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26 décembre

Mercer Island, Washington

Le lendemain matin ce fut l'odeur du café qui me réveilla. Je gémis et m'étirai sur le canapé. Mon dos n'était plus ce qu'il était et je grimaçai en essayant d'étirer les tensions dans mes muscles.

"Je t'avais dit que j'aurais dû dormir sur le canapé," me réprimanda une voix douce. Je clignai des yeux et regardai Bella dans la lumière du matin. Elle était perchée sur la table basse en face de moi, deux tasses de café dans les mains. Je m'assis et en pris une.

"Ça va," gémis-je avant de prendre une longue gorgée de café. Il était trop chaud mais je m'en fichais. Il me réchauffait agréablement et je soupirai. Bella secoua la tête, en roulant des yeux. Je la regardai en sirotant mon café plus lentement. "Tu as bien dormi ?"

Quelque chose traversa les yeux de Bella et elle changea d'avis, haussant les épaules. "Bien." Elle baissa les yeux sur sa tasse. "C'est paisible sans ton ronflement," dit-elle, en levant les yeux vers moi avec un sourire taquin. Il n'atteignit pas vraiment ses yeux et je savais que je ne ronflais pas à moins d'avoir beaucoup bu, donc je savais qu'il y avait quelque chose d'autre derrière ses mots.

Je pris une profonde inspiration, trouvant mon courage. Ça m'a manqué de ne plus te sentir près de moi," admis-je doucement. Bella cligna des yeux et me regarda avec surprise. "C'est plus facile de s'endormir quand tu es dans la chambre."

Une légère rougeur se répandit sur les joues de Bella et elle baissa la tête. Elle avait l'air presque timide en me regardant à travers ses cils. "Ouais," chuchota-t-elle. "Pour moi aussi."

Je lui souris, mon cœur se libérant de l'étau dans lequel il était pris depuis ma confession.

Je sirotai mon café et Bella sourit dans sa tasse. J'aurais aimé qu'elle soit toujours souriante. Elle était radieuse quand elle souriait. Je la regardai fixement. Je savais que nous prenions les choses lentement et que nous étions tous deux d'accord pour ne pas aller plus loin dans notre relation physique, du moins pas encore mais merde... J'avais tellement envie de l'embrasser.

"Ta mère et ta tante préparent le petit-déjeuner," dit-elle doucement, en levant à nouveau les yeux vers moi. Je me léchai les lèvres, ignorant sa tentative d'orienter la conversation dans une autre direction.

"J'ai vraiment envie de t'embrasser, Bella," dis-je doucement. Elle sursauta, ses yeux s'agrandirent. J'avais peur de la pousser trop fort, trop vite mais je vis ses yeux se poser sur mes lèvres et je sus qu'elle était d'accord avec moi.

"Ta famille est dans l'autre pièce," chuchota-t-elle. Je fronçai les sourcils.

"Je sais et j'ai promis de me retenir, mais..." Je secouai la tête. Ma conversation avec mon père résonnait dans ma tête. Je ne voulais pas m'éloigner de Bella. Elle était la chose la plus pure dans ma vie et j'avais besoin d'elle comme d'une bouée de sauvetage.

Les yeux doux de Bella trouvèrent les miens et elle se mordit la lèvre. Je gémis presque. Elle posa sa tasse de café sur la table et tendit la main pour récupérer la mienne. Je la regardai avec méfiance, incertain de la tournure que prenait la situation. Elle se retourna vers moi et sourit un peu avant de se pousser de la table basse et de se glisser sur mes genoux, en chevauchant mes hanches. Je laissai échapper un doux gémissement quand elle se coucha sur moi, ses lèvres rencontrant les miennes.

Putain de merde, elle était incroyable.

Ses doigts passaient dans mes cheveux et mes bras entouraient sa taille, la retenant contre moi. Je voulais me perdre en elle.

La langue de Bella taquina mes lèvres et j'ouvris ma bouche, ma langue rencontrant la sienne. Elle avait un goût de café et de sucre. Je voulais la dévorer.

Ses hanches bougèrent au-dessus de moi, et c'était si bon, mais mon corps me démangeait, il en voulait plus.

