Attention : présence de quelques gros mots

Dédicace : pour ShaSei en espérant que tu apprécies l'association.

Correctrice : Clina

Personnages : Cancer Masque de Mort Balance Dokho Bélier Shion

Mention de : Dragon Shiryu

Ship : aucun

Type d'écrit : introspection, réflexion, début d'amitié

Arc temporel : comme pour les autres recueils, quelques années après la fin de la guerre contre Hadès, quand ils sont tous revenus à la vie.

Lieu : Sanctuaire

Autre : Il y aura un autre OS sur ces deux là. Je n'ai pas vraiment fini d'explorer les deux personnages. Cela étant, il se peut qu'ils vous paraissent OOC. Disons que ça tient de ma vision personnelle des personnages et de ce que je veux leur faire vivre.

Nombre de mots : 3517

Titre : Masque brisé


Les mains enfoncées dans les poches de son jeans, le Cancer observait son armure sur son socle au milieu du Temple. Il ne l'avait plus portée depuis sa mort face au Mur des Lamentations. Il ne savait même pas pourquoi leur Déesse s'était foulée à le ramener, lui. Les autres, il comprenait. Ils avaient tous combattu pour elle et la majeure partie de ses frères d'armes pouvaient invoquer leur ignorance face au changement de Grand Pope. Lui, il avait toujours su pour Saga. Il avait fait couler le sang et il avait pris des vies sans aucun remord à chaque fois qu'il en recevait l'ordre. Il avait fait des victimes involontaires sans montrer la moindre culpabilité face à leur mort par sa faute. Il avait démontré à quel point son âme était noire face au Dragon. Et comme Spectre d'Hadès, il n'avait pas spécialement assuré. Bon, il ne s'était pas spécialement donné à fond non plus lors de ses rares combats. Alors certes, il avait sacrifié sa vie face au Mur des Lamentations comme tous les Ors, mais cela n'aurait pas dû lui offrir la clémence d'Athéna. Il n'avait de son vivant, lors de sa première vie, respecté aucune des valeurs si chères à leur Divinité protectrice. Il était considéré comme le pire des Saints d'Or et un vrai méchant. Il entendait très bien les murmures de désapprobations et les commentaires à son sujet, quand il daignait sortir de son Temple pour errer dans le Domaine Sacré.

Et honnêtement, il partageait leur opinion sur le fait qu'il ne méritait pas une seconde vie. Enfin c'était plutôt la quatrième dans son cas. Mais c'était un détail sémantique. La seule raison valable à son retour était finalement, selon lui, que c'était tout le monde ou personne. Ou alors les Déités n'avaient pas voulu trier et elles avaient ramené tout le monde. Après tout, tous les Guerriers et toutes les Amazones ayant perdu la vie de n'importe quels clans avaient eu le même présent divin. Encore que Masque de Mort se demandait vraiment si c'était un cadeau cette seconde vie. Il se sentait surtout las. Ô pas que les commentaires et sa solitude volontaire l'ennuyaient ou le déprimaient. Loin de là, il aimait sa sacro-sainte et chère solitude. Il peinait en général à supporter les autres. Cela n'avait pas changé d'avant la Bataille du Sanctuaire. Mais c'était surtout que jouer un rôle sur mesure non stop était fatiguant. Il savait l'image qu'il renvoyait aux autres. Il savait ce qu'il voulait démontrer quand il était en mission. Mais il n'était pas que cela. Il n'était pas que Masque Mort. Ce surnom était finalement devenu son nom, personne à part lui ne se souvenant de son vrai prénom.

« Brutus ça m'irait bien nope ? T'en penses quoi le tas de ferraille ? », demanda-t-il à l'Armure d'Or du Cancer.

Il eut un sourire. Il n'aurait aucune réponse d'elle. Et il n'était pas certain que beaucoup de monde au Sanctuaire pouvait comprendre cette référence historique. Lui savait de quoi il parlait. Il connaissait bien l'Histoire, ce qui pouvait paraître étonnant. Mais il avait toujours aimé étudier le passé. Et il avait bien le droit à un passe-temps entre deux missions. Maintenant il avait beaucoup plus de temps libre qu'avant, alors il s'occupait comme il le pouvait. Il fallait reconnaître qu'on ne lui confiait plus vraiment de missions pour le Sanctuaire. Et il comprenait qu'en ces temps de paix, un assassin était moins utile. Il n'avait donc pas eu à enfiler son Armure depuis son retour. Même lors des visites de la Déesse Athéna, il se faisait porter pâle histoire d'être certain de ne pas devoir la mettre. En même temps, il n'était pas certain que l'Armure accepterait qu'il la revête à nouveau. Elle l'avait abandonné lors de son combat contre le Dragon. Et honnêtement, il ne lui en voulait pas. Mais elle représentait ce qu'il était et tout ce qu'il avait sacrifié pour être un Saint d'Or. Alors il préférait éviter de savoir à quel point il en avait été indigne, et de découvrir qu'elle ne voulait plus de son propriétaire actuel. Ne pas l'enfiler par choix prouvait que c'était sa décision à lui. C'était sûrement moins humiliant.

