Hello.
Aujourd'hui, un nouvel OS sur l'amitié, un peu triste mais bon, on ne peut pas faire que des trucs drôle et joyeux.
Bonne lecture.
Sei.
PS : Merci à Sow'mama, Musing-and-Music, Luciole, LénaFMA et L'atelier des chats pour leur commentaire !
Thème : Félin, cicatrice, travail et iceberg.
Jour 11 : Mauvaise journée.
Situation : Roy est Colonel, c'est avant sa mutation à Central City, Maes Hughes est toujours en vie.
Comme journée de travail, le Colonel Roy Mustang avait connu mieux... En même temps... Pouvait-on faire pire qu'une journée de pluie ? Et bien apparemment oui ! Il y avait pire... Une journée de pluie ET la visite du Général Armstrong à Est City...
- Un scotch s'il vous plait ! Demanda-t-il au serveur en s'installant au bar.
Il lui fallait au moins ça après avoir passé un après-midi de torture enfermé dans le bureau du Général Grumman pendant une réunion qui avait duré plus de quatre heures et durant laquelle le Général Armstrong avait passé son temps à le provoquer.
Non mais sérieusement ! Cette femme était une véritable tortionnaire ! Plus froide et glaciale qu'un iceberg ! Elle était totalement dans son élément dans le grand froid du Nord, aucun doute là-dessus. Même ses flammes ne pourraient pas faire fondre la glace qui entourait son cœur... Et pourtant, on ne pouvait pas dire que son alchimie était impuissante !
Sauf les jours de pluie...
Argh !
Roy but son verre cul sec.
- T'as la tête du type qui a passé une sale journée mon vieux ! Pouffa une voix derrière lui tandis qu'il se prenait une légère tape dans le dos.
Roy grogna, appuyé contre le bar, son regard perdu dans son verre de scotch, puis reconnaissant la voix, il releva la tête, surpris pour observer le nouveau venu s'asseoir à côté de lui.
- Hughes, qu'est-ce que tu fais là ? S'exclama-t-il surpris.
Il n'avait pas été mis au courant de la venue de son meilleur ami dans la région. Est-ce qu'il était déjà bourré et avait des hallucinations !? Bon d'accord, il ne tenait absolument pas l'alcool, mais il n'avait bu qu'un seul verre pour l'instant !
En tout cas Hughes était bel et bien là puisqu'il commanda lui aussi un verre de scotch tandis que Roy l'observait, attendant toujours sa réponse.
- Une des amies de Gracia vit ici, finit par expliquer Maes devant la tête que lui tirait son meilleur ami. Elle vient d'accoucher et comme elle est venue sur Central pour la naissance d'Elicia et bien nous voici à notre tour ! Chantonna-t-il alors tout en coup en mode "papa gâteau".
Roy souffla, quand Hughes se comportait ainsi, sûr et certain qu'il finirait par le bassiner sur ses projets de fonder une famille et d'avoir des enfants... Est-ce que cette journée pouvait encore s'empirer !? Apparemment oui...
- Pourquoi ne m'as-tu pas prévenu que tu venais ? S'exclama-t-il, ignorant le passage sur l'accouchement de l'amie de Gracia, espérant ainsi éviter le sujet par la suite.
Le sourire de Maes s'élargit.
- Je voulais te faire la surprise voyons, lui donna-t-il un coup d'épaule avant de boire une gorgée de son scotch.
Pourquoi cela n'étonnait-il pas l'alchimiste ? Hughes avait toujours été comme ça. Imprévisible. Même à l'époque de l'académie, lorsqu'ils s'étaient rencontrés. Du coup, il n'essayait plus de comprendre comment il fonctionnait. Par contre, il y avait quelque chose qu'il ne comprenait pas.
- Comment as-tu su que j'étais ici ? S'exclama-t-il, surpris.
Et il ne simulait absolument pas sa surprise, Hughes avait beau être son meilleur ami, comment pouvait-il savoir où il se trouvait ?
- Par Hawkeye, répondit alors le brun à lunettes, comme si c'était une évidence.
- Hawkeye ? Répéta l'alchimiste, interloqué. Je n'ai jamais dit à Hawkeye où j'allais ! Se justifia-t-il toujours aussi choqué.