Ma main se faufila sous sa chemise, s'arrêtant dans le bas de son dos, caressant sa peau, et elle gémit, s'écrasant plus fort sur moi. D'une certaine manière, chaque fois que nous nous embrassions, c'était de mieux en mieux. Comment cela était-il possible ?

Bella arracha sa bouche de la mienne, pressant des baisers le long de ma mâchoire, en direction de mon oreille. Ses mains avaient glissé le long de mon dos et remontaient ma chemise quand un bruit en haut de l'escalier nous figea.

Bella se retira lorsque nous entendîmes ma cousine Irina, qui parlait en français à sa fille de quatre ans. Elles ne nous avaient pas vues et Bella me regarda en se mordant les lèvres. Elle se baissa et déposa un autre doux baiser sur mes lèvres avant de descendre. Je gémis quand elle se leva, me déplaçant sur le canapé pour essayer de cacher mon érection afin de pouvoir rester debout, putain. Bella gloussa et je secouai la tête quand Irina et Sasha descendirent.

"Bonjour !" nous appela Irina. Sasha gigota dans les bras de sa mère et Irina posa la petite fille.

"Bonjour !" fit Sasha, en courant vers le canapé. Bella lui fit un sourire.

"Bonjour, Sasha." Ma nièce fondit sous le sourire de Bella. "As-tu bien dormi ?" demanda Bella. Sasha rayonnait.

"Oui !" chantonna-t-elle. Irina secoua la tête et appela l'attention de sa fille. Je me retournai pour regarder Bella alors que Sasha et Irina se dirigeaient vers la cuisine.

"Tu parles français ?" demandai-je et Bella ricana.

"Non, pas vraiment. J'avais une amie à la fac qui était une étudiante française en échange. Elle m'a appris quelques phrases de base mais j'en ai oublié la plupart."

Je souris. Irina et son mari Laurent vivaient à Paris, donc leur fille parlait surtout français, même si je savais qu'Irina essayait de lui apprendre à parler couramment l'anglais aussi.

"Je suis impressionné," lui dis-je. Elle sourit et prit son café. Je m'avançai pour prendre ma tasse. "Quand veux-tu prendre la route ?"

Bella me regarda en se mordant la lèvre. "Edward, vraiment, tu n'es pas obligé de venir. Tu devrais passer du temps avec ta famille."

Je me levai, grimaçant au léger inconfort avant de secouer la tête. "Je viens avec toi, Bella. Fin de l'histoire."

Elle hocha la tête et je pus voir la gratitude dans ses yeux. "Ok," dit-elle doucement. "Peut-être après le petit-déjeuner ?"

"Ça me paraît bien." Je saisis mon café. "Je vais prendre une douche. Je reviens tout de suite."

Bella opina et me sourit alors que je me dirigeais vers l'étage.


Quand je suis redescendis, tout le monde était réveillé et se pressait autour de la table de la salle à manger. Nous n'étions que neuf ce matin, alors nous nous installâmes facilement à table.

Maman et tante Carmen avaient préparé de grandes assiettes d'œufs moelleux, de bacon croustillant et de gaufres parfaitement dorées. Il y avait un énorme bol de fruits, ainsi que des restes de la veille. Je regardai tout admirativement en prenant place à côté de Bella. Irina et Sasha étaient assises de l'autre côté de Bella, et Sasha amusait Bella avec une histoire qui semblait être principalement en français. Bella lui souriait et je n'étais pas sûre qu'elle comprenait tout.

Irina regardait sa fille avec indulgence, secouant la tête avec un petit sourire lorsque la fillette s'animait dans son récit.

Laurent était de l'autre côté d'Irina, parlant à mon père avec son gros accent français.

Je m'installai à la table et Bella me sourit, détournant brièvement son attention de Sasha. Je souris en retour quand Sasha tendit la main à Bella, demandant à nouveau toute son attention. "Regarde moi !" dit Sasha, se levant sur sa chaise et tendant la main pour tourner physiquement la tête de Bella. Bella rit et Irina tendit la main à sa fille, la remettant doucement en place, pour qu'elle soit assise. Elle lui murmura en français et la petite fille souffla, ce qui me fit sourire.

"On dirait que tu as une admiratrice," dis-je doucement. Bella sourit, en jetant un coup d'œil à Sasha.

