Ce texte est un OS écrit lors de la participation à l'ASPIC (Ateliers Scripturaux Promouvant l'Imagination et la Créativité) organisé par le serveur Discord Potterfictions sur le thème des fanarts.
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Prompt:

Jane Eyre de Charlotte Brontë + Ta gueule c'est magique
Orgueil et préjugés de Jane Austen + Chute d'astéroïde

CHAPITRE 2:
Incipit : Orgueil et préjugés de Jane Austen : "C'est une vérité universellement reconnue qu'un jeune homme qui a de la fortune doit chercher à se marier "
Trope : Chute d'astéroïde : Il y a un truc au loin, ça avance doucement, mais quand ça sera là, on sera tous morts. Il faut empêcher ça. Bombe temporelle exagérée mais justifiée
Fanarts
1 : Pansmione (pansy/hermione) = UptheHill . /20128eca78c9af067426dc8e6b15e71e/tumblr_phylm0c2Gd1vqfid4o1_r1_

Chapter Text


"C'est une vérité universellement reconnue qu'un jeune homme qui a de la fortune doit chercher à se marier "

Drago était penché au-dessus des dossiers de ses employés qui s'étalaient sur son bureau, lorsque ses yeux se posèrent sur son exemplaire d'Orgueil et Préjugés sur l'étagère. Il se rappela alors d'une de ses dernières conversations avec Pansy. Croyant qu'il s'agissait d'une énième lecture du registre des sang-pur et de son guide pratique, il l'avait supplié de se taire. Elle lui avait alors avoué que Hermione le lui avait prêté afin qu'elle renforce sa connaissance du monde moldu et de sa culture. Pansy avait décidé de quitter le monde sorcier pour échapper à un mariage arrangé. Elle avait l'intention de disparaître. Il avait été étonné qu'elle ait confié ses projets à "La Princesse des Gryffondor". Ce fut à ce moment que Blaise avait dénoncé leur baiser dans la grande salle quelques heures plus tôt. Drago avait demandé des explications à Pansy qui s'était contenté de quitter la salle commune des Serpentards.

— T'aurais du voir ça Drake, c'était dément. La petite Granger s'est pointée dans sa jupe verte, là. Tu sais, celle que tu pensais qu'elle portait pour toi ? Beh à priori tu t'es planté, c'était bien pour quelqu'un de notre maison mais pour quelqu'un d'autre. Hahaha !

— Blaise, ferme-là ! grinça Drago.

— Attends je te raconte la suite ! La princesse de Gryffondor se pointe, se penche vers Pansy et là elles se frottent le nez l'un contre l'autre. T'aurais dû voir la tension entre elles, c'était bandant.

Blaise s'était éloigné, laissant Drago s'écrouler dans le fauteuil en cuir vert. Il avait fermé les yeux et malgré lui, la description de Blaise avait défilée sur l'intérieur de ses paupières. Son cœur s'était serré. Il avait perdu toute chance avec Hermione. Pourtant, ces dernières semaines, il avait eu l'impression qu'ils s'étaient rapprochés lors de leurs séances d'étude à la bibliothèque.

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Cela faisait plusieurs semaines que des phénomènes étranges se produisaient parmi ses employés, ils tombaient malades à tour de rôle sans que les médicomages de Sainte Mangouste n'arrivent à déterminer la source de ces maladies. Les symptômes étaient trop variés pour établir une connexion entre eux. Deux avaient fait des malaises après la pause déjeuner mais la piste d'intoxication alimentaire avait vite été écartée car les employés ne mangeaient pas tous la même chose ni au même endroit. Trois autres avaient été pris de violents maux de tête, suivis de saignements incontrôlables. Drago avait encore des sueurs froides en pensant à sa secrétaire qui avait perdu connaissance en pleine réunion de service. Elle avait été conduite à l'hôpital puis placée dans un coma artificiel pour la maintenir en vie. Son flux magique s'épuisait trop rapidement. Les médicomages n'avaient aucune idée de l'origine du phénomène.

