Correctrice : Clina
Disclaimer image : crazymiraclecat sur Tumblr
Personnages : Poisson Aphrodite, Pégase Seiya
Mention de : Athéna, Bélier Mu, Andromède Shun, Cygne Hyoga, Dragon Shiryu, Verseau Camus, Balance Dokho, Cancer Masque de Mort, Seika
Ship : aucun
Type d'écrit : amical, fraternel
Arc temporel : comme pour les autres recueils, quelques années après la fin de la guerre contre Hadès, quand ils sont tous revenus à la vie.
Lieu : Sanctuaire, Temple des poissons
Autre : Il y aura une suite à cet OS. Je pense développer ce côté fraternel spirituel entre eux dans d'autres OS. Je compte rédiger quelques OS sur une amitié fraternelle entre les 5 Bronzes et certains Ors.
Nombre de mots : 3376
Titre : Rose de Noël
Aphrodite observait le Domaine Sacré depuis les hauteurs de son Temple. Étant le douzième Saint d'Or, il était le dernier rempart avant le Temple dédié à leur Déité protectrice et son chef attitré, le Grand Pope. Théoriquement personne ne devrait être apte à arriver jusqu'à lui. Et jusqu'à la bataille contre les cinq Saints Divins, qui à l'époque n'était que des Bronzes, il en était intimement persuadé. Seulement ces cinq Saints de Bronzes, alors des préadolescents à peine sortis de l'enfance, leur avait mis une sacrée raclée. Dans son cas, elle avait même été mortelle la correction et une leçon d'humilité. Il n'irait pas dire qu'il avait de suite appris la leçon. Après ce premier passage aux Enfers, il était revenu sous les ordres de Shion pour berner le dieu Hadès et aider Athéna. Mais son combat avait été à nouveau bref, et il était alors persuadé de ne plus revenir à la vie. Mais comme disait la sagesse populaire : il ne fallait jamais dire jamais. Était-il étonné d'être ramené à nouveau à la vie par le désir de sa Déesse ? Pas vraiment vu que tous avaient eu cette seconde chance.
Mais cela ne rendait pas les choses plus faciles pour autant. Certes il n'en était pas au même stade que Masque de Mort, qui semblait avoir décidé de vivre en recul dans son Temple et de nier le monde extérieur. Aphrodite doutait que cela pourrait durer éternellement. Tôt ou tard quelqu'un irait secouer les puces du Cancer. Et il souhaitait bien du courage à celui qui oserait. Enfin, au pire, il accepterait de s'y coller. La rumeur voulait que Masque de Mort refasse la décoration intérieure, avec l'aide de Dokho et de Shun. Autant le Poisson voulait bien croire qu'Andromède avait un certain sens de l'esthétisme, autant il se demandait si Dokho avait réussi à convaincre le Cancer de décorer de manière feng shui. Ce serait assez amusant, songea-t-il, d'aller constater le résultat. Il était curieux de nature, presque autant que la jolie boule de poils grise d'Andromède. Mais il ne s'imposerait pas. Masque de Mort avait un sacré caractère, mieux valait savoir comment s'en faire apprécié. Un léger soupir lui échappa alors que son regard bleuté errait paresseusement sur les Temples en contrebas. La réincarnation d'Athéna avait largement et très généreusement payé les réparations du Sanctuaire. C'était un équilibre savant entre le respect des normes antiques et une certaine forme de modernité et de confort. Et Aphrodite approuvait.
Après un dernier regard pour le bas et un autre pour le Treizième Temple, derrière lequel trônait à nouveau l'immense statue d'Athéna, leur Déesse protectrice, il se décida à rentrer dans son antre. Aphrodite avait décidé de s'occuper de ses plantes aujourd'hui. Mais avant il désirait mettre un peu d'ordre dans la partie privée, qui décevrait sûrement beaucoup de monde au Domaine Sacré. Il eut un sourire ironique. Certes il prônait la beauté, surtout dans les combats, et il prenait soin de lui. Mais il était relativement simple. Son amour du beau était d'abord dédié aux plantes et aux arts. Il collectionnait bien sûr certaines œuvres. Mais son intérieur était relativement sobre et simple, et il devait représenter sa vraie personnalité, celle qu'il cachait un peu derrière son masque de narcissique égocentrique. Cela étant c'était facile de renvoyer cette image stéréotypée. Aphrodite n'avait jamais vraiment lutté contre l'idée qu'on avait de lui au Sanctuaire. D'ailleurs il était très fier de ses possessions artistiques et de ses antiquités, comme ce joli service en porcelaine d'origine française peint à la main et datant du dix-septième siècle. Mais la seule, qui en connaissait l'existence et en avait les honneurs, répondait au nom d'une divinité égyptienne et avait les poils soyeux. Certaines choses devaient se mériter selon Aphrodite.
