chap. 2: Entêté et incorrecte
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33 heures plus tôt.
Harry Potter tourne en rond sur le sol de sa chambre dans laquelle il avait l'opportunité d'enseigner, Poudlard, école de sorcellerie d'Écosse.
Ne devrait-il pas aller voir l'unique individu qui serait capable de l'aider?
Le jeune aux yeux couleur vert, comme sa regrettée mère, observe la petite bouteille dans sa main. Si c'était bien ce qu'il croyait… Ce serait une incroyable chance. Puisqu'il n'avait entendu parler de personne capable de la réaliser proprement, sauf… Snape. Oui, si quelqu'un possédait les connaissances et compétences nécessaires à son élaboration, c'était lui. Il serait en mesure de lui dire si celle-ci contenait cette potion en particulier ou non.
Harry s'arrête et ses binocles lisent l'écriture noir s'effaçant sur le parchemin, à nouveau.
Arbitrium Liberum
Il ferme ses doigts serrés autour de l'objet, se remet à marcher. Il ne craignait plus Snape, n'est-ce pas? Non car ils étaient collègues à présent. Alors, pourquoi ne pourrait-il pas juste le voir pour lui demander, au lieu de tergiverser à son propos.
C'était vrai. Il pouvait aller là-bas et…
Et quoi? Il n'était pas si proche à dire vrai, ami ni rien de cela. Ils ne se détestent plus autant, c'est tout. Puis, il serait bientôt 21 heures et il était convaincu que Snape avait d'autre chose plus importante à faire que de répondre à… que déterminer cette potion? Cette toute petite chose de rien du tout qui pouvait engendrer des guerres? Aucune chance que Snape ne saisisse la gravité de la situation, ne s'en préoccupe pas.
Le Survivant à la cicatrice en forme d'éclair, sur son front, se précipite hors de sa chambre.
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Severus Snape demeure assis sur son canapé avec un livre entre ses larges mains. Le livre est bien mené, avec un tas de meurtres et de revirements dedans. Il affectionne sa lecture. Il lit toujours cette nouvelle quand quelque chose le tracasse et ne parvient pas à trouver le sommeil ou juste s'arrêter de penser en boucle autour d'un certain sujet. Mais cette fois, cela ne fonctionne pas.
Quelque chose, une personne en vérité, ne l'aidait pas à apprécier ses moments de solitude. Son visage lui apparaît en esprit. Puis, aussitôt, il se met à analyser ce qu'il ressent à son propos. Pas du dégoût en tout cas, pendant des années il a essayé de s'en persuader, à son opposé complètement. Maintenant qu'ils travaillent ensemble, à titre de collègues, se rencontrent jour après jour, il commence à réaliser que ce n'était pas du dégoût ni de la haine qu'il éprouvait pour lui mais quelque chose d'autre. Cependant, son analyse prenait fin dès lors, effrayé par ce que l'homme pourrait y découvrir en creusant dans les tréfonds de son coeur refroidi… une réponse.
Intéressant, songe-t-il, en observant les flammes dançantes. Il déteste le fait de ne pas le détester. À quel point son esprit pouvait être tordu, vraiment? Pourquoi ne pouvait-il juste accepter qu'il ne ressentait rien de négatif à l'encontre du jeune… D'accord, ce n'était pas entièrement la vérité. Mais tout de même…
Le sorcier lève sa haute carcasse, sa coupe toujours à la main, et s'approche du feu réconfortant.
Il devait faire la paix avec ses émotions ou enfin, les semblants de choses qui s'en rapprochaient. La situation n'avait rien de normale, tachant de s'esquiver à chaque fois que Potter entrait dans la même salle que lui. Minerva a commencé à remarquer son changement d'attitude. C'était un homme mûr qui n'avait pas l'habitude d'éviter ses anciens étudiants, ni le plus célèbre d'entre eux. Il lui suffisait d'être courtois avec lui. Ils pouvaient avoir une sorte de… discussion de temps en temps concernant les élèves ou leurs cours, par exemple.
