Hello !
Aujourd'hui nous sommes le réveillon de noël *émoji sapin de noël* et pour l'occasion je vous présente une mission toute mignonne directement inspirée par Sow'mama dont en plus de m'inspirer les thèmes, m'a inspiré ce qui va suivre !
J'espère que ça vous plaira et surtout, que ça plaira à Sow' !
Bonne lecture et bon réveillon !
Sei.
PS : Merci à Luciole, Musing-and-Music, Sow'mama et LénaFMA pour leur commentaire sur la journée d'hier !
Thème : Patinage, mission, sueur et réconfort.
Chapitre 24 : Weekend à deux.
Situation : Après le jour promis, Roy est Général et a pris les commandes de la région Est.
- Mon Général, vous m'avez fait demander ? S'exclama Riza en se présentant au garde à vous devant son supérieur.
Elle ne comprenait pas cette soudaine demande de la part de la secrétaire du Général Mustang... Ça semblait "urgent" mais dans son souvenir, il n'y avait rien d'urgent en ce moment. La région était calme et la supervision du projet réhabilitation d'Ishval prenait place doucement mais sûrement.
- Lieutenant Hawkeye ! Vous avez fait vite, comme toujours ! Sourit l'alchimiste à la vue de sa subordonnée.
Ils se voyaient moins souvent puisque Roy Mustang n'avait plus d'équipe attitré depuis qu'il était devenu Général, mais pour lui son équipe restait son équipe et il ne voulait pas perdre le contact avec eux. Ça ne l'empêchait pas de croiser son garde du corps plusieurs fois par jour mais ça lui manquait de ne plus l'avoir assise prêt de lui de son arrivée à son départ...
Et oui, car Riza n'était pas devenue la secrétaire du Général Mustang lors de sa promotion comme commandant de la région Est parce qu'elle voulait rester sur le terrain et que si être la secrétaire du Colonel Mustang lui permettait d'avoir le temps d'aller sur le terrain et d'assurer sa sécurité en plus de gérer son emploi du temps, la secrétaire d'un Général au commande de toute une région n'avait pas le temps de s'occuper d'autre chose que de l'agenda du Général et de l'organisation de toute la région... Et Riza ne se voyait pas sacrifier sa présence sur le terrain pour rester uniquement assise derrière un bureau... La décision avait été douloureuse et le Général avait accepté de prendre une nouvelle assistante uniquement si le Lieutenant Hawkeye restait son garde du corps.
En parallèle, elle gérait principalement le stand de tir et était devenue formatrice pour les jeunes recrues quand elle n'assurait pas la sécurité du Général. L'ex Lieutenant Havoc poursuivait sa rééducation afin de réintégrer l'armée par la suite. Concernant le sous-lieutenant Falman, il avait décidé de rester à Briggs et était donc entre autres un agent de liaison entre le Nord et l'Est. Fuery avait rejoint l'équipe de communication d'East City, là où il était avant de rejoindre l'équipe de Mustang mais maintenant comme "commandant" du secteur communication, c'est lui qui donnait les ordres. Et Breda jouait les agents double et se perfectionnait dans l'infiltration. Mustang lui confiait les missions pour lesquels il avait vraiment besoin d'un homme de confiance sur le terrain car il était cet homme de confiance à ces yeux.
Et bien évidemment, chacun d'eux apportait de son soutien sur le projet de réhabilitation d'Ishval et Riza accompagnait le Général dans tous ses déplacements.
- Repos, renchérit-il voyant que sa subordonnée rester toujours aussi professionnelle.
- Un souci ? Demanda-t-elle, voyant que son supérieur ne semblait pas vraiment pris par l'urgence de la situation comme elle s'attendait à le retrouver. J'ai cru comprendre que c'était "urgent", notifia-t-elle, sous-entendant qu'elle avait laissé ce qu'elle était en train de faire pour venir ici au plus vite.
Bon certes, ses collègues du stand de tir avaient pris le relais, mais elle détestait abandonner ses élèves avant la fin de la séance.
- Ce n'est pas "urgent" dans le sens où vous vous l'entendez, mais notre train part à dix-huit heures et il est bientôt dix-sept heures. Je sais à quel point vous tenez à respecter votre planning de cours de tir avec vos élèves, mais si j'avais attendu la fin de votre cours...
Le Général n'eut pas le temps de terminer sa phrase que la jeune femme s'exclama.
- Notre train !? Le coupa-t-elle, ébahie. Ce n'est pas "urgent", renchérit-elle, sans comprendre.
Comment pouvait-il dire que ce n'était pas "urgent" si elle ne pouvait même pas terminer son cours de tir parce qu'ils étaient pressés par le temps ?
- Je n'ai pas le temps de vous expliquer la situation, reprit le brun en se levant. Je vous ai appelé pour vous transmettre l'information afin que vous puissiez rentrer chez vous préparer vos affaires. Je m'apprêtais à en faire de même.
Il fit comprendre que la discussion était close et que Riza pouvait quitter son bureau, mais la jeune femme n'était pas du même avis.
- Et Hayate ? Ajouta-t-elle.
Elle n'était pas du genre à contester un ordre, mais là, son supérieur ne lui donnait aucune information, il l'avait convoqué juste pour lui dire qu'ils partaient dans une heure... Pourquoi le lui dire lui-même !? Il aurait simplement pu lui écrire un message qu'on lui aurait transmis... Qu'est-ce qu'il lui prenait tout à coup...
- Vous pouvez l'emmener, répondit-il simplement, tout en organisant ses affaires, prêt à partir.
Riza avait envie d'insister mais elle voyait bien que le Général ne se montrerait pas coopératif du coup elle n'insista pas et rentra chez elle.
Bien évidemment elle arriva à la gare en temps et en heure un millier de questions à l'esprit et en plus de tout cela, elle fut surprise de voir son supérieur déjà sur place et tout sourire en plus. Son attitude l'intrigua.
