Chapitre 1 : La découverte du monde magique
Assise tout au fond de mon fauteuil, mes yeux parcourent les lignes encrées sur le papier, dévoilant l'horrible découverte du policier. Bientôt, je saurais si j'ai raison, si le meurtrier est bien le demi-frère.
- Hermione, ma chérie ? Peux-tu aller ouvrir la porte ?
Je relève ma tête de mon livre, reprenant pied avec la réalité. Qu'est-ce que ma mère m'a demandé ? Une seconde plus tard, la sonnette retentit à nouveau, m'indiquant la marche à suivre. Plaçant mon marque-page à l'intérieur de mon livre, je me relève direction la porte d'entrée.
Le professeur !
La semaine dernière, nous avons reçu une lettre indiquant que j'ai été sélectionné pour entrer à Poudlard, une école de magie. Pour n'importe quelle autre famille, nous aurions juste ri, mais je suis capable de faire d'étranges choses depuis des années, comme changer de couleurs les cheveux des gens ou faire léviter un livre pour attraper celui en haut de l'étagère de la bibliothèque. Si mes parents ont été inquiets de mes pouvoirs, ils n'ont jamais cherché à me faire interner ou à les faire disparaitre. Toutefois, l'arrivée du courrier les a rassurés et ils ont aussitôt agréé pour rencontrer un professeur de Poudlard. A cause de cette rencontre, j'ai commencé à paniquer et ma mère m'a mis un livre entre les mains pour me calmer, ce qui a parfaitement réussi.
En ouvrant la porte d'entrée, je découvre une dame, d'apparence la quarantaine, dans une robe en velours vert. Elle possède la prestance des lords et ladys de mes histoires.
- Bonjour, vous devenez être miss Hermione Granger ?
- Bonjour, oui c'est bien moi, vous êtes un professeur de Poudlard ?
- Je suis le professeur McGonagall, vos parents sont-ils présents ?
- Oui, bien sûr ! Excusez-moi, entrez !
D'un bond, je me décale de l'entrée pour laisser passer mon futur professeur puis je la guide dans le salon, où mon père referme son journal. Il sourit en voyant mon accompagnatrice et commence les salutations, pendant que ma mère arrive avec du thé et des gâteaux. Pendant quelques minutes, mes parents et le professeur McGonagall échangent quelques banalités, avant d'enfin aborder le sujet qui m'intéresse, l'école de sorcellerie Poudlard.
- Poudlard est l'école de sorcellerie de la communauté anglaise. Toutes les sorciers et sorciers âgés de 11 ans y vont faire leurs études pour apprendre à maitriser leurs pouvoirs.
- Comment se passe la scolarité ? Et combien coût-elle ? Demande ma mère.
- La scolarité est gratuite, elle est prise en charge par le ministère de la magie pour empêcher d'avoir des enfants non formés dans les rues. Seul les livres, les uniformes et les outils de travail sont à la charge de la famille. La scolarité dure du 1er septembre au 30 juin. Le train part à 10h et le retour est à 17h chaque année. Il n'y a qu'une période de vacances d'un mois du autour de Noël pour permettre aux élèves, s'ils le souhaitent, de rentrer chez eux.
- Comment se passe l'apprentissage de la magie ? Et l'achat de livres, ils sont spéciaux ? Quelles matières vais-je étudier et…
- Du calme Hermione ! Laisse donc le temps au professeur McGonagall de répondre, rigole mon père face à mes antiques.
- Pour pratiquer la magie, les sorcières et les sorciers de notre communauté utilisent une baguette magique. Celle-ci permet de mieux contrôler notre puissance et d'éviter ce que nous appelons la magie accidentelle. La magie accidentelle correspond à tous les sursauts de magie qui réagit à tes émotions. Il s'agit d'une magie qui ne doit pas être utilisé.
- Pourquoi ne pas utiliser une telle magie ?
- Ce type de magie est ce que nous nommons de la magie noire, c'est-à-dire qu'elle tire sa puissance de l'âme, du sang ou des esprits. Au fil des siècles, de nombreux sorciers se sont perdus sur ce chemin et la baguette a été introduite. Je vous demanderais donc de promettre que vous ne tenterez pas de pratiquer la magie sans baguette.