"Elle est adorable et honnêtement, le français ne la rend que plus mignonne. Ce serait difficile de lui dire non."

Je souris, en hochant la tête en signe d'accord. J'attrapai une carafe de café et en rajoutai un peu plus dans ma tasse. J'en offris à Bella qui l'accepta.

"Alors, Edward. Pour combien de temps es-tu en ville ?"

Je levai les yeux vers mon oncle et fronçai un peu les sourcils. "Je n'ai rien de définitivement prévu," dis-je en secouant la tête. Je jetai un coup d'œil à Bella, qui se servait une gaufre. "Je vais aider Bella à s'occuper de certaines choses chez sa famille à Forks."

Maman leva les yeux vers moi. "Forks ? Tu vas à Forks ?" demanda-t-elle. J'opinai en la regardant. "Quand ?"

Je regardai Bella, qui baissa les yeux sur son assiette, l'air un peu coupable. "Après le petit-déjeuner," dis-je en regardant à nouveau maman. Elle fronça les sourcils et Bella leva les yeux vers moi.

"Edward," dit Bella doucement. Je la regardai et secouai la tête.

"Bella, je t'ai déjà dit que je venais avec toi."

Elle me fixa, ses grands yeux méfiants mais aussi remplis de gratitude. Je voulais lui tendre la main, la réconforter physiquement mais tous les regards étaient braqués sur nous, alors je me contentai de frapper mon genou contre le sien. Elle sourit un peu et reporta son attention sur sa gaufre.

"Tu reviendras ici avant d'aller à New York ?" demanda maman. Je levai les yeux vers elle et pris une profonde inspiration.

"Oui," lui promis-je. Le regard de maman se tourna rapidement vers Bella avant de revenir vers moi. Je ne pouvais pas dire ce qu'elle pensai, et brièvement, je me demandai si papa lui avait parlé hier soir. Je ne lui avais pas spécifiquement demandé de ne rien dire mais je ne pouvais pas imaginer qu'il lui annoncerait ma nouvelle sans ma permission.

Je reportai mon attention sur la nourriture devant moi, en attrapant le bol d'oeufs. La conversation reprit en bas de la table et je me concentrai sur la nourriture.

Bella se régalait en mangeant ses gaufres et je souris, les yeux rivés sur mon assiette. Elle était fondamentalement un putain de colibri… elle mangeait tellement de sucre.

Le petit-déjeuner fut plutôt détendu et assez rapidement, Bella et moi finîmes nos assiettes et les emmenâmes à la cuisine. Nous avons nettoyé nos dégâts, proposant d'emballer la nourriture mais maman nous fit signe que c'était bon.

Nous allâmes dans mon ancienne chambre et Bella tendit la main vers son sac, déjà fait et perché au bord de mon lit. Je lui souris en me dirigeant vers mon armoire. Il ne me restait pas grand-chose chez mes parents mais je devais au moins avoir quelque chose à me mettre. J'ouvris mon armoire et regardai ce que j'avais. Bella était assise sur le bord de mon lit et me regardait.

"Tu n'es pas obligé de rester avec moi à Forks," dit doucement Bella. Je la regardai par-dessus mon épaule. Elle tira ses pieds pour qu'ils reposent sur le bord du cadre du lit, ses bras venant entourer ses genoux.

"Quoi ?"

"Je veux dire, ça ne va pas être très intéressant. Je dois fouiller dans les affaires de mon père, décider de ce que je vais en faire et organiser une cérémonie. Ce seront probablement de longues journées et je suis sûre que je ne serai pas très amusante."

Elle regardait ses genoux en parlant et je m'éloignai du placard, me mettant devant elle. Je m'accroupis pour qu'elle me regarde dans les yeux.

"Hey," dis-je doucement. "Ecoute, je sais que nous ne nous connaissons que depuis peu mais je veux être là pour toi dans cette épreuve." Je fis une pause, en secouant la tête. "Je ne peux même pas te dire à quel point tu m'as aidé à gérer tout ce qu'il s'est passé dans ma vie cette semaine. Je serais un putain de désordre si tu n'avais pas été là, à me guider à travers tant de choses."

