Note : Deuxième et dernière partie de ce Two Shot. Voici donc ma vision d'Arthur Harrow et de la manière dont il a obtenu la canne d'Ammit.


Moisson - Arthur


Arthur est en train de serrer la main de son informateur lorsqu'un événement incompréhensible se produit. Autour de lui, des hurlements se font entendre, des silhouettes se grisent puis s'effacent, des pleurs retentissent et, au-dessus de tout cela, c'est la peur qui règne. Il met un certain temps à assimiler ce qu'il voit et à remarquer que l'homme qui lui faisait face, quelques secondes plus tôt, est lui-aussi devenu un tas de poussière vite dissipé par un vent invisible. Il pourrait jurer qu'il y a une certaine forme de magie sous cet événement, son corps est parcouru d'un frisson habituel qui lui signale qu'une force supérieure est à l'œuvre – bien qu'il ne soit plus l'avatar de Khonshu, son organisme en a gardé des séquelles.

Les quelques personnes encore capables de réagir se précipitent sur leurs téléphones, autant pour trouver un moyen de contacter leurs proches que pour comprendre ce qui vient de se passer. Arthur s'éloigne d'un pas lourd, avec l'impression que de la cendre s'est déposée sur son cœur encore fumant. Quelque part en lui, dans son esprit déjà accablé par le deuil et les doutes, une certitude demeure, plus douloureuse que tout le reste : sa femme est au nombre des disparus. Il ignore d'où provient ce pressentiment, il n'est pas extralucide et ne possède pas de pouvoirs susceptibles de lui ouvrir un accès vers d'autres sphères mais il est prêt à parier qu'il a raison et cela l'effraie. Il l'a déjà perdue une fois, il ne veut pas revivre le même cauchemar, pas alors qu'il tente au mieux de construire un monde qu'il espère meilleur.

Un peu hagard, il erre un long moment, tant et si bien qu'il lui faut reprendre pied dans la réalité pour découvrir qu'il n'est plus tout à fait aux alentours de l'aéroport, là où il aurait dû se rendre. Il détaille les lieux, s'imprègne de l'énergie antique qui suinte du sol et suit une trace invisible aux yeux des mortels mais qui lui apparaît d'une légère lueur violette. Instantanément, Arthur comprend qu'il s'agit d'un signe de la part d'Ammit et il adresse une prière de remerciement à la déesse, baissant un instant la tête en un mouvement pieux. Peut-être n'a-t-il pas encore mis la main sur le précieux scarabée qui le mènera à la Grande Dévoreuse, cependant elle est là, présence invisible qui lui souffle quelques mots dans ses songes et qui, aujourd'hui, le guide vers une tombe. Il accorde toute sa confiance à cet être invisible qui lui a permis de garder la tête haute et de ne pas totalement sombrer, avançant sans même craindre un piège.

Il sent immédiatement que l'endroit n'est pas tout à fait ce qu'il semble être. Derrière l'aspect dévasté de la tombe, il perçoit une magie plus ancienne qui lui rappelle les éclats de divinité de Khonshu. Arthur pose sa main sur l'un des murs et, presqu'aussitôt, un autre monde lui apparaît. Une chaleur étrange s'abat sur lui, il voit de la beauté là où il n'y en avait pas, décelant le reflet des flammes sur les colonnes. Il connaît le nom du dieu associé à ce lieu, il en sait assez sur les mythes pour ne pas être ignorant de la multitude de membres du panthéon, et la curiosité le pousse à aller plus loin. Il débouche dans une salle plus haute que les précédentes, illuminée elle-aussi par les feux dans les braseros. Ici, rien ne montre que l'univers vient de subir la pire des catastrophes, cet air vicié qui souffle au-dehors ne rentre pas, la grisaille est absente, la douleur et le chagrin aussi.

Dans l'ombre, son nom retentit, prononcé par une voix masculine. Quittant son recoin, un dieu s'avance, mélange d'homme et de loup, son regard posé sur lui. Arthur y lit aussitôt de l'amusement, sans en comprendre la raison. Il a pris l'habitude de l'humour douteux de Khonshu à l'époque où il était son avatar mais là, près de ces colonnes immenses, il se demande ce que cette nouvelle divinité peut bien trouver de drôle. Oupouaout, dieu-loup, fait un pas supplémentaire, se dressant de toute sa haute stature pour mieux le toiser. Arthur hausse simplement un sourcil, peu impressionné par l'apparence de l'immortel ; Khonshu, avec sa silhouette squelettique et ses orbites creuses, l'a bien plus surpris que ce corps d'homme surmonté d'une tête de loup. Deux loups noirs rejoignent le dieu, montrant leurs crocs sous leurs babines tout en grognant. Il n'est pas intimidé, il détaille le pelage des bêtes, observe leurs mouvements, se positionne lui-même dans l'attente d'une attaque qui ne vient pas.