Drago voulait être sûr que cela ne venait pas de son entreprise. La société sorcière était déjà bien suffisamment méfiante envers lui, l'ancien mangemort, autant ne pas leur donner raison. Il avait demandé à différents briseurs de sorts de faire le tour de ses locaux à plusieurs reprises, sans succès. Il n'osait imaginer comment le ministère de la Magie réagirait s'il était au courant. La perspective d'aller à Azkaban n'enchantait pas Drago.

Il reprit sa liste et chercha des points communs entre ses employés touchés, mais rien ne lui vint. Il soupira, enleva ses lunettes et les jeta sur la pile de parchemins. Il se redressa et sentit sa colonne craquer. Le soleil commençait à se coucher et il décida d'aller voir Théo. Il avait besoin de parler à quelqu'un de confiance, et c'était son meilleur ami. Il espérait juste que Saint Potter ne serait pas dans les parages ce soir.

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Des flammes vertes illuminèrent l'âtre de la cheminée, sortant Théo de sa lecture, il releva la tête et croisa le regard gris de son meilleur ami.

— Drago ! Je ne t'attendais pas ce soir, tout va bien ?

— Salut Théo, on peut parler ?

— Bien sûr, installe-toi.

Théo se leva et s'approcha du bar sur roulette près de la fenêtre et servit deux verres de whisky pur feu. Il rejoignit Drago qui s'était écroulé dans un fauteuil en cuir vert bouteille.

— Je t'écoute.

Drago soupira et inspira profondément une dernière fois avant de se lancer dans son récit. Il raconta à Théo les événements survenus à Malefoy incorporation ces derniers mois. Théo l'écouta patiemment sans l'interrompre.

— Voilà, tu sais tout.

— Et donc… tu penses qu'il y a une cause qui expliquerait tout cela ? Un genre de mauvais sort, ou une maladie ?

— Tu en penses quoi, toi ? Tu crois que je suis parano ?

— Non, tu as raison, c'est assez étrange comme phénomène. Tu en as parlé à quelqu'un d'autre ?

— Seulement au briseur de sorts Weasley, son équipe est venue plusieurs fois. Il est aussi perplexe que moi, il concède qu'il y a sûrement une corrélation entre les cas mais ne voit pas d'où cela peut venir. Il m'a suggéré de demander à Granger mais je voulais voir avec toi avant et éventuellement en parler à Potter.

— Tu sais qu'Hermione t'aiderait si tu lui demandais.

Drago baissa les yeux sur ses genoux:

— Je sais, mais je ne le veux pas et tu sais pourquoi.

Théo haussa les épaules en levant les yeux au ciel. Ce que Drago pouvait être têtu parfois.

— Ok, comme tu veux mais tu sais que tu perds du temps inutilement.

— Je pourrais faire le tour de ta bibliothèque quand j'aurai fini avec les livres de la mienne.

— Quand tu veux, t'es chez toi ici.

— Merci Théo.

Ils passèrent le reste de la soirée plus détendu et Drago quitta le manoir Nott quand Potter rentra du département des Aurors qu'il dirigeait.

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— Granger ?

Drago s'approcha à pas de demiguise de la table de travail dans la bibliothèque de Théo mais la trouva inoccupée. Des livres s'amoncellaient à gauche et quelques parchemins semblaient avoir été oubliés. Drago se saisit de l'un deux et lut les quelques mots qui avaient été griffonnés à la va-vite. Ses sourcils se levèrent jusqu'à la racine de ses cheveux. Il comprit de suite que Granger était aussi victime de cette mystérieuse maladie ou tout du moins qu'elle faisait des recherches sur le sujet.

Il prit une plume qui traînait et releva les titres que Granger avait consultés, la liste de symptômes consultés puis se hâta de regagner les bureaux de la Malefoy Corporation. Il reviendrait chez Théo plus tard pour emprunter les ouvrages.

Une fois installé derrière son bureau, il tira la liste de ses employés de sous ses dossiers et ajouta le nom de Granger dessus, il chercha de nouveau des points communs. Elle ne travaillait pas pour lui, cela rassura en partie Drago. La cause ne venait donc pas de son entreprise. En admettant qu'elle soit la victime, les symptômes dont elle semblait souffrir n'avaient rien en commun avec ceux de ses employés.

aversions à certaines odeurs, céphalées, vomissements…

Cela aurait pu être une drôle de coïncidence mais Drago n'aimait pas les coïncidences. Son esprit logique ne le permettait pas.