Les yeux de Bella se remplirent de larmes et je lui tendis la main, les essuyant doucement lorsqu'elles tombaient. "Je t'en demande trop," chuchota-t-elle. Je secouai ma tête.

"Bella, je te le propose."

Elle me fixa et je me demandai s'il y avait quelque chose de plus, quelque chose de plus profond qui l'effrayait. Il y avait quelque chose de plus profond qui me poussait à aller de l'avant, ça c'était sûr.

Je lui tendis ma main, elle serra mes doigts doucement alors qu'elle maîtrisait ses larmes. Je restai près d'elle jusqu'à ce qu'elles se soient calmées et elle hocha la tête en prenant une profonde inspiration. "Es-tu prête ?" lui demandai-je doucement.

"Oui, allons-y."


Maman m'arrêta alors que nous descendions l'escalier. Bella nous fit un petit sourire et passa devant nous tandis que maman me faisait signe de la suivre dans sa chambre. Je regardai Bella se diriger vers le salon au pied de l'escalier et je soupirai avant de suivre ma mère.

La chambre de mes parents était presque identique à ce qu'elle avait toujours été. Leur lit massif se trouvait sur le mur du fond, face au mur sud qui était principalement constitué de verre et leur donnait une vue sur les arbres et l'eau. Il y avait un petit canapé au bout de leur lit, sur lequel Alice et moi avions l'habitude de jouer. Maman s'y dirigea et tapota l'espace à côté d'elle. Je fronçai les sourcils mais allai m'asseoir, sachant qu'elle ne me laisserait pas partir avant d'avoir dit ce qu'elle avait en tête.

"Mon chéri," dit maman, dès que je fus installé. "Tu vas bien ?"

Je la regardai fixement, ne sachant pas trop quoi lui dire. "Est-ce que papa t'a parlé hier soir ?"

Elle secoua la tête. "Il a dit que tu aurais peut-être besoin de me parler mais c'est tout ce qu'il a dit." Bien qu'elle réussisse à le cacher, je pouvais voir la douleur sur son visage à l'idée que je ne voulais pas me confier à elle. Je hochai la tête et bougeai, me penchant en avant pour caler mes coudes sur mes genoux.

"Oui," dis-je après un moment. Je n'avais pas vraiment envie de me replonger dans toute cette merde… j'étais épuisé et parler à papa ne m'avait pas aidé autant que je l'espérais. J'étais toujours aussi confus.

Je dus rester silencieux trop longtemps car maman soupira et s'approcha, une main se posant doucement sur mon dos. "J'aime vraiment Bella," dit-elle doucement. Je levai les yeux vers elle.

"Ah oui ?" Je ne pus empêcher l'espoir dans ma voix et maman sourit en hochant la tête.

"C'est une personne très terre à terre, très stable et gentille. Elle semble être une bonne amie."

Je grimaçai. "Elle l'a été…" admis-je. "Elle..." Je fis une pause, ne sachant pas comment procéder. "Elle a été là pour moi, d'une façon dont je ne savais pas que les gens pouvaient être là."

Maman se tut et je levai les yeux vers elle. Elle frottait de petits cercles dans mon dos, me regardant patiemment. Son visage ne contenait que de l'amour et je pris une inspiration, rassemblant mon courage. "Rose et moi sommes en train de divorcer. Elle m'a trompé."

Maman tressaillit. "Oh, mon chéri, je suis vraiment désolée," dit-elle, son bras s'enroulant autour de mes épaules. Je ne fis pas fait un geste pour la serrer dans mes bras, mes mains se coincèrent entre mes genoux pour garder ma merde sous contrôle, pour continuer à me confier à elle. "Je l'ai découvert la semaine dernière. J'ai rencontré Bella juste après, le même jour et je ne sais pas, c'est comme..." Je fis une pause, en secouant la tête. "J'étais tellement en colère, blessée et confus, et Bella a toujours été là pour moi, même quand elle ne savait pas pourquoi je m'en prenais toujours à elle. Au début, j'étais un vrai salaud avec elle, tout était tellement refoulé en moi. Mais elle m'a accepté... elle a été là pour moi."

La main de maman continuait à frotter mon dos. C'était agréable. Elle n'avait pas fait ça depuis que j'étais enfant. "Quel cadeau c'était de la rencontrer…" dit maman doucement. Je la regardai.

