sangliers ailés. Vraiment étrange se dit-il. Il activa la sonnette avec sa baguette et quelques minutes plus tard il vit un homme se diriger vers lui.
- Argus Rusard, concierge de l'école. Que voulez-vous ?
- Auror Johnson. J'ai été contacté par Albus Dumbledore, il a demandé à me voir.
- Suivez-moi, je vais vous montrer son bureau.
Sur ces paroles Kyle emboita le pas du concierge. Il entra dans le château et fut éblouit par ce qu'il vit. Il était né de parents américains et avait suivi sa scolarité magique en France, à l'académie de magie Beauxbâtons. En arrivant en Angleterre, le jeune homme avait fait de nombreuses recherches sur le pays, son organisation, ses différentes institutions. Poudlard en faisait forcément partie. Il connaissait donc le fonctionnement de l'école, au moins dans les grandes lignes, mais voir le bâtiment devant lui le fascina. Le château était imposant, somptueux, sombre mais accueillant.
- Monsieur le Directeur va vous recevoir. Donnez le mot de passe « tarte au citron » à la gargouille et s'il est prêt à vous accueillir, le passage s'ouvrira.
- Merci monsieur Rusard.
Kyle pointa sa baguette sur la gargouille et lui donna le mot de passe. Quelques secondes plus tard, la statue pivota sur elle-même et un escalier se matérialisa devant le jeune Auror. Il monta les marches et frappa à la porte du bureau.
- Entrez ! entendit-il à travers la porte.
Kyle entra et fut ébahi par ce qui apparaissait devant lui. La pièce était somptueuse, grande et contenait un nombre incalculable d'étagères, toutes remplies de livres ou de grimoires. Autour du bureau se trouvait trois personnes, une femme et deux hommes.
- Auror Johnson, merci de vous être déplacé jusqu'ici. Je me présente : Albus Dumbledore, directeur de cette école. Et voici Minerva McGonagall, directrice-adjointe ainsi que Severus Rogue maître des potions et directeur de la maison Serpentard.
- Je suis enchanté de vous rencontrer. Auror Kyle Johnson, je travaille au ministère depuis quelques semaines. Vous avez contacté notre service en début de soirée mais à ma connaissance vous ne nous avez pas fourni d'information quant à cette convocation. J'imagine tout de même que vous ne m'avez pas fait venir pour une simple visite de courtoisie, Monsieur ?
- Non en effet. Une jeune élève est introuvable depuis cet après-midi : Pansy Parkinson. C'est une élève de cinquième année. Les étudiants étaient en sortie à Pré-au-Lard aujourd'hui et elle n'est jamais revenue au château. Les élèves ne dérogent jamais à l'horaire qui leur est accordé, ils savent pertinemment que tout retard les privera de sortie la fois suivante. Nous avons lancé quelques sorts de localisation, mais ils n'ont donné aucun résultat, énonça le directeur en tendant une photo de la jeune femme à Kyle.
En voyant la photo de Pansy, le sang de Kyle ne fit qu'un tour et son visage devint blême. Ce n'était peut-être qu'une coïncidence mais le timing était vraiment douteux… En quelques secondes il se retrouva derrière son bureau, au Ministère, une lettre devant lui. Et dire qu'il avait pensé à une mauvaise blague de ses nouveaux collègues.
- Monsieur le directeur, je pense que nous avons un problème, annonça l'Auror après quelques minutes de silence.
- Non vous croyez ? On vient de vous dire qu'une élève a disparu alors oui, forcément, nous avons un problème… répondit Rogue, sarcastique.
- Oui je sais, je comprends votre situation. Mais nous avons un vrai problème… Il y a une quinzaine de jours j'ai reçu un courrier au bureau. Il y avait un morceau de parchemin et une mèche de cheveux. Je n'ai pas compris pourquoi cela m'était adressé, je venais juste d'arriver… J'ai donc pensé à une mauvaise blague de mes collègues. Mais là, d'un coup, j'ai le sentiment que tout est lié…
Le regard d'Albus croisa celui de Minerva. La suite des opérations serait compliquée, ils n'en doutaient pas.