Il ne pouvait s'arrêter de contempler les flammes hypnotisantes tandis qu'il s'appuyait sur le foyer. Il observe comment elles consument la pile de bois. Il ferme ses paupières, peut percevoir leurs chaleurs sur sa figure. Il avale le reste de son vin puis, est sur le point d'en mettre davantage quand des coups hésitants se font entendre sur la porte des chambres du Maître des Potions.
- Entrez, dit-il d'un ton froid, ne désirant aucune compagnie.
La porte s'ouvre avec un grincement et la voix qui s'élève fait rater un battement au coeur de l'homme.
- Comment parvenez-vous, rien qu'avec un seul mot, à me faire sentir comme cet élève de Première année que j'étais? Mes jambes tremblent et je transpire comme si j'avais fait quelque chose de mal ou osé arriver cinq minutes en retard à votre cours, chuchote Potter en s'avançant au milieu de la pièce, la porte se referme derrière lui.
- Je croirais que c'est parce que vous êtes toujours tel que ce jeune… effrayé par la chauve-souris vampire qui hante les donjons et également, en retard pour la majorité des réunions d'équipe, rétorque Severus en grognassant. Le sorcier à la robe noire, austère, se tourne pour faire face à Potter. Le regard ténébreux remonte lentement sur le corps, à l'honneur dans ses rêves pour rejoindre ses yeux verts, à lunettes rondes. Puis, l'aîné se souvient qu'il souhaite demeurer correct envers lui. Il rajoute d'un ton taquin: - Ou bien il s'agit de mon incroyable charme que vous vous retrouvez dans cet état.
- Sans l'ombre d'un doute, Snape, votre charme. Il éclate de rire.
- Prenez place, je vous prie, l'invite-t-il en désignant un fauteuil et un sofa à l'aspect confortable. - De quelle utilité puis-je vous être en cette heure tardive? Je crois ne pas faire erreur en affirmant que vous n'êtes pas là uniquement pour discuter en ma compagnie?
- Euh, non, je suis désolé, dit-il d'une voix triste, se sentant coupable. Le Survivant prend place dans le fauteuil. - J'ai besoin de votre aide pour quelque chose.
En entendant ces mots, Severus soulève un sourcil.
- Vous désirez du vin? lui demande-t-il en s'asseyant aussi, sur le sofa.
Lorsque Potter hoche sa tête aux cheveux indomptables, le grand sorcier sort sa baguette couleur ébène et fait apparaître une deuxième coupe de vin remplie à la moitié avant de lui offrir.
- Alors, avec quoi avez-vous besoin de mon aide?
Il n'a passé aucun commentaire concernant pourquoi Le Grand Harry Potter aurait besoin de son aide… malgré l'immense envie qui le taraude bien sûr.
Le plus jeune saisit son verre, puis attend, comme par instinct, semble évaluer tout le fixant.
- Ce n'est pas mon intention de vous empoisonner. À présent, ajoute l'homme pour lui-même. Il sirote la boisson.
Harry rigole.
- Mais contrairement à votre idée, ça ne m'a jamais traversé l'esprit. C'est juste que… Il est conscient que c'est un peu stupide et enfantin, cependant c'était son ex professeur de potions avec qui il avait le désir de partager un verre. Le même qui était son collègue et envers qui il ressentait plusieurs curieuses émotions, allant de la peur à l'attirance. Et conserver secrètement de l'autre, qu'il s'avouait parfois à lui-même après avoir ingurgité une vaste quantité d'alcool, seul. - Nous n'avons jamais pris un verre ensemble avant, marmonne-t-il.
- Je peux, rétorque-t-il d'un ton davantage enthousiaste. - Me souvenir d'une occasion tenue en raison d'un adolescent ayant vaincu le Lord Noir ou quelque chose d'insignifiant du genre, se moque Snape, depuis le sofa devant lui. - Vous vous teniez à côté de moi avec une coupe de champagne dans la main.
