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A vous tous curieux de Solvang, c'est un vrai endroit et c'est absolument adorable ! Si vous traversez la Californie un jour, je vous recommande fortement de vous y arrêter.
24 décembre - Huitième jour sur la route
Solvang, Californie
"Oh mon Dieu, Edward," gémit Bella, ses yeux se fermèrent. J'avalai lourdement en regardant sa tête basculer en arrière, la colonne de sa gorge exposée. Sa gorge se mit à trembler et elle pencha de nouveau la tête en avant, ses yeux s'ouvrirent et rencontrèrent les miens. "Tu dois essayer ça."
La culpabilité de l'avoir sexualisée pendant qu'elle mangeait m'envahit et je bougeai, essayant d'évacuer la tension soudaine dans mes épaules. Je me penchai vers Bella, pour mordre dans la pâtisserie qu'elle me tendait. Je détestais vraiment les sucreries le matin mais comment ne pas essayer quand elle me regardait comme ça.
Le goût beurré et floconneux de la pâte et le contraste sucré et frais de la confiture dans le danois était bon mais c'était beaucoup trop sucré. Je mâchai la bouchée, hochant la tête et essayant de ne pas faire la grimace. Bella m'adressa quand même un sourire en coin, comme si elle pouvait deviner ce que je pensais. Elle prit une autre bouchée, ses yeux se fermèrent pendant qu'elle mâchait. J'attrapai mon café et en bus une longue gorgée pour évacuer la pâtisserie de ma langue.
Je plongeai dans la petite boîte de pâtisseries, cherchant le jambon et le fromage que nous avions achetés. Bella était en train de passer un moment intense avec les pâtisseries aux fruits et je fis de mon mieux pour l'ignorer.
C'était difficile.
"Alors," fredonna Bella, "Où allons-nous ensuite ?"
Je la regardai et trouvai le jambon et le fromage. Je souris en le choisissant et en le mettant dans ma bouche. J'en mordis environ la moitié, en grognant mon approbation. Bella sourit en me voyant avaler la bouchée.
"Nord," lui dis-je vaguement. Elle roula des yeux et je souris. J'avais fait quelques recherches et j'avais réussi à trouver une chambre pour la nuit. C'était très difficile, parce que c'était la veille de Noël et que nous nous dirigions vers de petites villes du nord mais ça allait en valoir la peine.
Cependant je ne dirais pas à Bella où nous allions… parce que je voulais que ce soit une surprise.
"Comment suis-je censée connaître la route quand ce sera mon tour de conduire ?" fit-elle remarquer. Je souris en enfonçant la seconde moitié de mon sandwich dans ma bouche et en mettant la clé dans le contact.
"Je te dirai où aller."
Elle se renfrogna et je ne pus m'empêcher de sourire. Bella, aussi gentille et bonne qu'elle soit, ne supportait pas très bien qu'on lui donne des ordres.
Une partie perverse de moi aimait ça et essayait de le faire, juste pour qu'elle me réplique.
Je nous fis sortir du parking et Bella posa les pâtisseries sur ses genoux en regardant par la vitre, en soupirant un peu. "Au revoir, jolie petite ville," fit-elle alors que je nous quittions la ville. Je lui adressai un sourire en coin.
"Es-tu déjà allée à Poulsbo ou Leavenworth dans l'Etat de Washington ?" lui demandai-je. Elle me regarda en secouant la tête.
"J'ai entendu parler de Leavenworth mais je n'y suis jamais allée. Je suis passée devant Poulsbo en allant de Forks à Seattle en prenant le ferry mais je ne me suis jamais arrêtée."
Je fis un signe de tête par la vitre en direction des deux dernières maisons. "Je pense qu'elles seraient à ton goût," dis-je en haussant les épaules. "Elles ressemblent beaucoup à cette ville et ont une histoire similaire, je pense."
Bella approuva et reporta son attention sur l'extérieur. Dès la sortie de la ville, nous fûmes entourés de ranchs et de vignobles. C'était un peu déroutant.
"As-tu déjà vu un ours ?"
Je regardai Bella, en haussant les sourcils pour cette question incongrue. Elle me regarda patiemment, attendant une réponse.
"Euh…" dis-je, en me léchant les lèvres. "Ouais, une ou deux fois en randonnée et tout ça, pourquoi ?"