Kyle se pencha sur la sacoche qu'il avait posé à ses pieds en arrivant. Il en extirpa un morceau de parchemin, plié en deux et maintenu fermé par un sort. Il leva l'enchantement et déplia le papier : en haut, au milieu, imposant, se tenait un décompte "J-15" lisible par les quatre personnes présentes dans le bureau. Sous le décompte se trouvait le dessin d'un sablier, ce dernier devait être enchanté car à intervalle régulier un petit point d'encre, représentant un grain de sable, quittait la partie haute pour venir terminer sa course dans la seconde moitié. Il y avait une quantité de sable aussi importante en haut du sablier qu'en bas. Et enfin, dans le pli du parchemin se trouvait une mèche de cheveux d'une dizaine de centimètres, noirs, lisses et fins.
Albus et Minerva échangèrent de nouveau un regard, cette situation était vraiment inquiétante pour la jeune Parkinson. Même Severus resta sans voix devant le courrier reçu par l'Auror.
- Voilà ce que j'ai reçu il y a deux semaines. Le tout était scellé à la cire, aucune spécificité, pas de blason, de lettres, de couleur particulière.
- Et sur le courrier ? Des traces permettent de remonter à l'expéditeur ? demanda Minerva, inquiète.
- Non, même si je pensais à un canular j'ai fait les quelques analyses élémentaires. Cela n'a rien donné, vous vous en doutez. J'ai même essayé d'isoler le flux magique du sorcier qui a lancé le sort, c'est une technique de plus en plus utilisée chez nos homologues français, cela n'a rien donné non plus.
- Pouvez-vous nous affirmer de source sûre que les cheveux associés au parchemin sont bien ceux de Miss Parkinson ? demanda le directeur.
- Pour le moment non, hélas. Il nous faudra attendre l'arrivée des employés spécialisés dans les analyses pour s'en assurer. Malheureusement ils ne seront disponibles que demain dans la journée. Il s'agit de potions complexes à mettre en œuvre et je n'ai pas les qualifications nécessaires.
- Fort heureusement pour vous, le Professeur Rogue est un maître en potion fort réputé. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient il peut sûrement vous apporter son aide pour nous fixer au plus tôt sur l'appartenance de ces cheveux, précisa Albus
- Si cela ne dérange personne, nous gagnerions de précieuses heures.
Kyle fouilla de nouveau dans sa sacoche et en sortit un parchemin vierge. Il apposa sa baguette sur le parchemin et une recette de potion apparut.
- Tenez Professeur Rogue, reprit Kyle en tendant le parchemin en direction de Severus. Malgré tout, pour que le test fonctionne, il faut un comparatif, quelque chose provenant de Miss Parkinson, un cheveu, une goutte de sang, de la salive. Peu importe mais ce doit être quelque chose contenant une trace de sa magie.
- Les robes de travail sont toutes entreposées à côté du laboratoire, je devrais facilement trouver un cheveu sur la sienne. Vous aurez le résultat demain matin.
A ces mots, Rogue quitta la salle dans un effet de cape qui lui était propre et prit la direction des cachots. Il y passerait la nuit s'il le fallait mais si un de ses serpents était en danger il devait en avoir le cœur net.
Aussitôt passé la porte de son laboratoire, Rogue se mit au travail. Il passa tout d'abord une bonne heure à préparer tous les ingrédients nécessaires à la préparation de la Potion Comparor. C'était une potion assez complexe et qui, chose peu habituelle, devait être confectionnée avec le moins de magie possible, toute trace de signature magique pouvant fausser le résultat final. Rogue se trouva donc devant son chaudron, à ajouter les ingrédients un à un, sans magie. Il se saisit ensuite d'une tige en verre afin de mélanger sa préparation, quatre tours dans le sens des aiguilles d'une montre, attendre une minute puis de nouveau quatre tours dans le même sens. Rogue devait dorénavant patienter trente minutes en laissant le chaudron à ébullition.
Durant ce laps de temps il prépara la seconde potion : celle contenant les cheveux de Pansy qu'il avait prélevé sur la robe de la jeune femme en arrivant. Cette fois-ci la potion ne lui prit qu'une dizaine de minutes. Il lui suffisait de mettre les cheveux dans une fiole avec une potion d'extraction. Aussitôt les cheveux ajoutés, la potion prit une teinte vert forêt, signe que la signature magique de la jeune femme avait bien été extraite.