"Maman, elle m'a sauvé." Je secouai la tête, encore abasourdi par cette idée. "Je me serais tellement autodétruit mais elle m'a tirée de moi-même. Ça a l'air complètement fou mais une semaine que je la connais et je sais que je suis déjà en train de devenir une meilleure personne."

Maman sourit, sa main s'enroulant à nouveau autour de mes épaules et les serrant doucement. "Chéri, tu as toujours été un homme bon. Tu as un cœur énorme. As-tu été en contact avec lui ces dernières années ? Peut-être pas. Mais il a toujours été là, en toi, attendant que tu le retrouves."

Je fronçai les sourcils. "Rose ne m'a jamais poussé à devenir une meilleure personne," dis-je en secouant la tête. "Elle m'a poussé à réussir mais pas à m'améliorer."

Maman soupira. "Rose et toi aviez un type de relation très spécifique, je pense," dit-elle doucement.

"Que veux-tu dire ?"

"Vous étiez tous deux très bien adaptés à une vie de succès et d'apparences. Cela nous inquiétait de penser que c'était peut-être tout ce que vous deveniez dans la vie mais il était clair que vous le vouliez, alors nous n'avons jamais rien dit." Maman haussa les épaules. "Mon cœur, nous avons toujours su que tu étais capable de choses formidables mais nous savions aussi que tu étais le genre de personne qui a besoin de les découvrir selon ses propres termes." Elle sourit en continuant à me frotter le dos. "J'aime que Bella t'ait aidé à te découvrir à nouveau."

Je secouai la tête. "Maman, je..." Je fis une pause mes mots se coincèrent dans ma gorge. "Comment puis-je me sentir comme ça avec elle ?" J'espérais qu'elle savait de quoi je parlais.

"L'amour n'est pas linéaire et ce n'est pas une formule. Nous ne pouvons pas décider quand l'allumer ou l'éteindre ou quand c'est le bon moment pour qu'il commence. C'est quelque chose qui est planté en nous et qui grandit lorsqu'on le nourrit." Maman sourit. "Bella est une nourrice. Cela m'a paru immédiatement évident. Ce n'est pas étonnant que tu aies de tels sentiments pour elle."

Je secouai la tête, avalant difficilement la boule dans ma gorge. "Mais je suis sur le point de divorcer d'une femme qui m'a brisé le coeur."

"Hum… Quand j'ai divorcé, je me souviens m'être sentie coupable de me sentir si soulagée," dit-elle doucement. Je la regardai. Nous n'avions jamais parlé de son divorce auparavant, pas vraiment. "Nous étions mariés depuis à peine un an et j'avais fait le vœu de l'aimer pour le reste de nos vies, et pourtant, un an plus tard, j'avais hâte d'en finir avec lui. Ça n'avait pas de sens pour moi."

"Que s'est-il passé ?"

Maman soupira. "Nous avons tous les deux réalisé que nous nous étions idéalisés l'un l'autre. Nous nous sommes mariés avec des œillères… et une fois mariés, l'horrible vérité de notre relation, de nos incompatibilités, a commencé à faire surface. Nous étions tous les deux assez naïfs pour penser que nous allions épouser quelqu'un de différent."

Je fronçai les sourcils, baissant les yeux sur mes mains. "Combien de temps vous a-t-il fallu pour vous faire confiance et aimer à nouveau ?"

Maman sourit quand je levais les yeux vers elle. "Pas longtemps. J'ai dû faire face à beaucoup de dégoût de moi-même pendant un certain temps… et il m'en a fallu plus pour faire le tri… mais ton père m'a aidée. Nous nous sommes rencontrés environ huit mois après mon divorce et j'ai su dès les premières semaines que je l'aimais plus que je n'avais jamais aimé mon premier mari."

Je fronçai les sourcils. "Mais vous ne vous êtes pas mariés avant un certain temps, n'est-ce pas ?"

Elle opina. "Je n'avais pas confiance en moi pour ne pas faire deux fois les mêmes erreurs. J'aimais ton père plus que je n'avais jamais aimé personne mais j'avais peur de l'idéaliser comme j'avais idéalisé Charles. Avec le recul, je regrette de ne pas avoir parlé de mes problèmes à quelqu'un. J'aurais pu les résoudre un peu plus vite."

