Cette histoire m'a été (follement) inspirée par la chanson « La Fille du Père Noël » de Jacques Dutronc. Je ne possède pas la chanson, mais je trouve qu'elle est plutôt adaptée à nos deux héros ^^ Je vais donc adapter la chanson au masculin, mais je vais laisser les phrases dans leur forme d'origine. Voilà une première idée, et il y aura ensuite un deuxième texte sur le même thème.
Ed rentra chez lui et soupira, il avait passé une longue nuit. Les premières lueurs de l'aube filtraient à travers la fenêtre du salon de sa petite maison. Il arqua un sourcil devant la drôle de vision qui s'offrait à lui.
Je l'ai trouvée au petit matin
Toute nue dans mes grands souliers
Placés devant la cheminée
Pas besoin de vous faire un dessin
Le brun se passa une main dans les cheveux, devant lui, se trouvait Stede Bonnet, nu dans ses gros souliers de bois posés devant la cheminée. Il s'était attendu à tout sauf à ça lorsqu'il était revenu chez lui. Le brun fit de son mieux pour garder contenance, mais son cœur manqua un battement, la vision face à lui était si plaisante. Il jeta son fouet sur son lit et s'approcha du blond face à lui.
De battre mon cœur s'est arrêté
Sur le lit j'ai jeté mon fouet
Ed avait l'impression d'être face à une apparition irréelle. Il s'approcha et se pencha contre le blond. Il était si beau que le brun n'arrivait pas à parler. Il était épuisé et avait un peu trop bu pour essayer de se réchauffer par cette glaciale nuit d'hiver. Toute la nuit Ed avait travaillé dehors pour aider son père.
Tout contre elle je me suis penché
Et sa beauté m'a rendu muet
Fatigué, j'ai la gueule de bois
Toute la nuit j'avais aidé mon père
Ed attrapa une bûche posée près de la cheminée et la jeta dans l'âtre afin que le feu ne meurt pas car les cendres incandescentes n'allaient plus durer très longtemps. Ed trouvait réconfortant les flammes après une telle nuit de boulot. Par réflexe, le brun se pencha et regarda dans le conduit de cheminée. Il soupira d'aise en constatant que le père de Stede n'était pas là. Le brun se redressa et observa le blond face à lui, toujours nu dans les souliers devant la cheminée.
Dans le feu j'ai remis du bois
Dans la cheminée y avait pas son père
Ed et Stede étaient « ennemis » depuis toujours, car Ed était le fils du Père Noël, et Ed, lui, était le fil du Père Fouettard. Ils avaient des pseudonymes auprès des pauvres mortels, en réalité ils s'appelaient Stede Bonnet et Edward Teach, mais les gens les appelaient Marie Noël, pensant à tort que le Père Noël ne pouvait être aidé que par sa fille, et lui Jean Baltazar, car il était évident que pour être méchant, on ne pouvait être qu'un garçon. Ed s'amusait beaucoup des noms qu'on lui accordait dans les différentes langues. Il était aussi très amusé de constater que les gens pensaient que Stede était une femme. Peut-être était-ce à cause de ses cheveux blonds toujours parfaitement coiffés ?
C'était la fille du Père Noël
J'étais le fils du Père Fouettard
Elle s'appelait Marie Noël
Je m'appelais Jean Balthazar
Ed ne disait toujours rien, mais il n'en pouvait plus, la proximité de Stede le rendait fou. Voir les flammes jouer sur sa peau pâle couverte de tâches de rousseur l'envoûtait. Le brun décida donc de prendre son rival dans ses bras. Toutefois, Stede recula légèrement, posant ses mains sur les avants-bras musclés du brun :
-Mais non, Ed. Ne fais donc pas ton fier à bras, je suis tombé là par hasard.
Je prends la fille dans mes bras
Elle me dit "mais non, Balthazar"
Ne fais donc pas le fier à bras
Je suis tombée là par hasard
Ed soupira, il avait passé la nuit à fouetter les gens méchants. Dur métier que le sien, mais il était habitué à cette basse besogne depuis sa plus tendre enfance. Certes son père et lui avaient mauvaise réputation, mais au moins ça incitait la plupart des gens à bien se comporter. De son côté, Stede aidait son père à distribuer des cadeaux à tous les enfants sages, ils avaient donc le beau rôle. En tant que fils du Père Noël et du Père Fouettard ils avaient tous les deux très occupés la nuit du 24 décembre et avaient rarement l'occasion de se croiser puisqu'ils étaient ennemis.
Toute la nuit j'avais fouetté
À tour de bras les gens méchants
Toute la nuit elle avait donné
Des cadeaux à tous les enfants
C'était la fille du Père Noël
J'étais le fils du Père Fouettard
Elle s'appelait Marie Noël
Je m'appelais Jean Balthazar
Ed en était comme deux ronds de flan, pourquoi Stede était-il descendu dans sa cheminée par erreur ? Après tout, chacun de leur père avait l'adresse précise de l'autre ainsi que de la famille de celui-ci donc normalement il n'y avait aucune erreur de possible. Ed avait donc du mal à croire à l'excuse du blond, mais il se rendait bien compte qu'il ne pouvait rien faire de plus. Le regard de Stede était sans appel, il ne céderait pas à ses avances silencieuses. Le « méchant », soupira donc, parfaitement conscient de l'impossibilité qu'il avait d'atteindre le cœur du blond, et le tira par le bras jusqu'à la porte. Il l'ouvrit et poussa son vis-à-vis à l'extérieur, nu et sans les souliers.
Descendue chez moi par erreur
Elle était là dans mes souliers
Et comme je ne pouvais prendre son cœur
Je l'ai remise sur le palier
En tant qu'ennemis, rien ne serait jamais possible, ils venaient de deux camps totalement opposés, comme les Capulet et les Montaigu. Tels Roméo et Juliette, Ed et Stede étaient destinés à être adversaires normalement, mais Ed, pour sa part, aurait préféré un rapprochement avec Stede. Le blond lui plaisait bien avec son innocence et la gentillesse immense qu'on lisait dans ses yeux.
C'était la fille du Père Noël
J'étais le fils du Père Fouettard
Ed claqua la porte sur le cri de Stede mordu par le vent glacial qui accentuait déjà la froideur extérieure :
-Bye bye au hasard, Ed !
Le brun ne répondit rien car il était à la fois vexé et blessé par ce qu'il avait vu. Il avait eu un de ses fantasmes devant les yeux, et tout avait disparu, évaporé comme de la fumée lorsque Stede l'avait repoussé.
Et elle m'a dit d'une voix d'crécelle
Bye bye au hasard Balthazar
Edward savait bien que c'était l'histoire de sa vie : jamais il ne pourrait voler le cœur de Stede car celui-ci était bien trop attaché à son rôle de fils du Père Noël qui ne devait être qu'avec des gens biens et gentils. Ed soupira, partit se verser un verre de whisky, il se moquait bien qu'il ne soit que huit heures du matin, il avait besoin d'oublier la scène qui s'était jouée face à lui. Stede était le Bien, lui le Mal, ce qui les séparerait à jamais.
C'était la fille du Père Noël
J'étais le fils du Père Fouettard
Elle s'appelait Marie Noël
Je m'appelais Jean Balthazar
Fin