Le lieutenant avait beau être son assistante personnelle, elle l'était uniquement en ce qui concernait l'armée. Lorsqu'il quittait son uniforme, la blonde n'était pas au courant de ce qu'il faisait de sa vie. Il faisait en sorte de garder une bonne distance entre sa vie privée et sa vie professionnelle, cela permettait d'éviter tout écart et ainsi de ne permettre aucune rumeur. Il tenait trop en estime la jeune femme pour lui causer le moindre souci.
- Et bien visiblement, on dirait qu'elle connait bien tes habitudes, pouffa le brun à lunettes, moqueur, devant l'air ahuri de son meilleur ami.
Le Colonel fronça les sourcils, n'étant pas sûr de comprendre le sous-entendu de son camarade. Mais bon, il ne chercha pas à comprendre et reporta son attention sur son verre.
- Quoi ? S'exclama Maes à ses côtés avec un regard de félin, prêt à passer à l'attaque. Oh ne me dis pas qu'il ne s'est jamais rien passé, ajouta-t-il, absolument pas convaincu.
Roy en avala son verre de travers à cette remarque et toussa violemment avant de vérifier que personne ne les écoutait autour d'eux.
- Mais t'es malade, tu sais que la fraternisation est interdite ! Tu veux nous foutre au trou Hawkeye et moi ? S'affola-t-il, irrité.
Il était tellement furieux que le brun à lunettes ne comprenait pas sa réaction.
- Mais c'est que t'es vraiment à fleur de peau, s'exclama-t-il, ne sachant pas s'il devait en rire ou s'en inquiéter.
Après la journée pourri qu'il avait passé et avec son meilleur pote qui balançait des rumeurs dans un bar... Roy avait de quoi être à fleur de peau. Il avait juste envie de rentrer chez lui se coucher... Il n'avait pas envie qu'on lui parle de Riza, surtout pas aujourd'hui... Parce que quand il était au plus bas comme il l'était actuellement, il devait se retenir pour ne pas se retrouver à toquer à la porte de son appartement... Dans ces moments-là il voulait juste retrouver le calme et l'innocence qui l'animaient à l'époque où il étudiait chez son maître. Lorsqu'il fermait les yeux, il se revoyait là-bas avant que tout ne parte en vrille. L'époque où la seule cicatrice qu'il avait se résumait à une brûlure qu'il s'était infligé en s'entraînant...
- Ça fait combien de temps que tu n'as vu personne.
Roy sursauta, perdu dans son souvenir, il en avait complètement oublié l'endroit où il se trouvait et même la présence de son meilleur ami à ses côtés. Il avala le reste de son second verre cul sec avant de souffler.
- Lâche-moi ! Grogna-t-il en se levant pour quitter les lieux.
Il se sentait de plus en plus minable à chaque fois qu'il sortait avec une femme... Certes, elles lui tombaient tous dans les bras et il ne cherchait jamais à les avoir... Mais quand même... Après chaque nouvelle conquête sa misérabilité montait d'un cran et le lendemain, il n'osait même pas regarder son assistante dans les yeux de peur qu'elle y lise à quel point il se sentait médiocre.
Maes le suivit à l'extérieur du bar. Il voulu détendre l'atmosphère mais le regard que lui lança Roy signifiait bien qu'il voulait juste avoir la paix alors il se contenta de marcher à ses côtés. L'air frais de cette fin de soirée lui fit du bien et lui permit de dégriser légèrement. Combien de verres s'était-il enfilé ?
- Il va bien falloir que tu finisses par dévoiler ce que t'essayes d'enfouir au fond de toi et qui te ronge comme ça ! Finit par sortir Maes au bout d'un moment.
Roy ne répondit pas. Il n'avait pas envie d'en parler. Maes avait beau être son meilleur ami, il savait qu'il ne le trahirait jamais. Mais Hughes étant Hughes, il savait également qu'il ne pourrait s'empêcher d'y ajouter son grain de sel... M'enfin, n'était-ce pas déjà ce qu'il faisait !? Ce n'était pas nouveau... Combien de fois lui avait-il balancé par téléphone des "Il serait temps que tu te maries" et d'autres allusions de ce genre !? Et en plus, à chaque fois, bizarrement, son assistante était à côté de lui... M'enfin, puisque c'était son rôle de le seconder, c'était un peu logique que la plupart du temps elle se trouvait avec lui au boulot et puisque Maes prenait toujours sur son temps de boulot pour l'appeler... Pouvait-on dire qu'il s'agissait là que d'une simple coïncidence ?
- Je n'ai absolument rien à dire, se contenta-t-il donc de répondre, poursuivant son chemin.