La présence d'un Cosmos dans la partie centrale de son Temple attira son attention, alors qu'il finissait de ranger correctement et par ordre alphabétique ses livres. Aphrodite fronça légèrement les sourcils. Il reconnaissait plus ou moins ce Cosmos, même s'il ne l'avait jamais combattu. Ils s'étaient croisés à l'époque de la Guerre interne du Sanctuaire. Il était passablement étonné de la présence de Pégase en ces lieux. Enfin ce qui l'étonnait, c'était que le jeune homme resta là, au lieu de simplement traverser son Temple. Avec un soupir, le Poisson se décida à aller saluer son invité surprise. Les cheveux remontés et attachés souplement, le nez légèrement plissé, Aphrodite sortit de la partie privée de son Temple. Pour une fois, il portait simplement un jeans et une chemise. Et il marchait pieds nus comme à son habitude. Il trouva sans aucun mal son visiteur, planté devant l'Armure Sacrée des Poissons à l'observer avec attention. Aphrodite pencha la tête et il analysa Pégase. Il ne dissimulait pas sa présence au Saint Divin. Mais il était curieux de connaître la raison de sa visite.
« Salutation matinale, Pégase. », déclara Aphrodite après quelques minutes d'observation de son visiteur, qui ne portait pas non plus son armure.
« Ah salut… Euh Aphrodite ? », répondit Seiya avec son éternel sourire amical. Et il se tourna pour faire face au Saint d'Or, les mains dans les poches de son jeans. « Tu peux m'appeler Seiya. », annonça-t-il. « Et euh on peut se tutoyer… Enfin je sais qu'on ne se connaît pas vraiment, mais bon vous êtes tous un peu comme des grands frères pour nous, enfin pour moi surtout donc… »
« Le tutoiement ne m'ennuie guère », coupa lentement Aphrodite. Il préférait ne pas laisser Pégase s'enfoncer dans une explication trop longue. Il n'était pas par contre aussi certain que cela d'être une figure fraternelle pour le plus jeune. Ils n'avaient jamais vraiment parlé. « Que puis-je pour toi, mon cher ? »
« Ah oui j'avais une question. », tenta Seiya en passant d'un pied à l'autre.
Mais il n'ajouta rien. Il semblait un peu nerveux et incertain. Ou peut-être était-ce juste une forme de stress. Aphrodite pencha la tête sur le côté pour le regarder plus attentivement. Il ne pouvait pas dire qu'il connaissait vraiment Seiya. Bien sûr comme tout le Sanctuaire, il connaissait ses exploits. Il l'avait aussi vu s'entraîner plus d'une fois. Mais ils n'avaient jamais vraiment parlé tous les deux. En tout cas cela n'avait pas dépassé quelques remarques lors des entraînements et autres politesses. Aphrodite était assez attaché aux règles de courtoisie et au savoir-vivre. En tout cas, lui, il les appliquait. Il ne pourrait pas en dire autant de tous ses frères d'armes. Le Poisson avança vers Pégase. À première vue, Seiya cherchait ses mots. Aphrodite était curieux de savoir ce que Seiya pouvait bien avoir à lui demander. Mais il n'osait pas vraiment presser le plus jeune pour qu'il parle, par respect pour son besoin d'organiser probablement ses pensées. Le Poisson passa ses doigts sur son Armure Sacrée qui illuminait le centre du Temple. Et il la remit correctement sur son socle.
« Que désires–tu me demander ? », encouragea-t-il Pégase lentement et avec un sourire poli.