La demi-heure écoulée, Severus se pencha de nouveau sur son chaudron. La potion avait pris une teinte vert fluo et quelques petites bulles éclataient à la surface. C'était le bon moment, Severus devait ajouter les cheveux à analyser, puis ceux du parchemin, avant de remuer cinq fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et enfin, il pourrait observer le résultat. Si les deux cheveux appartenaient à la même personne, la signature magique serait identique et le mélange des potions prendrait une couleur cyan. A l'inverse, si les cheveux ne correspondaient pas, la potion adopterait une teinte caramel.
Severus plaça une partie de la potion d'extraction dans un récipient en verre et y ajouta la potion Comparor. Aussitôt la couleur changea et vira au cyan. Les cheveux trouvés dans le parchemin de Johnson correspondaient aux cheveux trouvés sur la robe de Pansy. Néanmoins Severus voulait être sûr de son résultat et recommença son analyse.
Il posa la fiole bleue sur le coin de sa paillasse, à côté de quelques ingrédients inutilisés qu'il avait laissés là et prit le reste de la potion d'extraction. Il laissa la tige de verre utilisée pour l'agitation dans son chaudron et préleva une petite quantité de potion dans un tube à essai. Il ajouta délicatement la potion Comparor à la potion d'extraction. Dès que les deux liquides furent en contact la couleur changea. Une fois de plus, la potion passa du vert au cyan. Il n'y avait aucun doute possible. Pansy avait disparu. Vu le courrier reçu par l'Auror, elle avait été kidnappée et elle semblait être en danger.
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Le lendemain matin, à la première heure, Severus rejoignit Albus, Minerva et l'Auror Johnson dans le bureau du directeur.
- Il n'y a plus de doute, les cheveux correspondent, il s'agit bien de ceux de Pansy, déclara le maître des potions tandis que Minerva s'appuyait sur le bureau, choquée malgré tout par la révélation.
- Auror Johnson, comment souhaitez-vous procéder ? Nous n'avons pas de temps à perdre, si nous suivons la logique du sablier il ne nous reste plus que quatorze jours pour la retrouver.
- Je vais de suite prévenir mes collègues afin qu'ils m'envoient du renfort et ensuite nous interrogerons les élèves pour savoir si Miss Parkinson se sentait menacée. Si tel est le cas, elle en aura peut-être parlé à l'un d'entre eux. Le temps de mon appel, pouvez-vous regrouper les élèves de cinquième année dans une même pièce ? Demanda Kyle en se dirigeant vers la cheminée afin de se connecter au bureau des Auror.
Quelques minutes plus tard, le jeune homme sortit la tête de l'âtre et annonça l'arrivée imminente de ses collègues.
- J'ai fait convoquer les élèves de cinquième année dans une salle du premier étage, annonça Dumbledore. Si vous voulez bien me suivre, je demanderai à Monsieur Rusard d'escorter vos collègues directement dans cette pièce.
- Très bien monsieur, je vous suis.
Quelques minutes plus tard Kyle se trouva dans une salle de classe du château, devant une cinquantaine d'élèves, accompagné du directeur et de ses collègues tout juste arrivés.
- Chers élèves, je vous souhaite le bonjour, commença le directeur. Je suis désolé de vous avoir fait quitter votre lit ou votre petit déjeuner si tôt ce dimanche mais nous devons vous parler. Je vous présente l'Auror Johnson, il aura quelques questions à vous poser. Comme vous devez le savoir, les informations circulant rapidement dans le château, Miss Parkinson n'est pas revenue de la sortie à Pré-au-Lard d'hier.
Un murmure se fit entendre dans la salle, la plupart des élèves avaient remarqué l'absence de la jeune femme mais ils ne pensaient pas que cela nécessiterait l'intervention des Aurors.
- Je vais laisser la parole à Monsieur Johnson qui va vous expliquer comment les choses vont se dérouler.
