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25 décembre

Mercer Island, Washington

Le dîner était délicieux mais sacrément chaotique. Avec vingt-deux adultes, plus quatre enfants, nous n'avions pas pu tous nous installer dans la salle à manger, même si maman avait une énorme table à manger qui pouvait accueillir seize personnes, nous étions encore beaucoup trop nombreux pour tenter de le faire.

Maman avait disposé quelques couverts dans le coin repas à la cuisine et quelques autres sur l'îlot. Une table avait été installée sur la terrasse semi-fermée à l'arrière pour ceux qui se sentaient assez courageux pour s'asseoir dans le froid. Maman y avait installé des chauffages d'extérieur et, après avoir examiné les options autour de la maison, Bella et moi avions décidé d'aller dehors.

J'apportai nos assiettes pendant qu'elle retournait à la cuisine pour nous chercher des boissons et des couverts. Dès que j'eus posé les assiettes sur la table, la porte s'ouvrit et je levai les yeux, surpris de voir Alice et non Bella.

"Salut Ali," dis-je, la voix tendue alors que je m'installais à la table. Alice posa son assiette de nourriture juste en face de moi en s'asseyant.

"Où est Rose ?"

Je tressaillis, incapable de rencontrer son regard. "Elle est à New York."

Alice resta silencieuse pendant un moment et je levai les yeux vers elle. "Que fais-tu, Edward ?" Sa voix était douce mais j'avais l'impression que la question venait d'un mégaphone.

"C'est une longue histoire…" marmonnai-je. Alice était silencieuse, et même dans la lumière tamisée de l'extérieur, je pouvais voir ses yeux bleus réfléchir furieusement.

"Depuis combien de temps êtes-vous ensemble, Bella et toi ?"

Je fronçai les sourcils, en secouant la tête. "Nous ne sommes pas ensemble. C'est une amie."

Alice roula des yeux. "Arrête tes conneries, Edward. Tu n'as jamais agi avec Rose comme tu le fais avec Bella."

Je la regardai fixement. "Qu'est-ce que ça veut dire ?"

Alice souffla. "Edward, c'est comme si tout ton être était focalisé sur elle. Tu es constamment en train de te déplacer, où qu'elle soit, tourné dans sa direction, prêt à courir vers elle. Tu n'as jamais été autant à l'écoute de Rose."

Je restai sans voix, considérant son observation. "Ce n'est pas ce que tu penses," dis-je finalement. Alice fronça les sourcils.

"Ecoute…" soupira-t-elle, en se penchant en avant. "Je ne te juge pas et je ne veux pas que tu penses que c'est ce qu'il se passe." Elle réfléchit. "Je fais juste attention à toi, je ne veux pas que tu sois blessé."

Je laissai échapper un souffle. C'était bien trop tard pour ça, putain.

Avant que je puisse répondre, la porte s'ouvrit à nouveau et je levai les yeux pour voir Bella, Katie et ma cousine Maggie sortir. Bella me sourit, même si elle avait la moitié d'une oreille tournée vers une histoire que Katie lui racontait. Je souris et regardai les trois femmes s'approcher de la table. Bella s'installa sur la chaise à côté de moi, m'offrant un verre de vin et des couverts emballés de façon festive. Je souris doucement et les pris avec gratitude. Katie était toujours en train de parler alors qu'elle et Maggie s'installaient à la table avec nous.

"La nourriture a l'air incroyable," murmura Bella lorsque Maggie interrompit l'histoire de Katie en posant une question. Je hochai la tête, regardant mon assiette en signe d'appréciation. Ma mère et mes tantes avaient probablement cuisiné pendant des jours pour créer un tel festin.

"C'est vraiment le cas."

Bella prit une bouchée de légumes rôtis et bourdonna de plaisir. Je souris en coupant dans ma tranche de côte de bœuf.

"Alors Bella," dit Katie, nous surprenant toutes les deux. Nous levâmes les yeux vers Katie qui regardait Bella. "D'où viens-tu ?"

