Chapitre 3 : Des premiers cours mouvementés


Je me réveille au son du carillon qui résonne dans la chambre. Malgré mon envie de rester sous ma couette, l'anticipation de la journée à venir me fait quitter mon matelas. Dans notre dortoir de quatre, tout est semblable à hier soir.

A la fin du repas, les préfets nous ont guidé à la tour. Une fois le mot de passe donné au tableau gardien, nous avons eu une brève présentation du lieu. A ma plus grande horreur, si l'endroit est chaleureux avec ses trois immenses cheminées, ses fauteuils à disparaitre dedans, il n'y a qu'un réseau de petite table. Je les imagine bien servir à jouer et non à travailler. Même, il va être très difficile de travailler ici et malheureusement, il n'y a pas de bureau dans le dortoir. J'espère qu'il y a des salles de travail à disposition.

Le dortoir est plutôt bien. Nous avons chacun un grand lit à baldaquin, comportant de lourds rideaux rouges qui coupent de la lumière et du son dès qu'ils sont fermés. Une armoire par personne est aussi à disposition et je suis heureuse d'avoir pris le temps, hier soir, de sortir une partie de mes affaires. Attrapant mes vêtements, je me dirige vers la salle de bain attenante avant que les deux autres filles ne se lèvent. Evidemment, Hope a déjà disparu. J'ai l'intuition qu'elle est une lève-tôt. A mon avis, elle doit être dans la salle commune avec Elijah.

Terminant d'enfiler ma tenue, j'attrape mon sac à dos dans lequel j'ai déjà rangé quelques parchemins, des plumes et de l'encre. D'après les préfets, nous allons passer la matinée à visiter le château et recevoir quelques documents. Ce matin, ils vont tous nous guider pour qu'on ne se perde pas pour aller à la Grande Salle. A mon avis, j'aurais le temps d'écrire une lettre à mes parents avant. Je pense qu'Hope sera d'accord pour me prêter sa chouette NewO pour envoyer mon courrier. Quel nom franchement, à quoi a-t-elle pensé en la nommant ? Elle aurait dû choisir Hedwige comme je lui avais proposé ! Au moins ce prénom à un sens, pas comme NewO !

Comme je m'y attendais, mes deux amis sont dans la salle commune, en pleine dispute avec des garçons plus âgés. Je reconnais parmi eux Bernard Ignorant, troisième année. La préfète nous l'a indiqué comme quelqu'un à se méfier. Avec d'autres garçons plus âgés, ils invectivent le duo, qui semble n'en avoir rien à faire. M'approchant doucement, j'écoute la dispute.

- N'a rien n'à faire ici, tu m'entends ! Quitte cette maison Choixpeau-flou !

- As-tu fini ? Fit posément Elijah en relevant la tête de son livre.

- Quoi ?

- Je t'ai demandé si tu avais fini.

- Ça n'a rien à voir !

- Au contraire, tu m'as fait part de ton point de vue et je l'ai pris en compte. Cependant, j'estime qu'un Choixpeau millénaire a plus de légitimité que toi de choisir ma maison, alors je vais rester ici.

- Quoi mais… Dégage !

Le visage empli de colère, l'adolescent sorti sa baguette dans l'intention d'attaquer Elijah et en un clignement de paupière, celle-ci se retrouva dans la main de mon ami, appuyé contre la gorge du véritable propriétaire. Une nouvelle fois, le brun a ce léger sourire démoniaque, comme s'il a envie d'ouvrir la gorge de son ennemi.

- Ce sera l'unique fois où je te laisserai me menacer ou menacer ma famille. Recommence et je serais beaucoup moins gentil.

La baguette tomba sur le sol en cliquetant, alors qu'Elijah tourne complètement le dos aux autres étudiants. Qu'est-ce qui vient de se passer ? Comment a-t-il pu désarmer quelqu'un ? Et surtout aussi vite ? Malgré moi, mes doutes concernant l'humanité de mon ami me reviennent en mémoire. Non, je ne dois pas penser ainsi. Elijah a dit que sa mère était une sorcière, il l'a connu. Peut-être lui a-t-elle enseignée des tours avant de mourir ?

Prenant sur moi, je vais m'asseoir à côté d'Hope, qui boude légèrement d'avoir perdu son coussin préféré. Je suis certaine que si on l'autorisait, elle dormirait avec son oncle, un vrai chiot en manque d'affection.