« Tiens, tu refais la décoration de ton Temple ? » La voix joyeuse de Dokho résonna dans son dos. De toute évidence la Balance venait de revenir au Sanctuaire après un séjour en Chine.

« Y a moyen d'arriver en haut sans traverser tous les Temples. », commenta brièvement Masque de Mort sans détourner le regard de son Armure. « Mais vu ton âge canonique, tu dois le savoir. T'as eu le temps de fouiller les lieux, non ?»

Le rire amusé de Dokho ne le surprit pas. Le Saint d'Or de la Balance avait retrouvé son humour avec sa jeunesse. Il était aussi devenu plus combatif et impulsif par moments. Mais une certaine part de sa sagesse était restée. Honnêtement il était celui que le Cancer connaissait le moins. Leur échange s'était limité à leur rencontre à Rozan quand il avait reçu l'ordre de châtier le traître du Sanctuaire. Bien sûr Masque de Mort avait aussi combattu le disciple de Dokho. D'ailleurs c'était étonnant qu'il ne lui en veuille pas plus que cela pour ce qu'il avait fait à Shiryu et à la jeune fille, dont il n'avait jamais su le nom. Et il s'en foutait un peu de son nom en vrai. La sociabilité s'était plutôt le truc de son aîné que le sien. Il sentit l'autre Guerrier s'arrêter près de lui. La Balance observa un long moment l'Armure dorée qui scintillait doucement dans la pénombre. Les yeux bleu foncé se posèrent sur Dokho. Ce dernier semblait méditer sa prochaine phrase. Et Masque de Mort espéra vraiment ne pas avoir droit à un sermon. Enfin, il ne connaissait pas assez son camarade d'armes pour décrypter sa personnalité et ses attitudes.

« Pourquoi ne la portes-tu plus ? », demanda finalement la Balance en tournant la tête pour l'observer. Le Cancer retint un soupir et il regarda à nouveau son Armure.

« Elle et moi, on a un gros différent. », répondit-il en haussant des épaules.

« Vraiment ? Pourtant elle t'appelle. Tu dois le ressentir. », remarqua Dokho avec un léger sourire compatissant ou amical, le Cancer n'était pas certain. « Ne serait-ce pas toi qui t'imposes de ne plus la porter ? Tu fais preuve d'une grande force d'esprit pour lui résister. »

« Putain, t'es venu m'emmerder ? », questionna acide le Cancer. Il n'espérait pas effrayer son frère d'armes. Il savait que ce serait inutile. Mais s'il faisait preuve d'assez de mauvaise humeur et d'ondes négatives, l'autre finirait par passer son chemin.

« Non, je rentre à mon Temple en traversant les autres pour vous saluer tous. », déclara simplement et calmement Dokho. Il avait vraiment réponse à tout. En même temps vu sa longévité, il devait avoir eu le temps de s'entraîner à la conversation et à la répartie.

« Bah fous le camp. Ton Temple est plus haut. », le chassa le Cancer sans beaucoup de conviction dans la voix. Non, aujourd'hui il n'était pas d'humeur à jouer son rôle habituel.

« J'ai envie de faire une pause ici et de te parler. Tu es celui que je connais le moins de tous les Ors. Donc… », expliqua la Balance lentement avec son petit sourire en coin.