Bella avala sa bouchée. "En ce moment je vis à New Haven, dans le Connecticut, mais j'ai grandi à Forks, à quelques heures d'ici."

Les sourcils de Katie se levèrent. "Forks ? Vraiment ?"

Bella opina.

Katie se tourna vers Alice. " Ce n'est pas là que la voiture est tombée en panne quand on a essayé de faire cette randonnée ? "

Alice gloussa et hocha la tête, ses yeux quittant brièvement Bella pour se concentrer sur notre cousine. "Oui, tu as raison." Alice se tourna vers Bella. "C'était dimanche matin, à sept heures, et nous n'avions aucune idée de ce qu'il fallait faire. Nous avons trouvé un mécanicien mais bien sûr, il n'était pas dans son atelier. Il y avait ce numéro de téléphone qu'il avait laissé sur sa porte pour appeler pendant ses heures de repos mais naturellement, nous n'avions pas de réseau. Katie a parcouru le quartier de long en large pour essayer d'appeler et quand l'appel a finalement abouti, nous avons entendu le téléphone de la maison voisine de la boutique sonner." Alice gloussa et Bella se mit à rire.

"Waylan Geer," dit Bella. "La plupart des gens en ville viennent juste frapper à sa porte quand on a besoin de lui. Il est rarement dans la boutique."

Alice gloussa et secoua la tête. "Il était à moitié habillé quand il est sorti pour voir quel était le problème. On aurait dit qu'on l'avait réveillé en pleine gueule de bois."

Bella ricana. "C'était probablement le cas. Waylan peut faire la fête sans vergogne."

Katie et Alice gloussèrent et ça me fit chaud au cœur de voir Bella se lier si naturellement avec elles.

"Il était si confus," dit Katie entre ses rires. "Il n'a pas réalisé que nous avions besoin d'aide et quand sa femme nous a vus devant leur maison, elle a appelé les flics." Katie secoua la tête. "Le chef de la police est arrivé environ deux minutes après que nous ayons finalement réussi à passer l'appel."

Bella se raidit et je voulus lui tendre la main pour la réconforter mais je sentais qu'Alice me regardait toujours comme un putain de faucon et après ses commentaires, je ne voulais pas lui donner plus d'arguments alors à la place, je tendis la main sous la table et elle se posa sur la cuisse de Bella. Je serrai sa jambe doucement et je la sentis se pencher vers moi. Elle leva les yeux vers moi, de petites larmes coulant dans ses yeux. Elle sourit un peu et cligna des yeux et elles étaient parties.

La conversation changea avant que Bella puisse faire un commentaire mais je pouvais voir qu'elle était satisfaite d'écouter les histoires qu'Alice et Katie racontaient sur leur enfance commune. Maggie, qui avait deux ans de moins que Katie et Alice, avait grandi près d'Olympia, à environ une heure au sud de chez nous. Elle était venue à Seattle pour l'université et s'était rapprochée de Katie et Alice depuis.

Je n'avais pas passé beaucoup de temps avec elle, surtout parce que j'étais parti au moment où Alice, Katie et elle avaient commencé à se fréquenter davantage mais j'étais heureux de voir qu'elle semblait à l'aise avec elles.

"Alice, Edward n'a jamais mentionné que tu étais enceinte." Bella me lança un regard et je fis un sourire penaud. "Tu es enceinte de combien ?"

Alice m'envoya un regard exaspéré avant de se tourner vers Bella. "Environ six mois depuis la semaine dernière," dit-elle en se frottant doucement le ventre. Bella sourit.

"C'est tellement excitant. Tu sais ce que tu vas avoir ?"

Alice secoua la tête en souriant. "Non, nous ne le savons pas encore. Jas espère que ce sera une fille, je crois. Mais j'ai un fort pressentiment que ce sera un garçon."

Je souris. Si Alice avait un pressentiment, elle avait probablement raison. Ma sœur avait la fâcheuse habitude d'avoir tout le temps raison.

"Bella, es-tu mariée ?"

Bella regarda Katie, les yeux écarquillés car elle était prise au dépourvu par la question. "Non, je suis célibataire."