Harry, lui, se rappelait le bal. Il était élégant et raffiné, alors que le Survivant n'avait qu'un unique souhait: célébrer en compagnie de ses amis. Quelqu'un avait mis un verre dans ses mains, avant de le pousser contre l'homme mince portant une tenue formelle, saisir un cliché magique des héros de la guerre, puis abonné en sa compagnie. Il existait une espèce de tension chez lui, à chaque fois qu'il empiétait dans l'espace de l'autre sorcier.
- Je voulais dire, rien que tous les deux, sans des centaines de personnes autour. Un sourire amusé se dessine sur ses lèvres pleines. - Et je me souviens pas non plus de vous buvant ce vin pétillant.
- Ni de vous.
- Après que vous m'ayez laissé, cette chère Hermione me l'a confisqué en murmurant, trop jeune. Il est quand même extraordinaire que je sois assez âgé pour tuer Voldemort, mais trop jeune pour consommer de l'alcool, se renfrogne le Héros National à la cicatrice en forme d'éclair, sur le front. - En tout cas… on a fini chez les Weasley et partagé un excellent repas, passé la nuit là à parler, à passer un bon moment.
Il prend une pause. Ses épaules rentrent un peu par en-dedans. Ses yeux émeraude sont toujours connectés aux siens, avec sérieux. Il inspire profondément avant d'ajouter d'une voix à peine assez forte pour être capté par l'oreille proche, telle une révélation secrète, dans le camouflage de la pénombre environnante.
- …Et ça aurait été la même chose si vous aviez été là, avec nous aussi.
Sur le coup, il est surpris par ce que vient de lâcher le plus jeune cependant, en bon ex-espion, n'en laisse rien transparaître sur son visage pâle. Poursuit:
- Hé! bien vous pouvez légalement boire à présent, l'un des avantages à être adulte.
- Oui! Où êtes-vous allé, de votre côté? continue-t-il.
- Auprès de mon neveu qui se trouvait toujours inconscient à Ste Mangouste, répond Severus.
- Draco est chanceux de vous avoir comme parrain.
- Ne croyez pas tant de ma part, Potter, s'esclaffe l'homme à la longue robe noire, ajoute d'un ton sarcastique: - Je n'affectionne pas particulièrement les fêtes.
- Je comprends, je suis plutôt comme vous, ou préfère les personnes qui m'aiment vraiment à ceux qui prétendent.
Pendant plusieurs minutes, chacun demeure dans le silence, qui ne leur paraît pas étrange. Ils profitent du moment, de leur boisson respective et du son relaxant du feu qui crépite. Ils apprécient la simplicité de leur discussion, leur présence, presque comme deux amis.
Jusqu'à… ce que l'un des professeurs se résolve à le faire, ramener le sujet de leur réunion, la question de l'autre qui attendait depuis trop longtemps, par politesse et crainte de l'offenser.
- Vous ne m'aviez pas dit que vous deviez me parler de quelque chose, d'urgent, avec laquelle vous requériez mon aide? lui remémore Severus Snape.
- Ho! s'exclame Harry dont les iris verts s'arrondissent sous ses lunettes rondes, se raidit dans son fauteuil. - J'ai failli oublié.
Un léger demi-cercle vers le haut se forme sur les lèvres du plus patient des sorciers.
Il saisit un objet dans sa poche.
- Pourriez-vous jeter un coup d'oeil là-dessus s'il vous plaît? demande le Héros National en lui remettant la petite bouteille.
L'homme lui confie sa coupe à vin, tandis qu'il prend l'objet en échange.
Le Maître observe et analyse avec attention la fiole à la couleur bleue, dans sa large paume. Il lit les deux mots écrit sur le parchemin jaunissant une fois… deux fois… trois fois avant de revenir à Potter.
- Qu'est-ce que cela est? l'interroge celui-ci.