« Bah en fait je me dis maintenant que c'est stupide. En soi c'est pas parce que tu utilises des roses que… Enfin je… je voudrais pas être… euh… désobligeant ? Enfin non maintenant que j'y réfléchis, c'est vraiment stupide de penser que tu t'y connais en plantes et fleurs. », balbutia Seiya. « Excuse-moi de t'avoir dérangé. »
Aphrodite fut tenté de le laisser filer. Vraiment, puisqu'il changeait d'avis autant le laisser quitter noblement ces lieux avant qu'il n'ait dit quelque chose. Et il retrouverait le calme serein des lieux et son rangement qui l'attendait sagement dans le salon. Après tout, il avait une seconde chance et il pouvait vivre tranquillement sans autre guerre à l'horizon. Ils devraient tous en profiter de la meilleure manière qui soit, tout en restant fidèle et au service de la Déesse Athéna. Mais une part de lui était en quelque sorte touchée par le comportement de Seiya et l'idée qu'il pouvait être vu comme un grand frère. Aphrodite grimaça devant le dandinement de Pégase. Mais il abdiqua. Il se devait aussi de créer des liens avec les autres Saints et les Amazones du Sanctuaire. Il n'avait pas de disciple comparé à Camus, Dokho et Mu. Mais s'il pouvait apporter ses lumières à un autre Saint, il le ferait volontiers. Seiya avait fait demi-tour et il s'apprêtait à repartir en sens inverse.
« Pose-moi ta question. », l'encouragea Aphrodite.
« Je ne voudrais pas te vexer. », répliqua Seiya mais il s'était tourné pour faire face à Aphrodite à nouveau. Les yeux chocolat accrochèrent le regard azur. Cela lui avait semblé une bonne idée quand il était avec Seika à son appartement de venir chercher des informations auprès du Saint d'Or des Poissons. Mais en cet instant, cela sonnait presque comme un stéréotype dans sa tête. « Tu n'es pas fleuriste ou botaniste. » Pégase secoua légèrement la tête.
« Ma foi, je suppose que ce sera cliché, mais j'ai effectivement un certain savoir en botanique. », avoua Aphrodite avec un léger et souple haussement d'épaules. « Non pas parce qu'elles sont mes armes au combat et liées à ma constellation, mais parce que j'ai une passion pour ce domaine scientifique. » Et c'était par ailleurs totalement vrai. Aphrodite ne mentait jamais.
« Ah d'accord. », murmura Pégase légèrement étonné, les mains enfoncées à nouveau dans les poches de son jeans.
Étrangement Seiya venait en une phrase d'en apprendre plus que durant les dernières années sur Aphrodite. Pour lui, le Poisson était surtout le dernier Saint d'Or dans l'ordre de montée des escaliers, celui que Shun avait combattu seul pour lui offrir l'opportunité de passer et de sauver Saori-san. Ils s'étaient à peine croisés lors de la guerre contre Hadès, puisque c'était Mu qui l'avait combattu. Et il était vrai que Seiya n'était jamais vraiment allé lui parler depuis le retour de tous à la vie. Tout ce qu'il pouvait savoir de son aîné résidait dans ce qu'Andromède lui avait dit de leur combat, de ce qu'il avait vu aux entraînements quand il errait au Sanctuaire et des rumeurs diverses et variées qui circulaient à son sujet dans le Domaine Sacré. Mais comme pour le Cancer, il devait y avoir une très grande part de choses inventées dans lesdites rumeurs à son sujet. Et s'il se fiait à son instinct et ce que les autres appelaient son intelligence émotionnelle, il avait là l'opportunité de mieux cerner Aphrodite. Et qui sait peut-être pourraient-ils devenir amis. Après tout c'était Seiya qui avait avancé qu'il le voyait lui aussi comme un grand frère spirituel, au même titre que les autres Saints d'Or. Le sourire de Pégase se fit plus franc et sa nervosité diminua.
« Bah si ça ne t'ennuie pas, j'ai une question sur une plante en fait. », déclara Pégase plus spontanément avec des yeux pétillants et un grand sourire cette fois. « Enfin si tu es occupé, je peux repasser. Ce n'est pas méga urgent non plus, tu sais. » Il avait conscience de s'être un peu invité à l'improviste.
« Tu es adorable », commenta Aphrodite avec un léger sourire. « Viens avec moi. Je vais partager un secret avec toi, et je te serais reconnaissant de n'en parler à personne. »
« Promis. Je resterais muet même sous la torture ! Ton secret est sauf avec moi. », déclara très solennellement Seiya, la main sur le cœur pour prouver qu'il était sérieux et qu'il n'avait qu'une parole.
« Tu es chou. », commenta avec amusement Aphrodite. « Suis-moi. » Et il l'invita de la main en se détournant.