C'est un rire qui résonne autour de lui, venant des profondeurs du torse d'Oupouaout. Le dieu lui annonce qu'il n'a pas beaucoup eu l'occasion de croiser des anciens soldats de Khonshu mais qu'il repère à chaque fois une certaine forme de paranoïa en eux. Arthur grimace, peu sûr d'apprécier les paroles de la divinité et ce qu'elles sous-entendent. Se protéger n'est en rien un acte déraisonné, il a assez combattu au nom du dieu de la lune pour savoir que la moindre ombre recèle des dangers et pour redouter d'être poignardé dans le dos.

« Que vient faire dans les environs un ancien chevalier de la lune ?

— Je cherche des réponses. »

Et un scarabée en or qui le mènera jusqu'à Ammit mais il ne sera pas honnête sur ce point avec Oupouaout, il ne compte pas révéler à ce dieu inconnu ce qu'il prévoit de faire. La divinité à tête de loup répète sa question en lui demandant la raison de sa présence dans son sanctuaire, serrant le cœur d'Arthur dans une étreinte douloureuse, bien qu'il ne laisse rien paraître. Il murmure qu'il était simplement en train de se changer les idées dans les environs lorsque des gens autour de lui ont commencé à s'effacer, balayés par une main invisible dont il ignore la provenance. Oupouaout n'est pas convaincu, Arthur le lit dans son regard canin suspicieux mais le dieu n'insiste pas, ce qui le surprend. Khonshu n'aurait pas lâché l'affaire aussi vite, il l'aurait tourmenté jusqu'à l'entendre dire la vérité, quitte à le laisser vidé de son énergie.

« Que s'est-il passé ? demande Arthur sans même prendre la peine d'affiner sa question. »

Il sait qu'il n'a pas besoin de plus de détails pour se faire comprendre du dieu, il devine qu'Oupouaout est au courant des événements qui viennent de s'abattre sur la Terre. La divinité lui indique que Thanos, un Titan venu d'ailleurs, celui-là même qui a lancé les Chitauris sur New York plusieurs années auparavant, est venu récupérer des artefacts et a claqué des doigts afin d'éliminer la moitié de l'univers. Cette nouvelle rend Arthur fébrile, il recule d'un pas jusqu'à sentir derrière lui le support d'une colonne, son cœur se mettant à battre la chamade. Si ses soupçons sont réels, si Sigrún, sa femme, est au nombre des disparus, alors il n'a aucune chance de la revoir un jour.

« Je lis ta détresse dans ton esprit, remarque Oupouaout en inclinant légèrement la tête vers lui. Qu'a donc fait cet oiseau de malheur ? »

Arthur détourne la tête, incapable de soutenir le regard curieux du dieu loup. Il n'a jamais parlé de ce qui l'a conduit à se séparer de Khonshu, il n'a eu personne à qui se confier sur sa douleur et n'a pas pris le temps de trouver quelqu'un à qui exposer ses problèmes. Il se contente de murmurer que le dieu de la lune a brisé sa vie, son esprit et son avenir en lui ôtant tout ce qui le maintenait loin de la folie. Alors que les mots franchissent ses lèvres, ses pensées s'égarent vers ce moment où il a cru que sa colère serait suffisante pour détruire Khonshu.

« Ma femme a été attaquée par le proche de l'une de mes victimes, ajoute enfin Arthur en serrant les poings. J'étais en mission pour Khonshu, ce jour-là et quand je suis rentré… »

Sans le vouloir, il revoit la porte ouverte de l'appartement, le sang sur le sol, le visage de sa femme noyé de larmes, les mains sur son ventre rebondi. S'il n'avait pas été l'avatar de Khonshu, jamais Sigrún n'aurait eu à souffrir autant et il regrette à chaque instant de ne pas avoir pu la soustraire à cette terreur. Ils ont à peine eu le temps de faire leur deuil avant qu'elle ne disparaisse, plongeant Arthur dans un monde de ténèbres. Pendant des semaines, il l'a cherchée, et voilà que ce Thanos a éteint les dernières braises de son espoir.

« Après cet incident, j'ai décidé de rompre mon lien avec Khonshu, je ne pouvais pas continuer à le servir. Il a essayé de me ramener vers lui mais je n'ai pas cédé.

— Khonshu pense pouvoir avoir la main mise sur tout le monde mais tant de choses lui échappent, s'amuse Oupouaout avant de tendre un bras devant lui. »

Dans la main du dieu, une pierre d'une blancheur aveuglante apparaît, nimbant les lieux d'une lueur éclatante, presque irréelle. Arthur comprend très vite sa nature, bien qu'il soit stupéfait de pouvoir en observer une d'aussi près alors qu'elles sont habituellement bien protégées par des gardiens en tout genre. Sigrún lui a parlé des six singularités, de leurs couleurs, de leurs fonctions, du danger qu'elles représentent, que ce soit de manière individuelle ou collective. Jamais elle n'a évoqué de gemme de l'infini blanche, le laissant perplexe. Oupouaout, sur un ton un peu pompeux, lui présente la septième et dernière pierre d'infinité, capable de protéger son porteur de la magie des six autres. Elle a été forgée plus tard que les originelles, lorsqu'il est devenu évident qu'entre de mauvaises mains, elles risquaient de conduire à la destruction.