Il fixa les dossiers de ses employés, lut et relut chaque fiche de renseignement mais il sentait bien qu'il était dans une impasse. Il finit par sombrer de sommeil.

— Drago, viens là.

La voix glacée de sa mère l'obligea à se lever du fauteuil dans lequel il s'était réfugié.

Greyback fit tourner les prisonniers pour que le lustre les éclairent mieux. Sous la lueur pâle, une silhouette plus petite que lui lui faisait face, le visage bouffi, rose et luisant, les cheveux aux épaules. Les lunettes rondes étaient indubitablement celle de Potter. Drago était reconnaissant qu'il ne parle pas et qu'il baisse les yeux.

La voix âpre du loup-garou susurrait des paroles encourageantes :

— Alors mon garçon.

Il recula de quelques pas, il ne pouvait pas faire cela.

— Eh bien, Drago ?

Son père semblait avide de savoir.

Drago gémit dans son sommeil, il ne voulait pas revivre ce cauchemar. Il entendait déjà les cris de Granger. Il se réveilla, les ongles enfoncés dans les accoudoirs en cuir de son fauteuil, il sentait sa chemise se coller et se décoller dans son dos plein de sueur au rythme de sa respiration saccadée. Il était tremblant, pantelant, et sa tête commençait à tourner. Il se redressa péniblement, inspira et expira profondément dans l'espoir de calmer les battements erratiques de son cœur. Théo avait raison, il devait parler à Granger.

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Drago parcourut les couloirs tamisés du ministère. Sa discussion avec Théo l'avait convaincu d'aller parler à Potter. Cet imbécile était probablement son dernier espoir. Arrivé à la hauteur de la porte en bois du bureau, il hésita quelques secondes. Le courage n'était pas la qualité première d'un serpentard, mais la situation requierait de faire preuve d'auto préservation. Il n'irait pas à Azkaban à cause d'une quelconque malédiction.

Drago frappa trois coups contre le panneau de bois et attendit que Potter l'autorise à entrer. Un borborygme indistinct lui parvint et il prit cela comme l'autorisation de pénétrer dans le bureau.

Les lieux étaient étonnamment chaleureux pour un bureau de directeur du département des Aurors. Drago reconnaissait la touche de son ami Théo dans le décor. La lampe en laiton sur le guéridon près de la fenêtre, Potter ne le savait peut-être pas mais cette lampe était une des dernières reliques de l'héritage maternel de Théo. Des coussins et un plaid avaient été jetés artistiquement sur le canapé en velours rouge. Quelques pots de champifleurs, de filet du diable dompté et de muguet parsemaient la pièce. Drago eut un bref sourire en apercevant le cadre doré contenant leur photo de mariage moldu sur le coin du bureau de Potter. Le monde sorcier était encore bien trop rétrograde sur la question du mariage homosexuel.

Drago n'avait jamais été plus heureux que quand Granger avait proposé que leurs amis se marient chez les moldus. Les sorciers ne célébrait pas le mariage entre personnes du même sexe mais reconnaissait une union moldue quelle qu'elle soit.

Une jolie faille dans le système !

Potter n'était probablement pas la personne que Drago aurait choisie pour partager sa vie, mais il rendait Théo heureux et cela était tout ce qu'il lui importait.

— Potter.

Harry hocha brièvement la tête en guise de bonjour, d'un geste de la main, il l'invita à s'asseoir sur l'un des fauteuils en cuir des visiteurs.

— Malefoy, que puis-je faire pour toi ?

— Je sais que Granger est malade.

Harry sortit sa baguette d'un geste vif et envoya plusieurs sorts pour fermer et insonoriser le bureau.

— Comment es-tu au courant ?

