Hello,

Aujourd'hui je vous dévoile ENFIN, le dernier chapitre de "Rêve ou réalité ?". Pour l'occasion, les mots de ce thème m'ont été donné par LénaFMA. J'espère que vous avez apprécié l'intrigue de cette histoire tout comme moi j'ai adoré l'écrire !

Bonne lecture.

Sei.

PS : Merci à Musing-and-Music, Sow'mama, Luciole et LénaFMA pour leur commentaire sur le précédent chapitre. Cœur sur vous *émoji bisou cœur*.

Thème : Rafale, mondial, voyou et neige.


Jour 23 : Rêve ou réalité ? 7/7

Situation : Après le jour promis, Roy est Général et a pris les commandes de la région Est.

Riza frotte ses mains l'une contre l'autre en soufflant dessus afin de les réchauffer un peu. L'hiver commence durement en cette fin d'année. Ils ont déjà eu le droit à un automne très pluvieux et là, la chute des températures est tellement importante que le lieutenant ne serait pas étonnée de voir tomber les premiers flocons de neige dans les jours à venir...

Mais bon, qu'importe la météo... Il est hors de question qu'elle n'aille pas à l'entrainement.

- Riza ! S'écrit la voix de Rebecca, lorsque Riza entre enfin dans le stand de tir, malgré l'heure tardive.

Les lieux sont presque déserts, la plupart des militaires sont déjà rentrés chez eux. La blonde est surprise de voir sa meilleure amie toujours sur place, mais bon, la connaissant, elle a dû l'attendre ! Rebecca va la réprimander parce qu'elle lui a promis de s'entraîner avec elle ce soir et comme toujours, elle a trop traîné au bureau...

Riza lui sourit, tandis que Rebecca lui fait de grands gestes pour qu'elle la rejoigne. Elle se saisit de son arme fétiche, vérifie qu'il est chargé, puis s'avance vers elle, prête à s'entraîner.

Parfois elle se sent incomprise de tous parce qu'elle n'hésite pas à faire des heures supplémentaires volontairement pour finir des dossiers en retard. C'est pourtant tellement plus agréable et satisfaisant de sortir du travail tout en sachant qu'ils n'ont plus aucun retard ! D'ailleurs ses collègues lui en sont toujours reconnaissant le lendemain ! Ce n'est pas pour cela qu'ils restent plus longtemps le lendemain malheureusement... Mais bon, elle ne leur en veut pas, parce que c'est son choix personnel. Il n'y a que son supérieur qu'elle réprimande de temps à autre quand les documents sont vraiment trop urgents pour attendre le lendemain et qu'elle a besoin de sa signature personnelle pour terminer le dossier en temps et en heure.

- Tu te joins afin à nous ? Renchérit la brune, un ton accusateur dans la voix.

Surprise par la remarque, la jeune femme se fige, étonnée.

- À nous ? Répéta Riza, sans comprendre.

Elles n'ont pourtant l'habitude de ne tirer qu'à deux depuis son retour à East City... Qui a bien pu se joindre à elle durant son absence ?

- Oui, ton collègue est venu s'entraîner avec moi aujourd'hui, c'était agréable vu que tu m'as faussé compagnie... Expliqua Rebecca, son ton encore plus accusateur tout en désignant le Lieutenant Havoc d'un signe de tête qui est concentré sur son tir.

Riza retient de lever les yeux au ciel, Rebecca adore en rajouter des couches... Ses yeux sont en train de lui lancer une tonne de reproches en rafale, n'osant pas exprimer le font de sa pensée à cause de la présence du Lieutenant Havoc sur place.

- Si mes retards te dérangeaient tant que ça, tu ne m'attendrais pas à chaque fois ! Répondit-elle alors, sans montrer la moindre expression sur son visage avant de se placer sur une place libre pour tirer à son tour.

Elle peut entendre Rebecca rire à sa remarque avant qu'elle ne vienne s'installer à son tour. Elles savent toutes les deux qu'elles ont raison. Riza est toujours en retard aux séances de tirs parce qu'elle reste toujours jusqu'à trop tard au bureau et Rebecca le lui reproche à chaque fois et pourtant, à chaque fois elle l'attend et prolonge sa séance de tir pour repartir avec elle.

- Lieutenant Havoc, c'est un plaisir de vous revoir ici, salue-t-elle le fumeur en se positionnant.

- Merci Lieutenant ! Réponds joyeusement son collègue.

Sa rééducation a été très longue et les médecins étaient formels. Pas de tir tant qu'il n'a pas totalement récupérer l'usage de ses jambes. Donc le voir ici est très bon signe et fait réellement plaisir à la jeune femme qui a hâte qu'Havoc retrouve la totalité de ses capacités.