J'acquiesce d'une petite voix, imaginant déjà devenir une sorcière maléfique. Je ne veux pas ! Je veux rendre mes parents fiers ! Heureusement, mon visage doit les convaincre, car ils semblent tous apaisés. Prenant une gorgée de thé, le professeur McGonagall reprend ses explications sur le monde magique et faisant apparaitre une pile de parchemin sur la table d'un coup de baguette.
- Ceci est un ensemble de document pour mieux appréhender le monde magique. Je vous prierais donc, miss Granger, de les lire attentivement avant la rentrée. Vous y trouverez nombre d'informations sur notre société.
- Merci beaucoup professeur !
- Autre chose, vous devez comprendre que notre communauté est secrète. Personne ne doit connaitre notre existence. Pour ce faire, vous trouverez également un dossier pour une école privée qui sert de couverture pour tous les enfants de moldus.
- Moldus ? Questionne ma mère.
- Personne sans pouvoir magique. Vous pourrez présenter votre école sans mentionner la magie. D'ailleurs, il est interdit de pratiquer de la magie avant vos 17 ans hors de Poudlard. Toute contravention peut vous faire expulser de Poudlard et de notre communauté, entrainant automatiquement le scellement de votre magie. Après votre majorité, vous pourrez pratiquer de la magie dans nos pôles de pouvoirs ou chez vous, s'il n'y a aucun moldu à proximité. Toutefois, il est interdit de faire de la magie face à eux, à moins d'être en réel danger. Miss Granger, ne tentez pas d'outrepasser cette règle. Nombre de sorcier et sorcière ont perdu leur magie en se croyant plus malin que les autres.
- Je ferais attention, je vous le promets professeur !
- Je l'espère.
- Tout à l'heure, vous avez mentionner devoir acheter du matériel pour les études. Où allons-nous trouver tout cela ? Questionne ma mère.
- Au chemin de traverse, à Londres. Pour votre première entrée dans le monde magique, je vais vous escorter. Je compte accompagner deux autres enfants demain, si vous voulez vous joindre à nous ?
- Jean et moi devons travailler malheureusement, fit tristement ma mère. Cependant, je suis certaine qu'Hermione sera ravi de découvrir ce chemin de traverse et nous pourrons y retourner ensemble plus tard.
- Oh oui !
- Parfait. Dans ce cas, je viendrais vous chercher demain à 8h45 précise. Ne soyez pas en retard. Nous passerons ensuite chercher vos deux futurs camarades.
J'acquiesce frénétiquement la tête, imaginant déjà être demain et rencontrer des sorciers de mon âge. Mon âge ! Je vais enfin rencontrer des personnes comme moi !
Mon attention est attirée par les prospectus sur la table basse. Ils sont enroulés sur eux-mêmes, comme des parchemins. Qu'est-ce que c'est étrange ! J'ai tellement hâte de découvrir la magie !
- Hermione, ma chérie, calme-toi.
Je souris piteusement à ma mère, qui est débordée. Depuis la venue du professeur McGonagall hier, je suis excitée comme une puce. J'ai déjà appris par cœur les prospectus sur le monde magique et j'ai tellement hâte de tout découvrir ! C'est un monde nouveau qui s'ouvre à moi ! Rien que dans le vocabulaire ! J'ai commencé à tenir un cahier avec tout ce que je ne comprends pas, j'espère pouvoir demander au professeur McGonagall de m'expliquer ou pouvoir trouver un dictionnaire !
Oh ! Je vais avoir des livres ! Mes parents m'ont donné une grosse somme d'argent, 150 livres pour acheter tout mon matériel. Normalement, d'après la brochure, l'ensemble des fournitures coûtent entre 50 et 80 livres par an, mais mes parents veulent que je puisse m'offrir quelque chose, tout sauf un animal. Même si c'est autorisé selon le règlement, ils préfèrent que je sois plus mature avant d'avoir un animal à ma charge. Qu'importe, je pourrais m'acheter des livres !
L'horloge sonne 8h30 et je m'empresse de sauter dans mes chaussures, mon sac à dos déjà prêt au pied de l'escalier à côté de ma veste. Je me demande comment nous allons nous rendre à Londres, surtout pour une journée ! Peut-être prendrons nous le bus ? Un bus magique ? J'ai tellement hâte !
A côté de moi, ma mère a arrêté d'essayer de calmer mon enthousiasme. Elle sait que j'adore découvrir de nouvelles choses et puis, je pense qu'elle est aussi impatiente que moi. Elle aurait aimé m'accompagner.