Profitant du calme de la pièce, je commence la rédaction de ma lettre à mes parents, détaillant tout ce que j'ai vu. Après une courte hésitation, je décide de ne pas mentionner les étranges pouvoirs de mon meilleur ami, ce ne fera qu'inquiéter inutilement mes parents. De toute façon, tant que je n'en sais pas plus sur la magie, je ne peux pas savoir si c'est normal ou pas.

Petit à petit, la salle commune se remplie et je finis par reboucher mon encrier. Je n'ai pas encore fini de décrire la Grande Salle, mais j'aurais du temps plus tard et j'entame une conversation avec mes amis, tout en essayant de savoir où mon camarade aurait pu être envoyé, Serdaigle probablement.

L'ensemble de notre promotion arrive et je peux enfin mettre un visage sur mes futurs camarades. Chez les filles, nous sommes quatre : Hope Potter, Lavande Brown une blonde aux yeux bleus pleine de vie, Parvati Patil un indonésienne qui a une jumelle à Serdaigle et moi. Chez les garçons, ils sont cinq : Elijah Estherson, Ronald dit Ron Weasley le sixième garçon de sa famille et un pur Gryffondor, Neville Londubat le garçon du train, Seamus Finnigan et Dean Thomas. Je n'ai pas encore discuté avec les deux derniers garçons mais ils ont l'air sympathique au premier abord.

Les deux préfets arrivés, ils nous font un nouveau point sur le règlement. Je me demande bien pourquoi le 3ème étage est inaccessible. Je vais devoir garder un œil sur Hope, j'ai l'intuition qu'elle va vouloir s'y rendre et Elijah va la laisser faire.

Le trajet jusqu'à la Grande Salle n'est pas très long, pas plus de 5 minutes si les escaliers mouvants sont alignés, sinon, il faut faire un très long détour par les étages inférieurs. Je vais devoir prendre mon sac le matin en allant déjeuner, je n'ai pas confiance en ces escaliers mouvants pour arriver à l'heure en classe. Au pire, si je me perds, je pourrais demander mon chemin aux tableaux. Ces tableaux bougent et parlent ! C'est incroyable ! Prise dans mon observation, je suis à nouveau époustouflée par la Grande Salle et son ciel magique. Il est merveilleux. J'aimerai tellement pouvoir le montrer à mes parents.

Alors que nous nous asseyons à notre table, le professeur McGonagall, qui se trouve être également notre directrice de maison, s'approche de nous avec nos emplois du temps, coupant enfin les murmures dirigés vers Hope. J'ai l'impression que tous les commérages parlent d'elle. La pauvre. Même si elle fait bonne figure, je suis certaine qu'elle n'apprécie pas. Déjà hier pendant le repas, elle a remis en place plusieurs personnes qui voulaient voir sa cicatrice, pas qu'elle ne la cache cependant. Avec ses cheveux remontés en queue de cheval haute, elle est parfaitement visible sur son front. Même des fantômes morts depuis plusieurs centaines d'années ont entendu parler d'elle !

Nos parchemins en main, nous finissons de déjeuner avant de rejoindre le reste de nos camarades pour la visite et Neville vient discuter avec moi. Derrière sa grande timidité se trouve un garçon très gentil. Je me demande bien ce qui a poussé le Choixpeau à nous envoyer à Gryffondor. Peut-il lire l'avenir ? C'est ce qu'il m'a dit, il connaissait l'avenir. Il faut absolument que je trouve ce livre à la bibliothèque. D'ailleurs, nous venons enfin d'y arriver. Je crois que je vais y passer beaucoup de temps. Des centaines d'étagères sont un peu partout, créant des petits ilots recueillant une table. Le parfait endroit pour travailler et vu le regard d'Elijah, nous allons passer beaucoup de temps ici.

La visite continue par les diverses salles de classes. Chaque matière possède une salle théorique et une salle pratique. Le numéro de la salle apparait sur notre emploi du temps, qui se met à briller. Pareil s'il y a un changement d'horaire. Clairement, je vais devoir le garder sous le coude et le vérifier régulièrement. Notre visite se poursuit par les cachots et notamment les salles de potions. Il y en a presque une vingtaine, chacune ayant sa spécialité. En même temps, c'est logique, de ce que j'ai déjà pu lire dans mon livre de potions, certaines prennent plusieurs semaines ou mois à être réalisé ! Il faut bien un endroit où les stocker en attendant.