Mais cela ne sembla pas convenir au brun à lunettes qui s'interposa devant Roy l'obligeant à s'arrêter. L'alchimiste le fusilla du regard tandis que Maes lui renvoya un sourire complice.
- Je sais que tu es amoureux, déballa-t-il avec un regard entendu.
Roy beugua un instant, il ne s'était pas attendu à une telle remarque de la part de Maes. Son tressaillement ne dura qu'un instant mais c'était trop tard, Maes le connaissait trop bien et ce petit détail ne lui échappa pas.
- Ton maître d'alchimie, renchérit-il. Il avait une fille ! Et je sais que tu es amoureux d'elle, s'exclama-t-il alors que Roy s'apprêtait à feindre l'ignorance.
L'alchimiste ouvrit et referma la bouge, pantois. Bordel, pourquoi avait-il été aussi stupide pour parler de la fille de son maître à l'époque de l'académie ? En fait, il lui en avait parlé jusqu'à Ishval, parce qu'après ça, il était tombé sur elle et tout avait changé... Et de peur qu'on ne découvre le lien qui les unissait, il n'a plus jamais parlé de l'époque où il était chez son maître. Maes n'avait jamais insisté parce qu'il avait du croire que son silence était dû à ce qu'il avait commis à cause de cette alchimie... Mais pourquoi revenait-il à la charge aujourd'hui ?
- Je sais aussi qui elle est, ajouta-t-il.
D'accord, cette fois-ci Roy ne put rien faire pour cacher son étonnement mais surtout son regard effaré.
Qu'est-ce que Maes savait exactement !?
- Comment...
Ce fut le seul mot qu'il parvint à articuler.
Son regard scruta l'horizon de peur tout à coup d'être épié, mais pourquoi une telle chose se produirait ? Ils sont tous deux en civils en train de rentrer tranquillement chez eux à pied... Il n'y avait rien de suspect dans leur conversation pour quiconque entendrait quelque chose.
Mais Roy se méfiait de tout... Parce que la femme dont il était amoureux n'était pas n'importe qui. Maes jouait avec le feu en parlant aussi ouvertement en pleine rue. S'en rendait-il compte ? Pour être un alchimiste du feu, lui en tout cas, il le réalisait pleinement.
- Je suis ton meilleur pote et n'oublies pas que je suis le plus observateur de nous deux, haussa-t-il les épaules, souriant à pleine dents.
Visiblement, ça faisait un moment qu'il souhaitait aborder le sujet avec lui et le faire enfin semblait le soulager... Au moins un d'entre eux qui était détendu... Enfin, ça aurait pu être pire pour l'alchimiste, il aurait pu continuer de pleuvoir ! Marcher sous la pluie était ce qu'il détestait le plus... Mais on était à la mi-décembre et il faisait de plus en plus froid... C'était de la neige qu'ils risquaient bientôt d'avoir...
- Moi qui pensais que tu me balançais tout ça par pur coïncidence... Souffla-t-il avant de pouffer, jaune.
Maes lui donna un coup de coude, pouffant à son tour. À cet instant, l'alchimiste se posa mille et une questions. Mais il n'osait rien affirmer à voix haute... Comment l'avait-il découvert, pourquoi n'avait-il jamais rien dit, pourquoi aujourd'hui...
- Il fallait que le principal concernait lui-même ni capte que dalle pour ne pas me faire prendre !
Ce qui fit rire Roy. D'un coup, il se sentit légèrement plus léger. Comme si ça lui faisait du bien de savoir que ce secret ne concernait plus seulement lui-même.
- Pourquoi aujourd'hui ?
La question lui échappa des lèvres avant même qu'il ne puisse la retenir.
- J'avais l'impression que tu étais sur le point de faire une bêtise plus grosse que toi, avoua alors Maes en grimaçant.
Une bêtise plus grosse que lui ? Ce n'est pas peu dire... Pour éviter d'aller toquer chez son assistante il en était à se demander s'il ne devrait pas se trouver une conquête de dernière minute pour l'occupait toute la nuit. Même si cela ne l'aiderait pas à se sentir mieux, au moins, il n'enfreindrait pas la loi.
- J'essaye juste de t'en empêcher... Poursuivit-il alors, ne quittant pas l'alchimiste du regard.
C'était comme si son meilleur ami lisait en lui comme dans un livre ouvert et Roy se sentit vraiment pathétique.
- Que puis-je faire d'autre ? Souffla-t-il, dépité.