Je déglutis et baissai les yeux sur mes mains. "Et si je ne faisais que projeter tous ces faux espoirs sur Bella. Et si je faisais en sorte que nous soyons plus que ce que nous sommes ?" Exprimer cette peur à voix haute me foutait les jetons et maman me frotta encore le dos.

"Est-ce que tu as l'impression que c'est ce que tu fais ?"

J'étais muet, mes mains tremblaient entre mes jambes alors que je réfléchissais à ce que je ressentais pour Bella. J'avais d'abord pensé qu'elle était parfaite, une personne irréprochable qui ne pouvait rien faire de mal. Depuis, je m'étais rendu compte que j'avais tort, qu'elle était humaine et qu'elle se débattait avec des choses tout comme moi. Cela me faisait l'aimer encore plus.

En plus, Bella m'avait vu tel que j'étais et elle ne m'avait pas jugé ou déprécié. Elle m'avait vu et elle m'avait simplement accepté. Personne en dehors de ma famille n'avait jamais fait ça.

Je jetai un coup d'œil à maman, qui souriait avec une étincelle dans les yeux. Je laissai échapper une respiration tremblante, en lui souriant faiblement. "Non," dis-je finalement. "Je la vois pour elle."

Maman hocha la tête, sa main remontant jusqu'au sommet de ma tête et repoussant mes cheveux en arrière. "C'est bien d'aller de l'avant, mon chéri. Donne-toi la permission d'accepter de nouvelles choses dans ta vie, même si d'autres choses se terminent."

Je pris une grande inspiration et lui souris doucement. "Merci, maman."

Elle sourit et se tendit vers moi, m'entourant de ses deux bras. Je bougeai dans ses bras et lui rendis son étreinte.

"Mon coeur, plus que tout, nous voulons que tu sois heureux et aimé. Si Bella peut te donner ça, alors ne la laisse pas partir."

Je la serrai doucement, en clignant des yeux pour repousser la larme errante qui menaçait de tomber.

"Je n'en ai pas l'intention."


Finalement, maman me laissa partir et je descendis et trouvai Bella en train de parler à mon oncle et ma tante. Elle leva les yeux vers moi et me souris, incertaine. Je lui souris en retour, espérant lui faire comprendre que tout allait bien. Je vis ses épaules se détendre immédiatement.

Nous dîmes au revoir à ma famille et je promis à mes parents de revenir les voir avant de reprendre l'avion pour New York. Ils serrèrent tous deux Bella dans leurs bras lorsque nous sortîmes, à sa grande surprise. Mais cela ne sembla pas la déranger outre mesure car elle avait un large sourire sur le visage lorsque nous partîmes.

Je ne pouvais pas supporter un autre putain de moment dans la voiture jouet que nous avions louée. Une partie de moi aimait la voiture parce que cela avait fini par être une aventure incroyable mais mon corps en avait assez.

Au lieu de cela, je réussis à convaincre papa de me laisser emprunter sa voiture pendant que je laissais la voiture de location chez eux. Papa conduisait une Mercedes GLE 580, et dès que je m'installai derrière le volant, je gémis de plaisir. Bella monta de l'autre côté et s'installa, en regardant la voiture d'un œil appréciateur. "Ça, c'est une voiture," lui dis-je. Bella grogna lorsque je démarrai le moteur. J'allumai le volant chauffant et les sièges avant chauffants, en soupirant.

Bella gloussa à mon comportement idiot et je lui adressai un sourire. "Tu es si bourgeois," dit-elle en secouant la tête. Je souris en nous faisant sortir de l'allée de mes parents.

"Il n'y a rien de mal à rechercher le plaisir, Bella," fis-je en lui lançant un regard. Elle bougea légèrement dans son siège et je souris, me concentrant à nouveau sur la route.

Nous allions vers l'ouest de l'île, en direction du centre-ville. Nous décidâmes de prendre le ferry pour aller à Bainbridge Island plutôt que de faire le tour en voiture. Il n'y avait pas de moyen rapide de se rendre à Forks, alors nous nous installâmes, prêts à profiter du voyage.

Encore une fois…