Le dieu poursuit en indiquant qu'à l'instant où Thanos a claqué des doigts, il n'a pas subi l'effacement malgré le tiraillement dont son corps a été victime – et alors enfin, Arthur comprend que le geste du Titan est lié à ces pierres. Satisfait, la divinité à tête de loup annonce qu'il aurait dû mourir mais que la pierre lui a permis d'être là quand tant d'autres dieux ont été effacés. Tout en fixant la gemme, Arthur lui demande dans un murmure de quelle manière il a pu la retrouver, ce à quoi Oupouaout répond dans un rire qu'il lui a suffi d'un peu de persuasion pour apprendre son existence et le lieu où son demi-frère, Anubis, la retenait.

Anubis, le dieu chacal, le dieu de la mort. Arthur se rappelle avoir entendu son nom plusieurs fois de la part de Khonshu – bien trop de fois pour que ce soit innocent, bien que le dieu de la lune ait toujours parlé du fils d'Osiris comme n'étant qu'un ami mais il n'est pas dupe. Il sait qu'Oupouaout et Anubis sont issus de la même mère mais que le dieu loup a souvent été rejeté par les siens à cause de son père, Seth, dieu des déserts et du chaos. Il est surpris d'entendre que le dieu chacal a dissimulé à l'Ennéade une pierre qui aurait pu tous les sauver et il s'interroge, l'espace d'un instant, sur la véracité des propos de la divinité qui lui fait face. Aucun dieu ne promet de dire la vérité, les mortels ne croient que ce qu'ils veulent bien admettre, et Arthur a assez subi les propos de Khonshu pour être sur la défensive.

Oupouaout lui tend la pierre, l'invitant à la prendre. Il fronce les sourcils sans savoir si le geste est sincère ou s'il est à deux doigts de tomber dans un piège. Il la récupère délicatement, comme il le ferait avec un artefact d'une autre époque – ce qu'est la gemme en fin de compte puisqu'elle date d'un temps très lointain – et l'observe sous tous les angles. Il perçoit comme un battement de cœur à l'intérieur, long et régulier, presque apaisant, ainsi qu'une énergie qui n'est pas sans lui rappeler la magie des dieux. Une amertume imprévue l'étreint lorsqu'il songe à tout ce que cette pierre aurait pu faire : briser son lien avec Khonshu bien plus tôt, protéger Sigrún de l'attaque qu'elle a subie, écarter tout danger de leur foyer. S'il avait eu cette puissance au creux de la main, il n'aurait jamais perdu sa femme et n'aurait pas erré aussi longtemps avec le vain espoir de la retrouver. Il s'apprête à rendre la pierre à la divinité mais Oupouaout hoche la tête négativement, arborant ensuite un sourire amusé.

« Tu peux la garder, mortel.

— Elle serait bien plus en sécurité entre les mains d'un dieu, proteste Arthur en relevant enfin les yeux. Si l'Ennéade apprenait …

— Ils ne feront rien. Osiris a fixé des règles puis il a disparu dans la Douât où il règne en toute tranquillité. Si les dieux se posaient vraiment des questions sur l'humanité et surveillaient mieux les humains, plusieurs événements ne se seraient jamais produits.

— Si vous ne partagez pas leurs actes, pourquoi n'avoir jamais agi ?

— Je n'ai pas d'avatar et je ne compte pas mettre d'humain à mon service avant … avant longtemps. Considère cet objet comme un cadeau de ma part. »

Arthur ne dit rien, conscient qu'il serait dangereux pour lui d'exprimer toute la rancœur qui l'habite. Il a cru, par le passé, pouvoir se fier à une divinité, et il regrettera sans doute jusqu'à la fin d'avoir accepté ce marché avec Khonshu. Rien ne lui prouve qu'Oupouaout sera différent du dieu de la lune et qu'il n'essayera pas de le mettre à son service d'une façon ou d'une autre. Cependant, il est dur de refuser une telle opportunité, il a un pouvoir immense entre ses doigts, une énergie qui saurait l'aider à aller au bout de son plan. Contrairement à d'autres qui verraient là une possibilité de faire plier l'humanité et d'asseoir leur autorité, Arthur n'aperçoit qu'un raccourci dans le chemin qu'il trace jusqu'à la libération d'Ammit. Avec une pierre de l'infini en sa possession, il ne peut échouer dans sa quête.

« Les dieux n'offrent pas de cadeau, souffle cependant Arthur. Combien de temps mettrez-vous à me retrouver pour me demander votre dû ?