Katie me jeta un bref coup d'œil avant de regarder à nouveau Bella. "Alors, comment vous êtes-vous rencontrés ?"

Bella se mordit la lèvre, en me regardant. Je pouvais voir qu'elle essayait de s'empêcher de sourire et je souris en secouant la tête.

"Je l'ai accostée dans un parking."

Katie et Maggie aboyèrent des rires et Alice cligna des yeux, l'air surpris. Bella se tourna vers elles. "C'est vrai. J'ai cru que j'allais devoir l'asperger de gaz au poivre," gloussa-t-elle. Katie hurla de rire tandis que Maggie souffla et secoua la tête.

"Que faisait-il ? demanda Alice en se penchant en avant.

Bella me regarda et sourit. "Il essayait de m'intimider pour que je lui laisse ma voiture de location."

Je haussai les épaules sans m'excuser. J'étais désespéré et honnêtement, je le referais probablement de la même façon.

Alice se tourna vers moi, l'air confus et un peu méfiant. "J'essayais d'avoir un vol pour venir ici…" lui expliquai-je. "Les vols vers l'ouest ont été annulés à cause de cette tempête d'hiver dans le Midwest, alors j'ai décidé de conduire."

Je regardai Bella. "Bella a eu la même idée mais elle m'a devancé pour la dernière voiture de location." Je lui souris et elle rayonna vers moi. "Elle m'a repoussé et remis à ma place et est partie avec la voiture. J'étais sur le point d'abandonner quand elle est revenue. Depuis, on traverse le pays en voiture."

"Vous avez conduit jusqu'ici ?" demanda Alice. Je levai les yeux vers ma sœur, arrachant mon regard de Bella.

"Oui."

Alice était bouche bée devant moi comme si elle ne me reconnaissait pas. Je ne lui en voulais pas. J'aurais ressenti la même chose à sa place.

Je sentis la petite main de Bella frôler mon coude et je détournai le regard de ma sœur alors que les doigts de Bella se tendaient pour frotter doucement l'intérieur de mon coude gauche. C'était un contact gentil et réconfortant et je pris une profonde inspiration. Je devrais bientôt expliquer ma situation à ma famille mais pour l'instant, j'allais simplement m'asseoir ici et profiter de la nourriture incroyable ainsi que de la femme qui m'offrait un réconfort constant.

Je pouvais entendre Maggie demander à Bella ce qu'elle faisait au travail et je me concentrais sur ma nourriture. Bella relâcha mon coude et continua à manger pendant qu'elle parlait à mes cousins. Je sentais qu'Alice me fixait toujours mais elle ne me dit rien dit d'autre pendant que nous mangions.

Quand nous eûmes tous fini, nous rentrâmes. Bella et moi ramassâmes les assiettes de tout le monde, en proposant de les emporter dans la cuisine. Il semblait que la plupart des gens avaient reflué dans le salon à nouveau et Bella et moi travaillâmes en silence, nettoyant les assiettes et les mettant dans le lave-vaisselle.

"Ta famille est vraiment géniale," dit Bella, en nettoyant doucement les assiettes et en les rinçant avant de me les tendre. Je les mis dans le lave-vaisselle en hochant la tête.

"Ouais," admis-je. "Je me sens comme un con d'être parti si longtemps." Je la regardai. "Je parie que si j'avais été plus présent, ils ne seraient pas aussi envahissants avec nous maintenant."

Bella haussa les épaules en rinçant une autre assiette. "Ils essaient tous de s'occuper de toi. Qui peut les en blâmer ?"

Je fronçai les sourcils, en regardant le lave-vaisselle. Je n'avais jamais pensé que ma famille était surprotectrice. En fait, ce n'est que très récemment que je les considérais comme autre chose qu'une famille ordinaire et dominatrice. Depuis que j'avais rencontré Bella et commençai à réfléchir de plus en plus sur ma merde, j'avais réalisé que dans les années qui avaient suivi mon déménagement, j'avais pris ma famille pour acquise. Il n'y avait aucune justification à mon comportement… j'avais été un con égocentrique et c'était tout.