Cela faisait longtemps que Potter ne s'était pas montré aussi agressif avec lui. Il s'était redressé de toute sa hauteur, ses yeux verts étincelaient de rage, et sa célèbre cicatrice semblait encore plus tendue que son propriétaire.

— Plusieurs employés de Malefoy Incorporation tombent malades chacun leur tour avec des symptômes sans aucun rapport les uns avec les autres. Je sais que Granger a rendu visite à Théo et a demandé à consulter quelques livres anciens, j'ai la liste des ouvrages concernés, j'avais une chance sur deux pour qu'elle soit malade ou un de ses proches. Et vu ta réaction …

Harry ricana.

— Serpentard un jour, Serpentard toujours, hein ?

— Tu t'es marié à un Serpentard, tu devrais savoir depuis le temps.

Harry se rassit et se passa une main sur le visage de lassitude.

— Elle va probablement me massacrer pour ce que je vais te dire, mais ça fait des années qu'elle garde cela pour elle. Oui, elle est malade. Ses symptômes n'ont aucun sens, elle est dégoûtée par l'odeur corporelle des gens.

— Je la comprends, ironisa Drago.

— Non, tu comprends pas. Elle peut avoir des migraines pendant des jours. Elle peut être prise de vertiges, de vomissements comme ça d'un coup, sans raison. Tu savais que c'était pour cela qu'elle évitait McLaggen comme la peste ? Apparemment, il sent la rouille. Elle m'a dit qu'elle s'était déjà évanouie dans son bureau après la visite de certains collègues. Je n'ose imaginer ce qui pourrait se passer si je n'avais pas sécurisé son bureau, il y a des années. Elle m'a avoué qu'elle avait rompu avec tous ses partenaires à cause de sa maladie.

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Drago sursauta lorsqu'une voiture klaxonna, et il remonta rapidement sur le trottoir. Il chercha le numéro dix-sept sur les façades des boutiques de la rue. Treize, quinze, dix-sept. Drago pila net et s'arrêta devant la vitrine. Elle était remplie de meubles anciens, de miroirs, de bougeoirs et de babioles de toutes sortes. Il se demanda s'il était à la bonne adresse et si Sarmis, son hibou grand duc, ne s'était pas trompé de destinataire.

Il poussa la porte faisant tinter la clochette suspendue au-dessus.

— Si vous cassez, vous payez !

— Pansy ?

Une forme indistincte fonça droit dans les bras de Drago qui eut tout juste le temps de reconnaître les mèches courtes de son amie avant d'amortir l'impact de son corps fluet contre son torse.

— Tu m'as manqué aussi Pans'.

Il la serra dans ses bras et déposa un baiser au sommet de sa tête. L'odeur de son shampoing à la mauve envahit ses narines et il eut l'impression d'être de retour à Poudlard.

Une bouffée de nostalgie le saisit et il ferma les yeux quelques secondes jusqu'à sentir sa meilleure amie relâcher son étreinte et reculer de quelques pas.

— Donne-moi quelques minutes le temps de fermer la boutique. Monte l'escalier au fond à gauche et attends-moi dans le salon.

Drago grimpa les marches étroites et poussa la porte de l'appartement. Il fit le tour rapidement des lieux et d'un coup de baguette voulut mettre la bouilloire à chauffer sur le gaz. Devant l'absence de réaction de son sort, il conclut que les lieux étaient protégés. Il lança quelques sorts de détection appris par le briseur de sort Weasley. Il remarqua alors quelques runes déguisées en tableaux, accrochées au mur. Chacune étaient associées à des fleurs et il eut un sourire lorsqu'il reconnut des narcisses entourant Othalaz.

Il finit par s'asseoir dans le canapé gris en velours et continua son observation des lieux. Des plantes en pots côtoyaient des incunables dans la bibliothèque en chêne près de la fenêtre, des coupures de journaux s'étalaient sur la petite table de la cuisine. Il sortit de la poche intérieure de son veston le dossier qu'il avait apporté. Il soupira quand il compris qu'il allait devoir attendre que son amie monte pour qu'elle lui rende sa taille originelle.

Les marches grinçèrent, annonçant l'arrivée de Pansy.

— Que me vaut l'honneur de ta visite ?