- Bien, merci Monsieur le Directeur. Dans un premier temps nous allons nous entretenir avec chacun de vous. Vous allez recevoir un parchemin avec un horaire indiqué et une salle. Nous sommes quatre Aurors, vous serez donc plusieurs interrogés simultanément. Cela fait déjà vingt-quatre heures que Miss Parkinson a disparu, nous ne devons pas perdre plus de temps. Sitôt sa phrase terminée, Kyle fit léviter de nombreux parchemins, chacun atterrissant dans les mains d'un élève. Ne vous inquiétez pas trop, dans un premier temps nous souhaitons juste savoir ce que Pansy a fait les quelques heures avant sa disparition, si elle se sentait menacée ou si elle avait un comportement différent de d'habitude. Certains d'entre vous sont convoqués demain. Je ne vous embête pas plus, nous avons du travail, je vous demanderai de ne pas être en retard aux entretiens.
Un flot d'élèves quitta la salle et seulement quatre d'entre eux, tous de la maison Serpentard, restèrent. Trois d'entre eux furent escortés dans d'autres salles par les Auror et le dernier resta dans la pièce, seul avec Kyle.
La majorité des élèves fut interrogée en ce dimanche de mai, en vain. Personne, pas même les élèves de Serpentard, n'avait d'information importante à communiquer. De manière générale, les étudiants avaient remarqué que leur camarade était plus distante que les années passées mais ils ne semblaient pas forcément choqués par cette évolution. En effet, Pansy n'était pas la seule à s'être renfermée sur elle-même suite à la guerre.
La journée de Kyle se termina, il rentra chez lui perdu, la tête pleine des différents entretiens mais sans piste à explorer pour retrouver la victime...
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Pansy avait froid. Elle ne savait pas réellement comment elle avait atterri ici. Elle ne savait pas non plus à quoi faire correspondre le "ici". Cela devait faire une journée d'après elle. Un minuscule trou dans le mur lui avait laissé deviner la tombée de la nuit et le lever du soleil. Pourquoi chercher à s'en prendre à elle ?
- Bien. Tu es enfin réveillée, entendit-elle soudain.
La voix était venue de nulle part mais semblait partout autour d'elle. Elle n'aurait pas pu reconnaître qui s'adressait à elle, la voix devait avoir subi un sort de transformation, elle ne semblait même pas humaine. Impossible de savoir si un homme ou une femme lui parlait.
L'unique porte s'ouvrit et laissa juste apparaître une silhouette noire tant la lumière était absente de la pièce. La silhouette s'approcha, se saisit du bras gauche de Pansy et y pointa sa baguette. La jeune femme ressenti une vive douleur là où la baguette se tenait, une sorte de brulure intense. La silhouette retira sa baguette et la douleur cessa immédiatement, laissant une marque rouge et douloureuse sur son bras.
- Une marque par jour passé ici. C'est le premier. Il t'en reste quatorze.
Pansy ne pouvait pas voir le visage de la silhouette, malgré tout elle eut l'impression qu'elle souriait, qu'elle se moquait d'elle.
J-13
Le lundi Kyle arriva au château sur le coup des dix heures. Il avait commencé sa journée deux heures plus tôt en effectuant quelques recherches et en parlant avec les experts en analyses du Ministère afin de voir s'ils avaient découvert d'autres éléments. En vain.
Kyle arriva donc devant le château, l'air maussade. Les premiers jours étaient les plus importants mais il n'avait pas le moindre début de piste. Il avait encore quelques élèves à interroger aujourd'hui, il ne devait pas perdre espoir si tôt.
Sa matinée lui sembla affreusement longue, il interrogea trois élèves mais personne n'avait vu Pansy le matin, ou au pire la veille de son enlèvement. Il avait deux élèves à questionner dans l'après-midi et il espérait sincèrement que les entretiens apporteraient quelque chose.
Kyle était assis dans la salle de classe qui était à sa disposition en train de réfléchir à la suite des événements : il devait rentrer au Ministère avec des informations à fournir à ses responsables, sinon il n'obtiendrait jamais l'autorisation de fouiller les dortoirs. Le conseil d'administration ne le tolérerait pas s'il n'estimait pas l'élève suffisamment en danger… il fut soudain tiré de ses pensées par quelques petits coups frappés à la porte
- Entrez !
- Bonjour Monsieur, je suis Harry Potter, en cinquième année à Gryffondor.
- Bonjour Harry, assied toi je t'en prie. Je ne vais pas tourner autour du chaudron, tu sais pourquoi tu es là. As-tu vu Pansy Parkinson le matin de sa disparition ?
