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25 décembre - Neuvième jour sur la route
Parc national de Redwood, Californie
Des fraises et de la crème m'entouraient.
J'avais chaud, étonnamment chaud et j'étais tellement à l'aise qu'il me fallut près de dix minutes pour me convaincre d'ouvrir les yeux.
Lorsque je réussis finalement, de longs cheveux bruns obscurcissaient ma vision pendant un long moment et je clignai des yeux, essayant de déplacer mon visage. Les cheveux de Bella me suivirent et je tournai la tête davantage. Bella fit un bruit et j'arrêtai d'essayer de m'éloigner de ses cheveux, en la regardant. Elle était enroulée dans mes bras, son visage contre mon torse. C'était tellement agréable.
Mes yeux se levèrent, essayant de voir au-delà de Bella jusqu'à la fenêtre. Les stores étaient bien fermés mais il semblait qu'il faisait encore nuit dehors. Ma montre était posée à côté du lit et je voulais tendre le bras pour vérifier l'heure mais je ne souhaitais pas bouger.
C'était un putain de jeu dangereux, de passer la nuit à la tenir comme je l'avais fait. Je pensais que je pouvais avoir une nuit et être satisfait et revenir à nos arrangements normaux de couchage mais j'avais tellement tort. Ça n'avait pas de sens, je n'aurais pas dû dormir si profondément alors qu'une autre personne envahissait mon espace mais je l'avais fait. Comme elle le faisait quand j'étais éveillé, Bella m'avait apporté la paix dans mon sommeil.
Je ne bougeais pas beaucoup dans mon sommeil mais je ne passais généralement pas toute la nuit dans la même position comme cette nuit. Mon corps était raide et j'essayai de m'étirer un peu pour soulager la tension et la douleur dans mon dos et mes épaules.
Dans mes bras, Bella soupira, son nez se frottant à mon sternum. Je me figeai, souriant un peu quand une main passa dans son dos, balayant ses cheveux. "Edward," chuchota-t-elle, je baissai les yeux vers elle. Je ne pensais pas qu'elle soit réveillée.
Ses yeux étaient toujours fermés, sa respiration profonde et régulière. Avait-elle dit mon nom dans son sommeil ? Est-ce qu'elle rêvait de moi ?
"Je suis là," chuchotai-je, en essayant de ne pas la réveiller. Elle ronronna et se blottit plus fort contre moi. Mes bras se resserrèrent autour d'elle et je ne pus m'empêcher de sourire comme un idiot. Il n'y avait aucune chance que je bouge maintenant.
A un moment donné, je me rendormis et quand je me réveillai, j'étais sur le dos, Bella étalée sur ma poitrine. Elle était vraiment une câlineuse dans son sommeil.
Ses doigts tapotaient légèrement contre mon estomac et je réalisai qu'elle devait être réveillée.
Je pris une profonde inspiration et la tête de Bella bougea pour se tourner vers moi et me regarder. Je lui souris et elle me rendit la pareille, avec force. "Bonjour," murmurai-je.
"Bonjour," dit-elle doucement, sa main tapant toujours un rythme doux contre mon estomac. "Tu as bien dormi ?"
Je souris et baissai la main, en écartant ses cheveux de son visage. "Mieux que bien," lui dis-je honnêtement. Elle rougit un peu et sourit. "Toi ?"
Elle hocha la tête, la tournant de façon à ce qu'elle soit allongée contre ma poitrine. "Moi aussi."
Je souris à moi-même, me sentant chaud et satisfait.
Après quelques minutes, je tendis la main vers la table de chevet, trouvant mon téléphone. Je vérifiai l'heure, surpris de voir qu'il n'était que sept heures environ.
"Hey !" dit Bella, en se redressant. Je la regardai avec surprise. "Joyeux Noël !" Elle avait l'air tellement excitée et je souris, en lui tendant la main.
"Joyeux Noël."
Sa main se mêla à la mienne et elle sourit, s'allongeant à côté de moi, son corps à côté du mien, son menton reposant sur mon épaule. "As-tu été vilain ou sage cette année ?" taquina-t-elle. Je souris.
"Définitivement vilain," dis-je en secouant légèrement la tête. Les yeux de Bella étaient chauds et légers d'hilarité. "Mais j'ai dû faire quelque chose de bien…" dis-je, ma voix s'adoucissant. "Pour avoir le cadeau de me réveiller avec toi à Noël."
Les joues de Bella devinrent roses et elle se mordit la lèvre. Mes yeux se fixèrent sur elle, et j'essayai, très fort, de ne pas gémir. Comment faisait-elle pour être toujours aussi tentante ?