— Un gentilhomme ne peut-il pas rendre visite à une amie chère à son cœur ?

— S'il te plait, Drago, j'ai pas le temps pour ça. Pourquoi es-tu là ? Non pas que ça me déplait de te voir mais habituellement, c'est moi qui me déplace.

— Je suis dans la bouse de dragon jusqu'au cou, Pans', j'ai besoin de ton aide.

Pansy soupira.

— Qu'est-ce que tu as encore fait ?

— Rien, justement !

Pansy haussa un sourcil. Il lui tendit le dossier miniaturisé. Elle haussa les épaules, dubitative.

— Tu pourrais exercer un peu de ta magie et m'aider.

Pansy se retourna vivement et alla fermer la porte à double tour.

— Ne prononce pas ses mots ici, on pourrait t'entendre.

Elle s'approcha de la bibliothèque, extirpa un vieil exemplaire d'Orgueil et Préjugés, y plongea la main jusqu'au coude et en ressorti une fine baguette de houx. Elle l'agita en direction des tableaux puis la pointa sur le dossier qui reprit sa forme originale. Elle lança différents sorts puis fourra la baguette dans le livre qu'elle déposa de nouveau sur l'étagère.

— Montre-moi ce que tu as.

Drago lui raconta tout, comme il l'avait fait avec Théo.

— Et tu penses que je peux t'aider ? Drago ça fait presque 10 ans que je vis dans le monde moldu ! Mes contacts avec ton monde se limitent à ton anniversaire et les quelques fois où j'écris aux Weasley.

— Tu écris aux Weasley ?

— Oui à Weasley Père quand un objet moldu ensorcelé arrive ici et à son fils briseur de sort quand j'ai besoin d'une intervention d'urgence. Je ne pratique presque plus la magie, seulement pour protéger cet appartement.

— Ok. Tu peux quand même me dire ce que tu en penses ?

— Une malédiction ?

— C'était ma théorie, mais ne n'arrive pas à trouver de points communs aux victimes, et leurs symptômes n'ont aucun sens.

Drago repris les fiches de ses employés et les montra à Pansy:

Matt Taylor

31 ans

Assistant au service communication

Symptômes: crampes abdominales et évanouissement.

Mary Spencer

27 ans

Directrice du département financier

évanouissement et coma.

Justin Flint-Fletcher

28 ans

Assistant du département

maux de tête et saignements incontrôlables

Les fiches s'accumulaient devant elle et elle remarqua que Drago commençait à trembler. Elle posa sa main sur son épaule pour le rassurer.

— Hey, on va trouver. Laisse moi juste le temps de finir de relire tout ça.

Drago se racla la gorge et lui tendit une feuille qui se trouvait à l'arrière du dossier.

Hermione Granger

28 ans

Directrice du département de contrôle et régulation des créatures magiques

aversions à certaines odeurs, céphalées, vomissements, évanouissements

— Pansy, il faut qu'on trouve d'où ça vient parce que s'ils viennent à en mourir, le Ministère va tout faire pour me faire porter le chapeau, ils vont croire que je veux prendre la relève de mon père et ses copains mangemorts en liberté n'attendent que ça ! Je ne veux pas retourner à Azkaban.

Une larme coula le long de la joue du blond et Pansy le prit dans ses bras.

— Oh mon dieu, j'ai trouvé !

Pansy le relâcha et se mit à consulter différentes pages du dossier, se leva pour aller rechercher son livre cachette, elle en sortit de nouveaux livres. Elle se saisit d'un stylo qui traînait sur sa table basse et commença à gribouiller frénétiquement sur une feuille volante. Elle marmonna dans son coin un moment, tournant rapidement les pages de différents ouvrages avant de relever les yeux et d'annoncer d'une voix grave:

— C'est une malédiction anti nés-moldus.

— QUOI ?

— Regarde, toutes les victimes sont des nés-moldus. Flint-Fletcher, Granger, je suis presque sûre que Spencer est cette fille qui était à Poudlard en même temps que nous. C'était pas une poufsouffle d'ailleurs ?

— Par Salazar, je crois que tu as raison !