Il refusa de répondre à ses questions devant des civils et elle dut se contenter de le suivre dans l'un des trains qui partait en direction de la région Nord dans une ville près de la frontière Est. Bien évidemment Riza n'avait pas dit son dernier mot et ne lâcha pas l'affaire, elle lui posait tout un tas de questions sur ce qu'ils feraient sur place, elle demanda qu'elles étaient les ordres à suivre, et se montra de plus en plus insistante et intrusif qu'il finit par céder.
- Il n'y a pas de mission ! Lâcha-t-il en soufflant un bon coup.
Elle vit tout de suite à son regard qu'il regrettait d'avoir dit ça mais que d'un autre côté, à présent qu'ils étaient dans le train et que ce dernier était en marche, elle ne pourrait plus rien y changer.
- Vous vous moquez de moi ? Riposta-t-elle, hors d'elle.
Qu'est-ce qu'il l'agaçait avec son petit sourire confiant et rêveur alors qu'il la laissait sans la moindre information...
Pas de mission !? Tout ce remue-ménage et cette agitation de dernière minute pour... Rien !?
Non.
Elle refusait d'admettre une telle chose. C'était quoi tout ce bordel !?
- Je n'oserais pas ! S'outra l'alchimiste.
Il n'oserait pas ? Pourtant, elle avait véritablement l'impression qu'il se jouait d'elle et elle n'aimait pas ça. Le Général dut le lire dans l'expression de son visage car il s'empressa d'ajouter.
- C'était une idée de votre grand-père.
Son grand-père !? Mais que venait-il faire dans l'histoire celui-là !? Dans quoi est-ce qu'il était en train de l'embarquer ? Devait-elle se méfier ?
- C'est une blague !? S'outra-t-elle.
Pourtant il était le mieux placé pour savoir qu'elle détestait les blagues !
- Écoutez Hawkeye... Tenta-t-il d'apaiser la tension naissante.
Heureusement qu'ils avaient un compartiment privé qui les mettait à l'abris des regards indiscrets.
- C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour vous obliger à me suivre, ajouta-t-il plus doucement.
- Abus de pouvoir et enlèvement... Et bien... Je ne sais pas quoi répondre à cela, ironisa-t-elle. Vous avez peut-être l'intention de me séquestrer quelque part dans le nord une fois arrivé ? Se permit-elle d'ajouter d'un regard sévère.
Le regard de son supérieur se fit un instant mystérieux.
- Bien sûr que non, je vous emmène en vacances ! Finit-il par avouer, n'en pouvant plus de voir sa subordonnée autant sur la défensive.
Mais bien évidemment, cette révélation ne la détendit nullement.
- Pardon !?
Est-ce qu'elle avait bien entendu ? C'était une blague !? Des... Vacances ! Elle avait une tête à prendre des vacances ?
- Vous n'avez pris aucun repos depuis le jour promis... Commença-t-il.
- Et !? Le coupa-t-elle, furieuse.
Était-il écrit quelque part qu'il était obligatoire de prendre des vacances ? Il ne lui semblait pas... De quoi se mêlait son grand-père !? Et pourquoi diable son supérieur s'en mêlait-il en retour !?
- C'est inhumain, appuya-t-il, sérieusement. Vous devez vous reposer.
C'était l'hôpital qui se foutait de la charité... Le Général qui en faisait toujours trop lui demandait de se reposer !? Elle se retint sérieusement de lever les yeux au ciel.
- Nous avons beaucoup de travail à accomplir... Voulut-elle répliquer avant de se faire interrompre.
- Quelques jours de vacances n'empêchera pas le projet d'Ishval de prendre forme, la coupa-t-il à son tour.
Riza avait envie de répliquer mais le regard de son supérieur lui fit comprendre que le sujet était clos. Et puis de toute façon c'était une décision du Généralissime lui-même... Elle ne pouvait même pas blâmer son supérieur direct puisqu'il ne faisait qu'obéir aux ordres. M'enfin, même si elle avait envie de leur dire à tous les deux de se mêler de leurs affaires...
- Pourquoi ne pas simplement m'en avoir parlé avant, finit-elle alors par demander, vaincue.
Elle plongea son regard sur le paysage, ne voulant plus faire face à son supérieur et au mensonge auquel il avait eu recourt pour la piéger.
- Vous auriez refusé ! Fit-il remarquer.
En effet, il avait raison... Elle n'aurait jamais accepté parce que prendre des vacances ne faisait pas partie de ses priorités et elle ne comprenait même pas pourquoi le Général en profitait, lui qui voulait s'investir corps et âme sur le cas Ishval...
- Et vous me prévenez à la dernière minute !? Nota-t-elle tout de même sous le choc de ce départ précipité.
Elle ne s'en remettait pas.
- Si je ne l'avais pas fait, vous m'auriez harcelé pour savoir ce qu'il se passait, je ne pouvais pas prendre le risque que vous compreniez ce qu'il se tramait, répondit-il simplement en haussant les épaules.
C'était justifié. Il la connaissait trop bien.
Un silence s'installa entre eux, Riza observait le paysage, toujours un millier de questions à l'esprit, mais l'une d'elle la tracassait plus que les autres.
- Pourquoi juste tous les deux ? Murmura-t-elle alors.
Lorsqu'elle réalisa qu'elle avait parlé à voix haute Riza sursauta légèrement, trop tard, son supérieur l'avait entendu et un petit sourire s'étira sur ses lèvres. Pour autant, il ne lui répondit pas et un sentiment bizarre s'infiltra en Riza... Qu'allait-il se passer durant ces "vacances" ?
Ils s'arrêtèrent dans la gare d'un petit village que Riza ne connaissait pas. Il neigeait, ce qui n'était pas étonnant puisqu'on était en décembre et qu'ils se trouvaient dans la région Nord, connu pour être toujours sous la neige en pleine hiver et certaines parties de la région comme Briggs l'étaient à longueur d'années.