— Je vois là l'empreinte de Khonshu, s'amuse Oupouaout. Il nous arrive d'être désintéressés, même si j'admets que j'en attends beaucoup de ta part. Je vois dans tes yeux une magnifique flamme de vengeance, n'est-ce pas ? J'ignore quels sont tes projets mais je suis certain que cette pierre t'aidera à les atteindre.

— Que gagnerez-vous ? »

Seul le silence et l'expression rieuse du dieu à tête de loup lui répondent. Puis la divinité s'incline un peu, encore, pour être au plus près et lui murmurer à l'oreille qu'il compte voir l'Ennéade se briser de l'intérieur et n'être plus qu'un vaste champ de ruines. Arthur aimerait en rire à son tour mais il n'est pas sûr d'être sur la même longueur d'onde qu'Oupouaout. Il ne demande pas la destruction des panthéons et la fin de l'ère de l'Ennéade, il ne veut qu'une justice plus radicale que celle de Khonshu, un jugement rendu bien avant que les meurtriers ne puissent lever leurs armes. Il souhaite soustraire Ammit à sa condition d'ouchebti et lui permettre de changer le monde en un paradis terrestre où nulle souffrance ne sera à craindre.

« Si vous tenez tant à faire tomber les vôtres, pourquoi ne pas agir par vous-même ? Vous aviez cette pierre, vous n'étiez pas totalement impuissant.

— L'intervention de Thanos vient d'éliminer une partie des miens, je préfère attendre un peu avant de leur donner le coup fatal. Mais toi, tu as le pouvoir de les ébranler, et de te venger de ce dieu qui t'a tout pris. »

Arthur tente de formuler une protestation mais le dieu ne lui en laisse pas le temps. D'un ample mouvement de la main, Oupouaout l'expulse de son domaine, l'entourant d'une lueur grisâtre alors que les murs de la tombe disparaissent de sa vue. Il se relève péniblement, enfoncé dans le sable, la pierre blanche encore entre les doigts. Il perçoit son pouvoir qui s'écoule toujours et qui semble lui murmurer d'aller ailleurs, plus loin, là où il trouvera le début des réponses à ses questions. Sans un regard en arrière – craignant bien plus ce que lui ferait Oupouaout s'il revenait sur ses pas – il prend le chemin de l'aéroport, l'esprit focalisé sur la gemme qui luit avec force.

Pendant trois jours, enfermé chez lui, il manipule la pierre, la tourne et la retourne, tente d'en percer les secrets malgré son irritation croissante et la fatigue qui l'étreint. Aux informations télévisées, un seul sujet est sur les lèvres, les journalistes ne parlent que du claquement de doigts du Titan – le snap comme ils l'appellent – et ils essayent d'en apprendre plus, pour dénombrer les victimes dont la liste s'étend de jour en jour. Les premiers noms à s'afficher sur les écrans sont ceux des héros tombés au combat, puis les familles se manifestent afin d'aider à recenser au mieux les effacés. Arthur regarde les identités sans vraiment les voir, il se perd dans sa propre douleur et se détourne de tous ces deuils. Encore une fois, c'est l'amertume qui se saisit de lui lorsqu'il constate que toutes ces disparitions auraient pu être évitées si les dieux égyptiens, au lieu de se terrer dans leur monde, avaient choisi de se révéler au grand jour et d'aider les populations. En ce sens, Khonshu a peut-être eu raison sur un point : l'inaction des divinités, envers l'humanité, est une aberration.

Lors de la troisième nuit, ce sont des cauchemars qui viennent le hanter. Il aperçoit des silhouettes gigantesques en train de se battre, il voit des mares de sang, il entend des hurlements qui n'en finissent pas. Au centre de ce chaos, c'est Sigrún qui l'observe, les mains couvertes de rouge, le visage arborant une expression d'intense frayeur. Elle tend les doigts vers lui, murmure son nom puis s'écroule, inerte, alors qu'une ombre la recouvre. Arthur se réveille en sursaut, la peur au ventre, le cœur battant, la nausée au bord des lèvres alors qu'il peine à se rappeler que rien n'est vrai et qu'il ne s'agit que d'un rêve. Tandis qu'il s'endort enfin, il croit percevoir un appel lointain mais la fatigue gagne la bataille.

Au matin du quatrième jour, alors qu'il repose la pierre blanche sur son bureau, Arthur entend un sifflement en provenance de la gemme. Son éclat s'amplifie, irradie dans la pièce jusqu'à l'aveugler. Dans son esprit, des images se forment, il perçoit des routes, des bâtiments puis une canne se dessine, enterrée là par les siècles sans que les archéologues n'aient mis la main dessus. L'objet, dont le pommeau apparaît comme ciselé pour prendre l'apparence de deux têtes de crocodiles, dégage une lueur légère, violette, qui conforte Arthur dans ses premières suppositions. Le voilà, le signe qu'il recherche depuis des semaines, le pas supplémentaire qui le conduira jusqu'à Ammit. Il doit juste se mettre en route et il aura entre les mains un nouveau pouvoir assez puissant pour l'aider à délivrer la déesse monstrueuse.

