Chamboule le Monde : Bonus et informations
Jour 23 : Maître d'Armes
Contexte : Attention, personnage à tendance suicidaire.
oOo
« Tu attaques à la tête. Deux touches, d'accord ? »
Le hochement de tête de son élève fut sa réponse.
La lame partie. Tack, tack ! L'acier rebondit sur protection rembourrée du masque du Maître d'Armes. Cela évitait que la lame ne résonne sur le métal du masque. (et qu'il finisse la séance avec la tête comme une pastèque.
« Déverrouille ton coude », annonça-t-il, pointant doucement le coude du gamin de la pointe de sa lame. « Là ! Mieux. Recommence. »
Tack, tack !
« Coude… parfait. Plus vite. »
Tack ! Tack !
« Encore. »
Tactack !
« Encore. »
Tactack !
« Bien. Maintenant attaque au flanc. Tu déclenches l'attaque quand tu veux, je lèverais ma lame. »
La séance continua de la même manière. Les bases étaient fondamentales à maîtriser et quel que soit le niveau de ses élèves, ils avaient droit régulièrement à une leçon où ils se bouffaient des attaques-parades-ripostes en boucle.
Avec les années, il avait obtenu une réputation de tyran aux résultats impeccables. On le disait capable de transformer un néophyte en véritable champion en un claquement de doigt. C'était légèrement exagéré, mais dans les faits, après des siècles et des siècles de pratique, il était bon avec une lame et bon pour éduquer les plus jeunes.
Il salua les adolescents qui quittaient la salle, leurs sacs sous le bras et leurs casques audio sur la tête. Il récupéra le sabre qui avait été mis de côté et alla dans son bureau qui lui servait aussi d'atelier. Il positionna la poignée dans l'étau et attrapa une peau de chamois. Il allait devoir chauffer la lame avant de pouvoir la redresser.
Ils avaient vraiment frappé comme des brutes. Cela faisait trois séances qu'ils lui tordaient systématiquement une ou deux lames !
Redressant l'acier, il grommela dans sa barbe. À son époque les épées étaient quand même plus solides. Il fallait bien pour réussir à transpercer des cottes de maille et des plaques d'acier.
Il vérifia la lame. C'était acceptable. Il retourna poser le sabre sur le râtelier puis ferma à clef le placard. Il s'étira, grimaçant lorsque son dos craqua. Il était vieux. Si vieux…
Il regrettait souvent le fait que les druides lui aient fait boire l'eau de la coupe de vie. Certes sur le moment cela lui avait sauvé les miches, mais cela l'avait surtout condamné à une longue, trèèèès longue existence solitaire.
IL NE POUVAIT PAS MOURIR !
Et c'était foutrement chiant ! Il enviait les Hommes et leur mortalité. Rester l'unique survivant d'une époque bien trop lointaine était lourd à porter. Voir ses amis, sa femme, ses enfants mourir, voir le monde évoluer toujours plus vite sans se sentir impliquer… oui, c'était dur.
Heureusement qu'il pouvait continuer à faire ce qu'il aimait. La voie des armes faisait partie intégrante de son être. Second fils d'une famille noble, il avait été envoyé comme écuyer à la Cour, puis avait été adoubé et avait eu l'honneur après quelques années, de devenir Premier Chevalier de Camelot. Aujourd'hui, il était « juste » un maître d'armes. Mais un maître d'arme suffisamment connu et reconnu pour qu'on lui demande, à nouveau, d'être l'entraîneur de l'équipe nationale dans l'espoir de prendre enfin la première place aux Français qui récupéraient régulièrement l'or aux Jeux Olympiques.
(Il allait refuser. Il était déjà beaucoup trop connu. Il devait faire plus attention et faire profil bas. Trop de publicité et il allait encore devoir « mourir » en avance et revenir avec une nouvelle identité.)
Léon soupira. Il était vieux et seul et fatigué. Peut-être qu'il allait reprendre sa recherche d'Excalibur. Histoire d'en finir une bonne fois pour toutes.
