Titre : Le continent perdu
Autrice : Leyya09
Bêtas : Merci comme toujours à Emyliane qui arrive à me donner les coups de pieds au cul qu'il me faut pour avancer ;)
Merci à Flibulle pour sa relecture et son engouement pour l'histoire et merci à SexySpectrum pour ses corrections et remarques pertinentes !
Pairing : Sterek + d'autres couples
Genre : Aventure, Romance, Angst
Chapitres : 12 (3 déjà écrits)
Notes : Dans mes recherches Tumblr, je suis tombée sur une magnifique image de Stiles en Kida faite par olive-mikacchan ! Son tumblr a malheureusement été supprimé depuis, mais j'ai gardé l'image et l'idée dans un coin de ma tête. Et comme j'adore le dessin animé "Atlantide" de Disney, je me suis lancée ! J'espère que ça va vous plaire :) !
PROLOGUE
En l'espace d'un seul jour et d'une nuit terribles,
tout ce que vous aviez de combattants rassemblés fut englouti dans la terre,
et l'île Atlantide de même fut engloutie dans la mer et disparut. Platon, Timée , 360 av. J.-C.
Les sirènes résonnaient au loin comme des cris d'animaux à l'agonie, les hurlements des habitants se mêlaient au bruissement furieux du vent et de la mer, assourdissant l'atmosphère. L'air était infesté de fumées et d'odeurs de feu, mêlées à la brise marine et à la senteur forte de la terre. Tout n'était que chaos, lamentations, tumultes et pleurs. Un couple s'enlaçait en tremblant devant leur maison en ruines, tandis que des passants affolés couraient à perdre haleine dans les rues désertes. La tête de la statue monumentale qui gardait l'entrée du palais, venait de s'effondrer dans un lourd fracas emportant une partie des marches sur son passage et dégagea la vue vers le débarcadère où des embarcations ennemies étaient en train d'accoster.
Un bruit de pas réguliers et autoritaires résonna dans le tumulte des bruits furieux et Stiles vit défiler devant ses yeux des soldats en armes qui se dirigeaient vers le port principal de l'île.
- Dépêchez-vous ! Leurs troupes débarquent ! hurla un haut gradé en invitant les soldats à accélérer la cadence. Stiles le reconnaissait parce qu'il avait un tatouage en vague sur le front, marque de son statut. Alors qu'il s'émerveillait de leurs pieds battant le pavé en rythme, il sursauta quand la porte de sa chambre s'ouvrit avec brusquerie.
- Stiles, s'écria sa mère, viens !
Elle avait l'air furieuse et Stiles se dépêcha de lui obéir. Descendant avec hâte de la fenêtre où il s'était juché, il s'empressa de la rejoindre de sa démarche chaloupée de petit homme. La Reine lui attrapa le bras avec vigueur et l'entraîna dans son sillage.
Stiles s'accrochait avec force au poignet de sa mère. Il courait sur ses petites jambes pour suivre son rythme effréné. Les couloirs du palais défilaient devant ses yeux tandis qu'elle le tirait pour qu'ils avancent plus vite. Les gardes, les domestiques et les nobles qu'ils croisaient s'enfuyaient à toutes jambes, le sol tremblait et ils devaient éviter les fissures sur leur chemin. Stiles commençait à avoir peur et ne cessait de sangloter en suivant du mieux qu'il pouvait.
Au détour d'un couloir, la Reine s'arrêta et se pencha vers lui avec douceur :
- Stiles, nous sommes dans une situation compliquée. Tu es un enfant, mais tu es aussi le prince, mon fils. Il va falloir que tu sois très fort.
Attendant sa réponse, elle le regardait avec sérieux. Sentant qu'il devait la soutenir, Stiles acquiesça. Sa mère sourit et reprit sa course. Elle lui avait demandé d'être fort, alors il faisait de son mieux pour tenir le rythme. Le visage de la Reine était grave et déterminé et Stiles savait que quelque chose d'important était en train de se produire. Sa mère avait rarement cette expression sauf quand elle siégeait avec son père ou que les affaires du royaume les retenaient. Stiles savait qu'il ne fallait pas la déranger avec ses questions, alors il se taisait, contrairement à son habitude. Même s'il avait peur. Très peur.
La désolation était visible dès l'entrée de la salle de trône. La statue qui se tenait habituellement derrière le siège s'était effondrée, détruisant le promontoire et les magnifiques fauteuils sur lesquels s'asseyaient habituellement ses parents. Certains piliers étaient tombés, emportant avec eux des bouts du plafond, la verrière était ouverte et de l'eau commençait à envahir la salle. Stiles eut à peine le temps d'embrasser du regard la scène, qu'une jeune femme interpella sa mère, en le bousculant.