Dokho observait toujours le Cancer. Il avait bien compris que l'Armure d'Or était un sujet délicat à aborder. Mais il y avait d'autres choses qui intriguaient la Balance. Notamment comme il l'avait fait remarquer en arrivant le changement de décoration des lieux. Quand ils étaient revenus à la vie, il avait vu le quatrième Temple. Et le goût macabre de Masque de Mort était flagrant. Dokho savait par Shiryu que le Cancer exposait le visage de ses victimes, même collatérales, sur ses murs. C'était encore le cas trois mois plus tôt quand la Balance avait traversé le Temple pour quitter le Domaine Sacré. Il n'était pas parti si longtemps. Mais maintenant il n'y avait plus aucun visage nulle part. Les murs étaient en pierre nue et tout semblait plus simple. L'atmosphère y était moins lourde et l'air plus respirable, même si l'ambiance restait très sombre. Et l'autre point qui intriguait la Balance était le nom de son compagnon d'armes. Masque de Mort était un surnom. Il le savait. Mais il aurait aimé, par pure curiosité, connaître le vrai prénom du Cancer.

« Donc tu changes de décoration ? », demanda à nouveau Dokho en observant les murs mis à nus.

« Hum. », répliqua Masque de Mort très explicitement.

Il n'y avait pas grand-chose à ajouter. Oui, il avait refait son Temple. D'une part parce que l'époque où il était un assassin attitré du Sanctuaire, qui désirait effrayer tout le monde, était révolu. Et d'autre part parce que cela l'occupait. C'était que sans mission, à éviter les entraînements et les autres, le temps lui paraissait long. Alors dans une impulsion du moment et un besoin de faire la paix avec lui-même, Masque de Mort avait décidé de tout changer. Cela lui avait pris du temps de tout retirer, nettoyer et purifier. Il avait aussi entrepris de consolider un peu l'extérieur. Vraiment il était temps qu'il prenne plus soin de son chez-lui. Surtout s'il devait vivre encore de longues années. Avait-il envie d'expliquer ses motivations à l'autre Saint d'Or ? Pas vraiment. En fait, pas du tout. Mais il n'échapperait pas à quelques questions, supposa-t-il. Cela étant, il n'avait pas spécialement envie de s'expliquer non plus.

Et il n'espérait même pas que quelqu'un puisse comprendre. Il n'avait pas spécialement de remords non plus. Il ne cherchait pas le pardon ou la rédemption. Il savait où il finirait après sa prochaine mort, quand il irait aux Enfers. Et il l'avait accepté. Mais s'il devait encore vivre des années, il voulait au moins faire la paix avec lui-même et avec son Armure. Il n'espérait pas que quelqu'un puisse le comprendre. Personne au Sanctuaire ne connaissait l'autre lui, celui qu'il avait enterré pour pouvoir remplir ses missions, et qu'il redevenait quand il était seul, dans son Temple. Alors si Masque de Mort assumait ses crimes et qu'il ne demandait pas pardon, il était un peu fatigué de jouer un rôle devenu inutile. Enfin peut-être pas autant que cela, il lui permettait de garder tout le monde ou presque à distance.

« Tu n'aurais pas un café à m'offrir ? », demanda subitement Dokho.

« Hein ? », répliqua Masque de Mort en clignant des yeux.

« Je me doute que tu ne bois pas de thé. Il paraît que parfois ton Temple sent le café. La route pour revenir fut longue et ces escaliers sont interminables. Je prendrais bien un café avant de poursuivre, histoire de faire une pause. », expliqua Dokho avec un sourire amical.

« Ouais en gros, tu t'invites chez moi. », grogna le Cancer avec un soupir. Il pourrait l'envoyer paître pour le coup. Cela ne serait même pas étonnant. « Je fais que du café italien », ajouta-t-il avant de se détourner.

Masque de Mort se dirigea vers la partie vie de son temple. C'était un endroit qui n'appartenait qu'à lui et où personne n'entrait. Mais il fallait bien un début à toute chose, et puisqu'il essayait de s'améliorer pour racheter en partie ses fautes… Enfin il espérait gagner un certain calme de l'esprit et surtout une forme de sérénité. Il n'essayait pas de justifier ses actes, loin de là. Il ne se cachait même pas derrière le fait qu'il avait obéi aux ordres de son chef à l'époque. Si les autres avaient besoin de le haïr, ça lui allait bien. Son asociabilité chronique appréciait d'être mise de côté. Mais il savait qu'il n'aurait pas le dernier mot avec Dokho. Il était têtu le Tigre de Rozan. Il entendit les bruits de pas le suivre dans la partie privée du quatrième Temple. Il n'offrit pas un regard à la Balance, alors qu'il se dirigeait vers la cuisine pour préparer deux cafés. Dokho aurait le loisir d'observer la pièce principale de vie.