Lorsqu'il arrive à Babylone, là où les fouilles archéologiques se poursuivent sur les anciens sites, il reste un instant muet face à ce pan d'histoire qui se propose à lui. Coïncidence ou non, les lieux sont désertés par les hommes, lui offrant une liberté d'action non négligeable. Il songe alors au claquement de doigts de Thanos et au fait que les archéologues, bien que passionnés par leur métier, ont sans doute préféré s'occuper de leurs familles plutôt que de poursuivre leurs recherches. S'il n'avait pas déjà tout perdu, Arthur serait en train de les imiter en restant auprès de sa femme mais puisqu'il est désormais seul, dans un désert personnel, il peut se réjouir d'être là au pied de siècles d'histoire.

Tandis qu'il s'avance dans les ruines, la pierre blanche s'illumine et trace devant lui un chemin qu'il emprunte sans aucune hésitation. Son cœur bat la chamade, il a l'impression d'être à l'aube d'une révélation immense, il se revoit encore en train d'enseigner à ses étudiants la découverte du tombeau de Toutankhamon, ceux de la vallée des rois et des reines, et toutes ces autres merveilles. Peut-être n'est-ce qu'un effet de son imagination, une fatigue trop pesante qui se change en un espoir ridicule mais il traverse le site archéologique avec la tête haute et les yeux qui brillent.

Il ne remarque pas immédiatement qu'il s'est aventuré plus loin que les sites de fouilles, fasciné par ce qu'il voit. Son pied heurte une pierre, il trébuche et tente de se retenir contre l'un des murs à moitié écroulé. Au lieu de sentir sous sa main la dureté immobile de la ruine, il ouvre sans le vouloir une porte invisible qui le conduit ailleurs. Arthur tombe face contre terre, un peu sonné par la chute, et il grimace alors qu'il se met à genoux, le corps endolori. Lorsqu'il relève les yeux, il distingue au loin, comme volant dans le ciel, l'endroit par lequel il vient de traverser ce passage inconnu. Il se demande un court instant s'il n'est pas encore dans son siège, dans l'avion, en train de rêver. Mais alors qu'il reporte son attention sur ce qui l'entoure, il comprend qu'il n'a pas pu inventer ce décor.

Ce sont d'immenses jardins en escalier qui se dressent devant ses yeux, soutenus par des colonnes aux dimensions surprenantes. Partout où le regard se pose, il n'y a que des arbres, des fleurs, de la végétation à perte de vue. Les odeurs s'y ajoutent, donnant à l'air un parfum bien palpable mais en rien désagréable, ce qui étonne Arthur : les espèces florales sont si variées qu'il s'interroge sur ces odeurs qui se mêlent à la perfection. Il aperçoit, cachés par de longues herbes entrelacées, des puits qui amènent l'eau depuis le bas jusqu'en haut des jardins, permettant ainsi aux plantes d'être hydratées autant qu'elles en ont besoin. Cet éclat coloré et odorant paraît presque déplacé après le paysage des sites archéologiques où ne se voient que des vestiges et les restes de la présence des chercheurs. Ici, la main de l'homme est légère, elle n'est qu'une aide dans l'élévation des espèces végétales, comme une adoration envers la nature.

Il ne faut que quelques minutes de longue admiration pour qu'Arthur devine qu'il est au beau milieu des fameux jardins suspendus de Babylone, l'une des sept merveilles du monde. Jusqu'à ce jour, aucun archéologue n'est parvenu à découvrir la moindre trace de ces jardins malgré les sources écrites qui les évoquent. Il sait que leur existence a été remise en question, leur localisation aussi – certains estiment qu'ils sont peut-être situés à Ninive, d'autres pensent qu'ils sont placés bien loin en-dehors de la ville – et Arthur s'amuse de constater qu'ils sont simplement dans une strate parallèle. Il reconnaît là l'œuvre des dieux, une façon de préserver un endroit magnifique sans le laisser aux mains de l'humanité. À une autre époque, lorsque les hommes vénéraient les divinités avec force dévotion et respect, les jardins étaient à la portée de tous ; désormais, alors que les mortels se déchirent en permanence et oublient les croyances du passé, nul œil humain n'est autorisé à se poser sur ces beautés végétales.