Seiya acquiesça de la tête et il emboîta silencieusement le pas à Aphrodite. Il était honoré de la confiance que lui faisait le Poisson. Ils quittèrent la partie centrale du Temple, mais Aphrodite ne se dirigea pas vers la partie privée de sa demeure. Il longea le mur, Seiya toujours sur ses talons, et il sortit par une porte bien dissimulée. Pégase papillonna des yeux quand il entra dans la serre. Il y avait des fleurs et des plantes partout, bien organisées en divers parterres. Il ne faisait ni trop chaud, ni trop froid et la luminosité n'était pas aveuglante. Bref l'atmosphère était parfaite, supposa Seiya, pour ce genre de cultures. C'était impressionnant. Il n'y avait pas que des roses d'ailleurs. Il repéra assez facilement des tulipes, jonquilles, lilas, œillets. Il devina quelques orchidées, et beaucoup de plantes dont il ne connaissait pas vraiment le nom. Il remarqua aussi des plantes sans fleur. Il comprenait mieux ce qu'Aphrodite appelait se passionner pour la botanique. Il en avait apparemment fait un art, qui allait au-delà de ses techniques de combat. Et si Pégase se souvenait bien, on prétendait que les Saints d'Or des Poissons étaient des spécialistes en poisons d'origine végétale. Il regarda en coin l'autre Guerrier. Oserait-il poser la question ? Peut-être plus tard ou une autre fois.
« Alors dis-moi quelle plante ou fleur te pose un problème ? », questionna Aphrodite en avançant vers un parterre de tulipes. Il s'agenouilla devant pour s'occuper des fleurs. Seiya l'imita et il vint se placer à sa gauche en admirant les diverses tulipes et leur multitude de couleurs.
« La rose de Noël. », commença-t-il plus détendu qu'auparavant. « J'en ai acheté une pour décorer à Noël, quand ma sœur est venue me visiter à Tokyo… En la demandant au magasin je pensais recevoir… bah une rose… mais en fait c'en est pas une. Du coup je me demandais d'où venait son nom… je sais c'est stupide d'imaginer qu'une plante qui s'appelle rose en est juste une mais... »
« Je ne pense pas. Je crois honnêtement, Seiya, que beaucoup de monde pense comme toi avant d'en voir une. », répliqua Aphrodite avec bienveillance. Quand on n'était pas spécialiste d'un domaine, quel qu'il soit d'ailleurs, on pouvait faire des découvertes surprenantes. De plus Pégase faisait l'effort de se renseigner sur le sujet. « C'est une plante plus qu'une fleur. Elle doit son nom au fait qu'elle fleurit en hiver, à la période de Noël », expliqua-t-il avec un léger sourire. « J'en ai ici si tu veux en voir d'autres. Il y a différentes couleurs. »
« Ah ok, je vois. C'est plus un nom symbolique ou pour faire joli. », Pégase haussa légèrement les épaules. Il avait eu sa réponse finalement.
« On peut dire cela. », répondit calmement Aphrodite. Il lança un regard à Seiya qui ne bougeait toujours pas. Il s'était attendu à ce qu'une fois la réponse obtenue, Pégase s'en alla vaquer à ses propres occupations. Mais le plus jeune semblait absorbé par la vision florale face à lui et il regardait avec attention les gestes d'Aphrodite.
« Je peux t'aider avec les fleurs, si tu veux. », proposa spontanément Seiya avec son éternel sourire amical collé aux lèvres. Et le Poisson savait qu'il n'y avait aucune malice dans cette proposition, aucune taquinerie ou sous-entendu. S'il y avait bien un être entier, spontané et tout le temps sincère au Sanctuaire, c'était Seiya. « Si tu me montres, je peux réussir à faire comme toi. »
« Je me répète, mais tu es adorable. », taquina Aphrodite avec un clin d'œil complice. « Ma foi il faut surtout les arroser. Je pense que tu peux m'aider si cela t'agrée. »
Aphrodite n'allait pas non plus imposer à Seiya de l'aider. Ce n'était pas pour cela qu'il lui avait montré sa serre privée. En fait il ne l'avouerait pas à voix haute, mais être considéré comme une figure fraternelle et un aîné le touchait énormément. Peut-être avait-il envie de créer un lien amical avec les plus jeunes, d'agrandir son cercle d'amis relativement restreint. Quelque part il admirait le lien précieux et fort qui unissait les cinq Saints Divins. Ils avaient cette complicité et cette complémentarité naturelle entre eux. Et Aphrodite trouvait beau ce type de lien spirituel de fraternité amicale. Il aurait aimé être proche de quelqu'un au point de le comprendre d'un regard et de savoir que quoiqu'il puisse arriver, il aurait aimé avoir une main secourable et aidante, qui ne le jugerait point, pour le relever lui aussi. Finalement le Poisson se remit debout et il fit de nouveau signe à Seiya de le suivre pour lui expliquer quoi arroser et en quelle quantité.