A 8h45 précisément, un bus rouge écarlate à trois étages apparait brusquement devant ma maison, me faisant bondir d'un pas en arrière. C'est un bus magique ! Le professeur McGonagall apparait de l'intérieur du bus et me fait signe de monter. Sans plus attendre, j'embrasse ma mère sur la joue et entre à mon tour. J'ai à peine le temps de m'asseoir à côté de mon professeur dans un carré de quatre que le bus bondit littéralement en avant en un craquement sonore. Par la fenêtre, je vois le paysage changer, passant de la ville de Staines-Upon-Thames à Little Whinging, toujours dans le Surrey. J'ai déjà entendu parler de cette ville, mon père travaille une journée par semaine dans leur hôpital et il y a un bus qui y mène directement. Avec un peu de chance, je vais pouvoir revoir les deux autres nouveaux étudiants pour le reste de l'été ! Se seront peut-être mes premiers amis !
- Little Whinging, bibliothèque municipale.
Bibliothèque municipale ? Si ça se trouve, mes deux nouveaux camarades adorent lire également, ce serait génial ! Par la fenêtre, je ne peux m'empêcher de chercher des yeux mes futurs meilleurs amis, quand deux enfants entrent dans le bus. Il s'agit d'un garçon et d'une fille qui se ressemblent un peu. Le garçon a des cheveux bruns plutôt foncé et des yeux foncés également. Il est plutôt bien habillé et si ses habits ne me semblaient pas aussi usé j'aurais parié que c'est sa tenue du dimanche. Quant à la fille, même si elle est cachée par le garçon, je peux voir qu'elle porte une robe classique bleue marine à col Claudette. Là encore, la tenue est un peu usée, je peux voir quelques rapiéçages. Je me demande qui ils sont.
Ils paraissent incertains, mais montent courageusement. A côté de moi, le professeur McGonagall se lève, attirant leur attention. Le duo échange un regard avant de s'approcher de nous.
- Vous devez être monsieur Elijah Estherson ? Et j'imagine qu'il s'agit de votre amie Hope ?
- Oui, bonjour professeur McGonagall, merci d'avoir accepté que je vienne avec vous.
- Ce n'est rien, veuillez-vous asseoir.
- Professeur McGonagall, devons-nous aller chercher d'autres élèves ? Questionna le steward en s'approchant.
- Non, vous pouvez nous emmener au chaudron baveur monsieur Whiserton.
- Tout de suite professeur.
L'homme fait un salut et le bus bondit de nouveau en avant, m'obligeant à fermer les yeux pour ne pas vomir. Clairement, les sorciers n'ont pas la même notion de la conduite que les moldus. À la suite d'un virage en épingle à cheveux, j'ouvre les yeux lorsque le professeur McGonagall s'adresse à la demoiselle.
- Miss Hope, votre ami a oublié de mentionner votre nom de famille dans sa lettre.
- Oh oui, désolée, c'est ma faute. Comme personne n'est venue me voir alors que j'ai grandi dans une famille non magique, j'ai pensé que vous ne voudriez pas m'emmener avec vous si vous saviez que je venais d'une famille de sorcier.
- C'est ridicule ! Nous autres professeurs nous sommes là pour venir en aide à tous les jeunes sorciers. Surtout que vous n'êtes pas la seule à avoir grandi dans le monde moldu. Si vous n'avez pas reçu de visite, c'est que vos parents, avant leur décès, ont dû confirmer votre inscription à Poudlard, tout simplement.
- Tant mieux alors, soupire la demoiselle. Dans ce cas, je m'appelle Hope, Hope Potter, ravie de vous rencontrer professeur McGonagall !
Le bus fait une brusque embardée avant de s'arrêter brusquement au beau milieu de l'autoroute. Qu'est-ce qui se passe ? En regardant autour de moi, je peux voir tous les visages tournés vers Hope, qui semble aussi incrédule que moi. Puis, tout à coup, tout le monde se lève et vient se presser autour de nous, clamant le nom de la demoiselle comme un mantra. Alors qu'un premier vient lui prendre la main, une brusque vague d'air propulse tout le monde au loin. Le garçon rabaisse sa main et plante son regard dans celui de son ami, clairement inquiet.
- Hope, tu vas bien ?
- Ça va… C'est juste…
- Monsieur Estherson ! Ce type de magie est proscrit dans notre communauté !