Le Général refusa de dire à Riza où ils se rendaient exactement, ils quittèrent le village en traîneau, tiré par des chevaux, une couverture sur les genoux pour ne pas qu'ils aient froid. La jeune femme n'avait pas l'habitude de recevoir autant d'attention... Cette ambiance sonnait trop romantique et elle ne savait plus où se mettre, surtout que le Général ne quittait plus son petit sourire en coin.
Le trajet dura plus d'une heure puisqu'avec le temps et les circonstances ils ne pouvaient pas avancer très vite. Il faisait nuit noire et c'était les lanternes du traineau et la nuit étoilée qui éclairaient leur route. C'était une magnifique aventure, mais l'ambiance digne d'une balade en amoureux ne cessait de trotter dans l'esprit de la blonde et elle préféra donc profiter de ce trajet en silence, admirant le paysage enneigé, et tentant d'oublier qu'elle était ici en compagnie de son supérieur.
Il avait beau faire nuit, le blanc éclatant de la neige ne donnait pas l'impression qu'il faisait si noir que cela, ce qui permit aux deux tourtereaux de s'égayer de ce moment.
Ils finirent par arriver dans un tout petit village à l'écart, perdu en pleine nature et le cochet les déposa devant l'auberge du village avant de leur souhaiter une bonne soirée.
Riza resta impressionnée par la beauté du village et suivit son supérieur à l'intérieur de l'auberge des étoiles dans les yeux. L'aubergiste s'occupa de monter leurs bagages dans leurs chambres tandis qu'il les invita à passer à table. La blonde réalisa à quel point elle avait faim lorsqu'une bonne odeur de nourriture se fit sentir. Il était déjà prêt de vingt-et-une heure.
oOo
- Passons à table, s'exclama le Général qui était resté silencieux tout le long de la route.
Il n'avait pas trop parlé pour ne pas perturber Riza, il avait senti qu'elle ne s'imprégnait pas encore du fait qu'elle était en vacances. À coup sûr que dans sa tête elle se disait qu'ils étaient en mission sous couverture pour accepter plus facilement ce fait et la proximité avec lui... Son objectif ? Faire en sorte qu'elle se détende et qu'elle arrête de penser au boulot pour penser un peu à elle. C'était pas gagné, mais il avait promis au Généralissime qu'il y parviendrait.
En parlant du Généralissime... Il avait été étonné de sa proposition... Et encore plus quand il lui avait demandé d'emmener le Lieutenant avec lui... Puis il lui avait glissé subtilement un document dans les mains et ses yeux s'étaient écarquillés. Il se souvenait avoir cru rêver pendant un instant, mais non, c'était la réalité ! Il était libre. Libre de s'engager comme il le souhaitait avec son assistante de toujours, la seule et l'unique dans son cœur. Riza Hawkeye. Le changement de loi prenait effet demain, le vingt-cinq décembre.
Demain...
Demain, il pourrait la courtiser sans redouter la moindre représailles. C'était la seule chose qui lui avait permis de ne pas glisser sa main contre la sienne lors de ce trajet en traîneau. L'attente devenait interminable. Il devait encore résister le temps de ce repas, puis jusqu'à ce qu'ils aillent se coucher ! Mais demain matin, lorsqu'il se lèverait, se serait un nouveau jour. Le début d'une nouvelle histoire.
- Général !? S'exclama un peu fortement la blonde, voyant qu'il était perdu dans ses pensées.
- Que diriez-vous de m'appeler Roy ? Nous sommes en vacances après tout ! Répondit-il tout à coup, s'en même s'intéresser à ce qu'elle lui demandait.
Elle ne l'appelait jamais par son prénom, sauf lors de certaines missions sous couverture... Qu'est-ce qu'il aimait quand elle prononçait son prénom.
- Et en plus, nous ne sommes pas en service ! Renchérit-il en désignant leur tenue de civil.
Il n'avait pas envie de parler de travail durant ces quelques jours et encore moins d'être nommé par son grade. Il ne voulait pas être son supérieur pour ces vacances mais son égal et pourquoi pas devenir sa moitié si elle le lui permettait. En tout cas, c'était le but recherché avec ce week-end qu'il avait organisé.
- Vous n'ignorez pas à quel point cette situation est malaisante... Murmura Riza son regard plongé sur le menu.
Il n'y avait pas beaucoup de possibilité de plat puisqu'il s'agissait d'une auberge, mais Riza persistait à garder les yeux dessus pour ne pas à devoir le regarder lui dans les yeux. Il avait encore du chemin à faire...
- Qu'est-ce qui vous met mal à l'aise !? Nous ne faisons que diner ensemble, tenta-t-il d'expliquer.
Ils avaient déjà diner ensemble, il n'y avait rien de nouveau à cela.
- Dans un cadre et un charme des plus romantique ? Notifia la blonde en montrant le décor de l'auberge.
Il est vrai que dans ce paysage enneigée, l'auberge avait un charme rustique idéale pour les week-ends romantique, c'était d'ailleurs pour cette raison qu'il avait choisi ce lieu comme point de chute.
- Vous auriez préférez que je vous emmène en vacances à Briggs peut-être ? Se contenta-t-il de répondre, ne pouvant pas nier le côté romantique de l'endroit.
- Nous aurions pu partir avec toute l'équipe... Précisa-t-elle alors, essayant de le prendre de cours.
- Ils passent tous la fin d'année en famille, répondit-il aussitôt, ne laissant aucune place au doute.
Décidément il avait réponse à tout et ce n'était pas pour plaire à Riza qui souhaitait avoir le dessus sur lui. Mais il s'était préparé à toutes ses questions. Il la connaissait trop bien et surtout il connaissait son côté à vouloir avoir toujours raison. Mais pouvait-il lui en vouloir ? C'était lui qui lui avait demandé de faire en sorte qu'il ne dérive pas de son objectif... Elle ne faisait qu'obéir à cet ordre... Mais demain il ne serait plus d'actualité et ça, elle l'ignorait encore puisque n'étant plus sa secrétaire, elle n'avait pas encore pu lire le nouveau traité qui sera mis en place demain.