Dokho resta sagement dans la pièce principale. C'était déjà exceptionnel que Masque de Mort le laissa entrer dans la partie privée du Temple du Cancer. Et il était sûrement le premier à glaner ce droit. Honnêtement il avait cru que le Cancer le chasserait de chez lui ou qu'il apporterait le café dans la pièce centrale du Temple, là où reposait son armure. Les yeux de la Balance firent le tour de la pièce. L'ambiance était un peu plus lumineuse que dans l'autre pièce. Tout était propre et bien rangé. Masque de Mort semblait avoir un côté un peu maniaque avec son intérieur. Ou était-ce un moyen de se détacher de la décoration à l'époque macabre du quatrième Temple ? Dokho se demanda un instant si cette pièce ne représentait pas plus la vraie personnalité de son propriétaire, alors que la partie centrale était celle qui servait de vitrine à Masque de Mort. Y avait-il une double personnalité sous ses airs froid et ironique ? À quel point ne connaissait-il pas son frère d'armes ? Dokho s'approcha de la bibliothèque et il remarqua les livres historiques, dont la majorité était dédiée à la Rome Antique.

« Ton café. », déclara froidement le Cancer dans son dos. Dokho tourna la tête pour observer le plus jeune s'installer dans un fauteuil, une tasse en main. L'autre récipient était posé sur la table basse. La Balance prit cela comme une invitation à rester un peu plus longtemps. Il s'installa donc dans un autre fauteuil face au Cancer.

« Merci. Tu t'intéresses à l'Histoire ? », demanda-t-il avec curiosité, un regard pour la collection de livres bien rangée.

« Étonnant hein ? J'ai un cerveau, je sais lire. Je sais réfléchir. Quelle découverte ! », ironisa Masque de Mort.

« Ce n'est pas ce que je sous-entendais ! », fit remarquer Dokho avec une grimace avant de remarquer le sourire narquois en coin et le froncement de sourcils de son vis-à-vis. « Ah d'accord… L'ironie comme humour je suppose ? » Et il était tombé dans le piège comme un gamin. La Balance prit le temps de boire une gorgée de café, qui était très bon.

« Si tu le dis. », ne concéda pas vraiment Masque de Mort.

« Tu aimes paraître imbuvable n'est-ce pas ? Ton comportement en général avec les autres est à l'image de la décoration extérieure de ton Temple, une illusion pour cacher quelque chose. », répliqua lentement Dokho en scrutant son compagnon d'armes.

« Tu veux en venir où ? », demanda froidement le Cancer avant d'avaler une gorgée de café.

« Ton surnom cache ton vrai nom que personne ne connaît ici. Ton comportement imbuvable te permet de tenir les autres loin de toi. Je pense que tu es un solitaire et un associable fini, et que cela t'arrange bien. Ta décoration et ton comportement prouvent que tu essaies d'effrayer pour prendre l'ascendant moral lors d'un combat. », explicita lentement Dokho. « Mais je pense… Après avoir vu cette pièce, vu ton regard pour ton Armure, vu comment tu te forçais à ne plus la porter, parce que tu ne t'en sens plus digne ou que tu redoutes qu'elle te refuse le droit de la porter à nouveau… Je pense que tu joues un rôle, qui était simple quand le Sanctuaire et son Grand Pope avaient besoin d'un assassin disponible et sans scrupule. Sauf que ce n'est plus le cas. Et que tu as l'impression de ne pas savoir quoi faire de ta vie, tu t'accroches donc au passé tout en essayant d'avancer. Ai-je tort ? »

« Putain mais t'es psy ou quoi ? », demanda avec surprise Masque de Mort.

« Non, mais j'ai vécu seul très longtemps, et j'ai une certaine sagesse. Mais je ne t'obligerais pas à te confier, et je ne te juge pas. J'essaie plutôt de te comprendre. », répliqua Dokho. « Mets cela sur le compte de la curiosité. »

Le silence s'étira entre eux. Masque de Mort regardait Dokho. Il était impossible pour la Balance de déchiffrer l'expression et le regard de son vis-à-vis. Le Cancer avait une expression très neutre. Au poker il devait être un adversaire redoutable, se fit comme réflexion la Balance. Cela étant, il n'avait pas son expression sadique habituelle. Non, Dokho devinait une certaine curiosité face à ses remarques et peut-être une vague surprise d'avoir finalement était percé à jour. Mais la Balance n'avait pas tout le mérite. Masque de Mort n'avait pas spécialement vraiment cherché à dissimuler l'autre partie de sa personnalité pour une fois. Il semblait avoir laissé tomber le masque qu'il portait perpétuellement depuis qu'il avait gagné son Armure d'Or. Et la Balance n'oubliait pas que Shion lui-même l'avait accepté dans les rangs d'Athéna et que l'Armure d'Or du Cancer l'avait choisi. Alors il ne devait pas y avoir que du négatif chez lui. Il devait avoir été autrefois autre chose que le sadique de service qui accrochait des visages en guise de décoration. Alors Dokho voulait creuser un peu pour mieux voir sous le masque fissuré du Cancer depuis l'épisode du Mur de Lamentations.