C'est d'un pas plus léger, presque craintif, qu'Arthur se promène entre les fleurs, les arbres et les quelques merveilles architecturales qui se dissimulent entre les branches. Çà et là se dressent des statuettes à l'image d'Ahura Mazda, la plus grande divinité des Mèdes, le feu primordial. L'espace d'un instant, l'esprit d'Arthur s'échappe, il se demande si le dieu surveille les environs, s'il vit encore dans leur monde ou s'il a délaissé l'humanité à la manière de la plupart des membres de l'Ennéade. Hormis les dieux nordiques qui sont désormais bien connus du grand public depuis que Thor et Loki ont fait irruption sur Terre, la plupart des divinités se cachent ou ont depuis longtemps décidé de ne plus s'intéresser aux hommes et à leurs folies. La curiosité d'Arthur le pousse à s'interroger sur tous ces détails, principalement parce qu'il est au centre de cette dimension divine depuis qu'il a accepté d'être l'avatar de Khonshu puis le libérateur d'Ammit.

Il quitte la première terrasse sur laquelle il déambule pour se rendre sur celle qui se trouve un peu plus en hauteur. Les escaliers qui mènent de l'une à l'autre sont eux-aussi ornés de fleurs aux pétales resplendissants. Arthur les effleure du bout des doigts avec un air ravi, il se penche pour en cueillir une mais se ravise, comme pris par un soudain pressentiment. Ce lieu est sûrement inviolé depuis des siècles, ce n'est pas à lui de commencer à le flétrir par la simple envie d'en conserver un souvenir.

« Qui va là ? demande une voix masculine. »

Arthur ignore d'où elle provient, il devine seulement que l'individu est sur un autre des jardins. Au-dessus de sa tête, l'étrange ciel s'est teinté de noir, d'étoiles et d'une lune presque pleine, blanche et éclatante, nimbant les plantes d'une douce lueur argentée qui fait briller chaque végétal. Aussitôt, les membres d'Arthur deviennent lourds, il note la présence d'une étrange lumière blanchâtre qui s'étend sur sa peau et la change doucement en pierre. Si la panique le gagne quelques secondes, c'est ensuite le soulagement qui vient l'étreindre lorsque la gemme de l'infini brise le maléfice et le sort de sa prison soudaine en lui rendant sa liberté de mouvements.

« Intéressant, murmure l'inconnu avant d'apparaître. »

La silhouette se dessine peu à peu pour prendre l'apparence d'un homme vêtu à la manière des bergers de l'ancien temps. Sur le dessus de sa tête, deux cornes pointent vers le haut, aussi blanches que l'astre qui les éclaire, similaires à celles d'un taureau ou aux pointes de la lune. Arthur recule d'un pas en un geste réflexe avant de porter la main à sa ceinture où il ne découvre que du vide. Il s'est tant précipité dans son voyage qu'il en a oublié de s'armer et, bien que son instinct lui souffle qu'il vient de rencontrer un dieu et qu'il n'aurait donc aucune chance avec un simple pistolet, il n'est pas à l'aise.

« Qui es-tu ? lui demande l'homme en le toisant de toute sa hauteur. Je sens une énergie particulièrement puissante en toi.

— Je ne suis qu'un humble mortel qui a découvert par hasard votre sanctuaire, se présente Arthur. »

Il ignore si faire preuve d'humilité le sauvera ou non mais il ne tient pas à perdre la tête à cause de l'ego d'une divinité. Il a assez vu Khonshu perdre patience et s'agacer pour savoir que les dieux et leurs pouvoirs ne sont pas à prendre à la légère. Le dieu esquisse un sourire amusé avant de sembler s'apaiser, dardant sur lui un regard curieux où luit encore un brin de méfiance. Arthur a le sentiment que les yeux de la divinité lisent en lui comme dans un livre ouvert, sondant chaque recoin de son âme pour en extraire la moindre information sur son passé.

« Tu as été l'avatar d'un dieu, un Égyptien. Khonshu ?

— Comment pouvez-vous le savoir ? s'enquiert-il en fronçant les sourcils.

— Je suis Sin, dieu de la lune et je reconnais l'œuvre de mes semblables. Séléné, Máni, Diane, Soma, Metztli, Khonshu et tant d'autres, nous incarnons la lumière de la nuit et sommes capables de percevoir nos pouvoirs réciproques. »

Arthur ne peut retenir son sourire rempli d'ironie. Quelle chance avait-il de rencontrer un dieu lunaire d'un autre panthéon ? N'aurait-il pas pu croiser la route d'une divinité du soleil ou de la pluie ? Est-il à ce point lié aux ténèbres pour retomber à chaque fois face à des dieux de l'ombre et du secret ? Khonshu l'a choisi pour être son poing vengeur, Ammit lui a soufflé une demande pour qu'il la retrouve, Oupouaout lui a octroyé une pierre de l'infini ; combien d'autres dieux encore vont s'immiscer dans sa vie pour décider à sa place ce qu'il est censé en faire ?