- Vous avez choisis ? Vint les interrompre l'aubergiste pour prendre leur commande.
Ils stoppèrent la discussion pour passer commande, suite à cela, Roy décida de détendre l'atmosphère en parlant des nouvelles qu'il avait récemment eu de Gracia et d'Elicia Hughes, le repas se passa tranquillement et ils dévorèrent leur délicieux repas.
- Qu'allons-nous faire de ces "vacances", finit par reprendre Riza alors qu'elle savourait une délicieuse mousse aux trois chocolats pour le dessert.
Elle avait bien senti que son supérieur avait évité le sujet tout du long mais visiblement, elle refuserait d'aller se coucher sans savoir ce qui l'attendait un minimum... On parlait de Riza Hawkeye après tout, le genre de femme qui n'était pas du genre à déléguer les choses... Les vieilles habitudes avaient la vie dure et c'était toujours difficile de s'en défaire, il le voyait au quotidien puisqu'elle n'arrêtait pas d'être derrière sa pauvre secrétaire pour s'assurer qu'elle faisait son travail correctement et qu'elle n'oubliait rien !
- Qu'aimeriez-vous faire ? Répondit-il alors, histoire de la sonder sur ce qui pourrait lui faire plaisir.
Si Riza parut surprise de la question, pour autant elle se mit à réfléchir et ça faisait plaisir à voir. Commençait-elle enfin à se faire à l'idée de ce week-end qui les attendait ?
- Il doit sûrement y avoir des paysages magnifiques à découvrir dans les alentours... Je ne connais pas les lieux... Auriez-vous des informations sur ce que nous pouvons faire ? Le questionna-t-elle, indécise.
- En effet, il y a de longues promenades à faire aux alentours que ce soit à pied ou en traîneau, mais le village propose énormément d'activités ! De la luche, du patin à glace sur le lac gelée, des sources chaudes pour se relaxer, nous avons l'embarras du choix.
- Du patin à glace !
D'un coup les yeux de Riza s'illuminèrent et il se souvint tout à coup d'une adolescente qui lui avait raconté son rêve de glisser sur un lac gelé... Mais dans la région où elle vivait, la glace n'était pas assez solide pour tenter l'expérience alors il lui avait promis qu'un jour il l'emmènerait en faire.
Bordel... Comment avait-il pu oublier un tel détail ! Il fallait à tout prix qu'ils y aillent !
- Nous pourrions nous y tester ! Proposa-t-il alors.
L'activité était à présent en premier de sa liste des choses à faire.
- Mais je ne suis pas un pro du patinage... Se sentit-il obligé d'ajouter au souvenir de ses propres déboires sur la glace.
- C'est normal, le feu et la glace ne font pas bon ménage, lui répond alors Riza, de manière très naturelle.
Il resta un instant coi puis Riza lui offrit son premier sourire, légèrement moqueur, de la journée.
- Serait-ce de l'humour qui sort de votre bouche ? Ne peut-il s'empêcher de demander, démuni.
Il fallait dire que Riza et l'humour étaient deux choses de totalement différent...
- C'est vous qui m'avez emmené dans un endroit où votre alchimie devient inutile, haussa-t-elle les épaules, semblant de rien.
Ah oui, c'était comme ça qu'elle voulait le jouer...
- Peut-être pour que nous soyons sur un pied d'égalité, répondit-il, du tac-ô-tac.
Le sourire en coin de Riza s'étira.
- Vous êtes sûr ?
Qu'est-ce qu'il aimait cette complicité qui était en train de se créer entre eux. Riza ne semblait pas s'en rendre compte et il ne voulait pas qu'elle le perçoit car il savait qu'elle y mettrait fin.
- Bon d'accord, je l'ai bien cherché... Toussota-t-il alors, lui offrant cette victoire tandis qu'elle cachait son sourire derrière sa verrine de mousse aux trois chocolats.
Qu'est-ce qu'il avait hâte d'être le lendemain matin.
La fin du repas se passa sur une note beaucoup plus légère pour le Général. Ces vacances commençaient doucement à prendre la direction qu'il souhaitait prendre. Il ne préféra pas tenter le diable pour l'instant et il attendrait le lendemain pour se lancer.
Ils quittèrent leur table aux alentours de minuits et après cette journée de travail et le trajet en train, ils étaient tous les deux épuisés et décidèrent d'un commun accord d'aller se coucher. Il fallait qu'ils soient en forme pour le programme du lendemain. Ils prirent donc la direction des chambres, Riza récupéra au passage Hayate qui avait diné dans le hall de l'auberge et qui s'était ensuite assoupi devant la cheminée en attendant qu'ils terminent de diner.
oOo
Riza s'endormie aussitôt la tête posée sur l'oreiller. Il faisait très bon sous sa couette grâce à une petite attention de l'aubergiste qui avait glissé une bouillote toute chaude sous les draps. Elle sentait que ces "vacances" ne seraient pas sans conséquences et si elle avait peur de ce dans quoi l'embarquait son supérieur, elle savait également qu'elle pouvait lui faire confiance et qu'il connaissait les risques.
Elle n'avait pas envie de se prendre la tête. Depuis son entrée à l'académie, elle n'avait pas pris une seule fois du temps pour elle. L'avait-elle seulement déjà fait même avant cela ? Même après le jour promis, alors qu'elle était hospitalisée pour risque de réouverture de sa plaie à la gorge dont elle garderait à jamais la cicatrice, elle avait repris le travail administratif dès le deuxième jours, promettant aux médecins qu'elle ne ferait pas d'effort physique, autrement dit, interdiction de faire du sport, du tir et de travailler sur le terrain, tant qu'ils ne donneraient pas le feu vert. Elle ne savait pas s'arrêter, elle ne faisait que donner encore et toujours... Elle réalisait que ça pouvait être agréable de recevoir.
Le Général se surpassait pour ces "vacances"... Elle savourait ce moment de réconfort dont elle ignorait qu'elle en ressentait le besoin jusqu'à présent. C'était parfois relaxant de ne rien faire, elle retournerait au travail encore plus déterminée que jamais et pourtant, elle n'avait fait que dormir ! Elle sentait que son supérieur avait prévu tout un programme durant leur séjour ici.