"Nous devrions probablement sortir du lit," chuchota Bella, sa main se levant et se posant doucement sur ma poitrine. Je la regardai fixement. Sortir du lit était la dernière chose que je voulais faire mais je savais qu'elle avait raison. C'était encore trop tôt. Oui, je divorçais mais j'avais encore de la merde à régler. Même si je commençais à réaliser que mes sentiments pour Bella n'étaient pas liés à ma colère envers Rose, je ne pouvais pas encore en être sûr à cent pour cent.
Alors, au lieu de l'embrasser intensément et de tirer les couvertures sur nous, je pris une grande respiration et hochai la tête. "Tu as raison."
Elle se rongeait la lèvre inférieure et bien que je m'attendais à ce qu'elle bouge pour que je puisse me lever, elle ne le fit pas. Je la regardai avec curiosité. Elle semblait débattre de quelque chose et je me demandai ce qui pouvait bien la tourmenter. Etait-ce le même dilemme que moi ?
Les doigts de Bella tambourinaient doucement contre ma poitrine et j'attendis patiemment qu'elle fasse un geste, d'une manière ou d'une autre. Elle secoua un peu la tête, laissant échapper un petit soupir. "Et puis merde, c'est Noël !"
Avant que je puisse demander ce que cela signifiait, ses lèvres se posèrent sur les miennes et je gémis quand mes bras l'enlacèrent, la retenant contre moi. Elle grimpa sur moi, son corps se drapant sur ma poitrine alors que le baiser devenait plus intense.
Mes mains glissèrent sous sa chemise, parcourant doucement son dos chaud. Elle frissonna dans mes bras, se pressant plus profondément contre moi alors que sa langue demandait à entrer dans ma bouche.
Je me sentais ivre de son baiser. Son parfum m'emplissait la tête et sa chaleur m'appelait à un putain de niveau moléculaire. Les hanches de Bella s'écrasèrent contre les miennes, et mes yeux roulèrent à l'arrière de ma putain de tête. "Putain !" sifflai-je en rompant le baiser et prenant une grande inspiration. Les lèvres de Bella descendirent le long de ma mâchoire, mordillant et aspirant jusqu'à ma gorge. Je ne pouvais pas réfléchir, je ne pouvais rien faire d'autre que ressentir.
Mes mains remontèrent dans son dos et elle gémit contre mon cou, me donnant la chair de poule sur tout le corps.
Quand la bouche chaude de Bella atteignit ma gorge je pris une grande inspiration et je gémis, mes yeux se fermèrent. "Bella," grognai-je, mes mains étaient tellement remontées dans son dos que sa chemise était pratiquement enlevée. "Putain, Bella, si on ne s'arrête pas maintenant, je ne pourrai pas."
Bella ralentit, son corps arrêta de se tortiller sur moi. "Putain," souffla-t-elle contre ma gorge. Je combattis un frisson. "Je suis désolée," dit-elle, en déposant un baiser dans mon cou. Je secouai la tête alors qu'elle se redressait, toute rouge. Je ne savais pas si c'était parce qu'elle était excitée ou gênée.
"Hey," dis-je doucement, en me levant pour passer mes doigts sur ses joues. "Ne t'excuse pas. Je ne me plains pas, putain."
Bella sourit un peu et laissa échapper un souffle. Elle se tourna pour embrasser ma paume gauche. "Je serai gentille," promit-elle. Je grognai, mon esprit se tournant immédiatement vers les façons dont elle pourrait être gentille au lit. Je ne voulais pas qu'elle se comporte au mieux, même si je savais pourquoi nous devions le faire en ce moment.
Elle m'envoya un sourire malicieux qui atteignit directement ma bite avant de me quitter. Elle se déplaça vers le bord du lit et je m'assis, passant une main dans mes cheveux et tirant fort. Après tout ça j''avais besoin d'une putain de douche froide.
"On se prépare à partir ?" demanda Bella, en se penchant sur son téléphone. Elle vit l'heure et se rassit, en me regardant.
"Ouais, juste ... J'ai besoin d'une minute," grognai-je.
Les yeux de Bella tombèrent sur mes genoux et je gémis. Elle leva les yeux vers moi, l'air suffisant. "Prends ton temps. Je vais aller me doucher," dit-elle en souriant. Je me mordis l'intérieur de la joue, essayant d'arrêter l'assaut d'images mentales d'elle sous la douche. Elle sourit et glissa sur le lit pour déposer un baiser sur ma joue avant de se lever et d'aller chercher son sac. Elle prit ses affaires et sortit de la chambre, me laissant sur le lit, haletant.