« Dis Aphrodite, tu pourrais m'expliquer aussi comment on prend soin d'une rose de Noël… Comme j'en ai une à l'appartement, je n'ai pas trop envie non plus qu'elle meure. », demanda spontanément Seiya en remplissant un arrosoir d'eau fraîche pour les roses.
« Je peux t'expliquer et te montrer avec plaisir, Seiya. », accepta le Poisson sans grande réflexion.
Le Poisson observa Pégase s'appliquer à respecter ses ordres pour arroser au mieux chaque plante présente dans la serre selon leur besoin spécifique. Il était assidu et appliqué comme apprenant. Cela expliquait sûrement sa capacité à apprendre très vite comment contrer un ennemi au combat. Aphrodite en profita pour apporter certains soins plus experts à certaines de ses plantes les plus fragiles, rares et précieuses. Seiya travailla sans se plaindre, quasiment en silence, même s'il chantonnait parfois un peu. Mais cela n'avait rien de dérangeant pour le Poisson. Il ne vouait pas le même amour démesuré au silence que certains de ses frères d'armes de la garde dorée d'Athéna. En tout cas, il constatait aisément le sérieux et l'application de Pégase à bien faire. La matinée fila différemment de ce qu'il avait prévu, mais au final la compagnie était des plus agréables. Il était vrai qu'Aphrodite n'avait jamais cherché à se lier spontanément aux autres Saints, et encore moins aux Saints Divins. Il avait toujours supposé ne pas avoir une aussi bonne réputation auprès d'eux que les autres Ors, à l'image probablement de Masque de Mort. Mais Seiya venait de lui prouver qu'il pouvait envisager d'avoir de nouveaux amis et aussi de renouer avec les autres. S'il en croyait son expérience du moment, il n'était pas jugé pour ses actes passés et il était même plutôt accepté par Pégase. C'était une sensation bien agréable que de se savoir intégré d'une certaine manière.
« Si tu veux, tu peux rester pour le dîner. J'ai un saumon fumé des plus raffinés. », proposa spontanément Aphrodite. Il appréciait la compagnie de Seiya plus qu'il ne l'aurait imaginé.
« Ah super. Je veux bien. J'ai la dalle. », accepta Seiya très heureux de pouvoir partager un peu plus de temps avec le Poisson et ainsi mieux le connaître.
Il se lava correctement les mains avant de suivre Aphrodite hors de la serre et de pénétrer dans la partie privée du Temple. Pégase savait que c'était aussi une preuve de confiance de pouvoir voir l'intérieur des Temples, surtout la partie vie. Il avait ses habitudes chez Aiolia et Aiolos, mais sinon il n'entrait jamais dans la partie privée des Temples chez les Ors. Il savait que Hyoga pouvait avoir cette familiarité avec son maître Camus, tout comme Shiryu agissait dans le Temple de la Balance comme chez lui. Pour ce qu'il en savait, Shun avait parfois visité le Temple du Verseau en compagnie du Cygne, et il avait maintenant en quelque sorte ses entrées chez le Cancer. Un jour il demanderait à Andromède comment il avait réussi cet exploit et pourquoi il y avait été allé la première fois. C'était une amitié étrange que celle qui se tissait entre le Cancer et Andromède pour beaucoup de monde au Domaine Sacré. De plus le quatrième Temple glaçait toujours un peu Seiya quand il y pensait, rien qu'en se souvenant de son passage là-bas lors de la guerre…
Ce fut donc avec curiosité qu'il admira l'intérieur sobre mais bien décoré d'Aphrodite. Il ne s'attarda pas trop et il suivit rapidement son hôte dans la cuisine, se proposant pour l'aider à préparer le repas ou au moins pour mettre la table. Seiya savait qu'il reviendrait parfois passer du temps avec le Poisson, ou l'aider dans sa serre. Travailler la terre et avec les plantes avait quelque chose d'apaisant pour lui qui était une vraie boule de nervosité. Il lança un regard avec un léger sourire à son compagnon de repas. Aphrodite était plutôt sympa en vrai. Pégase espérait qu'ils pourraient devenir amis.