S'étant douchée la veille avant d'aller se coucher, Riza fit juste une toilette rapide avant de descendre au salon de réception en compagnie d'Hayate. Qu'elle ne fut pas sa surprise de voir son supérieur déjà présent, l'attendant.
- Bien dormi... ?
Riza sentit qu'il hésita à ajouter son prénom à la fin de sa question, il est vrai que la veille, elle n'avait pas répondu à sa question sur le fait de s'appeler par leur prénom... En fait, ils s'étaient juste contentés d'éviter d'employer le moindre titre, restant neutre... Et si pour la soirée ça avait parfaitement fonctionné, elle sentait que ça allait être compliqué de rester ainsi le temps de leur séjour... Pourquoi l'idée de l'appeler Roy la dérangeait tant que ça ? Après tout, il s'agissait simplement de son prénom...
N'osant pas répondre de travers elle se contenta de répondre par un hochement de tête et de le suivre pour prendre le petit déjeuner. Comme la vieille tout se passa bien mais pourtant, Riza sentit un malaise naître... Ce malaise émanait d'elle... Le Général n'arrêtait pas de lui sourire... Un sourire rempli de sous-entendus qu'elle ne pouvait pas ignorer... Qu'est-ce qui lui prenait de se comporter de la sorte ? C'était très gênant pour elle... Et le pire fut certainement quand il l'appela Riza... Elle en perdit toute contenance ! Et pourtant, elle ne trouva rien à lui reprocher puisque la veille quand il avait suggéré de laisser tomber les grades, elle n'avait pas refusé... En fait elle n'avait rien dit... Ce qui revenait à dire que ça ne la dérangeait pas entre autres... Bref, voyant qu'elle ne l'avait pas repris sur ce fait, il avait passé le reste de la journée à l'appeler par son prénom...
Ils avaient commencé par une grande randonnée tout au long de la matinée, faisant le tour complet du lac. C'était très agréable et reposant pour l'esprit de la blonde, mais assez éprouvant physiquement puisqu'ils durent marcher dans des sentiers parfois enneigés, sur plus de dix kilomètres. M'enfin, ils avaient connu pire durant leurs années à l'académie !
Ils avaient déjeuné au restaurant de l'auberge à l'heure du midi puis étaient restés dans le village pour le reste de la journée, mais cette fois-ci en laissant Hayate se reposer au chaud dans le hall de l'auberge près de la cheminée. Le tour du lac dans la neige l'avait épuisé et ses coussinés étaient tout gelés.
Bien évidemment, ils atterrirent à la patinoire et Riza enfila ses patins comme si elle était née avec. Elle se laissa glisser sur la glace avec une telle agilité. À l'inverse de son supérieur qui ne tenait pas en équilibre et qui termina sur les fesses une bonne douzaine de fois, faisant parfois rire la blonde malgré elle. Mais peut-être obtint-il gain de cause ? Car elle ne put nier que son sourire fut encore plus éclatant lorsqu'elle lui proposa de faire le tour du lac main dans la main, enfin gant contre gant pour être plus précis. Elle pouvait sentir la force de ses doigts entrelaçaient avec les siens, était-ce par peur de chuter ou pour être sûr qu'elle ne le lâcherait pas ? Voulait-elle seulement connaître la réponse ? Elle restait tellement incrédule de son comportement... Il agissait avec elle comme s'ils sortaient ensemble... Sauf qu'il ne l'embrassait pas et ne la touchait pas, du moins n'avait-il rien tenté de la sorte jusqu'à maintenant... Enfin, en vérité, c'était elle qui lui avait tendu la main et il s'était empressé de l'attraper... Est-ce que tout cela était intentionnellement préparée ? Aurait-il fait semblant de ne pas savoir patiner pour qu'elle l'aide ? Parce que bizarrement, il n'avait plus perdu l'équilibre depuis que sa main serrait la sienne. Elle pouvait sentir sa chaleur à travers son gant et son coeur s'emballa légèrement.
Prise de panique, elle demanda à quitter la glace, prétextant avoir froid.
Roy lui proposa donc un chocolat chaud, qu'elle ne put refuser... Tout ce qu'elle voulait, c'était retourner à East City et reprendre sa routine quotidienne. La situation lui échappait et elle ne savait pas quoi faire... Elle devrait remettre son supérieur en place mais elle n'y arrivait pas... Était-ce à cause du cadre dans lequel il se trouvait ? Il était passé dix-sept heures et la nuit était tombée rapidement sur le village à présent éclairé d'un millier de lanternes, ce qui rendait le paysage unique et magnifique. Ils étaient tous les deux assis sur un banc, observant le paysage et savoureux leur breuvage. Il n'y avait rien de dérangeant et d'interdit dans cette action, mais sentir le genou de son supérieur contre le sien lui coupa le souffle et son cœur s'emballa de nouveau. Il était vrai que le cadre donnait envie de craquer et de profiter de cette parenthèse idyllique, mais elle ne devait pas perdre de vue leurs objectifs.
- Il se fait tard ! Nous devrions retourner à l'auberge... Se leva-t-elle, raide comme un piquet.
Bon d'accord, il n'était pas si tard que ça et c'était le fait qu'il fasse déjà nuit noire qui donnait cette impression, mais elle sentait ce besoin de solitude l'envahir et surtout, elle avait besoin de mettre de la distance entre son supérieur et elle. Une bonne douche la réchaufferait et lui mettrait les idées aux clairs, ensuite, elle imaginait bien sa fin de journée dans la salle commune de l'auberge, posée dans un fauteuil près du feu, avec Hayate à ses pieds, lisant un bon livre. C'était un bon programme non ? Après tout, elle n'était pas obligée de restée "collée" à son supérieur, c'était "ses" vacances. Elle pouvait également prendre du temps pour elle. Seule !