Finalement, ma bite cessa de palpiter et je pus me lever et fonctionner comme un être humain. Nous nous douchâmes tous les deux mais malheureusement pas ensemble et nous nous habillâmes avant de rassembler nos affaires et de descendre.
Lauren et John étaient déjà réveillés et avaient préparé un énorme petit-déjeuner. Bella alla immédiatement les aider pendant que je mettais nos sacs dans la voiture.
Il avait encore neigé pendant la nuit mais la couche était suffisamment légère pour être facilement dégagée de la voiture.
Le temps que je charge tout et que la voiture soit dégagée et prête à partir, le petit déjeuner était prêt à l'intérieur. Je rentrai pour rejoindre tout le monde autour de la grande table de la salle à manger, m'installant à côté de Bella. De l'autre côté de la table, John et Lauren s'assirent, nous souriant chaleureusement.
La nourriture était incroyable, ils avaient dû se lever incroyablement tôt pour tout préparer. Il y avait des œufs bénédictine, du bacon, des saucisses faites maison, des piles de crêpes beurrées avec des confitures et des sirops frais faits maison, ainsi qu'un magnifique bol de baies. Il y avait des pommes de terre et des biscuits avec de la sauce et même du jus de fruit frais.
Bella se régala avec les sucreries, tandis que j'engloutis les œufs bénédictine et les viandes. C'était le meilleur petit déjeuner de Noël que j'avais jamais eu.
Après avoir terminé, Bella et moi essayâmes d'aider à débarrasser la table mais Lauren nous en empêcha. "On va en manger toute la journée…" dit-elle en nous faisant signe de partir. "... parce que c'est Noël et c'est notre repas préféré."
Je lui souris et en hochant la tête, débarrassant plutôt nos assiettes. Nous les emmenâmes dans la cuisine, les rinçâmes avant de les charger dans le lave-vaisselle. Quand nous eûmes nettoyé autant que Lauren nous le permit, nous nous arrêtâmes pour remercier nos hôtes. Bella et Lauren s'embrassèrent, remerciant Lauren pour tout et je me tournai vers John, lui serrant la main.
"Merci de nous avoir ouvert votre maison et de nous avoir offert ce Noël spécial," lui dis-je. Il sourit.
"Nous avons été heureux de vous avoir."
Je hochai la tête et plongeai dans ma poche. Heureusement, j'avais pu trouver une enveloppe à l'étage dans notre chambre. Je tendis l'enveloppe à John, qui la prit, l'air perplexe. "Merci encore d'avoir fait de ce Noël un moment si spécial," dis-je doucement. Il ouvrit l'enveloppe, les yeux écarquillés par l'argent qu'elle contenait.
"Non, vous nous avez déjà trop donné," protesta-t-il. Je secouai la tête, jetant un coup d'œil à Bella et Lauren, qui étaient toujours en pleine conversation.
"Non, croyez-moi, vous ne savez pas ce que cela a signifié pour moi." Je regardai de nouveau vers lui. "Merci pour votre hospitalité."
John regarda Bella puis me regarda et il hocha la tête, mettant l'enveloppe dans sa poche. "Merci," dit-il tranquillement. J'opinai et me tournai vers Bella.
"Prête ?" lui demandai-je. Elle me regarda et hocha la tête.
"Oui, nous devrions prendre la route."
Nous fîmes nos derniers adieux avant de nous diriger vers la voiture.
Je l'avais laissée tourner avant le petit-déjeuner, pour essayer de la réchauffer un peu, afin qu'elle ne soit pas trop froide lorsque nous la prendrions.
Je me mis au volant et montai le chauffage pendant que Bella s'installait. "Cet endroit était magique," soupira-t-elle. J'acquiesçai en souriant. Il l'était vraiment.
Je ramenai la voiture dans la longue allée, conduisant lentement jusqu'à l'autoroute. Les yeux de Bella regardaient dehors, admirant les arbres massifs. Je lui souris en prenant l'autoroute.
Je conduisis environ dix minutes avant de trouver le bon endroit. Je m'arrêtai et Bella me regarda avec surprise.
"Qu'est-ce qu'il se passe ?"
Je garai la voiture et lui souris. "Viens, j'ai encore une chose à faire avant de prendre la route".
Bella fronça les sourcils quand je sortis de la voiture. Elle me suivit, ses yeux brillaient de curiosité.
Je lui offris ma main et elle prit immédiatement mes doigts dans les miens. Je souris en l'entraînant dans les grands arbres.
