Hello!

Voici un petit OS sur la relation entre Derek et sa fille Ellis. Du coup ça tombe sous le sens, dans cet OS Derek est toujours vivant... :)

Enjoy! *-*

Vivichan10


OS: L'amour d'un père


Derek Shepherd avait toujours été un père aimant et attentionné avec chacun de ses enfants. Avec chacun d'entre eux il avait créé des relations particulières. Il tenait à connaître et à encourager leurs passions, il était toujours une épaule sur laquelle pleurer et une oreille attentive pour leurs secrets. Il ne pensait pas être un père parfait , mais c'est exactement ce à quoi il aspirait.

Mais en ce moment il lui semblait être à mille années lumières du père idéal.
Ellis l'avait supplié toute la semaine de lui apprendre à faire du patin à roulettes. Il avait essayé de l'en dissuader, en particulier parce qu'avec Bailey et Zola ils avaient, Meredith et lui, dû pratiquer beaucoup trop de points de suture pour qu'il envisage de réitérer l'expérience de sitôt. Mais Ellis était aussi persuasive que sa tante Amelia et ses grands yeux tristes avaient eu raison de lui. Mais évidemment il avait raison en pensant que cette activité était trop dangereuse pour sa jolie petite fille.
Ellis avait dévalé fièrement toute l'allée du garage en riant comme une folle, et il avait été fier, si fier d'elle. Elle s'était tournée vers lui, ses yeux pétillants et son sourire, où il manquait quelques dents, si énorme qu'il aurait pû rivaliser avec le Soleil. Elle ne s'était tournée que quelques toutes petites secondes, suffisamment longtemps pour qu'elle ne voit pas la balle de baseball que Zola avait laissé au beau milieu de la voie de garage. Il avait couru vers elle pour essayer de la rattraper au vol, mais elle s'était étalée sur toute sa longueur sur le béthume.

Sur le coup, elle n'avait pas versé une seule larme, elle s'était relevée, avait dépoussiéré sa veste en jean et s'était tournée vers lui, comme pour lui assurer que tout allait bien; mais dès qu'elle avait baissé les yeux sur son genou écorché, elle avait fondu en larmes et il avait accéléré le pas pour la rassurer. Son esprit de chirurgien lui affirmait que ce n'était rien de grave, mais son cœur de papa était déchiré à chaque sanglot qui sortait de la bouche d'Ellis.

Il serrait la petite dans ses bras alors qu'elle blémissait en constatant qu'elle saignait aussi du menton. Combien de fois avait-il consolé ses enfants à la suite d'une chute? Probablement des milliers, il avait même une théorie comme quoi ce chiffre augmentait exponentiellement pour chaque enfant, et pourtant il ne s'y faisait toujours pas.

Il souleva sa fille et la porta jusqu'au porche de la maison et il la posa délicatement sur la chaise à bascule que Meredith affectionnait tout particulièrement. Il enleva ses patins à roulette à Ellis en lui assurant que tout allait bien:

-Je suis désolé ma puce, terriblement désolé.

-C'est pas grave Papa… hein, c'est pas grave? demandait Ellis, en tremblant de la tête aux pieds alors qu'elle voyait son sang sur la chemise blanche de son père.

-Pas grave du tout.

Heureusement, ils gardaient toujours des trousses de secours un peu partout dans la maison - appelez ça déformation professionnelle ou parentalité au choix - et il pût la soigner rapidement. Quand il eut fini de mettre un pansement Hello Kitty sur son menton et un pansement Superwoman sur son genoux, les larmes d'Ellis se transformèrent très vite en rires et sourires. Elle le suppliait déjà de recommencer à faire du patin, mais lui, avait eu assez d'émotions pour aujourd'hui.

-Et si au lieu de ça on allait faire un tour sur le ferry pour aller chercher ton frère et ta sœur à l'école, hmm? Et puis après on ira manger des glaces à l'hôpital pour voir Maman.

-Oh oui! Papa, tu es mon héros! dit la petite d'un ton tout à fait sérieux.

Il caressa ses cheveux et Ellis, qui avait totalement oublié sa douleur, s'élança dans ses bras. Derek qui ne pouvait décidément rien lui refuser, alla chercher les clefs de la voiture pour rendre la fin de la journée de sa fille aussi parfaite que possible.