- Déjà ? S'exclama l'alchimiste.
Riza pouvait sentir la déception dans sa voix et le regard qu'il lui lança lui serra le cœur. Visiblement, il avait encore des choses en tête. Mais avait-elle seulement envie de les connaître ? Cherchait-il réellement à la faire craquer ? Dans quel but ?
- Cette journée a été bien épuisante, se justifia-t-elle alors. J'aimerais me reposer pour la fin de la soirée...
Elle espérait ne pas le décevoir, lui qui semblait si excité de partager un maximum d'activités ensemble. Après tout, ils avaient aussi besoin de se reposer pour être en forme pour la journée qui les attendait demain.
- C'est le moment idéal pour aller aux sources chaudes !
Pardon !?
Riza beugua un instant devant la remarque de son supérieur qui s'était levé à son tour, déterminé.
Des sources chaudes ?
Maintenant qu'elle y repensait, il avait mentionné quelque chose de ce genre la veille lors de leur diner.
Pourquoi cette idée la dérangeait... ? Pourtant, il n'y avait rien de mieux qu'un passage aux sources chaudes pour se détendre et se relaxer ?
Riza n'eut pas le temps de se poser plus de questions qu'elle sentit la main de son supérieur s'emparer de la sienne et l'emmener en direction d'où devait se situer les sources chaudes.
Dans quoi était-elle en train de s'embarquer ?
oOo
Roy n'aurait jamais cru que Riza le suivrait aussi facilement en direction des sources chaudes. Il n'avait pas encore réussi à l'informer du tout récent changement de loi. Celui qui leur permettait depuis ce jour, de se fréquenter librement. Il ne savait pas comment aborder le sujet... Il pensait qu'elle lui aurait fait une remarque d'elle-même, puisqu'il n'arrêtait pas "doucement" de lui faire du rentre dedans, mais elle ne réagissait pas ou alors elle réagissait sans pour autant le remettre à sa place... Il savait que si elle abordait le sujet de la loi, il parviendrait enfin à lui dire... Mais jusqu'où devrait-il aller pour qu'elle réagisse enfin ?
Les sources chaudes... L'idée lui balança soudainement une envolée de papillon dans l'estomac... Riza se rendait-elle compte de ce que cela impliquait !? Être tous les deux dans une source aussi peu pudique... ? Certainement pas, sinon elle n'aurait pas accepté aussi facilement. Comment allait-elle réagir à leur arrivée sur place ? Il n'allait pas tarder à le savoir.
- Nous y voilà, sourit-il alors qu'il pénétrait dans l'établissement.
Il l'observa du coin de l'œil afin de guetter sa réaction, mais elle semblait véritablement frigorifiée car elle se détendit une fois dans la chaleur des lieux. Elle regarda autour d'elle d'une expression assez neutre. Un regard impénétrable digne de la Riza qu'il connaissait. Quelque chose lui disait que ce regard n'allait pas rester très longtemps aussi impénétrable.
Il s'approcha de l'hôtesse d'accueil pour "réserver" une source privée. Enfin, "réserver" était un grand mot car ce matin, il s'était levé tôt exprès. Il avait toujours eu l'intention de venir ici, mais ne sachant pas à quelle heure, il avait réservée cette source privée pour toute la fin de journée, car il savait comme l'endroit était prisé et que beaucoup de couple aimait passer un moment de détente dans les sources à la fin de la journée. Bien évidemment, il y avait la source publique, d'où la vue sur le village illuminée était magnifique, mais ce soir, il voulait l'attention de Riza uniquement pour lui. Il était temps de tout lui dévoiler et de voir où cela les mènerait.
- Une source privée !? Murmura Riza, totalement choquée, lorsqu'elle réalisa.
Elle observa son supérieur comme s'il avait perdu la tête, cette fois-ci, il voyait à son regard qu'elle ne comptait pas fermer les yeux et faire semblant de rien.
- Je me suis dit que ce serait mieux, haussa-t-il les épaules semblant de rien. Au moins, nous ne risquons pas d'être reconnus !
Mais cette excuse ne sembla pas convaincre la jeune femme. Ce n'était pas autant le fait d'être prise en faute qui l'inquiétait... C'était de commettre une faute et de vivre avec sur la conscience. Seulement, elle ignorait encore qu'aucune faute ne serait commise.
- Vous me faites confiance ?
Son regard se fit tout à coup très sérieux et Riza en fut totalement déstabilisée. Elle ouvrit les yeux en grand, ébahie, et déglutit, ne sachant pas quoi répondre. Évidemment qu'elle avait confiance en lui, quand il s'agissait de l'armée et d'avancer vers le sommet. Mais ici, dans ces sources chaudes, juste tous les deux... Après la journée qu'ils venaient de passer, Riza ne savait pas si elle pouvait... Devait ! Lui faire confiance...
Voyant qu'elle ne répondait pas, l'alchimiste pouffa légèrement, Riza était quelqu'un de très dur à soumettre à un acte d'hors-la-loi, c'est ce qu'il aimait chez elle, mais ce soir, il en avait marre d'attendre qu'elle craque et le rappel à l'ordre. Ce fut lui qui céda.
- Et si je vous dis que vous n'avez rien à craindre de l'armée ? Chuchota-t-il tout doucement contre son oreille, d'une voix suave, tout en faisant exprès de laisser sa main venir glisser dans une très sensuelle caresse sur son poignet jusqu'au bout de ses doigts.
Il sentit le corps de Riza se figer et s'électriser à son contact, qu'est-ce qu'il aimait l'effet qu'il lui produisait.
- Comment ? Balbutia-t-elle, incrédule.
On lisait sur son visage qu'elle avait l'impression d'avoir raté un train, ce qui était en quelques sortes le cas, même si pour le coup, c'était Roy qui avait fait en sorte qu'elle le rate.
- Venez, répondit-il simplement en l'entraînant vers la source qui leur était réservée.