Sin déclare que la pierre ne devrait pas être entre ses mains, annonçant avec dédain que les mortels sont bien trop égoïstes et indomptables pour mériter de recevoir un tel pouvoir. Arthur réagit aussitôt en lui apprenant qu'elle lui a été confiée par un dieu et qu'elle a tracé sa voie jusqu'à Babylone. Il ajoute avec mépris que la magie de Khonshu, aussi puissante soit-elle, ne lui aurait sans doute pas permis de traverser le voile entre le monde réel et cet endroit, qu'il n'y a là que l'énergie de la gemme.

« Ne sous-estime pas l'énergie de la lune, humain. Tout comme la lune s'élève, nos pouvoirs vont croissants et nous ouvrent des portes sur d'autres univers. L'avatar d'un autre dieu n'aurait pas eu la force nécessaire pour venir dans ces jardins. »

Ce détail intrigue Arthur, il s'étonne de constater à quel point les pouvoirs de Khonshu ont modifié son organisme et sa perception du monde. Il a conscience d'en avoir gardé des miettes, il le sait par sa capacité à percevoir certaines aspérités de l'univers, comme il l'a vu en découvrant la tombe dans laquelle se dissimule Oupouaout mais il n'aurait jamais pensé avoir en son sein autant d'énergie lunaire. Il ignore s'il doit maudire ou remercier le vieil oiseau à tête squelettique car cela lui offre des opportunités auxquelles il n'aurait jamais eu accès. Poussé par une nouvelle vague de curiosité, il demande au dieu qui lui fait face si les divinités de son panthéon se servent aussi d'avatars pour surveiller plus étroitement l'humanité. L'expression qui se peint sur le visage sans âge de Sin fait comprendre à Arthur qu'il s'est aventuré sur un terrain dangereux.

Le dieu de la lune lui parle alors de la différence qui existe entre les siens et les dieux égyptiens. Contrairement aux membres de l'Ennéade qui octroient une partie de leurs pouvoirs aux avatars, les Mésopotamiens sont de loin moins bienveillants avec les humains qu'ils choisissent. Selon Sin, lui et les siens entrent dans le corps de la personne qui les reçoit, ils prennent sa place physiquement et mentalement, ne laissant qu'un tout petit coin d'esprit au mortel. Ils préfèrent avoir tout le contrôle d'une carapace humaine plutôt que de permettre à des humains d'agir à leur guise en brandissant le nom des dieux. Toute la cruauté de cette mesure apparaît à Arthur, il voit sans peine que l'Ennéade, malgré tout ce qu'il reproche à ses membres, n'a jamais autant maltraité ses avatars.

« Je pourrais entrer dans ta tête et faire de toi ma marionnette, reprend Sin. D'autant plus que tu as été un Chevalier de la lune, ce qui rend ton corps plus apte à me recevoir.

— Mais vous ne le ferez pas, observe Arthur. Vous êtes là pour veiller sur les jardins, quitter votre poste ne vous apporterait rien d'autre que des reproches de vos pairs.

— Tu es bien sûr de toi, mortel. N'as-tu pas peur des dieux ?

— Vous l'avez dit vous-même, j'ai été l'un des avatars de Khonshu. Croyez-vous vraiment que je craindrais encore les vôtres après l'avoir servi ? J'ai bien plus de méfiance que de peur envers les dieux. »

Il s'attend à un geste de colère, une démonstration d'émotion mais Sin ne lui reproche pas ses propos. Le dieu à l'apparence de berger semble presque fasciné par ses bravades, il rit à gorge déployée avant d'assurer qu'il n'a pas vu autant de provocation chez un humain depuis bien longtemps. Sin lui accorde le droit de parcourir les jardins pour trouver l'objet qu'il recherche mais il le met en garde sur ses vœux et sur les conséquences que ces derniers auront pour l'humanité. Arthur n'a que faire de ses remarques, il connaît le but louable d'Ammit, cette envie de juger les hommes pour éviter toute injustice pour l'avenir. Qu'un dieu, comme celui à qui il s'adresse, ne comprenne pas ce besoin, cela le surprend. Quelle divinité rêve de régner sur un monde où la mort et la violence sont seules reines ?

Reportant son attention sur la pierre de l'infini, Arthur reprend son inspection. La gemme l'entraîne vers une autre terrasse, plus en aval, où serpentent des lianes qui forment un rempart au-dessus d'un bosquet d'un vert plus tendre que les autres. Sans crainte, il plonge la main dans les feuilles, sent une résistance au bout de ses doigts et retire une canne semblable à celle de sa vision. L'objet paraît être taillé pour lui, ses dimensions lui correspondent, et une certaine satisfaction s'empare de lui lorsque les quatre yeux s'illuminent d'une lueur violette. Un courant passe le long de sa main, remonte à son épaule, chemine autour de sa nuque puis atteint son visage et ses yeux. Aussitôt, le monde se trouble, l'air s'épaissit, le paysage se charge d'un pouvoir sans limite qui remplace les couleurs par des nuances de violet. L'instant suivant, la sensation s'efface, comme si elle n'avait jamais été là, mais un étrange fourmillement fait baisser le regard d'Arthur vers son bras qui tient la canne. Là, sur sa peau, le tatouage d'une balance s'est dessiné et, à sa grande surprise, il remarque un léger mouvement ; c'est la balance du jugement, celle qui sert à la pesée de l'âme et détermine si elle doit ou non être dévorée par Ammit.