C'était un miracle qu'ils soient encore tous excités de me voir.

"Ils t'aiment," dit doucement Bella. Je levai les yeux vers elle et secouai légèrement la tête. C'était comme si elle lisait à nouveau dans mes pensées.

"Je sais," chuchotai-je. "Mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi."

Bella interrompit son rinçage, coupa l'eau et tendit la main vers moi. Ses doigts trouvèrent les miens et elle serra ma main doucement. Je levai les yeux vers elle, la gorge serrée par les émotions non exprimées.

"Tu n'es plus qui tu as été," dit-elle doucement. "Tu es en train de changer."

Je pris une profonde inspiration. "Tu me changes," lui dis-je. Elle sourit et secoua la tête.

"Tu es le seul à pouvoir changer qui tu es. Je t'ai défié j'en suis sûre mais c'est toi qui relèves le défi."

Je la regardai, muet. J'avais tellement de choses à penser et je ne savais même pas par où commencer.

Bella serra mes doigts une fois de plus avant de les lâcher et de rouvrir le robinet. Elle continua à rincer les assiettes et je laissai échapper une inspiration, prenant l'assiette quand elle me la tendit. J'y réfléchirai plus tard.


"Les cadeaux !" appela maman, nous rassemblant tous dans le salon. Bella et moi allâmes au fond de la pièce tandis que mes neveux et nièces se précipitèrent vers le sapin. Maman remit les cadeaux aux enfants avant de commencer à les distribuer aux adultes. Bella sirotait son vin, un sourire satisfait sur son visage. Je voulais lui tendre la main mais je savais qu'on nous regardait probablement, alors je me contentai de me pencher près d'elle et de siroter mon propre vin.

Maman s'approcha de nous et me tendit un petit paquet rouge. Je lui souris et je me penchai pour l'embrasser sur la joue. "Merci, maman," dis-je doucement. "Je suis désolé de ne rien t'avoir apporté."

Maman se releva et appuya ses paumes sur mes joues. "Mon chéri, ta présence ici est le plus beau cadeau que j'aurais jamais pu demander," dit-elle doucement. Je souris et elle sourit aussi, embrassant mes joues avant de me laisser partir et de se tourner vers Bella.

"Ma douce, c'est pour toi," dit-elle en tendant à Bella un paquet vert et plat. Bella la regarda avec stupéfaction.

"Quoi ?"

Maman lui sourit et tendit la main, embrassant ses joues. "Nous sommes si heureux que tu puisses te joindre à nous aujourd'hui." Maman me jeta un regard. "Et nous sommes si reconnaissants que tu nous aies ramené Edward à la maison. Joyeux Noël !"

Les yeux de Bella étaient remplis de larmes alors qu'elle fixait le cadeau. Maman sourit et s'envola pour continuer à distribuer les cadeaux. Bella leva les yeux vers moi.

"Est-ce qu'elle savait que je venais ?"

Je secouai la tête. "Non, mais maman est le genre de personne qui achète des cadeaux supplémentaires et les garde sous le sapin, juste au cas où…" Je me sentais un peu mal de l'admettre devant Bella mais ça n'eut pas l'air de la déranger. Elle déchira le cadeau, haletant doucement quand elle découvrit une belle écharpe bleu foncé.

"Ça…" Elle fit une pause, la voix tendue par l'émotion. Je ne pus m'empêcher de lui proposer ma main, lui frottant doucement le dos alors qu'elle luttait contre ses larmes. Je sentis mes propres larmes couler un peu et je fus frappé de gratitude envers ma mère. Elle ne pouvait pas savoir ce que cela signifiait pour Bella de recevoir un cadeau, surtout de la part d'une figure parentale. Bella sortit l'écharpe et le serra fort, ses yeux le parcourant avec révérence. Elle leva les yeux vers moi, déglutissant difficilement.

Je lui souris, en frottant des cercles doux dans son dos. Je n'avais même pas encore ouvert mon cadeau mais ça n'avait pas d'importance. Voir Bella faire partie des traditions de ma famille était le plus beau cadeau que je pouvais demander.