Après la journée de travail pourri qu'il avait passé, tout ce qu'il souhaitait, c'était passer une agréable soirée, même sa soirée idéal lui était interdite...
- Te battre.
Roy fronça les sourcils devant la réplique de Maes.
Se battre !? Il était sérieux !? Comprenait-il réellement les enjeux !?
- Mon bonheur personnel...
- Je connais ton refrain sur le bonheur personnel ! Le coupa Maes. Je sais que tu crois qu'à cause de la guerre, tu n'as pas le droit de faire passer ton bonheur avant celui du pays ! Mais tu te trompes mon pote ! Si tu veux atteindre le sommet de la pyramide, c'est à l'amour que tu dois t'accrocher ! Tu ne dois pas lui tourner le dos.
Une fois de plus, Roy ouvrit la bouche et la referma. Décidément, ce soir, son meilleur ami avait le chic pour lui clouer le bec. Que pouvait-il répondre à cela ?
- Tu sais, j'ai beaucoup d'estime pour vous deux. Je sais également que les cicatrices du à cette guerre ne se refermeront jamais. Je le sais, parce que c'est le cas pour moi aussi... Alors s'il te plait, ne fais pas de conneries.
Roy se laissa choir sur l'un des bancs du centre ville, livide. Ses coudes sur les genoux, il se prit la tête dans les mains. Se faire sermonner ainsi par Maes, il ne s'y était pas attendu...
Mais ces paroles étaient bien belles. Que pouvait-il faire d'autre ? Jamais il ne risquerait sa carrière et encore moins celle d'Hawkeye. Ils avaient trop d'ambitions pour se le permettre.
- Penses à elle.
- Je fais ça pour la protéger des rumeurs, réagit-il enfin en lançant un regard vexé au brun à lunettes.
- Je pense qu'elle est assez grande pour se protéger toute seule, lui répondit-il en souriant avant de poser une main sur son épaule.
C'était pas faux... Elle n'avait besoin de personne pour veiller sur elle... Mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir cette envie de la protéger. C'était un comble quand on savait que c'était elle son garde du corps...
- Elle doit me détester, maugréa-t-il, maussade.
Il y avait de quoi... À cause de lui, elle s'était engagée dans l'armée sans doute avec la même ambition qu'il avait à l'époque où il était à l'académie... Elle voulait rendre ce monde meilleur et elle s'était retrouvée embarquée dans cette guerre...
Et aujourd'hui, comble de l'ironie, il courtisait toutes les blondes qu'il croisait dans l'espoir d'oublier le visage de son assistante en passant la nuit avec elles.
Il était d'une médiocrité...
- Tu crois vraiment qu'elle resterait dans ton ombre si elle te détestait ? Rétorqua Maes en fronçant les sourcils.
Roy haussa les épaules.
- Je ne comprends pas... Commença-t-il se retenant d'ajouter "pourquoi elle reste avec moi".
- Parce que par amour, on peut tolérer énormément de choses. Mais une fois qu'on se sent blessé et trahi, c'est terminé. C'est pour ça que je te mets en garde. Ne la perds pas. Elle est cette flamme qui ne s'éteindra jamais pour toi. C'est grâce à elle qui tu es l'alchimiste que tu es. C'est avec elle que tu grimperas chaque marche qui te mèneras au sommet.
Les mots de Maes percèrent son cœur telles des flèches. Il en avait le souffle coupé.
- Bon, je te laisse réfléchir à tout ça, ma femme et ma fille doivent m'attendre.
Puis après une dernière tape sur l'épaule, Maes s'éloigna et Roy resta sur son banc, touché par les paroles de son meilleur ami. Il n'avait jamais vu les choses sous cet angle, pourtant, il avait raison. À trop vouloir faire fuir Riza de son esprit, tout ce qu'il risquait, c'était de la blesser et de la perdre pour toujours.
Maes avait raison, elle restait là en connaissance de cause et elle acceptait le fait qu'ils devaient garder leurs distances... Alors pourquoi se comportait-il comme un abruti en la faisant souffrir à se vanter auprès de son équipe des différentes conquêtes qu'il avait eu ?
Il allait devoir changer son comportement et dès à présent. En espérant qu'il ne soit pas trop tard.
Si cette journée avait été des plus pourri, cette fin de soirée lui avait au moins permis d'ouvrir les yeux et de ne pas oublier les choses les plus essentielles. Riza était ce qu'il avait de plus précieux et il devait veiller à ne jamais la perdre.
Fin.