- Euh… la raison de ma présence ici… Vous devez vous en douter, hum… Avant d'ajouter d'un ton dans lequel pointe un soupçon d'espérance: - Ça ne peut être ça, hein?
- Impossible, rétorque Severus aussitôt pour qui aucun doute n'est envisageable. Il lit l'intitulé, à nouveau, en détaillant la bouteille. - L'avez-vous fabriqué?
Le Survivant s'esclaffe, avec force, pendant un certain temps. - …Vous seul pouvez me faire rire autant, Snape, hoquette-t-il entre deux éclats.
- Je ne vois pas pourquoi? dit-il d'une voix plus froide, qu'on se moque de ses propos. - Vous êtes le plus puissant sorcier qui existe en ce moment, dans le monde, Potter. Cela pourrait être plausible comme possibilité.
- Normalement, peut-être… mais c'est de moi dont on parle, la catastrophe ambulante des cours de potion, place que je partage d'ailleurs avec ce cher Neville. Pas notre point fort, dans lequel nous sommes meilleurs. Vous m'avez enseigné pendant six ans, le savez bien.
- Je me souviens que vous avez été assez bon lors d'une session, lorsque vous consacriez votre temps à une autre activité qu'être un insupportable Gryffondor, à m'exaspérer à chacun de mes cours, lâche l'homme aux robes noires impeccables, avec ironie.
- Avec toujours un grand plaisir, Monsieur, répond Harry d'un ton similaire. - Même si côté insupportable… j'ai eu droit à de la concurrence… serpentesque.
- Je suppose… Ce fut également un doux plaisir d'imaginer, dans ses moindres détails, votre retenue à chaque fois, claque sa voix létale, telle du métal fondu, qui résonne en écho, traverse Harry, le transperce de son regard obscurci.
- Je sais… murmure le jeune, resserrant ses poings autour des verres, partagé entre son désir envahissant de lui… et la peur. Ses pulsations s'accélèrent.
Malgré leur relation insupportable, le Héros National ne pouvait s'empêcher de songer à d'autres émotions qu'il éprouvait, envies physiques, envers lui aussi.
- Vous serez intéressé par la raison de ma soudaine connaissance sur le sujet, cette session là, reprend–t-il, taquin, puis léger de nouveau étirant le suspense. Avant d'avouer: - Je me suis servi du livre que vous aviez à Poudlard, quand vous étiez un élève vous-même. Je suivais vos recettes, pas celles enseignées par Slughorn.
- Vous avez fait quoi?! s'écrie Severus, furieux, incapable de se contrôler cette fois. Oubliant tout le reste.
- Je sais que c'est votre privée, encore, mais je n'y suis pour rien, Monsieur, dû à un total hasard, rien d'autre, lui certifie Potter en chuchotant, mal à l'aise devant lui, piteux.
Le grand sorcier constate bien qu'il semble affirmer la vérité… Tout en tergiversant à propos de la série d'événements qui avait pu mener à ce hasard.
- Comment? demande-t-il cette fois-ci, de son ton habituel.
- Après qu'on ait commencé la sixième année. Ron et moi, avons su à dernière minute que nous pouvions aller en cours de Potion plus avancé, parce que vous n'étiez pas son enseignant, mais Slughorn. Nous n'avions pas eu l'occasion de les acheter, nous nous sommes retrouvés sans livre. Nous avons donc dû utiliser des livres dans un placard, pour suivre notre leçon. Ron a eu l'un normal, en bon état. Je me suis ramassé avec votre ancienne copie qui tenait à peine, je n'étais pas particulièrement content au départ. Mais, j'ai vite réalisé que c'était un trésor précieux dès la fin du premier cours quand je suis parvenu à faire un Philtre de Mort Vivant si parfait, qu'Horacius m'a donné en récompense une fiole de Felix Felis. Il était rempli par vos annotations et je les ai trouvées très pratiques… vous savez, M. Prince de Sang-Mêlé.