La canne ornée des deux crocodiles vibre encore mais les jardins ont retrouvé leur aspect calme et flamboyant. Arthur s'éloigne du bosquet, range la pierre de l'infini dans sa poche et admire l'objet de pouvoir qu'il a désormais en sa possession. Il perçoit un fragment de la magie d'Ammit, il sait exactement de quelle manière il peut s'en servir alors même qu'il ignorait tout de cette canne avant d'en avoir la vision. Un bruissement à ses côtés lui indique que Sin n'est pas reparti se terrer dans l'ombre, il détaille l'expression fermée du dieu, ainsi qu'une lueur presque craintive qu'il ne s'explique pas. Sans réfléchir, Arthur tend les mains avec brusquerie, saisit l'un des poignets de Sin et pose la canne en équilibre avant de prendre son autre bras. L'objet se balance entre eux, le tatouage aussi, puis l'encre noire vire au rouge alors que les yeux du dieu s'écarquillent de terreur. Un pouvoir ancien et sombre s'échappe d'Arthur pour venir frapper la divinité qui s'écroule à ses pieds.

« L'Orbe, murmure Sin. Ammit l'a utilisée … »

Sa voix faiblit alors qu'il tousse, du sang vient tacher la main qu'il porte à sa bouche. Sans un remord, Arthur l'abandonne sur le sol végétal et tente de repérer la sortie. Il lui suffit d'y penser pour que la pierre blanche s'active et le ramène sur le site de fouilles de Babylone. Que le dieu de la lune mésopotamien soit mort ou non, ce n'est plus dans ses préoccupations, il peut désormais se considérer comme le détenteur d'une partie du pouvoir d'Ammit.

C'est avec le cœur léger qu'il rentre chez lui, enfin sûr de parvenir à ses fins. Un coup d'œil aux informations télévisées lui apprend que le compte des effacés est toujours d'actualité, que les gouvernements demandent des coups de main de toutes les populations afin que cela se fasse dans de bonnes conditions. Arthur ne peut s'empêcher de se dire que si la Grande Dévoreuse avait été libre, Thanos n'aurait sans doute pas eu le temps de faire disparaître la moitié de l'humanité ; d'une manière ou d'une autre, la déesse aurait pu le détruire. Il s'interroge alors sur ce nouveau pouvoir qu'il possède, sur la balance qui marque sa peau et qui a conclu que Sin n'est pas digne de l'avenir. Lui, pauvre mortel qui a tué pour Khonshu, aura-t-il un meilleur équilibre ou n'est-il déjà plus qu'un pécheur que rien ne pourrait racheter ?

Il songe aux dernières paroles de Sin, à l'évocation de l'Orbe, la pierre violette du pouvoir, une des gemmes de l'infini. Comment Ammit a-t-elle réussi à créer un objet à partir de cette pierre sans que les dieux ne le sachent ? Arthur devine qu'il n'est qu'à l'aube de la découverte de grands mystères, les divinités égyptiennes, comme tant d'autres, ont eu le temps de semer des secrets sur la Terre.

« Je vais te venger, souffle-t-il en s'emparant d'un cadre photo où Sigrún lui sourit avec bonheur. »

La Valkyrie et le Chevalier de la lune. Il regrette que leur histoire se soit terminée à cause de son rôle d'avatar, il aurait tant aimé vieillir à ses côtés, l'écouter encore et encore lui parler d'Asgard et des neuf royaumes. Il se promet qu'une fois le scarabée entre ses mains, une fois Ammit libérée de sa prison de pierre, il fera payer à Khonshu tous les malheurs qu'il a traversés. L'Ennéade ne soupçonnera rien, l'inimitié d'Horus et d'Osiris envers le dieu de la lune est suffisante pour qu'ils aient des œillères. Arthur sait manier les mots et feindre l'innocence, il a toutes ses chances si un jour Khonshu venait à essayer de les monter contre lui.

Désormais, il se doit de réunir autour de lui assez de fidèles pour juger ceux qui sont dignes de voir le monde qu'Ammit leur réserve. Ce ne sera pas aisé mais il n'a plus peur d'aller de l'avant pour rendre à cette humanité une ère de paix et de tranquillité. Et si cela le conduit à mettre un terme à la présence de Khonshu, il ira jusqu'au bout, quitte à y laisser la vie.


Note : Et voilà, Sigrún, mon OC de Floraison, est donc la femme d'Arthur. Une fiction sur leur rencontre ne tardera pas à venir.