- Euh… Oui… On s'est croisé dans les couloirs, elle partait pour le village.
- Et tu peux me dire comment elle était à ce moment-là ? Elle avait l'air inquiète ? Paniquée ?
- Je crois bien oui. Nos regards se sont croisés et je suis sûr qu'elle essayait de me dire quelque chose. Personne n'est au courant ici, mais nous sommes assez proches elle et moi, vous voyez quoi. Elle ne m'avait parlé de rien mais ce matin-là elle était différente. En revanche, notre proximité peut-elle rester entre nous ? Nous ne voulons pas que ça se sache ici ou ailleurs. Personne n'est au courant et personne ne comprendrait.
- Oui bien sûr, dans la mesure du possible. Si quoi que ce soit est lié à votre proximité je ne pourrais pas le garder pour moi, tu comprends ? demanda Kyle à un jeune homme rouge pivoine.
Harry acquiesça et Kyle put reprendre ses questions.
- Donc, elle te paraissait angoissée ce matin-là. Peux-tu me dire tout ce dont tu te souviens ? Le plus précisément possible s'il te plait, tous les détails ont leur importance.
- On allait prendre notre petit déjeuner dans la grande salle, j'étais en compagnie de Ginny Weasley et de Dean Thomas. Nous avons croisé la bande à Malefoy qui sortait du château pour aller à Pré-au-Lard. Drago Malfoy discutait avec Théodore Nott, ils riaient, ils ne se préoccupaient pas de ce qui se passait autour d'eux. En nous apercevant, Pansy a ralenti le pas. J'ai intercepté son regard, elle avait vraiment l'air mal. Malheureusement je ne pourrais pas vous dire pourquoi… Elle avait les cheveux lâchés, elle les porte au niveau des épaules. La lanière de son sac était maintenue à son épaule à l'aide de sa main. Elle avait un bracelet de perles rouges au poignet gauche, je l'ai remarqué car c'est un cadeau que je lui ai fait récemment. Cette image me hante depuis des jours, dès que je ferme les yeux je la revois dans ce couloir… elle devait vouloir me faire passer un message mais je n'ai rien vu.
- Ne t'en fais pas trop, tout ce que tu nous as dit va déjà beaucoup nous aider. Grâce à toi, je vais sûrement pouvoir avancer, et si elle se sentait en danger nous en trouverons des traces. Nous allons la retrouver, ne t'inquiète pas. Je te laisse retourner en cours maintenant, comme tous les élèves tu seras tenu au courant de l'avancée de l'enquête en temps voulu. Merci.
A ces mots Harry quitta la salle avec un signe de tête en direction de Kyle. Ce dernier resta quelques instants immobile avant de se ressaisir. Il devait rentrer au Ministère le plus tôt possible pour pouvoir enfin demander l'autorisation de fouiller les parties plus intimes du château, uniquement réservées aux élèves. Le temps que son chef fasse la demande et que le conseil d'administration de l'école donne son accord, il se sera forcément écoulé plusieurs jours, il ne fallait donc pas perdre une minute de plus.
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La silhouette venait de partir. Pansy avait une nouvelle marque sur son avant-bras. Cette fois-ci, elle lui avait déposé un plateau avec un maigre morceau de pain et un verre d'eau. La Serpentard n'avait rien avalé depuis son arrivée et bien que peu consistant, ce repas lui fit du bien. Au moins au moral. La silhouette ne comptait pas la laisser mourir de faim. Pas pour le moment. A cette pensée la jeune femme frissonna. Elle avait déjà deux marques, il ne lui restait donc plus que treize jours jusqu'à l'échéance qu'elle lui avait fixée.
J-10
Enfin ! Kyle avait enfin obtenu l'autorisation de fouiller les dortoirs et notamment la malle et les placards de la jeune Parkinson. C'est donc naturellement que Kyle arriva au château au lever du soleil, muni de l'autorisation signée par le Ministre lui-même. Le jeune Auror alla directement dans le bureau du directeur pour lui signaler son arrivée et, comme le veut la procédure, lui demander de l'accompagner dans les dortoirs pour la fouille. C'était parfois contraignant mais il fallait toujours un témoin à leurs côtés dans ces moments-là.