Enfin, nous arrivons dans le parc. Il est gigantesque et magnifique et terrifiant. D'un côté, le lac noir, où un calamar géant et des sirènes agressives patientent, attendant sagement qu'un imprudent vienne s'y baigner. Ensuite, l'arbre tueur. Un arbre qui attaque ceux qui sont trop près de lui… Quelle idée d'avoir ça dans le parc d'une école ! Et après, la forêt interdite. Une forêt interdite, trop dangereuse pour y entrer, qui peut nous tuer. J'ai des frissons rien que d'y penser. Je n'ai absolument pas envie d'y mettre les pieds. Heureusement, le parc mène aux serres de l'école. Il y en a 7, chacune avec des plantes spécifiques. D'après les préfets, quand il y a des tempêtes de neiges, les cours pratiques sont annulés et nous restons dans le château pour de la théorie. Ce qui semble logique. On mourrait tous de froid si on devait marcher dix minutes sous une tempête pour rejoindre les serres. Et maintenant, les cours !

Assise dans la salle de potions, j'attends avec impatience l'arrivée du professeur Rogue pour la première leçon de ce vendredi matin. Je me demande comment cela va se passer. Toutes les autres matières étaient tellement étranges !

Le cours d'herbologie était vraiment intéressant. Le professeur Chourave, qui est aussi la directrice de la maison Poufsouffle, nous a fait visiter les serres et nous a présenté les différentes plantes qui s'y trouvent. Il y en a mille et une différentes, de couleurs ou de formes improbables. J'ai tellement hâte de pouvoir toutes les approcher, mais pour l'instant, nous allons essentiellement apprendre à les reconnaitre et faire beaucoup de théorie. Le professeur Chourave veut être certaine que nous ne ferons pas de mal à nos plants, car ils sont tous vivants.

Le professeur Flitwick a eu le même résonnement. Avant de lancer notre premier sortilège : Wingardium Leviosa, il nous a fait faire de nombreux entrainements, pour avoir le bon mouvement de baguette et la bonne prononciation. J'ai tellement hâte de commencer !

En revanche, le cours d'histoire de la magie était ennuyant. Notre enseignant est un fantôme qui a une voix monocorde. En plus, nous étudions les gobelins. C'est un peuple intéressant, mais je pensais que nous travaillerions d'abord sur les sorciers célèbres ou la découverte de la magie !

De même, le professeur de Défense Contre les Forces du Mal n'est pas facile à suivre. Sa matière est très intéressante, car il nous présente des créatures magiques qui pour moi n'existait que dans les livres ! Mais son bégaiement le rend difficile à comprendre. Je pense que je vais mettre quelques semaines à m'habituer. Hope déteste ce professeur à cause de l'odeur d'ail qu'il dégage, soi-disant pour chasser les vampires. Il parait d'ailleurs qu'il en a rencontré un lors de son voyage en Roumanie et qu'il craint d'être suivi jusqu'ici. Selon la rumeur qui circule, il s'agit d'un vampire très particulier qui s'en prend aux sorciers. Pendant un des cours, j'ai cru entendre dans un toussement le nom « Kol », qui a fait blanchir notre professeur et ricaner les Serpentard. Ça ne m'étonnerait pas que l'un d'entre eux connaisse ce vampire, puisqu'ils font tous parti de vieilles familles de sorciers et ont dit son nom pour faire peur à notre professeur de DCFM.

Pauvre professeur, je n'aimerai pas me retrouver seule à seule avec un vampire, qui sait ce qu'il pourrait me faire ! Heureusement, nous avons commencé à les étudier. Quand je commencerais à mieux maitriser la magie, j'apprendrais un sortilège de soleil. D'après notre livre, c'est l'un des meilleurs moyens de les tuer. Ça et de leur enfoncer un pieu dans le cœur. Leur détruire le cœur permet également de se débarrasser d'un vampire, même si Neville n'y croit pas trop. Nous devons d'ailleurs faire un devoir sur les différents moyens de reconnaitre et de tuer un vampire pour la semaine prochaine. Je vais enfin pouvoir travailler à la bibliothèque !