- Votre majesté, nous n'avons pas assez d'énergie ! Le rituel ne fonctionne pas, il absorbe l'atlantide ! L'eau va nous envahir !
Un cercle de femmes en noir était regroupé au milieu de la pièce, qui psalmodiait des incantations autour du symbole qui recouvrait le plancher doré. C'était une spirale joliment dessinée avec un point au centre, Stiles se rappelait que son père lui avait expliqué qu'il représentait la force et la lignée royale. Se retournant vers sa mère, il comprit que la femme qui s'était adressé à celle-ci avait quitté le cercle pour les rejoindre. Elle était habillée comme les autres d'une tunique bleue foncée à capuche ornée de symboles jaunes et le cristal au bout de son collier brillait de mille feux. Elle avait l'air terrorisée et épuisée.
- Il n'y a qu'un seul moyen alors, déclara d'une voix ferme sa mère.
L'autre femme prit une expression sinistre, mais finit par hocher la tête d'un air résolu.
- Nous vous réveillerons, votre majesté.
La Reine ne prit même pas la peine de répondre, elle lui fit un signe de la main et s'abaissa au niveau de Stiles.
- Miecyzlaw ?
Stiles grimaça, il détestait ce prénom. Cependant, il leva ses yeux marrons dorés vers sa mère et lui sourit. Elle avait les mêmes, des yeux magnifiques, très expressifs, qui ressemblait à la lumière du soleil au réveil. À ce moment-là, ils le fixaient gravement. Son petit nez en trompette était froncé, ses sourcils plissés vers le milieu de son front et sa bouche habituellement rieuse formait une ligne droite dans le bas de son visage. Ses cheveux, qui d'ordinaire étaient coiffés avec rigueur, lui tombaient devant les yeux et formaient un épi sur le côté gauche de sa tête. Stiles n'avait jamais vu sa mère aussi peu soignée.
- Miecyzlaw, je vais devoir faire quelque chose de très important et te laisser là quelques instants.
- Je peux pas venir avec toi ?
- Non. Tu es trop jeune, je t'expliquerai quand tu seras grand. Mais je compte sur toi pour être sage en mon absence, d'accord ?
Stiles acquiesça de la tête et se lova dans ses bras.
- Quoi qu'il arrive, je t'aime, tu sais ?
Un grand fracas résonna dans la salle et Stiles n'eut pas le temps de répondre. Sa mère se leva rapidement, se dirigea vers le cercle des femmes et se dressa fièrement au milieu du symbole. Un bruit étrange résonna et sa mère s'enfonça dans le sol en lui jetant un dernier regard plein d'amour. Une étrange chaleur amère se dispersa dans la poitrine de Stiles, il voulut la suivre, mais se rappela de ses paroles et ne bougea pas.
Il regarda sa mère disparaître et fut absorbé par le ballet des sorcières qui suivit. Lorsque le symbole disparut dans le sol, elles mirent à s'agiter, balançant les bras et leurs têtes comme dans une danse hypnotique, et commencèrent à chanter. Leurs voix étaient envoûtantes, à la limite de la transe et le petit prince resta immobile à les observer sagement. Il se mit même à applaudir quand une lumière connecta les cristaux qu'elles portaient au cou et puis soudain, le silence se fit.
Quelques minutes passèrent sans que rien ne bouge et Stiles commençait à gigoter quand une lumière blanche jaillit du trou où sa mère avait disparu. Les incantations des femmes reprirent de plus belle et le vacarme assourdissant du déluge se fit plus sourd. Stiles prit peur et voulut se rapprocher de l'endroit où sa mère était partie, mais il sentit une main le retenir. Il tourna la tête et vit son père, des larmes aux yeux, qui l'attrapait. Il le tira hors de la salle et Stiles se laissa faire, sans comprendre pourquoi son père avait l'air si triste. La lumière s'étendit hors de la pièce comme une boule de feu indolore et le sol se mit à trembler de plus belle.
Le Roi prit son fils dans ses bras et le tint serré fort pendant que le monde autour bougeait dans une lumière éclatante. Tout était flamboyant et lumineux, son père avait les yeux fermés, mais Stiles les gardait bien ouverts. Il se gorgeait de ce phénomène radieux, de ces paillettes solaires. On aurait dit la couleur des yeux de sa mère. Il éclata de rire et son père raffermit son étreinte, mouillant son cou de ses larmes. Ses cils touchaient la peau de son fils et chatouillait l'enfant, ses cheveux courts retombaient de façon désordonnée sur son front et cachaient les rides qui commençaient à apparaître. Ses épaules étaient traversées de soubresaut et Stiles sautillait en rythme, serrant fort les bras de son père.
Et puis en un instant, le vacarme cessa.
Un silence assourdissant résonna dans le palais qui fit taire le rire de Stiles.
Ce fut la dernière fois qu'il vit sa mère.