Kyle, accompagné de ses collègues, commença par inspecter la malle de la jeune femme. L'un d'entre eux s'occupait de trier les affaires scolaires, une autre les différents livres et manuels, tandis que Kyle inspectait les différents recoins de la malle. Durant ce temps, un Auror était chargé des vêtements de la jeune disparue. Ils passèrent deux bonnes heures à tout observer. Ils avaient trouvé quelques lettres échangées avec ses parents, quelques petits mots de ses camarades pour son anniversaire. Rien ne permettant l'avancée de leur enquête.
Avant de quitter les lieux, les Aurors eurent une dernière idée : retourner la malle. Il était rare que des compartiments soient accessibles par le dessous mais cela se voyait de plus en plus dans leur métier. Leur idée porta ses fruits : là sous la malle il y avait juste une petite encoche pour insérer l'extrémité d'une baguette. Kyle actionna le mécanisme et aussitôt des dizaines de parchemins tombèrent à ses pieds. Le groupe d'Auror les étudia mais aucun doute ne fut possible, il s'agissait bien de lettres de menaces. Les mots disaient "Méfiez-vous la roue tourne", ou encore "Personne n'est intouchable" et pour celui qui semblait le plus récent "Ton heure arrive".
Pour chaque courrier, les caractères avaient été découpés dans un journal tel que la gazette. Le coupable faisait tout pour ne pas être reconnu, aucun sceau, aucun signe distinctif. Et à en croire le tampon présent sur les courriers, il n'avait jamais utilisé la même poste sorcière. Ils ne pourraient donc pas déterminer de zone géographique. Malgré tout, ils savaient maintenant que c'était un acte délibéré, planifié et que c'était réellement Pansy Parkinson qui était visée. Ça allait forcément les aider à avancer.
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Pansy était réellement mal en point. Le manque de nourriture commençait à se faire ressentir et elle n'avait même plus la force de se lever. Elle passait ses journées et ses nuits assise dans un coin de la petite pièce à attendre qu'elle vienne lui entailler le bras. Elle avait presque hâte que ces dix jours se terminent et qu'elle s'occupe d'elle. Même si elle ne savait pas comment, d'une manière ou d'une autre, ses souffrances seraient abrégées.
J-7
Kyle avait passé trois jours à éplucher la vie de Pansy sans jamais rien trouver d'intéressant pour son enquête. Que des banalités d'ado. Alors il avait fini par creuser plus loin, il avait fouiné dans la vie des parents de Pansy, après tout on cherchait peut-être à les atteindre eux à travers leur fille. C'est ainsi que le nom de Walker avait fait son apparition dans l'enquête. Ce monsieur avait un fils, Peter. Le petit a perdu la vie alors qu'il n'avait pas dix ans. Un sort reçu alors que l'enfant était Cracmol, il s'était donc battu des jours entiers pour lutter contre la magie qui avait fait irruption dans son organisme. Il n'y avait pas survécu. Il n'y a jamais eu de preuves mais le père de Pansy avait été surveillée de près suite à cet incident et avait été interrogée longuement par les Aurors. Cela faisait cinq ans maintenant mais le mobile de la vengeance n'était pas impossible. Surtout que suite à cette perte Monsieur Walker avait également perdu son épouse qui ne s'était jamais remise de la perte de leur enfant.
Un homme qui a autant souffert peut devenir imprévisible. Le décompte sur le parchemin ne faisait que diminuer et Kyle s'inquiétait plus que jamais pour la jeune femme. Il lui restait sept jours. C'était à la fois long et court. D'un côté en une semaine il pouvait se passer beaucoup de choses, l'enquête pouvait accélérer, mais si les indices ne montraient rien de plus, ça pouvait être trop court pour retrouver la jeune femme. On était dimanche, Kyle ne pouvait rien faire de plus ce soir. A la première heure demain matin, il ferait part de ses découvertes à ses collègues et se laisserait vingt-quatre heures pour éplucher l'intégralité de la vie de la famille Walker.