- Et je devrais laisser une bande d'homme adulte assaillir Hope sans rien faire ? Répliqua le garçon.
- Ce n'est pas une manière convenable de réagir, mais si ce comprend que ce manque de dignité vous ait surprit.
Autour de nous, les sorciers baissent honteusement la tête à la réprimande. Si la plupart ont des yeux brillants et murmurent entre eux, ils vont tous se rasseoir à leur place avant que le bus ne redémarre.
- Pourquoi ils m'ont tous sauté dessus ?
- Surtout que ce n'est pas la première fois que des hommes en robes le font, informe Elijah d'une voix calme.
- Vous ne savez pas ? S'exclame le professeur McGonagall.
- Savoir quoi ?
- Miss Potter, vous êtes célèbre dans le monde des sorciers, extrêmement célèbre.
- Célèbre ? Comment puis-je être célèbre alors que je ne connais rien au monde magique ?
- Miss Potter, comme vous monsieur Estherson et vous miss Granger, vous devez comprendre que notre monde est différent de celui que vous avez connu. Nous n'avons pas la même monnaie, la même histoire, les mêmes guerres. La dernière guerre s'est terminée il y a un peu moins de 10 ans, par la mort du leader du camp de l'ombre. Avec ses partisans, celui que le nomme Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ou Vous-savez-qui a amené la terreur sur notre communauté, tuant nombre de sorciers et de sorcières. Il prônait la suprématie sang-pur et l'annihilation des moldus. Alors qu'Il était au sommet de son pouvoir, Il a voulu supprimer une famille qui s'opposait à Lui. Le soir d'Halloween, Il est parvenu à entrer chez eux. Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom a tué le père, la mère et s'est tourné vers l'enfant. Personne ne sait comment, mais lorsqu'Il a lancé le sortilège de mort sur l'enfant, le sort a ricoché pour Le tuer, mettant fin au règne de terreur. Cet enfant, c'était vous, miss Potter. De cette nuit-là vous gardez votre cicatrice.
Par mimétisme, Hope vient frotter son front, me laissant voir cette fameuse cicatrice. Elle a une forme d'éclair et ne semble pas dérangeant sur son visage. Celui lui donne un petit côté guerrier, soutenu par ses cheveux brun foncé montés en queue de cheval haute et ses yeux bleu vif.
Le reste du voyage se fait dans un silence étrange, pendant lequel je ne peux m'empêcher de dévisager Hope. Je me demande ce que ça fait de découvrir son histoire familiale de cette manière. Pourtant, elle ne semble pas tellement déphasée et échange plutôt un regard avec Elijah, qui lève les yeux au ciel en sortant un morceau de pain.
- Je m'excuse, je n'ai pu t'avoir que ça.
- Merci quand même.
Les deux amis se sourient et Hope commence à manger rapidement, comme affamée. A côté de moi, le professeur McGonagall émet un hoquet de désapprobation mais n'ajoute rien.
Le voyage dure encore quelques minutes avant que le Stewart annonce notre arrivée au Chaudron Baveur et tout mon enthousiasme retombe. Il s'agit d'un pub miteux. Pourtant, comme de nombreuses personnes dans le bus, nous descendons tous les quatre et notre accompagnante nous fait entrer à l'intérieur. Malgré moi, mes yeux s'ouvrent en grand. L'endroit est bien plus grand que son aspect extérieur laisse penser. Tout est en bois sombre, mais des bougies volent un peu partout dans la salle, éclairant les tables à la demande des clients.
Sans nous laisser le temps d'admirer plus la vue, nous sommes entrainés vers une porte menant sur une petite cour fermée par un mur de pierre.
- Mesdemoiselles, monsieur, veuillez regarder attentivement. Je vais vous montrer le code pour entrer sur le chemin de traverse.
Devant nous, le professeur McGonagall sort sa baguette et tape une succession de pierre. Aussitôt, un léger grondement se fait entendre et le mur se défait de l'intérieur, dévoilant une ouverture vers la rue la plus… magique que je n'ai jamais vu.
Ici, tout est coloré, les bâtiments sont biscornus, des chouettes volent au-dessus des passants et tout le monde est vêtu d'étranges robes et chapeaux pointus. Avec un sourire de satisfaction au visage, notre professeur se tourne vers nous et s'exclame jovialement.
- Bienvenue au chemin de traverse !