Le reste de l'entraînement se fait dans le silence et dans la concentration. Seul le bruit des balles frappant les cibles se font entendre car ainsi le veut Riza quand elle tire, être concentrée au maximum sur sa cible. À chaque fois qu'elle tire, elle se voit à la place de cette cible en carton. À chaque fois qu'elle tire, elle voit le reflet de celle qu'elle était à Ishval. C'est tellement difficile pour elle de tourner la page de cette horrible période. Elle ne faisait qu'obéir aux ordres, certes, mais c'est elle qui tirait sur la détente et qui tuait ses Ishvals. Elle est tout aussi responsable et cette culpabilité ne la quittera jamais. Même si tous les Ishvals qu'elle a rencontré jusqu'à présent ne lui en ont jamais tenu rigueur, elle refuse de se pardonner cette fille qu'elle était à l'époque. Cette fille qui voulait juste montrer qu'elle était un bon petit soldat qui obéissait aux doigts et à l'œil.

Cette fille qu'elle est pourtant toujours !

Mais à présent les choses sont différentes. Même si elle donne l'impression d'obéir à l'armée au doigt et à l'œil, il n'en est pourtant pas le cas. Après tout, n'est-elle pas devenue un déserteur durant le jour promis ? Allant à l'encontre du règlement militaire. Bon d'accord, c'était pour révéler le vrai visage de King Bradley et sauver le pays voire la terre tout entière d'une guerre mondiale, mais tout de même, si elle était restée ce militaire obéissant aux ordres comme durant la guerre d'Ishval, alors elle aurait fait partie de cette catégorie d'hommes qui avaient soutenu le Généralissime en défendant son image plutôt qu'en l'attaquant.

Et puis...

- Pfiou... Riza ! Moi je m'arrête là pour aujourd'hui ! L'interrompt Rebecca dans le fils de ses pensées, la faisant rater sa cible. Oups, désolée, renchérit-elle devant le regard noir de Riza.

- Pareil ! Baille le Lieutenant Havoc en se redressant et en étirant sa nuque endolorie. Je crois que j'ai un peu trop forcé pour une reprise.

- N'en faites pas trop et rentrez chez vous, il se fait tard, le sermonne doucement Riza avant de se reconcentrer sur sa cible.

Elle ne voit donc pas le blond et la brune qui se lancent un regard intrigué.

- Tu ne t'arrêtes pas avec nous ? La questionne Rebecca, surprise.

En général, Riza termine toujours son entraînement en même temps que Rebecca, même quand elle arrive en retard, car elle s'en fiche d'en faire moins puisqu'elle vient plus souvent que la brune à la salle de tir. Mais ce soir, elle ne veut pas rentrer avec sa meilleure amie parce qu'elle a d'autres projets en tête.

Bon d'accord c'est complètement fou et irresponsable... Mais ne vient-elle pas de se dire qu'elle en a assez de se comporter comme un petit soldat obéissant au doigt et à l'œil ?

- Je vais m'entraîner encore un peu et puis il faut que je repasse au bureau récupérer mes affaires avant de rentrer, explique-t-elle alors à sa meilleure amie, lui faisant comprendre que ça ne sert donc à rien de l'attendre.

Et sans demander son reste, elle se reconcentre sur sa cible sans voir le regard, cette fois-ci, choqué, que les deux comparses se jettent. Un clin d'œil complice plus tard, ils décident donc de retourner aux vestiaires non sans se lancer des regards qui disent "Il faut qu'on parle !", "On se rejoint à l'extérieur" que Riza ne voit évidemment pas.

Riza ne quitte le stand de tir qu'une demi-heure plus tard. Elle est la dernière à quitter les lieux et doit donc tout éteindre, mettre sous clé et sécuriser avant son départ. Lorsqu'elle quitte les vestiaires, douchée et changée, il est déjà plus de vingt-deux heures. Son regard se lève en direction de le bureau de son supérieur dont la lumière filtre à travers les rideaux tirés. Elle espère que le Général a avancé sur ses dossiers pendant son entraînement.

Prise d'un soudain doute, elle se surprend à observer autour d'elle pour s'assurer qu'elle n'est pas suivie. N'importe quoi... Pourtant, elle a l'impression d'être un voyou qui s'apprête à commettre un délit lorsqu'elle franchit la porte d'entrée du quartier général. Les couloirs sont vides, les rares personnes en garde sont soit dans leur bureau, soit en salle de pause. Il n'y a que l'accueille qui est gardé par le vigil mais ce dernier ne relève même pas son passage puisqu'elle passe son temps à venir en avance et à repartir bien plus tard que son service. Tant mieux.