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Une semaine, il ne lui restait plus qu'une semaine à tenir. Pansy avait faim, soif et elle se sentait groggy. Elle avait hâte que ses souffrances se terminent…
J-5
- Bonjour à tous et merci d'être venu pour cette réunion sur l'affaire Parkison, commença Kyle. Nous devions tous effectuer des recherches sur la vie de la famille Walker. Avez-vous trouvé des choses intéressantes ?
- Alors j'ai une information qui peut être utile suivant l'évolution de la situation. Monsieur Walker a été duelliste à un niveau international. Pendant quatre ans, son métier était de se battre à coup de sorts offensifs et défensifs contre des adversaires aussi talentueux que lui. Si jamais une confrontation doit avoir lieu il saura forcément se défendre, exposa une jeune Auror.
- Son fils est né un vingt-six mai. Dans cinq jours, il aurait fêté son quinzième anniversaire.
- Et si on ajoute le fait qu'il ait commencé une formation d'Auror qu'il a arrêté à la mort de son fils… Le cocktail est détonnant, répliqua un troisième Auror.
- Bien. Je vous remercie pour vos recherches. Avez-vous trouvé un endroit où il pourrait la garder enfermé ?
Seul le silence répondit à l'Auror Johnson.
- Personne ? Vraiment ? Mais cet homme doit bien habiter quelque part ! s'emporta-t-il. Bon, on creuse de ce côté-là, il ne nous reste que cinq jours pour la retrouver. Au boulot !
H-15
- Et pourquoi on apprend ça que maintenant ? s'écria Kyle à une de ses jeunes collègues impressionnées.
- Eh bien… euh… ça se situe en France et… Enfin… Le temps que l'on enquête. C'est un héritage qu'il a obtenu d'une de ses grands-mères. On a mis du temps à remonter la piste. Désolée.
- Ce qui est fait et fait. Et donc, elle se situe où cette maison ?
- Dans une petite ville dans le nord de la France : Wimereux. Nos homologues français sont allés faire du repérage, il y a une forte signature magique au niveau de la maison et certains volets étaient ouverts. Ils ne se sont pas approchés mais ils ont vu du mouvement à l'intérieur.
- Vous avez tous entendu ! On y va !
Jour J
Elle pensait à Harry, à tout ce qu'elle aurait voulu lui dire. Leur relation avait évolué d'une manière imprévue alors qu'elle devait le surveiller lors d'une retenue imposée par Ombrage. Il lui avait parlé, sans qu'elle ne sache pourquoi. Ce jour-là, elle ne lui avait pas répondu, elle l'avait surtout écouté. Mais quelque chose avait changé. Depuis ils s'étaient revus dans le plus grand secret, se donnant rendez-vous dans des alcôves du château, jamais les mêmes pour ne pas attirer les soupçons. Ils se confiaient, s'écoutaient et cela leur avait fait du bien. Malgré leurs différences de croyance, de Maison, d'éducation, ils avaient fini par se comprendre. Pansy avait fini par relativiser certains de ses principes sur le Sang des sorciers, même si évidemment elle ne l'aurait jamais admis devant ses camarades de maison. Et là, de manière profondément injuste, tout allait se terminer. Soudain un énorme fracas et une vive lumière bleutée envahirent la pièce et Pansy se dit que c'était la fin.
Elle ouvrit de nouveau les yeux quelques heures plus tard. Elle avait été emmenée en urgence à l'hôpital Saint-Paul dans le quartier sorcier de Calais. Les médicomages voulaient la garder en observation encore deux ou trois jours. Elle était arrivée en sous-nutrition, déshydratée et affaiblie. Elle ne savait pas comment c'était possible, mais elle allait s'en remettre. Elle payait les erreurs de son père, les Aurors lui avaient expliqué tout ce qui s'était passé. La mort du petit Peter, le suicide de sa mère, la vengeance de son père. Pansy n'y était pour rien mais une partie d'elle se sentait tout de même coupable. Son père à elle était à l'origine de tout ça parce qu'un jour un sorcier avait estimé que les êtres sans magie étaient inférieurs… Mais au moins ils avaient un cœur, ils ne tuaient pas un enfant innocent sans raison. A ce moment-là, elle comprit. Elle comprit que toute cette guerre ne rimait à rien et que, même si elle allait devoir sauver les apparences, elle ferait tout pour la faire échouer. Et faire tomber les vrais coupables.