Après les cadeaux, nous nous installâmes dans le salon, en petits groupes, pour discuter. Bella et moi étions assis l'une à côté de l'autre mais nous faisions attention à ne pas nous toucher. Ma cousine Irina était assise près de nous avec son mari, Laurent, tout comme Tanya, Katie, Garrett, Alice, Jasper et Maggie. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas assis et que je n'avais pas bavardé avec mes cousins mais je m'aperçus qu'au lieu d'être ennuyé comme je l'étais habituellement, j'aimais vraiment leur parler. Cela avait probablement quelque chose à voir avec Bella, qui les charmait tous sans effort.

Personne n'osa me poser de questions sur Rose mais je voyais que la plupart des membres de ma famille s'interrogeaient encore à son sujet.

Mais Bella était si charmante que la plupart des gens semblaient heureux de se concentrer sur elle. J'étais soulagé qu'Alice, qui m'avait regardé toute la soirée, se rapproche de Bella. Je savais qu'Alice se faisait du souci pour moi et à un certain niveau, j'appréciais cela mais je savais aussi que ma sœur pouvait être tenacement têtue et si elle avait cherché à faire fuir Bella, elle aurait probablement réussi. Heureusement, elle semblait s'être calmée.

Nous nous assîmes et discutâmes avec tout le monde jusqu'à ce que les gens commencent à partir. Nous souhaitâmes bonne nuit à mes cousins qui partaient un par un. Je me sentais mal de ne pas les avoir beaucoup vus mais je me consolais en pensant que j'allais faire plus d'efforts pour rentrer à la maison l'année prochaine.

Quand le dernier groupe de cousins fut finalement parti, je me tournai vers Bella.

"Viens, Bella. Je vais te montrer ta chambre," dis-je doucement. Bella hocha la tête et se leva. Nous nous allâmes à la voiture pour récupérer nos sacs.

Techniquement, la maison de mes parents avait quatre chambres : la suite parentale, ma chambre, la chambre d'Alice et la chambre d'amis qui était devenue celle de Katie lorsqu'elle avait emménagé avec nous. Bella aurait pu dormir dans la chambre d'Alice ou de Katie dans des circonstances normales mais tante Carmen et oncle Eleazar restaient à la maison, tout comme Irina et sa famille. Toutes les chambres seraient occupées ce soir.

Nous prîmes nos valises et retournâmes à l'intérieur, impatients de sortir du froid. Quand nous rentrâmes dans la maison, je conduisis Bella à l'étage et dans le couloir vers ma chambre d'enfance.

Maman gardait la chambre impeccable, bien sûr, mais à part faire la poussière et passer l'aspirateur, elle ne l'avait pas beaucoup modifiée depuis que j'avais déménagé. Bella regarda la pièce, les yeux écarquillés en observant le décor.

"C'était ma chambre," dis-je, de façon un peu redondante. Bella se retourna vers moi et sourit doucement.

"C'est joli," dit-elle, ses yeux parcourant la pièce. Je la vis regarder la bibliothèque de musique que j'avais contre un mur. Elle me lança un coup d'œil par-dessus son épaule, en souriant un peu. "Alors, tu n'as pas toujours été aussi chic…" me taquina-t-elle. Je bougonnai et m'appuyai contre le cadre de la porte pendant que son doigt traçait r les CD d'emo-rock que j'avais au lycée.

"J'étais... angoissé," dis-je en secouant la tête. Bella gloussa et continua à regarder dans la pièce. Elle remarquait de petits détails, des détails que personne d'autre n'avait jamais remarqués dans ma chambre, j'en étais sûr.

Je regardai ses doigts passer sur un petit autocollant de groupe que j'avais collé sur mon bureau.

"Tu sais, je pense qu'on aurait pu s'entendre au lycée après tout," dit-elle en me souriant. Je ricanai. D'habitude, je détestais les gens dans mon espace mais pour une raison quelconque, ça ne me dérangeait pas de laisser Bella se promener dans ma chambre. Elle ramassa quelques autres petites choses inoffensives avant de se tourner vers moi. Je pris une profonde inspiration.