— Drago…

Pansy devient soudainement hésitante , presque peureuse.

— Pansy ?

— Tu ne penses pas que cette malédiction…ce serait pas l'oeuvre de ta tante ?

Drago fut frappé par le choc. Comment avait-il pu oublier ? Des bribes de souvenir lui revinrent en mémoire.

Un couloir sombre s'étendait devant lui, il avançait doucement, le bruit de ses pas atténués par l'épaisse moquette argentée. Il jeta un coup d'œil à gauche puis à droite avant de passer devant la première porte. Il longea le mur, ses doigts frôlant le bois du soubassement. Le grin fin du bois lui chatouilla la pulpe de ses doigts et il continua sa progression. Plus que quelques mètres et deux portes à passer avant d'atteindre son but. Il resta vigilant, les mangemorts venaient juste de partir et il n'était pas à l'abri d'être surpris mais c'était la meilleure opportunité pour lui. Le Lord avait retenu Scabior concernant l'évasion de leurs prisonniers plus tôt dans la semaine. Il retint son souffle et passa rapidement devant la deuxième porte sans encombre. La lueur d'une bougie attira son attention sur sa droite, il s'approcha de la dernière porte, entrebâillée. Par l'interstice, il distingua la cascade de boucles folles de sa tante. Drago trouvait l'habit de Bellatrix étrange. Il s'approcha et se risqua à pousser la porte un peu plus pour mieux voir. Elle était toute de noir vêtue, et portait une couronne de plomb avec trois bougies verticales allumées, fixées dessus. Elle était assise en tailleur par terre et semblait graver des symboles sur une plaque à l'aide d'un clou.

Des lignes avaient été tracées au sol, entrecoupées de pierres et de chandelles. Un rituel à n'en pas douter. Drago allait poursuivre son chemin lorsque la voix de sa tante s'éleva un peu plus. Il resta cloué sur place par la peur d'avoir été surpris. La voix perçante de Bellatrix résonna dans le bureau:

— Lorsque le plus fidèle soldat sera… sera tombé au combat, … sa magie se vengera et ses ennemis souffriront de mille maux.

Pansy nota l'incantation sur un parchemin, en attendant que Drago se souvienne de la suite. Elle consulta différents ouvrages, les étalant sur la table basse.

— Là, regarde ! Tu penses que c'est la tenue qu'elle portait ?

— Ça à l'air.

— Ok, donc à priori ce serait la malédiction Abolitio Impurus . Drago il me faut la suite !

— Attends, je cherche. Leurs sens ne les guideront plus…

— La malédiction se déclenchera pour chacun au moment idéal. Et dans les abîmes, ils reposeront. Drago, on a trouvé !

Pansy se leva et exécuta une petite danse de la joie. Drago retrouva le sourire brièvement.

— Ok, on a trouvé la malédiction, merci Pansy. On a un début de plan.

— Oh oh. Drago, on a un problème.

— Quoi ?

— Il ne faut surtout pas que les médicomages essaient les sorts de guérison. Ce serait catastrophique, en fait il faudrait ne rien faire pour le moment.

— Merde ! il faut que je prévienne Potter. Vois avec le briseur de sort s'il y connait quelque chose, on se tient au courant.

Drago remballa ses affaires, et se dirigea vers la porte. Il fit demi-tour et prit Pansy dans ses bras.

— Merci ma chère amie, merci. Tu me sauves la vie. Tu m'as manqué, tu ne peux pas savoir.

Il lui caressa la joue et lui fit promettre de venir le voir plus souvent. Il embrassa le sommet de son crâne une dernière fois et regagna les rues de Londres.