Le jeune lui adresse un sourire charmeur depuis son visage joyeux.
Severus, pour sa part, a le coeur qui se met à débattre. Il n'y avait qu'une unique personne qui connaissait ce titre et il ne l'avait plus ré-entendu depuis son adolescence. Et maintenant, elle provient de la bouche d'Harry Potter. L'homme demeure égaré par ses délicieuses pensées.
- Vous m'avez sauvé la vie tant de fois, dit le Survivant à la cicatrice en forme d'éclair sur son front, avec gratitude.
- D'où tirez-vous cette curieuse idée? redescend le sorcier ténébreux vers leur réalité, en fronçant les sourcils. - Je ne l'ai pas f…
- Vous êtes sérieux?! l'interrompt Harry en déposant leurs coupes d'alcool sur une table à café, se levant de son fauteuil, se rapprochant du haut corps de l'homme. Tandis qu'il fronce aussi ses sourcils et le regarde de ses yeux verts à binocles, d'un air déterminé. - Je vous dois la vie tant de fois, plus que n'importe qui d'autre! Je ne parviens même plus à garder un décompte…
- Expliquez.
- Vous ne vous en doutiez pas, hein? Vous m'avez sauvé la vie la première fois en première année, à Poudlard, vous en avez souvenir? Pendant la partie de Quidditch, mon balais fou, incontrôlable et sorcier encore plus fou lui jetant un sort pour me faire tomber. Vous avez supervisé la partie suivante!
- Je saisis parfaitement celui-là. L'unique occasion où je suis intervenu afin de sauver votre vie.
- Hum! Hum! ricane de dépit, le plus jeune. - Vous êtes de mauvaise fois à admettre la vérité.
Un veine saillie sur la tempe de l'autre, ses lèvres fines se resserrent.
- La deuxième année, vous nous avez appris comment nous battre en duel.
- Par Merlin! s'emporte Snape. - Vous ne pouvez considérez que je vous ai sauvé la vie avec cela!
- Je n'avais pas fini. Vous nous avez montré comment combattre en duel et appris un sort qui m'a sauvé la vie, deux ans plus tard, dans un cimetière.
- Potter, vous ne pouvez être sérieux, c'est il s'agit d'un sort pour débutant. Vous alliez y être exposé à un moment ou à un autre pendant votre parcours ici, ou par quelqu'un.
- Écoutez, quand je me tenais là, en face de Voldemort, je connaissais déjà plusieurs sorts plus avancés, ce n'est pas à quelqu'un à qui j'ai pensé mais vous, face à Lockhart et jeté le sort d'Expelliarmus. Cela m'a sauvé la vie, oui, Snape.
- Potter… débute Severus avant d'être coupé de nouveau tandis qu'Harry poursuit:
- Ensuite, l'année pendant laquelle j'ai chassé cents détraqueurs, effondré de fatigue contre mon parrain et mon amie. Ils auraient pu revenir n'importe quand. Qui nous a ramenés au château? Vous. Vous pouvez le nier autant que vous le voudrez mais vous étiez toujours là pour m'aider quand j'en avais besoin. La cinquième année, ce fut l'Occulmentie, sixième le livre, après… Voulez-vous vraiment que je retrace en détails ce que vous avez accompli tout le long de cette guerre et pendant la bataille finale? Vous avez conservé cette école en un seul morceau. Vous avez protégé mes amis à l'intérieur et vous...
- Assez! tonne la voix sombre de l'ancien Mangemort. Que toute cette glorification rendait glacial, s'haïr lui-même davange si c'était possible, indigne du Héros qui avait tant souffert et perdu par sa faute. - Vous avez volontairement omis le plus important, Potter, qui me hantera pour le reste de mes jours, ajoute-t-il, brisé, à la limite des sanglots.
Harry savait ce qui s'en venait.