Pourquoi ressent-elle du trac tout à coup ?

Peut-être parce qu'elle ne se rend pas compte qu'elle est surveillée par deux personnes ?

En tout cas, lorsqu'elle arrive devant la porte close du bureau de son supérieur, elle se retrouve à souffler un bon coup avant de trouver le courage de toquer.

- Général ? Demande-t-elle en ouvrant doucement la porte puis en entrant.

Elle peut observer son supérieur complètement perdu dans ses pensées.

- Lieutenant ! Sursaute-t-il, surpris de la voir revenir. Vous n'êtes pas partie ?

Elle secoue négativement la tête en s'approchant du bureau derrière lequel il est assis.

- Je vous avais dit que je repasserais après mon entraînement, explique-t-elle alors.

Que faire à présent. Récupérer ses affaires et s'en aller ? C'est ce qu'elle devrait faire mais elle n'en a pas envie. Elle voit bien que l'alchimiste est troublée par sa présence, parce qu'il y a des gestes qui marquent et celui qu'elle a eu à son égard juste avant de s'enfuir au stand de tir en était un. Elle n'aurait pas dû fuir mais sur le moment, c'était ce qui lui avait paru le plus juste. Pour qu'elle puisse réfléchir. Mais tout est clairement réfléchi à présent. Elle sait qu'il se pose des questions et qu'il aimerait avoir des réponses.

- Ah...

C'est tout ce qu'il trouve à lui répondre. Ils se regardent sans trop savoir quoi faire et Riza sent son cœur battre plus fort dans sa poitrine. Ne supportant plus la pression du regard de son supérieur sur elle, son regard dérive vers le canapé et les battements de son cœur se font de plus en plus intense. Elle a pris tellement sur elle pour le rejoindre cette nuit-là. Et pourtant, il ne s'en souvient même pas...

- Quelque chose ne va pas ? Murmure le Général, intrigué par son comportement.

Pour toute réponse Riza souffle. D'accord, c'est elle qui a décidé de faire comme s'il ne s'était rien passé entre eux après les jours promis. Parce qu'ils étaient allés trop loin dans les déclarations et que les Homonculus avaient beau avoir disparu, la sécurité du pays n'était pas encore établi et puis surtout, Roy n'était toujours pas Généralissime et le cas Ishval n'était toujours pas réglé.

Mais plus les mois passent et plus Riza regrette certaines de ses décisions drastiques. Elle ne veut plus seulement être un soldat qui obéit au doigt et à l'œil, elle veut aussi jouir pleinement de sa vie. Mais comment vivre une vie heureuse quand on a décidé de tomber amoureuse de son supérieur et que la fraternisation est interdite ? Si sous le règne de King Bradley elle n'aurait tenté aucun écart, savoir que c'est aujourd'hui son grand-père qui dirige le pays lui font pousser des ailes... Elle se sent beaucoup moins oppressée par le règlement de l'armée. Elle se dit qu'enfreindre une règle, secrètement, ne serait pas la fin du monde ou ne l'empêcherait pas d'atteindre son objectif. C'est sur cette pensée qu'elle s'est glissée contre le corps de Roy cette nuit-là. Elle avait fait style de l'ignorer, mais l'invitation qu'il lui avait fait ne l'avait pas laissé indifférente et elle s'était dit "pourquoi pas".

- Lieutenant.

Riza sursaute, elle ne s'est même pas rendue compte que son supérieur s'est levé et qu'il se trouve à présent devant elle, posant un regard vraiment inquiet et troublé sur elle.

- Général... Répond-t-elle, perdue, la bouche entrouverte.

Ses yeux s'accrochent aux siens, mais pas seulement, ils dérivent sur son nez, sa bouche, la forme de son menton, ses cheveux noirs. Elle se revoit cette nuit-là, blottie dans ses bras, tandis qu'il dormait comme un bien heureux et qu'elle le regardait dormir. Ses doigts avaient redessiné le contour de son visage, s'emmêlant dans ses cheveux, elle avait respiré si longuement l'odeur de son parfum avant de sombrer à son tour dans le sommeil. Elle s'était réveillée légèrement perdue avant de réaliser ce qu'elle avait fait. Prise de panique, elle avait quitté le bureau avant même qu'il ne se réveille pour tomber sur Fuery qui venait tout juste d'arriver. Heureusement que ça n'avait pas été Havoc ou Breda, sinon elle aurait été grillée tout de suite.

- Que se passe-t-il ? Insiste l'alchimiste devant son manque de réactivité.

Riza se mord la lèvre inférieure, ne pouvant plus garder cela pour elle.