Enfin, le cours de métamorphose était incroyable, le professeur McGonagall est génial. Stricte et sévère, elle est vraiment compétente et personne ne chahute pendant sa classe. Pendant nos deux premières heures, elle nous a présenté la métamorphose avant de passer à la pratique, en changeant une allumette en aiguille. J'ai réussi à changer sa couleur et elle m'a souri ! Elle ne m'en veut pas ! En revanche, elle a vraiment une dent contre Elijah. Le fait qu'il n'ait pas sa baguette pour le premier cours joue aussi. Comment a-t-il pu oublier de la prendre ? Je suis presque certaine qu'il n'a pas voulu la prendre. Après tout, il a détesté l'acheter et à mis encore plus de temps d'Hope à trouver la sienne.

Flashback

L'endroit ne m'inspire pas confiance. Ollivander's, fabriquant de baguettes magiques depuis 382 avant J.C. La façade est haute et étroite, pratiquement délabré. J'ai l'impression qu'elle va s'effondrer si je la regarde trop longtemps. Echangeant un regard avec mes nouveaux amis, je pousse la porte, pour découvrir une pièce sombre, pleine de poussière. L'endroit est étouffant. Les murs sont couverts de boites rectangulaires et une allée s'enfonce vers le fond du magasin. Il n'y a personne. M'enfonçant courageusement à l'intérieur, je m'arrête devant la réception.

- Il y a quelqu'un ? Hey oh !

Je jette un regard furibond à Hope, qui semble plus ennuyé qu'apeuré. A côté d'elle, Elijah fronce les sourcils. Lui non plus n'apprécie pas l'endroit.

- Bonjour, fit un homme d'une voix douce.

Je suis la seule à me retourner en sursautant. De l'autre côté de la réception se tient un vieil homme. Il a des grands yeux pâles brillant comme deux lunes. Son regard me transperce, avant de passer sur mon amie et sa cicatrice et son visage s'illumine.

- Je pensais bien que j'allais vous voir bientôt, Hope Potter. Vous ne ressemblez pas autant à vos parents qu'on le dit, les yeux de votre mère était d'un vert étincelant et non d'un bleu saphir, même si la même volonté vous anime. Je me souviens quand elle est venue acheter sa première baguette, j'ai l'impression que c'était hier. 25,6 centimètres, souple et rapide, bois de saule. Excellente baguette pour les enchantements. Votre père, en revanche, avait préféré une baguette d'acajou, 27,5 centimètres. Flexible. Un peu plus puissante remarquablement efficace pour les métamorphoses. Enfin, quand je dis que votre père l'avait préférée… en réalité, c'est bien entendu la baguette qui choisit son maitre. Ah, c'est ici que…

- Stop.

Le geste d'Elijah bloque le vieil homme à un mètre d'Hope, alors qu'il allait toucher sa cicatrice. Pris par surprise, l'individu tourne son regard vers le garçon. Pendant plusieurs secondes, les deux hommes se défièrent du regard avant que le vieil homme ne recule.

- Je suis désolé, mais c'est moi qui ai vendu la baguette responsable de cette cicatrice. 33,75 centimètres. En bois d'if. Une baguette puissante, très puissante et entre des mains maléfiques… Si j'avais su ce que cette baguette allait faire en sortant d'ici…

Il secoue la tête et nous jauge, mais son regard retourne bien vite sur Hope. Il sort de sa poche un mètre ruban avec des marques en argent. Aussitôt, le ruban se met à tourner autour de mon amie, mesurant diverses choses, comme son bras, ses doigts, son tour de tête.

- De quelle main tenez-vous la baguette ?

- Je suis droitière.

- Chaque baguette renferme des substances magiques très puissantes. Nous utilisons du poil de licorne, des plumes de phénix ou des ventricules de cœur de dragon. Et il n'existe pas deux baguettes magiques identiques. Et je vous assure que vous ne trouverez jamais de baguette plus satisfaisante que les miennes.

Un petit rire narquois d'Elijah coupa le vendeur dans son discours. Visiblement, il n'est pas d'accord. Se redressant légèrement pour paraitre plus imposant, c'est une voix pleine de dédain que le vendeur se tourne vers lui.

- Vous n'êtes pas d'accord ?