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Drago remonta d'un pas vif le sentier qui longeait la colline, Potter lui avait vaguement décrit le lieu où Granger avait l'intention de faire son rituel. Les feuilles s'amassaient au bord du chemin creusé de flaques de boue à peine sèches. Le soleil perçait à travers les branches des grands arbres. Il trouva cela incongru que Granger accepte de se prêter à ce genre de chose. Elle devait être réellement désespérée. Le chemin déboucha sur une vaste clairière, et il remarque la silhouette familière de Granger. Elle portait une longue robe en lin ou en coton clair, ses boucles étaient retenues par un lien au bas de sa nuque, et des fleurs avaient été piquées dans sa chevelure. Elle naviguait entre les bougies et les pierres, contournant les lignes au sol. En se rapprochant, Drago remarque son sac de perles posé contre le tronc de l'arbre le plus proche sur sa gauche. Cela le fit grimacer de voir qu'elle l'avait toujours. Trop de souvenirs passaient devant ses yeux avant qu'il n'inspire profondément pour les chasser. Il s'arrêta et prit quelques secondes pour observer Granger. Elle s'était assise en tailleur au centre de la forme qu'elle avait dessinée et semblait avoir commencé une sorte de méditation, sa respiration avait le même rythme que celui pour les rituels de magie noire dont sa tante Bellatrix raffolait. Il était persuadé que le mouvement de sa baguette ne devait pas aller vers la droite en remontant mais vers la gauche, côté cœur. La panique le reprit, sa gorge se serra, elle ne devait pas lancer ce sort, elle allait tous les condamner. Il se mit à courir, et au milieu de l'incantation, il dérapa sur les feuilles mortes:

— Granger !

Drago visualisa le hall d'entrée de Sainte-Mangouste, resserra sa prise avec un air déterminé, les faisant transplaner tous les deux en plein cœur de Londres. Le 'pop' caractéristique résonna dans la clairière faisant s'envoler de peur les oiseaux. Drago sut qu'il était arrivé à destination lorsque l'odeur de lavande emplit ses narines.

— Un médicomage, vite ! C'est Granger.

Le personnel de l'hôpital s'agita autour de lui, et il recula jusqu'aux cheminées où il jeta une poignée de poudre de cheminette, hurlant sa destination avant de disparaître dans les flammes vertes. Il parcourut les couloirs du ministère, arrivé à destination, il ne prit même pas la peine de toquer à la porte avant de s'engouffrer dans le bureau de Potter. Essoufflé, il eut juste le temps de bredouiller quelques paroles avant que l'Élu le pousse dans un fauteuil et claque la porte derrière lui. Il entendit le son de la serrure se verrouiller. Il ne pouvait pas sortir mais il n'en avait pas l'intention. Il se redressa, enfonçant ses coudes dans ses cuisses, il se força à contrôler sa respiration. Il n'arrivait pas à croire que Granger avait essayé de lancer ce stupide sort.

Il se leva et s'approcha de la desserte pour se servir un verre de whisky pur feu. Une douleur cuisante traversa sa main droite, et en baissant les yeux, il vit que des cloques étaient apparues sur sa paume. C'était bien une idée de Potter ça. Même pas possible de se saouler en attendant son heure. Il s'écroula dans le fauteuil et jeta la tête en arrière. Il ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre.

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Drago était de retour chez lui, dans sa chambre. Il soupira et repassa en boucle les dernières heures qu'il avait passées enfermé dans le bureau de Potter. Ce dernier l'avait longuement interrogé sur ce qu'il s'était passé et l'avait informé que Granger était toujours à Sainte-Mangouste. Drago avait cru sa dernière arrivée lorsque Harry lui avait annoncé qu'elle avait été placée dans un coma artificiel car son flux magique était trop instable. C'était fini, il allait devoir retourner à Azkaban, avec la chance qu'il avait, il partagerait la cellule de son père.

Le blond avait tenté d'expliquer à Harry toute l'étendue de la situation, ses souvenirs de la malédiction lancée par sa tante mangemort, les conséquences catastrophiques qui auraient pu en résulter si Hermione faisait le rituel des âme-soeurs. Il espérait que les recherches de Pansy porteraient leurs fruits.

Drago grogna, et se retourna dans son lit, enfonçant sa tête dans son oreiller.

Il n'avait jamais été courageux mais un regain d'espoir l'avait poussé à agir. Il était enfin libre des diktats imposés par sa famille, cela avait été l'occasion de montrer qu'il ne croyait plus à cette idéologie rance dans laquelle il avait été élevé.