Assise sur un banc, j'attends patiemment le retour du professeur McGonagall, d'Hope et d'Elijah. Dès notre arrivée au chemin de traverse, nous sommes venus à Gringotts, la banque des sorciers, pour récupérer de l'argent utilisable ici. Pour ma part, cela a été assez rapide, j'ai simplement ouvert un coffre et changé mon argent. Pour Elijah en revanche, la situation est plus délicate. Vivant dans un orphelinat, il ne possède rien à lui et doit recevoir une bourse de l'école, c'est pourquoi le professeur McGonagall est avec lui en ce moment pour remplir les papiers. Hope, quant à elle, a dû se rendre dans le coffre mis à disposition par ses parents pour ses études. D'ailleurs, la voici de retour et elle s'assoit à côté de moi.
- Elijah n'est pas là ?
- Non, il doit encore faire des papiers avec le professeur McGonagall.
- Oh…
Le silence tombe entre nous deux. Zut ! Je ne peux pas laisser passer cette chance ! Il s'agit de la première sorcière de mon âge que je rencontre !
- Au fait, je m'appelle Hermione Granger, je ne me suis pas présentée.
- Hope Potter et mon ami s'appelle Elijah Estherson.
- Vous vous connaissez depuis longtemps ? Demandais-je, curieuse.
- Depuis toujours j'ai l'impression. Il vit dans l'orphelinat pas loin de chez moi. Nous étions dans la même école et il a toujours été mon seul ami. Sans lui, je n'aurais eu personne… Disons que mon cousin n'est pas le plus gentil…
- Je comprends… moi, je n'ai pas vraiment d'amis, tout le monde trouve que je suis étrange, car j'adore lire et qu'il y a parfois des trucs qui se passe autour de moi. J'espère que Poudlard se passera mieux…
- Si tu aimes lire, tu vas t'entendre avec Elijah alors, il adore lire et passe pratiquement tout son temps à la bibliothèque quand il n'est pas avec moi.
Un sourire apparait sur mes lèvres, aussitôt imité par ma nouvelle amie, enfin, je pense. Nous entamons une discussion sur un roman d'héroïque fantasy que nous connaissons toutes les deux quand Elijah et le professeur nous rejoignent. Aussitôt, Hope attire son ami dans la discussion, qui semble prendre plaisir à débattre avec moi. Visiblement, il a rarement des interlocuteurs passionnés de lecture et si Hope aime lire, elle adore également se dépenser.
Pris par notre discussion, nous suivons tout de même notre guide vers la première et plus importante boutique selon elle, la maroquinerie. Là, nous choisissons rapidement tous les trois une malle pour ranger nos affaires, ou du moins, c'est ce que je pensais. Sous la guidance d'Elijah, nous avons sélectionnée une malle à plusieurs serrures, renforcées avec des sortilèges de poids-plume dessus afin de l'alléger et cela ne semble pas au goût du professeur McGonagall, qui réprimande le garçon sur son manque de discernement concernant l'utilisation de son argent.
- Professeur, je ne veux pas paraitre impoli, mais vous dépassez votre rôle d'accompagnante. Dans le contrat signé à la banque, il n'y a aucune close annonçant comment je dois dépenser mon argent. De ce fait, je peux prendre ce que je souhaite et j'estime qu'une malle de bonne qualité est bien plus rentable qu'une de seconde main. En investissant maintenant, je sais pouvoir garder ma malle pour les sept années à venir et plus encore. Quant à la gestion de mon budget, cela me regarde-moi et moi seul, de même pour Hope ou Hermione. J'accepterais vos conseils, mais je déciderais seul de ce qui me semble correct ou non de posséder.
Face à Elijah, le professeur McGonagall, comme toutes les autres personnes du magasin sont abasourdis, exceptée Hope, qui ricane simplement. Visiblement, ceci est une habitude chez Elijah. Mais il a raison je trouve. Alors, comme mes nouveaux amis, j'achète la malle voulue. J'espère avoir fait le bon choix.
Dès les premiers mètres, je me rends compte de l'utilité d'une malle allégée. La malle glisse sur le sol sans effort. Je vais pouvoir la remplir de livres !
- Monsieur Estherson, la bourse fournie par l'école n'est pas extensible et contient le nécessaire pour payer les fournitures des sept années à venir en ne faisant pas d'achat inutile. Des robes d'occasions seront parfaites pour vous.