- Dans ma famille, chaque sorcier créer sa propre baguette. Selon ma mère, au moment de notre ouverture à la magie, nous devenons sensibles à notre environnement et pouvons trouver ce qui fera pour nous la baguette parfaite.

- Il s'agit là de vieilles traditions familiales. Il y a plusieurs siècles, quand le monde magique et moldu étaient mélangés, c'était plus simple de trouver des ingrédients. Désormais, seul des maitres fabriquant comme moi peuvent créer des baguettes, répond l'homme avec une certaine arrogance. Si je comprends bien, vous avez déjà une baguette ?

- J'avais… Elle a dû être détruite quand… Je n'en ai plus.

- Oh.

Cette fois-ci, le visage du vieil homme est bienveillant. Même s'il ne s'agit pas de son travail, la perte d'une baguette le touche. Je me demande ce qui a pu causer la destruction de la baguette d'Elijah. Peut-être la même chose qui l'a rendu orphelin…

- Que me proposez-vous ?

La voix d'Hope tira tout le monde de ses pensées. Gracieusement, le vendeur se remet à papillonner autour de mon amie, sortant diverses baguettes de leurs boites engendrant invariablement un problème à chaque fois qu'Hope les agite. Finalement, l'homme se fige sur place et observe intensément mon amie, avant de s'enfoncer dans son magasin et revenir avec une boite particulière. La sortant avec plus de délicatesse que les autres, il la tend à Hope. Lorsqu'elle l'attrape, une étrange vague de magie l'enveloppe. Incroyable…

- Etrange, très étrange… Il s'agit d'une baguette très puissante miss Potter. Bois de houx et plume de phénix, 27,5 centimètres. Très souple.

- Qu'est-ce qui est étrange ?

- Je me souviens de chaque baguette que j'ai vendue. Or, le phénix sur lequel a été prélevée la plume qui se trouve dans votre baguette a également fourni une autre plume. Il est étrange que ce soit précisément cette baguette qui vous ait convenu, car sa sœur n'est autre que celle qui vous a fait cette cicatrice…

Du coin de l'œil, je vois Elijah froncer les sourcils avant qu'un éclair de compréhension traverse son regard. Je le comprends, moi aussi je me demandais comment Hope a pu obtenir une telle cicatrice.

La baguette de mon amie achetée, le fabriquant de baguette se tourne vers moi avec les mêmes questions. Il me fait essayer plusieurs baguettes, principalement à base de ventricule de dragon. Je me demande ce que signifie ce cœur… Finalement, je ressens enfin cette vague de magie me traverser avec l'une d'elle, une baguette de 27,3 centimètres, en bois de vigne et ventricule de dragon. Je l'adore déjà ! Je m'imagine avec, lançant des sorts sur des méchantes personnes en protégeant mes parents. Je serais une héroïne !

Ma baguette achetée, Elijah s'approche avec une grimace sur le visage. Grimace qui s'accentue lorsqu'il doit tester les baguettes, quand il les teste. Certaines, il refuse de les prendre en main sans que cela ne choque Ollivander. Selon lui, l'obtention d'une seconde baguette est toujours compliquée.

- Si vous m'indiquiez de quoi était composé votre première baguette, je pourrais vous trouver une baguette similaire, s'énerva légèrement le vendeur.

- Non. C'est une aberration de laisser un inconnu connaitre la composition de sa baguette.

- Un bon fabriquant de baguette sait reconnaitre les différentes essences ! Si vous ne voulez pas m'indiquez le cœur car il appartient à une espèce protégée, donnez-moi au moins le bois.

- Je ne le connais pas.

- Vous ne le connaissez pas ? Stupide enfant, votre mère ne vous a-t-elle pas appris à connaitre la composition de votre baguette ?

Elijah inspira doucement et ferma les yeux. Il finit par soupirer et répondre.

- Ce n'est pas moi qui aie choisi le bois, c'était ma petite sœur. Elle a choisi un arbre et a récupéré son cœur sans m'indiquer lequel. Et c'est mon petit frère qui l'a taillé pour moi. Ils voulaient tous les deux participer à la création de ma baguette. Quant au cœur, il m'a été donné par une créature magique que j'ai sauvé avec mon frère et ma sœur. Aux yeux de ma mère, ils étaient trop jeunes pour avoir la leur alors ils utilisaient la mienne et nos essences étaient mélangés à l'intérieur. Et comme Beck n'a jamais voulu nous dire la composition du bois, je ne le saurais jamais puisqu'elle est morte.