- Je n'y arrive plus... Murmure-t-elle alors, penaude.

Devant elle, son supérieur fronce les sourcils, incrédule.

- Vous n'arrivez plus à quoi ? demande-t-il alors.

Mais il n'a pas le temps d'en demander plus que Riza tire sur le col de sa chemise pour l'attirer contre lui et écrase ses lèvres sur les siennes. Qu'est-ce que ce geste lui fait du bien. Un soupire de satisfaction s'échappe de sa bouche. Les lèvres de Roy sont si chaudes contre les siennes. Si dans un premier temps il reste figé, surpris par son geste, au lieu de la repousser, il finit par répondre à son baiser qui se fait de plus en plus enflammé, sans mauvais jeu de mots.

Riza sent un brasier naître dans son estomac. Elle en veut plus, tellement plus, mais elle sait que si elle ne se contrôle pas, ils pourraient avoir des ennuis. Ils sont au bureau et n'importe qui peut débarquer... C'est donc à contre cœur qu'elle s'éloigne de lui, à bout de souffle.

Même si ce qu'elle vient de faire est illégale, Riza ne regrette nullement son geste et elle lit dans le regard de Roy qu'il ne regrette absolument rien puisque ses mains viennent se glisser dans ses cheveux pour l'embrasser à nouveau. Son cœur rate un battement sous le choc mais elle ne peut s'empêcher d'y répondre à nouveau avec appétit.

Lorsque ses fesses s'appuient contre le bord du bureau et que le bassin de son supérieur vient s'appuyer contre elle, un sursaut de lucidité s'empare d'elle et elle interrompt brusquement le baiser, à bout de souffle.

- Je... Bredouille-t-elle, confuse.

- Ne fuis pas ! S'alarme Roy s'emparant de son poignet.

Riza secoue la tête.

- Je ne vais pas fuir, le rassure-t-elle. Je... Je ne veux plus fuir... Renchérit-elle en se blottissant contre lui.

Toujours aussi surpris, Roy reste un instant figé avant d'encercler ses bras autour d'elle.

- Je ne sais pas ce que nous allons devenir, mais je ne veux plus cacher ce que je ressens, poursuit-elle, toujours blottie contre lui.

- Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? Demande Roy en s'éloignant d'elle juste pour capter son regard.

- Toi, murmure-t-elle en souriant.

- Moi ? S'exclame-t-il en fronçant les sourcils, surpris.

Riza approuve d'un hochement de tête mais comme Roy ne comprend pas ce qu'il a pu faire pour la faire changer d'avis, elle reprend.

- La fois où tu m'as proposé de venir me reposer sur ton canapé, souffle-t-elle alors en désignant d'un signe de tête le canapé présent dans le bureau.

Les yeux de Roy s'écarquillent et vont de Riza au canapé. Il lui faut quelques instants pour retrouver le contexte en question.

- Ce n'était donc pas un rêve ! S'exclame-t-il, abasourdi.

- Non, ce n'était pas un rêve, lui répond-t-elle avec un petit sourire timide.

Ils s'observent en souriant. Ils ne savent pas de quoi demain sera fait, mais au moins, les choses sont clairs entre eux. Ils s'aiment et c'est tout ce qui importe. Ils s'en fichent si cet amour doit rester secret, le principal c'est qu'ils savent ce que l'autre ressent.

- Je t'aime, murmure Riza, le cœur léger de s'être enfin ouverte.

Et qu'importe que le règlement de l'armée soit enfreint, elle sait qu'elle ressortira plus forte et plus motivée que jamais à atteindre ses objectifs et il en sera de même pour Roy.

- Moi aussi je t'aime, murmure Roy en retour avant de sceller une fois de plus ses lèvres avec les siennes.

Qui n'a jamais eu de petit secret !? Celui-là et le leur et c'est le plus beau des secrets qu'ils n'ont jamais eus.

Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que leur amour n'est plus aussi secret qu'ils ne le pensent car derrière la porte du bureau, deux voyeurs, un blond et une brune, se lancent un regard rempli de malice. C'est une découverte qu'ils ne sont pas près d'oublier ! Et attendez qu'Havoc annonce ça à Breda !

Enfin, au moins ils savent que ces trois-là n'iront pas les dénoncer, ils ont trop de respect pour eux pour faire une telle chose, ils sont simplement fous de joie de voir que les "non-dits" n'existent plus entre ces deux-là.

Fin.


PS : Je ne vais pas refaire un chapitre du point de vue d'Havoc ou de Rebecca parce que mon calendrier est terminé, mais je les imagine bien surexcité comme deux gosses à espionner ces deux-là *émoji mort de rire*.