Poule aux oeufs d'or, c'est le thème du jour et j'ai voulu parler de deux personnages sur lesquels on ignore encore beaucoup de choses. Il me tarde vraiment d'en savoir plus sur eux, même si cela prendrait peut-être encore quelques jeux.


« Tais-toi et ramène plutôt de l'argent à la maison ! »

Ils étaient différents. Ils ne vivaient pas dans le même monde, n'avaient pas le même âge ni la même famille et pourtant, ils vivaient une situation similaire.

Un ciel, une seule destinée.

Ils n'étaient pourtant pas âme-sœurs ni liés d'aucune façon, mais ils emmerdaient la destinée.

L'un était fils d'une famille pauvre avec bien trop d'enfants.

L'autre était marié à une femme qui avait cessé de lui plaire depuis bien longtemps.

On aurait pu penser que seul le destin du premier était réellement tragique, mais c'était entièrement faux. Le destin du deuxième aussi avait son lot de chagrin.

Pour le premier, la vie était compliquée. Avec deux parents surchargés et un nombre important de bouches à nourrir, il devait travailler en tant qu'ainé, enchaîner les petits boulots. Cela permettait de ne pas mourir mais tout juste.

Pour le deuxième, c'était un mariage d'intérêt, sans amour. Ils s'étaient aimés puis elle avait dilapidé son argent alors qu'il avait perdu son travail. Ils survivaient aussi de leur mieux mais la relation entre eux se détériorait et l'enfant qu'ils avaient eu n'aidait absolument pas.

« Arrête de rêver et travaille ! On n'a pas le luxe de faire ça ! »

Le fils possédait une passion : jouer de la musique. Derrière un meuble, dans une cache du mur, il possédait un magnifique violon et il essayait d'apprendre à en jouer. Parfois, il allait sur un grand pont très passant et récoltait quelques pièces en jouant de son instrument.

Le mari possédait aussi une passion : parier son argent au casino. Il possédait un don avec les machines, pour prévoir sur quoi il devait miser. Ce sixième sens le rendait populaire et ce plaisir devenait une addiction dans laquelle il s'enlisait peu à peu.

Un jour, les parents découvrirent l'instrument de leur fils et son talent. Ils auraient pu y voir un gagne-pain incroyable, une chance inouïe, une des sources de revenue de leur enfant. Seulement, ils n'écoutèrent que la voix dans leur tête et vendirent très cher le violon. Ils gagnèrent de quoi survivre correctement pendant un mois mais pas plus.

Un jour, la femme découvrit que son mari misait tout au casino. Elle comprit son talent mais cela la mit hors d'elle qu'il dépense ainsi leur argent. Alors, elle s'arrangea pour qu'il ne soit plus accepté au casino, en ayant des relations avec quelques personnes bien placées. Maintenant, l'homme ne pouvait plus poser un pied dans son havre de paix.

Le garçon eut le cœur brisé et il quitta sa maison. Il ne pouvait plus rester sous le même toit que les êtres qui avaient brisé ses rêves. Il partit et se perdit dans les ruelles sombres. Sans lui comme source de revenus, sa famille plongea davantage dans le désespoir.

L'homme quitta sa femme et son enfant sans un regard en arrière. Il sombra dans les ruelles aussi et croupit dans les bars les plus malfamés. Une nouvelle addiction l'accueillir : celle qui mêle l'alcool et les jeux d'argent. Son existence devint bien morne.

Ces deux destinées qui avaient été les sources de revenu de leur famille finirent par se retrouver, après que leurs vies eurent été encore bien troublées et qu'ils aient perdu leur cœur. Dans un grand malheur, ils arrivèrent dans le même monde alors qu'ils venaient chacun d'un lieu différent. Ils n'avaient rien en commun mais pourtant, ils durent faire équipe. Quelque part, ils se ressemblaient beaucoup plus qu'ils ne le croyaient.

« - Bonjour… Alors c'est toi le numéro IX ?

- Yep. Numéro X hein ? On se suit on dirait.

- Je m'appelle Luxord. Et toi ?

- Demyx. Enchanté, mon vieux. »