Ma main gauche plongea dans ma poche et j'en sortis une poignée de petites décorations. Elles étaient de mauvais goût car je les avais trouvées dans une station-service mais ça n'avait pas d'importance. Bella les regarda puis me regarda, les yeux écarquillés.
"Montre-moi comment parler aux arbres."
Les yeux de Bella se remplirent immédiatement de larmes et elle lâcha ma main, jetant ses bras autour de mon cou. J'enroulai mes bras autour d'elle et la serrai contre moi alors qu'elle sanglotait à nouveau. Je savais à quel point la tradition avec son père était importante pour elle mais je n'étais pas sûr qu'elle serait réceptive à l'idée que je lui propose de continuer la tradition ou non. Je ne savais pas si elle pensait que c'était quelque chose que seuls son père et elle pouvaient faire donc j'avais pris le risque.
Je ne parlai pas alors qu'elle sanglotait contre moi et je commençai à m'inquiéter que ma chance se soit retournée contre moi quand Bella s'éloigna de moi, essuyant ses joues sans larmes.
"Edward, c'est..." Elle fit une pause, secouant la tête alors que de nouvelles larmes la submergeaient. Elle leva les yeux vers moi et une de mes mains quitta sa taille pour essuyer ses joues.
"Merci," dit-elle doucement. Je lui souris et elle se pencha vers moi, m'entraînant dans un baiser rapide. Avant que je puisse réagir et la tirer plus près, elle recula, ses mains contre ma poitrine.
"Viens," dit-elle, les yeux brillants de joie et de larmes. Elle glissa une nouvelle fois une main dans la mienne et m'entraîna dans les bois. Je la suivis avec joie.
Nous marchâmes entre les arbres et Bella s'arrêtait pour parler à presque tous ceux que nous croisions. Elle s'approchait d'un arbre, tendait la main vers lui et frottait doucement la neige de l'écorce. Lorsqu'il n'y avait plus de neige, elle appuyait sa paume sur l'arbre et parlait de choses stupides, comme demander si les écureuils couraient dans les branches et si ça chatouillait. Elle parlait aux arbres comme s'ils étaient des personnes et quand elle avait fini, elle prenait un ornement dans ma paume et le plaçait soigneusement là où sa main avait été.
Bella était si tendre, et en la regardant parler aux arbres et rire avec eux, je sentis mon cœur se serrer. Elle ferait une mère formidable un jour.
Cette pensée me fit frissonner, même si je savais que même si c'était une possibilité pour nous un jour, c'était très, très loin.
C'était trop dangereux de penser à une telle chose si tôt mais je ne pouvais pas m'en empêcher.
Nous marchâmes jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de décorations et quand ce fut finit, Bella se retourna vers moi, enroulant ses bras autour de mon torse. Je lui souris, mes bras s'enroulant autour d'elle.
"Edward, c'est tellement incroyable, merci," chuchota-t-elle. Je lui souris.
"C'est moi qui devrais te remercier de partager ça avec moi," lui dis-je doucement. Elle sourit et appuya son visage sur ma poitrine, me serrant très fort.
Je laissai échapper une longue inspiration en me blottissant contre elle et en pressant mon visage dans ses cheveux. Nous restâmes dans les bois silencieux pendant un long moment, satisfaits de notre étreinte.
Finalement, Bella s'éloigna de moi et je baissai les yeux vers elle. "Viens," dit-elle doucement. "Nous avons encore un miracle de Noël à accomplir. Nous devons te ramener à la maison."
Je souris nerveusement. Maintenant que j'étais presque à la maison, je pouvais sentir mon anxiété grandir. Je savais que ma famille m'accueillerait à bras ouverts, probablement, mais je n'étais pas tout à fait prêt à les affronter. Les choses avec Bella étaient faciles et simples, et ma famille voudrait des réponses aux questions que je n'étais pas prêt à affronter.
Bella tendit la main, serrant mes mains dans les siennes et je me concentrai sur son beau visage. "Hey," dit-elle doucement. "Je serai là avec toi, d'accord ? Ça va aller."
Comment savait-elle ? Pouvait-elle lire en moi si facilement ? Voir l'anxiété qui montait en moi à l'idée d'affronter ma famille ?
Je hochai la tête avec raideur et Bella sourit, tirant doucement sur mes mains pour me pousser à bouger. Je laissai échapper un souffle et la suivis jusqu'à la voiture. J'avais environ neuf heures pour rassembler mon courage et affronter ma famille.
J'avais l'impression de ne pas avoir assez de temps.
Ils sont maintenant partis voir les Cullen ! Je sais que tout le monde meurt d'envie de passer Noël avec les Cullen, alors allons y !