- Je suis la raison pour laquelle tout a débuté. Vous êtes devenu l'Élu à cause de ce que j'ai révélé. Avez-vous oublié que vous avez été privé de vos parents, de votre mère, qui sont morts à cause de moi? crie Snape, en colère, à la seule personne qui pourrait peut-être le comprendre. La douleur l'envahit partout, une insupportable peine qui empoisonne chacune de ses veines, la souffrance se loge dans son estomac ainsi que son coeur
- Je n'ai pas oublié, dit-il calmement, en posant sa main tiède avec douceur, sur le bras du plus vieux. - J'ai pardonné. Je l'ai fait il y a longtemps, que vous aillez fait le choix du côté sombre, dans votre jeunesse, de la façon dont sont morts mes parents, car ce n'était pas juste de votre faute. C'était les ordres de Voldemort, et vous devriez l'avoir compris depuis le temps. N'oubliez pas que je peux voir votre tristesse. Je sais exactement comment vous vous sentez, encore. J'ai perdu plusieurs amis durant la guerre et pendant des mois, je me suis blâmé. Alors, un homme est venu, a placé sa main sur ma tête pendant que je pleurais, seul, dans la maison de mon parrain décédé, a lâché deux mots. Vous vous rappeler de ce que c'était? demande le Survivant à la cicatrice en forme d'éclair, sur son front, en espérant, tandis que ses doigts se resserrent autour du bras de l'autre sorcier.
- Garçon stupide, bien sûr que Severus s'en souvenait, il s'agissait de la première fois qu'il avait ressentit quelque chose d'étrange envers le jeune, qu'il avait toujours méprisé auparavant. Le grand professeur de potions l'avait laissé l'enlacer, pleuré avec désespoir tandis qu'il prononçait péniblement les noms de tous ceux qu'il avait perdu: Lily et James, Sirius et Remus, Fred et Tonks, en plus de tant d'autres qui étaient tombés pour la cause du Bien. Severus était demeuré là, présent à ses côtés, ses doigts fins glissant dans la chevelure indomptable jusqu'à ce qu'il s'arrête. Snape avait ramené Harry chez les Weasley et ils n'avaient plus jamais évoqué ce qui s'était produit à Square Grimmaurd. La première fois qu'il s'était vu après, ils avaient éprouvés une sorte d'anxiété. Cependant, tout paraissait revenu à la normal, froid l'un envers l'autre, tel que d'habitude.
- Exact, répond Potter en hochant de la tête, avec un sourire gêné sur ses lèvres pleines. Sa paume monte à son épaule, puis continue. - Je crois que vous ne désirez pas particulièrement que j'ose utiliser la même appellation… rigole-t-il, un peu moqueur. - Mais si vouz pouviez mettre un terme à cette folle idée. Cessez de vous culpabiliser, si vous voulez trouver un coupable, que ce soit Voldemort. Il est responsable du départ de cette guerre, il avait besoin de pouvoir. Pas vous, ou moi, ni n'importe qui d'autre, rien que lui. C'est ce que vous m'avez dit, vous vous en souvenez? Pourquoi êtes-vous incapable de mettre en pratique vos propres leçons? chucho-t-il la dernière phrase, en faisant grimper son regard inquisiteur dans les ténèbres sans fin, s'éternise, farfouille en quête de réponse mais… ne trouve rien, tel les morts-vivants.
Snape se retire de son touché. Harry reprend sa coupe à vin en soupirant. Tandis que le Maître réalise enfin la fiole oubliée.
- Cela ne peut être l'Arbitrium Liberum car aucun individu n'a réussi à la concocter au cours du dernier siècle, même pas moi, recommence-t-il où s'il s'était arrêté, avant la tirade glorieuse du Héros National. - Maintenant, laissez-moi.
Le sorcier étire ensuite le long bras de sa robe noire jusqu'au torse de Potter qui, sur le coup, se sent insulté.
Harry reste sans réagir, un instant. Donc, ils ne parleraient pas de ça non plus. Merveilleux sentiment de déjà vu.