- Encore une fois, professeur McGonagall, vous n'avez aucun droit de regard sur mon argent ou mes achats. Quant à la somme allouée, si elle n'est pas suffisante, je travaillerais pour augmenter mon capital. Maintenant, à moins d'avoir autre chose à nous indiquer, vous pouvez nous laisser. Nous rentrerons par nos propres moyens et je vous promets de ramener Hermione chez elle.
- Monsieur Estherson !
- Elijah a raison, nous savons nous débrouiller, merci du temps que vous nous avez accordé.
Hope attrape mon bras et celui de son ami avant de nous tirer loin du professeur au visage estomaqué. J'ai le sentiment qu'elle ne va pas nous apprécier à la rentrée ! A quelques mètres de là, Hope se tourne vers son ami, qui ne semble pas du tout coupable.
- Tu pourrais faire un effort ! Elle va être notre professeur pour sept ans ! Je n'ai pas envie que cela se passe comme avec miss Aloyer !
- Je ne m'excuserais pas. Je sais parfaitement gérer mon budget et au besoin, j'ai de l'argent de côté. Je ne passerais pas l'année avec de la seconde main.
- Précieux, marmonna Hope avec un petit sourire, rendu par Elijah. Je m'excuse pour ça Hermione.
Hope semble sincèrement désolée de m'avoir trainé dedans, mais je m'en fiche. Je ne vais pas abandonner mes deux premiers amis maintenant ! Surtout qu'ils ont quelque chose en eux de différents de tous ceux que j'ai rencontré. Serait-ce à cause de leur magie ?
Voyant le duo continuer à me fixer, je rougie et répond en bégayant. Encore une fois, je me suis perdue dans mes pensées. Hochant la tête, je suis le duo vers une mercerie, avant qu'Elijah n'opère un demi-tour et s'approche d'une autre. Vu le soupir d'Hope, cela semble être récurent. Elle finit d'ailleurs par s'arrêter en pleine rue, attendant que le brun trouve son bonheur.
- Elijah est précieux. Il aime être propre sur lui, bien habillé, avoir des affaires élégantes… Il peut dépenser des sommes considérables pour ce qu'il aime, alors, si tu n'as pas envie de dépenser autant que lui, dit le simplement, il te guidera vers le meilleur à moindre prix.
- Non c'est bon ! Mes parents m'ont donné un peu plus pour m'acheter des livres… Ce n'est pas grave, il y aura la bibliothèque !
- Mesdemoiselles ?
Elijah s'est rapproché de nous durant notre discussion et nous guide vers une petite boutique dans une rue perpendiculaire à la rue principale : L'épingle dorée. La mercerie est propre, avec une série de tenue pour la vie de tous les jours chez les sorciers. Deux jeunes femmes, une blonde et une rousse rangent le magasin et nous font des grands sourires en entrant. Aussitôt, elles commencent à papillonner autour de nous et je laisse bien volontiers Elijah diriger les choses.
Une heure plus tard, nous sortons du magasin avec une bourse plus légère. Sous les conseils des sorcières, j'ai pris plusieurs uniformes et vêtements de la vie de tous les jours. J'ai bien essayé d'argumenter, mais voyant Hope se laisser faire, j'ai décidé de faire pareil. Visiblement, l'habillement est l'une des choses sur laquelle le garçon ne plaisante pas. Si je veux le garder comme ami, je vais devoir fournir un effort…
La suite de nos achats est bien plus amusante à mes yeux. Suivant notre renifleur de bonnes affaires, nous visitons tout le chemin de traverse et les rues transverses. De nombreuses boutiques dans les rues perpendiculaires sont bien plus intéressantes que sur la principale et à mon plus grand étonnement, il me reste de l'argent à la fin de la journée pour m'acheter quelques livres en plus.
A 18H00 précise, le magicobus nous dépose devant chez moi, où ma mère m'attend. Gentleman, Elijah m'aide à descendre ma valise, même si elle ne pèse rien. C'était un très bon achat. Avec un petit sourire et un léger malaise, je relève la tête vers mes deux camarades et demande.
- Il y a un bus direct pour Little Whinging. Ça vous dirait de se revoir pendant les vacances ?
Les deux amis échangèrent dans un regard une discussion muette avant de se tourner vers moi avec un sourire. Hope me répond.
- Ce serait génial ! Je t'enverrais ma chouette pour qu'on s'organise ?
- Parfait ! A la prochaine !
J'ai l'intuition que ma vie va devenir incroyable.