« Ok. Mon nom n'est pas Masque de Mort. J'aime pas les autres, je préfère la solitude. J'en ai eu marre de la déco donc je la change. », répondit finalement le Cancer. « J'ai conscience d'avoir commis des crimes. Crois pas que je ne trouve pas le sommeil pour autant la nuit. Je ne me cacherais pas derrière l'excuse des ordres, parce qu'on peut toujours préférer désobéir n'est-ce pas ? Je ne demanderais pas un pardon auquel j'ai pas vraiment droit. Mais j'en dors la nuit, t'inquiète pas. Et je sais faire du café, cuisiner italien aussi. Étonnement je mange et je lis en hobby. Ah et j'ai un minimum de culture. T'en sais assez là ? »

« Peut-être. Peut-être pas. Pourquoi tu mets-tu en mode auto-défense ? », questionna Dokho en finissant sa tasse de café. « Je ne suis pas ton ennemi. Tu sembles juste avoir besoin d'aide... » Il remarqua l'expression fermée du Cancer et son envie de répliquer. « Au moins pour ta décoration. Cela ira plus vite à deux. »

Quelque part peut-être que Dokho essayait d'intégrer Masque de Mort. Il se doutait que le Cancer ne ferait jamais de grande soirée avec tous les Ors chez lui, ni ne participerait à des activités collectives avec les autres. Il comprenait que la sociabilité n'était pas son fort, et qu'il avait besoin de son espace personnel, qui était bien grand. Mais il avait évolué comme eux tous. Il avait changé. Il avait compris ses erreurs et il essayait au moins de trouver un semblant de pardon, quoi qu'il puisse en dire et peut-être aussi une raison de vivre. Oh pas qu'il devait avoir les idées noires, mais il avait toujours été réduit à être la main armée du Sanctuaire. Et en ces temps de paix, il devait se sentir un peu désœuvré. Peut-être avait-il besoin qu'on lui montre une autre voie que celle qu'il avait toujours connu. De plus l'intégrer un peu et au moins le convaincre de porter à nouveau son armure serait un bon début. Il restait un Saint d'Or après tout, un membre de la garde d'élite d'Athéna.

« Putain ce que tu me gonfles. », jura finalement Masque de Mort en croisant les bras sur son torse. Il cracherait bien au visage de Dokho qu'il n'était pas son disciple et qu'il n'avait pas besoin d'un mentor. « Tu me veux quoi, l'Ancêtre ? » Et là, il était piquant volontairement pour vexer ou au moins agacer l'autre. Mais il n'obtint qu'un sourire amusé comme réponse.

« T'aider. Pour commencer à décorer ton Temple, vu que tu as décidé de changer. Te connaître. Et peut-être t'aider avec ton problème d'Armure. Je sais que cela ne vient pas de l'Armure du Cancer, mais de toi. J'aimerais te permettre de retrouver une certaine confiance en elle. Tu restes un Saint d'Or, il te faudra bien un jour paraître et la porter. Tu ne peux pas totalement effacer ce que tu es … Disons que j'espère peut-être t'aider un peu à t'intégrer un minimum. », expliqua Dokho. « Du coup, on commence quand à peindre tes murs ? », ajouta-t-il comme le Cancer ne disait rien. Il aborderait plus profondément le problème de l'Armure plus tard. Il devait d'abord gagner un peu la confiance du Cancer. Et il allait devoir s'imposer et insister, mais il arriverait à ses fins.

« T'as qu'à te pointer demain à huit heures du mat' si tu veux m'aider tellement que ça. », abdiqua finalement Masque de Mort. Dokho se fit la réflexion qu'il tenterait de connaître le prénom du Cancer une autre fois. Il sentait bien qu'il avait atteint la limite de la sociabilité de son compagnon. Il se leva donc pour poursuivre son chemin jusqu'à son propre Temple.