- Ça a l'air vieux. Cela aurait pu être fait il y a longtemps. Ce serait toujours efficace, non? demande-t-il en avalant une gorgée de vin. Bien qu'il ressente l'urgent besoin d'un breuvage plus fort comme… du brandy!
- Effectivement, mais cela demeure impossible. Ce serait rien qu'une blague. À quel endroit l'avez-vous obtenu?
- Par Minerva. Elle a dit que c'était la collection d'Albus. C'est pour cette raison que ça me parait réaliste… Écoutez, il…
- Puis-je l'ouvrir? l'interroge Snape soudainement. Et après avoir reçu l'assentiment du propriétaire, il le fait. Il respire le parfum qui en émane et est étonné qu'elle ait l'exacte odeur telle que stipulée par les livres. - Vous connaissez les propriétés de cette potion, n'est-ce pas? contrôle-t-il l'ancien élève, en l'observant au-dessus de la petite bouteille.
- La potion du libre choix. Si vous la buvez, ça vous fait vivre sans peur pendant 24 heures.
- Détails, Potter, détails! s'irrite Snape en se pinçant l'arrête du nez. - Vous n'avez jamais eu le sens du détail. Cela ne joue pas que sur les peurs mais votre désir le plus enfoui et libère. Il vous fait agir dessus si vous êtes complètement sincère avec ce désir. C'est pourquoi plus d'une bataille ont débuté car quelqu'un a commis quelque chose de téméraire sous l'effet de cette potion. Mais c'était il y a longtemps. Je ne connais aucun individu qui a déjà vu du véritable Arbitrium Liberum.
- J'suis d'accord, c'est rare, mais ça ne veut pas dire que ça n'existe pas.
- Rare? M'avez-vous écoutez? s'énerve l'homme aux robes impeccables - C'est presque impossible d'être ce que vous espérez.
- Exactement. Presque impossible mais pas complètement impossible, rétorque le Gryffondor obstiné, avec confiance.
- Pourquoi êtes-vous toujours si certain de vous-même? se moque l'autre sorcier, ironique.
- Snape… poursuit le plus jeune.
Ce dernier qui en a assez, se lève aussi, imposant.
- Non, vous écoutez, Potter. - Je suis le Maître des potions et je suis certain à 100% qu'il s'agit d'un produit inefficace et rien d'autre. Peut-être ont-ils pensé qu'ils avaient réussi à faire cette potion correctement et y ont inscrit le nom dessus mais je suis sûr que c'est inutile, affirme le Serpentard avec conviction, à son tour.
- Ne pouvez-vous pas juste la tester, utiliser une autre potion pour vérifier ce qu'il y a dedans? lui propose-t-il.
Severus n'était pas de nature à commettre des actes sans y avoir réfléchi. Sauf, à présent: il ressentait de la témérité, une brusque envie pour… tout. Diverses émotions se mélangent en lui, hurlent avec la puissance d'un ouragan, avant que son stupide esprit l'encourage, que son corps bouge par sa propre volonté et qu'il réalise ce qu'il faisait, la fiole se trouvait déjà dans sa bouche.
- Ne buvez pas! entend-il Potter crier, s'élançant à travers lui, essayant de mettre un terme à son geste, qu'il soit trop tard.
Bien sûr, que le sorcier avale le liquide sucré tel que cela eût été la vie elle-même.
Le monde semble ralentir tandis qu'il voit les doigts de l'autre homme attraper son poignet afin de lui enlever... Cependant, c'est une bouteille vide qui tombe de sa paume jusqu'au sol. Le bleu du verre reflète la couleur rouge des flammes.
Puis, le corps précipité de Potter s'écrase avec force, contre le sien avant que tous les deux ne s'affaissent inévitablement. Enfin, sa coupe de vin s'envole également en direction du plancher, les précède. D'abord, le liquide rouge sang éclabousse le tapis, ensuite le tapis ne se révèle pas suffisant pour amortir le choc et explose en milles morceaux.