Il n'avait pas envie d'avoir cette discussion dans le hall d'accueil des sources chaudes. Il l'emmena donc vers l'endroit qu'il avait réservé pour eux. C'était le plus reculé du site, celui qui offrait le plus beau panorama sur la forêt enneigée et le lac gelée. La neige scintillait sous l'éclat de la lune et c'était magnifique à voir. Il faisait sombre, mais ça avait son charme. Leur source chaude privée était un petit bassin naturel, en extérieur, ils avaient un petit chalet à disposition, comportant une salle de bain pour se changer et se doucher et un coin salon composé de deux petits fauteuils situaient devant une cheminée où crépitait un feu à l'intérieur de celui-ci. C'était l'endroit parfait pour discuter sans être dérangé.
- Que se passe-t-il ? Fronça les sourcils Riza, ne profitant même pas du décor des lieux.
- Pourquoi êtes-vous si autoritaire ? Souffla-t-il doucement. N'avez-vous tout simplement pas envie de profiter de la chaleur des sources chaudes ? Répondit-il simplement, désignant d'un coup de tête la source à l'extérieur qui lui faisait de l'œil.
Riza lui répondit par un froncement de sourcil méfiant, mais il tint bon et ne céda pas. Il savait que s'il parlait maintenant, il ne pourrait pas profiter de la source et mine de rien, il voulait se détendre... Rien ne les empêchait d'en parler dans l'eau ?
- Je ne vais pas vous sauter dessus ! Renchérit-il, la rassurant sur le fait d'un possible rapprochement.
Bon il n'était pas contre cette idée, mais franchement, le premier soir !? Il l'attendait depuis tellement d'années, il n'allait pas franchir toutes les étapes dès le premier jour. Déjà que ce moment assez intime les dépassait légèrement !
- Il n'y a rien de mal à se détendre ! Défendit-il sa cause, faisant référence à la grosse journée qu'ils venaient de passer.
Une journée merveilleuse qu'il ne regrettait nullement. Ce moment de simplicité, c'était tout ce qu'il voulait.
- Et je vous rappelle que ces vacances sont une idée du Généralissime ! Sourit-il citant le Généralissime pour compléter sa défense.
Bien évidemment, cela ne changea nullement l'expression de Riza qui montrait clairement à l'expression de son visage qu'elle voulait des explications.
- Bien... Restez ici, si vous le souhaitez ! Mais moi j'y vais ! Rétorqua-t-il devant son silence et ses bras croisés sous sa poitrine.
Et confirmant ses paroles, il se dirigea vers la salle de bain pour se déshabiller. Des serviettes étaient à disposition et il en passa une autour de sa taille avant d'enfiler un peignoir bien chaud pour sortir à l'extérieur ainsi qu'une paire de chaussons. Lorsqu'il sortit de la salle de bain, Riza était toujours aussi soupçonneuse. Il fit semblant de rien et se rendit devant l'immense baie vitrée, se retournant une dernière fois avant de sortir.
- Cessez donc de vous prendre la tête et détendez-vous Riza ! Lui sourit-il alors.
Puis il sortit dans le froid de l'hiver. Le vent glacé lui mordait la peau lorsqu'il retira son peignoir, mais n'attendant pas plus longtemps, il descendit dans le bassin avec un petit soupir de satisfaction.
Une fois confortablement installé, il regarda dans le petit chalet. Riza n'y était plus visible. Elle ressortit un instant plus tard de la salle de bain, ce qui arracha un sourire de satisfaction à l'alchimiste. Elle cédait et il aimait savoir qu'elle était prête à enfreindre le règlement de l'armée. Enfin "enfreindre" à ses yeux, puisqu'à partir d'aujourd'hui, ils n'enfreignaient plus rien du tout.
- Je ne vous attendais plus, se moqua-t-il doucement lorsque Riza le rejoint dehors.
Bien évidemment, il ne faut pas trop en demander à la jeune femme qui le fusilla du regard.
- Retournez-vous, lui ordonna-t-elle, alors qu'elle s'apprêtait à retirer son peignoir. Elle avait beau avoir noué une serviette autour de sa poitrine, elle gardait un minimum de pudeur.
Le brun ne broncha pas et obtempéra. Le but était que Riza vienne dans l'eau avec lui, pas de la faire fuir !
Des gouttes de sueur coulèrent dans son cou. Était-ce à cause de la chaleur de cette source ou le stress du changement qui s'apprêtaient à avoir lieu ? Certainement un mélange des deux.
Lorsqu'il se retourna, il ne voyait plus que le haut de la serviette de Riza, qu'elle tenait fermement, ainsi que ses épaules nues et sa tête. Juste cette image lui retourna l'estomac dans une méga envolée de papillons. Il avait tellement l'habitude de la voir en uniforme, avec son éternel col rouler. La vue de ses douces épaules lui coupa le souffle. Ses joues étaient légèrement rouges. À cause de l'ambiance qui régnait entre eux ou de la chaleur de la source ? Roy aimait à penser que la première raison en était la cause.
- N'est-ce pas une fin de soirée agréable ? Souffla-t-il en s'approchant d'elle.
Il pouvait la sentir troublée. Elle évitait de regarder dans sa direction et préféra concentrer son regard vers le décor naturel qui entourait les lieux.
- Je ne sais pas si agréable est le mot à employer... Finit-elle par murmurer... Étrange serait plus approprié...
Roy sourit, il était temps qu'il mette fin au supplice intérieur que vivait sa jolie blonde et surtout, à son propre supplice ! Qu'est-ce qu'il rêvait de l'embrasser depuis ce matin ! Il s'était retenu toute la journée !
- Riza, il faut que je vous annonce quelque chose.
Surprise, elle détourna son regard du ciel étoilé pour porter son attention sur lui, intriguée.
- Je pensais que vous me remettriez en place bien plus tôt... Et je vous l'aurais annoncé à ce moment-là ! Mais vous ne l'avez jamais fait... Et pourtant, j'ai dépassé plusieurs fois les limites...