Bella haussa les épaules. "Je pensais juste à quand j'étais enfant et qu'un ours noir s'était promené en ville. Il sortait la nuit et faisait tous ces problèmes, il renversait les poubelles et causait des dégâts matériels. Lorsque cela a commencé à se produire, tout le monde a accusé deux adolescents fauteurs de trouble mais comme cela continuait chaque nuit, mon père a dû partir en patrouille avec quelques-uns de ses adjoints. Ils ont trouvé l'ours dans la poubelle derrière le restaurant."
Elle sourit. "Ils ont eu la trouille au début. On s'habitue à la présence d'ours mais papa m'a dit que celui-ci était beaucoup plus gros que ceux qu'il avait vus auparavant. Il était plutôt amical, cependant, et s'est éloigné de la ville assez facilement. Ils ont dû envoyer des gardes forestiers à sa poursuite pour le marquer et s'assurer qu'il s'éloigne de Forks."
Je la regardai, amusé par cette histoire mais ne sachant pas trop d'où elle venait.
"Je les ai surtout repérés et je me suis mis hors de portée rapidement," dis-je après un moment. "Je ne suis pas du tout intéressé à affronter un prédateur."
Bella me regarda et sourit. "Papa a dit que quand j'étais petite, nous avions des loups qui se déplaçaient près des limites de la ville. Sa maison est un peu plus près de la lisière et il avait l'habitude de les entendre hurler devant ma fenêtre." Elle secoua la tête, son sourire grandissant. "Il a dit que j'avais l'habitude de hurler avec eux."
Je gloussai et Bella regarda à nouveau les arbres, un petit sourire sur le visage.
"On dirait que tu es née pour être dans la nature," dis-je lentement. Elle me regarda et haussa un peu les épaules.
"Ne le sommes-nous pas tous ?"
J'y réfléchis. J'avais grandi en courant dehors et même si nous vivions en ville, j'avais toujours accès à la nature. Ce n'est que plus tard, quand j'ai grandi, que j'ai cessé de la rechercher autant.
"Je ne pense pas que Rose l'était…" dis-je après un moment. Bella me regarda. "Elle est..." Je fis une pause, ne sachant pas exactement pourquoi je parlais d'elle. "Râleuse," dis-je finalement. Bella haussa un sourcil.
"Râleuse ?"
Je grimaçai. "Pas râleuse mais bon, elle sait ce qu'elle veut mais plus encore, elle sait ce qu'elle ne veut pas. Pendant les douze années où nous avons été ensemble, je pense pouvoir compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où elle a accepté de sortir dans la nature. Elle ne l'a jamais fait qu'avec un objectif en tête."
Bella hocha la tête.
"Que fait-elle ?" demanda-t-elle. Je la regardaie et pris une grande respiration. Je savais que si j'avais besoin de mettre fin à la conversation, Bella me le permettrait mais pour une raison quelconque, j'avais envie d'en parler.
"Rose fait beaucoup de choses différentes. Elle fait partie de quelques comités de collecte de fonds pour certaines organisations caritatives dirigées par sa mère. Elle est également impliquée dans le soutien d'un certain nombre de programmes de soins pédiatriques sur la côte Est." Je tapai des pouces sur le volant. "Son père est le directeur financier de VE," dis-je lentement. Je jetai un coup d'œil à Bella pour la voir hocher la tête, absorbant cette nouvelle information.
"C'est comme ça que tu as mis le pied là-bas ?" Elle n'avait pas l'air de juger ou quoi que ce soit en demandant ça mais je tressaillis quand même.
"Beaucoup de gens le supposent et c'est vrai que sans ses relations, je n'aurais probablement pas rencontré les bonnes personnes," soupirai-je, me sentant sur la défensive.
"J'ai rencontré Marcus, mon patron, à l'une des fêtes des parents de Rose. Il a été impressionné par ma scolarité et m'a pris sous son aile. Je ne pense pas que le père de Rose y soit pour quelque chose." Mais je ne serais pas surpris de découvrir que le vieil homme avait arrangé les choses pour moi. Le népotisme était le seul moyen d'avancer avec VE."
Bella hocha la tête. "Le divorce va-t-il affecter ton travail ?"
Encore une fois, elle n'avait pas l'air de juger mais je ne pouvais pas m'empêcher de me sentir un peu gêné pendant que nous en parlions. J'aimerais pouvoir dire que j'avais tout gagné dans ma vie mais la vérité est que je n'avais probablement pas gagné autant que je le pensais.
"Je ne sais pas," admis-je. "Je ne pense pas mais..." Je soupirai en secouant la tête.