Théo, Pansy et Bill Weasley avaient passé des heures avec les médicomages afin d'essayer de trouver un remède mais il n'y avait rien d'autre à faire qu'attendre. L'équinoxe d'automne était pour bientôt.

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Elle se mit à lire aussitôt tout en marchant. La lettre contenait ce qui suit:

Rosings, huit heures du matin.

"Ne craignez pas, Mademoiselle, en ouvrant cette lettre, que j'aie voulu renouveler l'aveu de mes sentiments et la demande qui vous ont si fort offusquée hier soir. Je n'éprouve pas le moindre désir de vous importuner, non plus que celui de m'abaisser en revenant sur une démarche que nous saurions oublier trop tôt l'un et l'autre."

Drago se redressa un peu lorsqu'il entendit le soupir profond de Granger. Ses yeux avaient l'air de s'agiter sous ses paupières closes. Il poursuivit sa lecture jusqu'à la fin de la lettre de M. Darcy à Elizabeth avant de se saisir de sa cape et de quitter la chambre. Ce serait bientôt l'heure de la visite des Weasley, et Drago n'avait aucune envie de tomber sur eux une nouvelle fois.

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Drago sentit Hermione soupirer et nicher son nez dans son cou. Ils étaient encore dans sa chambre à Sainte-Mangouste. Il savoura les derniers instants où elle se tenait dans ses bras. Cela faisait maintenant quatre jours qu'ils se voyaient pour "sa thérapie olfactive". Les médicomages avaient conclu qu'exposer Hermione progressivement à l'odeur de Drago jusqu'à la moitié de l'automne leur permettrait de comprendre l'étendue de la malédiction.

Driiiiing

Hermione le relâcha, renifla une fois et lui tourna le dos. Il était reconnaissant qu'elle ne puisse voir combien la situation l'affectait. Il avait compris qu'elle n'avait pas besoin de lancer ce stupide sort d'âme-soeur pour voir qu'ils étaient définitivement compatibles. Le traitement lui avait pleinement laissé le temps d'apprendre à la connaître un peu plus. Il savait qu'elle était drôle et cultivée, et il sentait qu'elle commençait à s'attacher à lui. Il ne voulait pas qu'elle se sente moralement obligée.

— Merci Drago. Je sais que ce n'est pas drôle pour toi et je t'en serai…

— Tu n'as pas de dettes envers moi, Granger.

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Drago soupira d'aise lorsque l'odeur de café pénétra ses narines, il vit le vent faire virevolter les boucles de Granger et il serra sa main pour lui signaler qu'il était content d'être à ses côtés. C'était leur signal, leur façon de communiquer. Ce besoin de se toucher, une des conséquences du sort des âmes-soeurs que Hermione avait dû lancer. Depuis, leur quotidien était parsemé de petites routines qu'ils avaient mis en place. Une des préférées de Drago était celle du dimanche matin. Ils se rendaient dans leur café moldu favori près de chez Pansy pour prendre leurs boissons à emporter, puis ils allaient flâner dans les rues de Londres, profitant de leur anonymat chéri.

Depuis l'annonce de leurs fiançailles, ils faisaient régulièrement la une des journaux. Cela faisait deux ans qu'ils sortaient ensemble. Deux ans qu'Hermione était "guérie". Les débuts de leur relation amoureuse avaient été compliqués, ils étaient déjà amis et s'entendaient plutôt bien mais Hermione avait peur que les sentiments de Drago soient le résultat d'une culpabilité mal placée. Elle lui avait pourtant assurée plus d'une fois qu'il n'était pas responsable des actes de sa tante. Ils avaient difficilement réussi à convaincre le ministère que Drago n'y était pour rien. Le rituel de purification aux fêtes de Samhain les avaient libéré de la malédiction, mais avait quelque peu traumatisé Drago.

Il s'était fortement opposé à Luna lorsqu'elle avait suggéré qu'ils fassent de nouveau le rituel des âmes-soeurs. Drago n'était pas rassuré à cette idée, mais quand ce dernier avait "guéri" Hermione, il refusa d'avouer qu'il était profondément soulagé.