- Vous partagiez une baguette ? Une baguette fabriquée selon les règles de l'ancienne magie ? Hum… Oui… C'est évident…

Sans rien ajouter de plus, le vendeur par vers le fond de son magasin, disparaissant au loin. Moi, je suis mal à l'aise. Pauvre Elijah, il a perdu sa famille, ses parents et son frère et sa sœur. Il a l'air de les aimer énormément.

Pour le réconforter, Hope vient le prendre dans ses bras et il semble se détendre. Peut-être qu'elle ressemble à sa famille, c'est pour ça qu'il l'aime autant. Et puis, elle a dû être là pour lui quand il a tout perdu. Ils sont amis d'enfance non ? Il a dû s'accrocher à elle et reporter tout son amour sur elle.

Plusieurs minutes passèrent avant qu'Ollivander ne revienne avec un plateau recouvert de boites très anciennes. Contrairement aux nôtres qui sont en carton, celles-ci sont en bois gravés, en tissus, en pierres précieuses.

Avec délicatesse, le vendeur dépose toutes les boites sur son établi et fait signe à Elijah de s'approcher. Une à une, le vieil homme dévoile les baguettes avant de refermer les couvercles à chaque signe de dénégation du plus jeune.

En regardant par-dessus son épaule, je peux voir des baguettes incroyables. Certaines sont en bois, d'autres en métal, en or, en argent, une est en diamant, l'autre semble en os. Une autre parait même liquide ! Pourtant, malgré leur beauté, elles semblent toutes inertes.

La première pile s'épuise sans qu'Elijah ne prenne une seule baguette. Sans baisser les bras, Ollivander plaça une autre pile de boite. Encore une fois, aucune ne convient et le vendeur soupir. Il repose toutes les boites sur son plateau et retourne dans son arrière-boutique. Plusieurs minutes passèrent avant qu'il ne revienne, son plateau rempli de longues bourses.

- Ces baguettes sont les plus anciennes baguettes de la boutique et les plus puissantes. Comme vous devez le savoir monsieur, les baguettes fabriquées selon les règles de l'ancienne magie s'autodétruisent à la mort de leur porteur. Pourtant, dans de rares cas, elles survivent à leur porteur et se transmettent à une autre personne possédant des valeurs similaires à leur précédent porteur.

- Je comprends.

- Monsieur, si aucune de ses baguettes ne vous convient, je serais dans l'incapacité de vous fournir une baguette et vous serez le premier client de cette boutique à repartir sans rien. Vous devrez alors la fabriquer vous-même, à nouveau.

Elijah hoche la tête et se concentre. Cette fois-ci, le vendeur attrape les sachets un à un et fit glisser les baguettes en dehors sans les toucher. Les sachets sont anciens, certains en feuille, d'autre en cuir ou en tissu. De ma position, je sens la puissance des baguettes.

A un moment, Ollivander attrapa une enveloppe constituée d'un vieux tissu. On dirait presque que quelqu'un a récupéré un morceau de vêtement et a ramassé une baguette au sol. Ensuite, il n'y a jamais retouché, la laissant dans son enveloppe sans même coudre de rebords. En défaisant le tissu semblable à de la laine, je remarque que des taches sombres le recouvrent et une forte odeur de cendres, de sang et de forêt se dissipe dans la pièce. La baguette est assez longue, d'un bois assez sombre, presque brûlé et fossilisé.

- C'est elle… mais comment ?

D'une main tremblante, Elijah attrapa la baguette et une bouffée de magie traversa le magasin. Oh… Je ne sais pas à quelle est la différence entre les règles de l'ancienne magie et l'actuelle, mais ce type de magie est puissant.

- Etrange, très étrange… Cette baguette a été trouvé par l'un de mes ancêtres dans les restes d'un village, où tous les membres ont été tué. D'après le registre familial, quiconque touchant cette baguette s'est vu irrémédiablement réduit en cendres. Faites bien attention à ne pas la laisser à porter d'une autre main.

Elijah hoche la tête, l'esprit ailleurs. Une fois payée, il la glisse au fond de son sac à dos.