Bella me regarda. "Papa avait ce dicton sur le népotisme," dit-elle après un moment. Je la regardai avec méfiance. "Il disait qu'il n'y avait rien de mal à recevoir de l'aide pour mettre un pied dedans mais qu'une fois que c'était fait, il fallait s'assurer de gagner le droit de rester."
Je laissai échapper une inspiration, me concentrant sur la route. "J'aime ça," dis-je après un moment. "J'ai travaillé comme un fou depuis mon premier jour là-bas."
"J'en suis sûre," murmura Bella. Je la regardai. "Ton éthique du travail est évidente, même ici, sur la route à cinq mille kilomètres de New York."
Je lui souris, flatté par cet éloge.
"Les gens bavardent-ils beaucoup dans ton cabinet ?" Je regardai Bella avec surprise et elle bougea sur son siège, son corps s'inclinant vers moi. "Je veux dire, est-ce que ça va être difficile d'y retourner ? Les gens vont-ils parler de toi ?"
Je soupirai, en regardant de nouveau la route. "Probablement," admis-je. "D'habitude, je ne me préoccupe pas tellement des ragots et les gens savent qu'il vaut mieux ne pas me parler de ça. Quand je suis au travail, je suis là pour le travail. Je me laisse rarement distraire."
Je vis Bella acquiescer du coin de l'œil. "C'est bien," murmura-t-elle.
Je lui lançai un regard, essayant de rassembler mon courage. "Emmett, le gars avec qui..." Je fis une pause, détestant dire son nom. Bella me regarda et hocha la tête. Je pris une inspiration. "Il travaille avec moi."
Bella resta silencieuse un long moment et je la regardai. Elle sembla effarée par cette révélation et je secouai la tête, me concentrant à nouveau sur la route. "C'est en fait l'un de mes meilleurs amis," poursuivis-je, sentant la colère monter en moi à nouveau. Peu importe à quel point Rose pensait que je gérais bien toute cette merde, j'étais toujours aussi furieux contre eux deux. "Rose et moi le connaissons depuis des années et pas une seule fois il ne m'a donné la moindre indication qu'il..." ma voix se tut alors que mes mains se resserraient autour du volant.
"Edward, je suis vraiment désolée," dit Bella en me tendant doucement la main, qui effleura mon coude. Ce léger contact m'aida à respirer et mes épaules se détendirent un peu. "Je ne peux pas imaginer à quel point tu dois te sentir trahi."
Je pris une grande inspiration qui vacilla quelques fois. " J'essaie de ne pas trop y penser," admis-je. Bella soupira.
"Je comprends," chuchota-t-elle. Je la regardai avec surprise. J'aurais pensé qu'elle essayait de me faire parler de mes problèmes, qu'elle me poussait à affronter mes démons ou que sais-je encore.
Ses yeux rencontrèrent les miens et elle sourit un peu. "Edward, je ne suis pas étrangère au fait de vouloir éviter les problèmes parce qu'ils sont trop douloureux à affronter."
Je fronçai les sourcils, me rappelant une fois de plus la réalité qui l'attendait à son retour à Washington. "Tu peux parler de lui," dis-je en la regardant. "Si tu en as besoin."
Elle m'offrit un petit sourire triste. "Je sais," dit-elle doucement. Elle tendit la main et la posa de nouveau sur mon bras mais cette fois, elle le laissa. "Merci."
Je hochai la tête, en regardant ses doigts. Comment se faisait-il qu'une petite main puisse m'apporter du réconfort par quelque chose d'aussi anodin que de toucher mon avant-bras ?
Bella me serra doucement et je levai les yeux vers elle. "Tu peux aussi en parler si tu en as besoin. Je ne jugerai pas et je ne parlerai pas. Je me contenterai d'écouter si c'est ce dont tu as besoin".
Je déglutis bruyamment et hochai la tête, ma main gauche se détachant du volant pour couvrir la sienne. Sa main était chaude dans la mienne et je la serrai doucement. "Merci."
Nous nous lâchâmes en même temps et Bella se réinstalla de son côté de la voiture.
Nous roulâmes pendant un certain temps, tous les deux satisfaits du silence qui nous entourait. Bella finit par mettre sa musique en mode aléatoire.
Nous restâmes ainsi appréciant le paysage californien qui défilait devant nous.
Donc Edward a un endroit en tête pour leur dernière nuit avant l'état de Washington. Une idée ?