Severus sent la gravitation entraîner son corps et la douleur qu'il allait ressentir. Sa tête allait rencontrer la dureté du sol, surtout qu'un deuxième viendrait s'écraser sur lui. Cela serait douloureux.
Au dernier moment, il bouge par instinct afin de se retrouver au-dessus du plus jeune, glisser ses doigts pâles sous la tête d'Harry avant qu'ils entrent en collision avec le plancher. Il se dépêche de se séparer de Potter, mal à l'aise, se lève, offre sa large main au professeur toujours par terre.
- Ouch!, échappe-t-il de ses lèvres pleines.
Il aperçoit Snape qui tient son haut corps penché au-dessus de lui, avec patience. Le laisse procéder à son rythme, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il parvienne à bouger de nouveau. Le Survivant l'accepte et laisse son collègue l'aider à se lever du sol.
- Merci! dit-il en apercevant le vin répandu ainsi que les échardes de verres - Euh, désolé pour ça, je vais m'occuper… Puis, le professeur saisit la fiole, reprend la discussion en criant. - POURQUOI l'avez-vous bu?! Comment pouvez-vous être si certain de vous-même?! Stupide, arrogant, idiot, vous! À chacun des adjectifs, son index pointe le torse de l'homme aux robes noires. - Vous auriez pu mourir! Ça aurait pu être un poison dedans, pas l'Arbitrium Liberum, hum? Et si… Sa voix s'évapore tandis que son regard furieux rencontre un sourire.
- Qu'est-ce qui vous fait sourire là dedans, Snape, vous trouvez ça amusant de frôler la mort?! s'énerve-t-il.
- Votre intérêt pour ma personne flatte mon ego, répond-il sur le ton de l'ironie, en repoussant le doigt envahissant de son torse. - Il n'y avait pas la moindre chance que du venin se soit à l'intérieur de cette mixture. J'ai clairement senti l'unique odeur des bezoars, qui est l'un des ingrédients principaux de l'Arbitrium Liberum. J'espère que vous vous rappeler à quelle fin elles sont utilisées.
- Comment j'aurais pu oublier? rétorque Harry, toujours en colère.
- Vous ne vous enquérissez pas de ma santé? reprend le professeur de potion, avec moquerie.
Le plus jeune soupire simplement, se tourne et d'un geste de sa baguette, à coeur de phoenix, nettoie le tapis. Puis, reforme le verre éparpillé en coupe, à nouveau. Avant, de se retourner encore vers son patient.
- Comment vous sentez-vous? finit-il par lui demander, anxieux et inquiet. Ça y est, il l'était pour Severus Snape. Il avait vraiment besoin d'un verre de brandy. Le plus tôt, le mieux.
- Normal, annonce l'autre homme fièrement, ravi d'avoir eu raison, gagner sur Potter qui contrairement à lui, n'y connaissait rien. - Je vous l'ai dit qu'il ne pouvait s'agir de cette potion. Maintenant, quittez, je dois terminer mon livre.
- Vous êtes fou. Vous n'auriez pas dû boire cette chose. Vous ne savez pas ce qu'elle vous fera.
- Je sais avec précision ce que cela me fera: rien. Un produit mal préparé d'Arbitrium Liberum n'a absolument aucun effet sur le corps ni l'esprit des sorciers. Bonne nuit, Potter.
- Je continue à croire que vous n'auriez pas dû la boire, insiste une dernière fois le Gryffondor avant de quitter la pièce.
Severus, pour sa part, après une journée bien remplie, se loge dans son confortable fauteuil de nouveau et prononce un Accio sur son ouvrage.
Il n'y avait qu'un seul problème. Cette potion ne montrait pas ses effets immédiatement après avoir été ingurgitée, mais quelque temps plus tard. Il s'endort un peu trop vite, pour se préoccuper de ce léger détail.