La blonde confirma d'un mouvement de tête. Elle n'avait rien dit de peur de briser cette bulle de vacances et parce qu'égoïstement, elle avait apprécié les petites attentions de son supérieur envers elle, même si elle savait que ce n'était pas bien. Pour elle, même si les gestes étaient déplacés, il n'y avait rien eu d'interdit, on n'allait pas envoyer deux personnes en cours martial parce qu'ils s'étaient tenus la main au cours d'une balade en patin à glace tout de même ? À la rigueur, ils auraient pu se prendre un avertissement pour paroles jugées déplacées dans le contexte de l'armée...
- Mais je ne tiens plus et j'ai terriblement envie de vous embrasser... Murmura-t-il sa dernière phrase, confus, tout en s'approchant d'elle.
Riza écarquilla les yeux et ouvrit la bouche, ne sachant pas quoi répondre. Elle ne s'était pas attendue à une telle remarque.
- Général ! Le gronda-t-elle du regard. C'est une limite à ne pas franchir ! Le prévint-elle du regard de ne pas faire un pas de plus dans sa direction.
- Une limite pour qui ? Pour vous ? Ou à cause de l'armée ? Répondit-il alors, un petit sourire intrigué sur le coin des lèvres.
- Quoi !? S'offusqua Riza, prise au dépourvue par cette remarque. Ça va à l'encontre du règlement militaire, vous le savez aussi bien que moi ! Se sentit-elle obligée de faire remarquer.
- En effet, approuva-t-il, entièrement d'accord avec elle. Mais ma question, c'est de savoir si je dépasse une de "vos" limites en vous embrassant... Renchérit-il alors, le plus sérieusement du monde, ce qui déstabilisa encore plus sa blonde.
- Je ne suis pas certaine de comprendre où vous voulez en venir... Fut tout ce qu'elle parvint à lui répondre.
Roy s'amusait de la situation, mais il sentait que ce n'était pas le cas de Riza, alors il précisa.
- Si l'armée n'était plus une limite entre nous... Me laisseriez-vous vous embrasser ?
Bien évidemment, la surprise et le choc sur le visage de la blonde ne se firent pas attendre.
- Quoi !? Qu'elle est...
- Répondez simplement à ma question, la coupe-t-il, ne lui laissant pas le temps de se perdre en demande d'explication.
Riza se tut, confuse. Bien évidemment, la jolie teinte rouge qui venait colorer ses joues répondait à la question, mais Roy voulait l'entendre de vive voix.
- Je... Oui... Souffla-t-elle alors, simplement, la gorge soudainement très sèche.
Roy sourit, il ne lui en fallait pas plus pour combler la distance qui les séparait et s'emparer de ses lèvres. Il attendait ce moment depuis si longtemps. Si Riza resta figé, toujours sous le choc, elle répondit très rapidement au baiser qui se fit légèrement plus fiévreux. Ou alors était-ce le fait qu'ils étaient tous les deux dans les sources chaudes qui donnait cette impression ?
En tout cas, ce baiser prit fin et front contre front, ils reprirent leur souffle en s'observant. Roy pouvait lire sur le visage de Riza qu'elle se posait beaucoup de questions.
- La loi anti-fraternisation a été modifiée et cette modification prend effet dès aujourd'hui, l'informa-t-il alors, pour qu'elle arrête de se tracasser l'esprit.
- Pourquoi je n'ai pas été informée d'une telle nouvelle ? Fronça-t-elle les sourcils.
- Parce que sinon, ça n'aurait pas été une surprise, souffla-t-il alors contre ses lèvres en riant avant de l'embrasser à nouveau.
Riza y répondit, mais elle y mit très vite fin, elle avait encore besoin d'explications.
- Pourquoi n'avoir attendue que ce soir ? J'ai cru que j'allais devenir folle à cause de votre attitude ! Ça devenait très difficile de ne pas succomber ! Le gronde-t-elle de lui avoir fait ressentir toutes ses émotions inutilement.
- Vous ne m'avez jamais remise à ma place... Hausse-t-il simplement les épaules. J'attendais que vous me parliez du règlement de l'armée !
La blonde pouffa en levant les yeux au ciel. Roy s'apprêtait à lui demander pourquoi elle réagissait ainsi quand elle répondit par elle-même.
- Je ne voulais pas pour autant vous voir vous arrêtez vos petites attentions envers moi... Murmura-t-elle, gênée.
Sa remarque fit pouffer Roy à son tour. Décidemment, ils étaient parfois de vrai imbécile...
- Merci pour cette parenthèse de douceur, s'exclame soudainement Riza en se blottissant contre son torse.
- Merci à toi d'être toujours là, souffla-t-il pour toute réponse en refermant ses bras autour d'elle.
- Je t'ai promis de te suivre jusqu'en enfer je te signale, lui fait-elle remarquer avec un petit clin d'œil.
- C'est vrai, concède-t-il. Mais je préfère t'emmener au paradis, renchérit-il en l'embrassant.
Riza se mit à rire à travers leur baiser, mais il avait raison, ces "vacances" surprises étaient un véritable voyage au paradis. Demain soir ils reprendraient la route d'East City, parce qu'ils avaient encore beaucoup de travail qui les attendait, mais pour l'instant, elle profitait de cette parenthèse au paradis. Assis l'un contre l'autre au bord du bassin des sources chaudes, ils admirèrent la nuit étoilée en parlant de tout et de rien. La tête de Riza reposant sur l'épaule de Roy. Ils quittèrent les lieux que très tard dans la soirée, plus détendu que jamais.
Ils dinèrent à l'auberge, plus amoureux et complice que jamais et lorsque vint l'heure d'aller se coucher, Riza se sentit comme une adolescente. Elle dut prendre sur elle pour ne pas courir dormir dans la chambre de Roy. Elle était plus sage que ça et quelque chose lui disait que se serait encore plus excitant de ne pas brûler les étapes.
Il fallait entretenir la flamme du désir entre eux et l'étincelle qu'ils pouvaient chacun lire dans le regard de l'autre n'était pas près de s'éteindre, bien au contraire.
Fin.