Des années plus tard:

Derek se réveilla au son de la maison en ébullition. C'était devenu une chose rare, surtout depuis que tous les enfants étaient partis un par un pour leurs études. D'habitude il n'y avait que lui et Meredith, mais ce jour-là était spécial: c'était le jour du mariage d'Ellis.
Il se retourna dans le lit, le cœur un peu lourd. Le temps était passé vraiment trop vite. Cela avait été déjà suffisamment difficile quand Zola était partie à New York pour le travail, et quand Bailey avait passé une année sabbatique autour du monde avec un seul sac à dos. Mais là on parlait de sa petite, toute petite princesse. Il l'aurait juré, hier encore elle était en maternelle.

Il ouvrit les yeux et sourit en voyant Meredith assise à sa commode, qui coiffait ses longs cheveux qui, ces derniers temps, devenaient de plus en plus gris. Le temps était décidément passé trop vite. Si hier Ellis était une enfant, Meredith et lui s'étaient rencontrés la semaine dernière, non? Sa femme, la mère de ses enfants, était toujours la femme la plus belle qu'il n'ait jamais rencontré, mais diable, ils devenaient tous les deux des vieilles branches…

-Hey, sourit-il tendrement.

-Hey, répondit-elle en le regardant au travers du miroir. Tu es prêt pour le grand jour?

-Absolument pas, j'ai horreur des mariages…

-Moi aussi, mais toi et moi savons aussi à quel point Ellie adore les mariages en blanc. Rappelle-toi sa tête quand on lui a dit que nous nous étions mariés avec un post-it.

-Ce n'est pas tant le mariage… mais sérieusement, on est d'accord qu'elle a encore deux ans et demi et qu'elle nous demande de regarder la télé avec son doudou qui traîne au sol et qu'elle refuse de nous laisser laver? Je pourrais le jurer, elle est encore toute petite…

-Elle a vingt-cinq ans et trois mois, Derek, dit d'un ton indulgent Meredith.

Il se leva, embrassa sa femme sur la tempe et alla chercher dans son dressing son costume pour la cérémonie.

-Juste pour qu'on soit sur la même onde, je suis absolument ravi pour elle. Mais je suis aussi extrêmement heureux du fait que Zola se soit pacsée et que Bailey soit plus occupé à travailler qu'à penser à se marier.

-Mais bien sûr… dit avec le plus d'ironie possible sa femme avant de le laisser seul. Après tout, elle devait aider leur progéniture à se préparer pour le plus beau jour de sa vie.

Derek, qui broyait encore du noir, se prépara tout en repensant à tous ces moments chéris qu'il avait passé avec Ellis. Ce petit bout de femme lui en avait fait voir des vertes et des pas mûres, mais pour rien au monde il aurait voulu qu'elle ne soit différente.

Il avait été ronchon quand pour son dixième anniversaire elle avait voulu faire de l'escalade et du saut en parachute. Il avait cru faire une crise cardiaque quand elle avait réussi à apprivoiser un lézard dans le jardin. Il l'avait punie pendant un mois entier quand elle et Bailey avaient fait l'école buissonnière et avaient pris un bus jusqu'à Los Angeles pour voir un concert. Elle avait fait toutes les bêtises possibles. Parfois il en avait laissé passer parce que l'esprit de sa fille était extrêmement doué et qu'il préférait lui laisser la victoire de temps en temps. Il avait conscience qu'elle avait utilisé à son avantage être la fille à papa, et lui de son côté avait adoré chaque instant de leur relation. Quand elle avait été malade il avait veillé chaque nuit à son chevet, et pour sa première peine de cœur il l'avait emmenée manger un burger et puis faire de la boxe pour qu'elle passe ses nerfs sur quelque chose.

Ellis était une constante dans sa vie. Ils avaient toujours été une équipe, même quand elle le rendait chèvre, alors penser qu'elle quittait son nid pour de bon lui brisait le cœur. Comment pourrait-il la protéger maintenant?

L'homme qu'elle allait épouser, Arthur, était un type bien. Il la rendait heureuse et l'encourageait dans la poursuite de ses rêves. Mais Derek, naïvement, avait pensé qu'il pourrait être l'homme le plus important de sa petite chérie un peu plus longtemps, c'est tout…

Il noua sa chemise et laça ses chaussures vernies et alla rejoindre le reste de sa grande famille dans le salon. Bailey, son fils, en le voyant arriver, lui tendit un verre de pur malt. Tant pis s'il n'était que onze heures du matin. Il en avait besoin. Zola, la demoiselle d'honneur de sa sœur, l'embrassa en vitesse sur la joue avant de courir chercher un verre d'eau dans la cuisine, probablement pour Ellis.