Fin du Flashback

La porte de la salle de potion claque, me ramenant au temps présent. Je vois le professeur Rogue remonter l'allée principale, sa cape noire volant derrière lui. Il est intimidant et comme le professeur McGonagall, Rogue a le don de maintenir le silence dans la classe. D'une voix à peine plus haute qu'un murmure, pourtant parfaitement discernable et compréhensible, il commence son discours d'introduction.

- Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques, je m'attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillon doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens... Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu'une bande de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours.

Un cornichon ? Il m'a traité de cornichon ? Je vais lui prouver que je ne suis pas un cornichon ! Ce n'est pas parce que je ne viens pas d'une longue famille de sorcier que je ne saurais pas faire une potion ! Je cuisine avec ma mère depuis toute petite, je sais suivre une recette ! Je vais lui prouver mon intelligence !

D'une voix glaciale, le professeur Rogue commence l'appel, s'arrêtant parfois une seconde sur un prénom, comme s'il savourait sa texture pour juger la légitimité de l'élève. Quand il passe le mien sans fléchir, le nœud de rage grandit dans mon ventre. Je lui prouverais que je ne suis pas un cornichon. Sans que cela me surprenne, il s'arrêta sur le nom d'Hope.

- Ah oui, Hope Potter. Notre nouvelle… célébrité. Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'asphodène en poudre à une infusion d'armoise.

- Un truc pas cool ?

- Si vous considérez la potion de goute de mort-vivant comme un « truc pas cool », commente le professeur Rogue d'une voix pince sans rire. Apparemment, la célébrité n'est pas tout dans la vie. Essayons encore une fois Potter. Où iriez-vous si je vous demandais de me rapporter un bézoard ?

- Dans votre réserve !

Des rires secouent la salle et je ne peux m'empêcher de secouer la tête. Elijah et moi avons eu une discussion à la bibliothèque municipale de Little Whinging dessus. Nous voulions savoir pourquoi le bézoard ne se trouve que dans l'estomac d'une chèvre. Malheureusement, le prérequis de notre livre de potions ne donnait pas plus d'information.

- Aussi agitatrice que son père, siffla le professeur Rogue avec un certain dégoût. N'avez-vous…

Malgré l'attaque des plus viles venant d'une figure d'autorité, Hope ne se laisse pas insulter et se lève, coupant notre enseignant dans son monologue dépréciatif. D'une voix claire et forte, prouvant à tous ce qui l'a envoyé à Gryffondor, elle demande.

- Mon père ? Vous connaissez mon père ? Car ce n'est pas mon cas. Il est mort quand j'avais un an et je n'ai aucun souvenir de lui et de ce fait, je ne peux pas savoir comment il était. Alors, si vous avez quelque chose contre moi, dites-le-moi directement au lieu d'invoquer un souvenir d'un inconnu.

- 5 points en moins pour Gryffondor pour insulte envers professeur. Asseyez-vous.

- Non. Le rôle d'un professeur est de répondre aux questions de ses élèves. Alors répondez-moi, connaissiez-vous mon père et qu'avez-vous contre moi ?

- 10 points en moins et une heure de colle pour perturbation de la classe. Ceci est complètement hors propos. Asseyez-vous miss Potter.

- Je ne pense pas non. Répondez à mes questions. Après tout, c'est vous qui avez amené le sujet sur le tapis.

- 50 points en moins et vous serez collé jusqu'à noël. Asseyez-vous Potter !

- Ou sinon ?

- Potter ! Chez le directeur ! Maintenant !

- Je ne bougerais pas tant que vous n'aurez pas répondu à mes questions !

Des éclairs de magie nous entourent désormais, partant à la fois du professeur et de Hope. Sur mon établi, mon livre de potion s'ouvre comme si une tempête agitait la pièce.

- Tout le monde dehors.

L'ordre du professeur Rogue est simplement soufflé, mais nous nous précipitons tous à l'extérieur de la salle. Dans ma poitrine, mon cœur bat à la chamane et j'ai le souffle court. Que se passe-t-il ? Je relève la tête pour voir tous les autres élèves dans le même état. La plupart des Serpentard sont pâles et murmurent doucement de leur côté. Deux d'entre eux, Zabini et Nott, je crois, sont partis en courant, probablement pour chercher de l'aide.

Autour de moi, presque tous les Gryffondor sont là et sont inquiet. A l'intérieur de la salle, il ne reste plus que des personnes prêtes à s'arracher la tête.