"Le lit devrait avoir des draps propres," dis-je doucement. "Et il y a des serviettes propres à côté du lit." Je fis un signe de la tête vers la table de chevet où maman gardait toujours des serviettes propres au cas où je viendrais lui rendre visite. Bella suivit mon regard et hocha la tête. "La salle de bain est au bout du couloir," dis-je en faisant signe à ma droite. "As-tu besoin d'autre chose ?"

Bella me regarda. "Où est-ce que tu dors ?" Je pouvais entendre à son ton qu'elle m'offrait une invitation ouverte mais je savais aussi qu'il n'y avait aucune pression pour la prendre au mot. La vérité était que j'étais tenté de me blottir de l'autre côté du lit de mon enfance avec elle. Je voulais la serrer dans mes bras et laisser sa présence m'apporter la paix. Putain, je serais même heureux de dormir sur le sol, du moment qu'elle n'était pas loin.

Mais je savais aussi qu'il n'y avait aucun moyen de m'empêcher d'aller plus loin avec elle. Elle était trop tentante et il y avait quelque chose dans le fait de la voir dans cette pièce qui m'empêchait d'avoir les idées claires. Je la voulais, c'était indéniable mais ce n'était pas encore le moment.

Alors au lieu de ramper sur le lit et de m'enrouler autour d'elle je pris une grande inspiration et fis signe de descendre les escaliers.

"Je vais dormir sur le canapé."

Bella écarquilla les yeux et se leva pour se diriger vers moi. "Non, Edward, c'est ton lit. Laisse-moi dormir sur le canapé," protesta-t-elle. Je souris en secouant la tête alors qu'elle s'arrêtait juste devant moi.

"Non, aucune chance. Si ma mère savait que je te laisse dormir sur le canapé alors que je dors ici, je n'en entendrai jamais la fin. Elle m'a élevé avec des manières…" dis-je en souriant. Bella roula des yeux.

"Edward," commença-t-elle.

"Bella, s'il te plaît," dis-je doucement. "Prends ma chambre. Je serai bien en bas. J'ai dormi sur ce canapé tellement de fois auparavant."

Elle se mordit la lèvre, ses yeux cherchant les miens. Finalement, elle hocha la tête. "Très bien," dit-elle lentement. Je souris et tendis la main, mes doigts touchant brièvement son poignet.

"Encore une chose," dis-je doucement. Elle leva les yeux vers moi et je pris une profonde inspiration. "Je veux venir avec toi à Forks."

Les yeux de Bella s'écarquillèrent. "Quoi ?"

Je hochai la tête, tendant la main vers elle, mes mains bougeant le long de ses bras. "Je ne peux pas supporter l'idée que tu doives affronter ça toute seule," admis-je. "Je veux être là pour toi."

Les yeux de Bella étaient plus grands que des soucoupes et elle cligna des yeux plusieurs fois.

"Edward, tu n'as pas..."

Je l'interrompis. "S'il te plaît, Bella. Laisse-moi être là pour toi."

Elle me fixa. Je la regardai anxieusement et finalement, elle hocha la tête.

"Ok."

Je souris. "Ok."

Elle fit un petit sourire, en se mordant la lèvre. Je voulais l'embrasser, alors à la place, je lâchai ses bras.

"Bonne nuit, Bella."

Elle se leva et me serra dans ses bras, alors que mes bras s'enroulaient autour de sa taille, et je savourai la sensation d'être si proche.

"Joyeux Noël, Edward."


L'histoire d'Alice et Katie à Forks est une histoire réelle de la dernière fois que j'y suis allée. Un dimanche matin, sept heures et j'ai un pneu crevé… C'était ridicule, mais ça a fini par s'arranger (sans avoir à appeler les flics, heureusement !)

Ces Cullen sont vraiment gentils, n'est-ce pas ? Nous avons encore un chapitre sur Noël, et attention spoiler, il y a un peu d'émotion !