Cristina et Callie, en charge de la musique, se disputaient pour la première des chansons de la fête. Arizona, Alex, et Amelia finissaient d'arranger le bouquet de la mariée pendant que Jo, Maggie et Carina parlaient avec le traiteur pour placer la pièce montée au bon endroit. Addison et Teddy, elles, décoraient le porche avec des petites guirlandes et du lierre.

Derek sourit, il fallait vraiment un village pour élever un enfant. Même si tous ces docteurs ne travaillaient plus dans le même hôpital, ni ne vivaient plus tous à Seattle, ils avaient tous fait le déplacement sans même y réfléchir pour la fille de Meredith et de Derek. Une vraie, grande et étrange famille. La famille qu'ils avaient construite et qu'il n'échangerait pour rien au monde.

-Anxieux? demanda Miranda Bailey en s'approchant de lui avec le bébé de Tuck dans les bras.

-Vous n'avez pas idée…

-Ne vous en faites pas… Dans peu de temps vous aurez plein de petits enfants que vos enfants vous amèneront à l'improviste pour avoir un moment de paix. Vous n'aurez plus jamais le temps de vous reposer… croyez-moi sur parole, dit-elle en caressant la tête de sa petite-fille. Et quand c'est les enfants de nos enfants… oh, l'anxiété est encore pire…

Derek sourit à son amie de longue date et puis, il vit Meredith qui lui faisait de grands signes de l'autre côté du salon:

-Elle veut te voir, articula-t-elle silencieusement pendant qu'il s'approchait d'elle.

Ni d' une, ni de deux, il monta quatre à quatre les escaliers vers la chambre qui avait été autrefois celle d'Ellis.

-Hey ma chérie, tout va bien?

-Papa!

Il lisait tout le soulagement du monde dans ces deux syllabes. Ellis étant magnifique dans sa robe blanche et son chignon, mais quelque chose semblait la tracasser:

-Si tu as besoin d'une voiture pour t'enfuir de ton propre mariage, c'est ta mère et tes tantes les expertes…

-Non, non… c'est juste que… j'avais besoin d'un câlin.

Ellis ne montrait pas souvent sa faiblesse et à chaque fois qu'elle le faisait avec lui, il se sentait honoré. Alors, comme quand elle était enfant, il la prit dans ses bras et embrassa son front, puis son petit nez et puis chacune de ses joues.

-J'ai peur tu sais…

-De quoi mon ange?

-De faire une erreur,... et si j'ai fait venir tous ces gens et qu'ils sont venus pour rien?

-Tu aimes ton Arthur?

-Bien sûr!

-Et il t'aime?

-Oui, plus que tout… c'est juste que j'ai peur. Ce n'est pas grave, hein, papa?

-Pas grave du tout. On a généralement peur quand on fait quelque chose de nouveau. Mais ça ne t'a jamais arrêté … tu te rappelles quand tu étais petite, vraiment toute petite, et que tu as voulu apprendre à patiner? Tu es tombée plein de fois, ta mère et moi avons épuisé notre stock de pansements, et pourtant tu continuais à vouloir essayer. Non, pas essayer, réussir. Tu m'as fait de belles frayeurs, mais à chaque fois tu réussissais à me convaincre de recommencer. Tu avais peur, et parfois tu avais vraiment mal, mais jamais tu ne t'es découragée et tu as lutté. Quelques mois plus tard, tu patinais plus vite que tes frères et sœurs. Tu étais si contente alors… alors n'aies pas peur.

-Ca c'est parce que tu étais là, papa… sans toi, je n'aurais même pas voulu mettre mes patins.

-Eh bien, je suis là aussi aujourd'hui. Et surtout, Arthur est là avec toi. Vous allez le faire ensemble, ma chérie.

Tout contre lui, Ellis soupira de bonheur, et elle murmura:

-Tu es mon héros, papa.

-Toujours pour toi, mon petit bout. Maintenant, sourit, donne moi ton bras et allons voir Arthur, hmm?

Il détestait les mariages, mais il devait avouer que de voir les yeux brillants de sa fille chérie au bout de l'allée en voyant son fiancé qui l'attendait sur l'autel valait tout l'or du monde. Il marcha fièrement à ses côtés, lui retira son voile, l'embrassa tendrement, et serra avec joie la main d'Arthur.

-Prenez bien soin d'elle.

-J'essaierai toute ma vie de m'occuper d'elle comme vous monsieur, c'est promis.

Derek sourit au couple amoureux et alla retrouver Meredith au premier rang. Elle posa sa tête sur son épaule, et il la serra contre lui en la prenant par la taille.

-Si tu savais comme je suis fier en ce moment…

-J'en ai une petite idée, murmura Meredith, les larmes aux yeux.


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