Texte 8 : Game of thrones (Jon x Jaime)

Contexte : UA post saison 8

Mot du calendrier Kinai : Préparer

Pour Litany,

La personne que j'admire le plus


Jaime n'avait jamais été un grand dormeur. Ses fonctions de chevalier blanc l'avaient contraint à adopter un rythme de vie assez soutenu, entre les gardes et les patrouilles à assurer. Lors de ses rares moments de repos, il peinait aussi à trouver le sommeil, le fantôme d'Aerys venant hanter son esprit.

Toutefois, il n'avait jamais aussi peu dormi qu'à Winterfell. Jaime accusait le climat nordien de le maintenir réveillé, mais la vérité penchait plutôt du côté des souvenirs de la Grande Guerre. Bien qu'ils aient vaincus les Marcheurs Blancs, les combats avaient été rudes et éprouvants. Les pertes avaient été elles aussi déchirantes ; Jaime avait ainsi vu Brienne mourir sous ses yeux. La culpabilité de sa mort l'empêchait de fermer les yeux et, quand il finissait par sombrer, il se réveillait avec le fantôme d'une autre blonde.

Nous étions censés quitter cette terre ensemble, Jaime, lui reprochait le spectre de Cersei dont les cheveux autrefois dorés étaient remplis de cendres.

Pourquoi fallait-il que les deux femmes de sa vie ne s'accordent qu'au moment de le tourmenter par leurs yeux accusateurs ?

Pour échapper une nouvelle fois à leurs fantômes, Jaime se résolut à quitter la chambre qu'on lui avait attribué. Le château était plongé dans le noir, mais après six mois passés à Winterfell, il avait apprit à s'y repérer. Ce fut donc sans bruit ni lumière qu'il se dirigea vers les cuisines, espérant y trouver de la nourriture pour chasser ses sombres pensées. Une fois arrivée dans les lieux, il ne fut pas surpris de les trouver déjà occupés : Jon Snow était attablé.

Jaime vint s'asseoir à ses côtés, silencieusement. Il ne lui demanda pas ce qu'il pouvait bien faire ici à cette heure-ci. Depuis son installation à Winterfell, les deux hommes s'étaient en effet retrouvés de très nombreuses fois dans cette situation. Le lion savait donc que Jon était en proie aux mêmes insomnies que lui, les siennes étant causées par une Daenerys plus puissante et plus folle que jamais. Il ne lui demanda pas non plus comment il allait ; il savait qu'il n'obtiendrait qu'un mensonge en guise de réponse. Il se contenta plutôt de pointer du doigt ce qui se trouvait devant le nordien.

- C'est quoi ce bordel ?

Six mois auparavant, Jon se serait indigné devant un tel langage. Aujourd'hui, le loup se contenta de continuer sa tâche, un léger sourire aux lèvres.

- Je prépare des sablés à la pâte d'amande.

- Et... qu'est-ce qui vous prend de cuisiner des sablés en plein milieu de la nuit ? D'habitude, vous les mangez plutôt...

- Je sais, rigola Jon. Mais une tradition du Nord veut qu'on mange des sablés le jour de Noël. demain c'est Noël. Je voudrais que les cuisiniers puissent en avoir qu'ils n'en auraient pas fait.

- Vous êtes décidément bien bon, murmura Jaime.

- Vous voulez m'aider à les préparer ?

Avant, Jaime aurait rit devant l'idiotie qu'était cette suggestion. Ce soir-là, il embrassa avec reconnaissance la proposition de Jon : il allait pouvoir éviter de penser au fait que pour la première année de sa vie, il ne fêterait pas Noël avec Cersei. Il se saisit donc de la farine et suivit avec diligence les instructions du brun. Jon dû trouver qu'il se débrouillait plutôt bien puisqu'au bout de quelques sablés, il cessa de lui donner des directives pour l'interroger :

- Vous avez des coutumes différentes, dans l'Ouest ?

- Nous formulons une résolution à minuit.

- Ce n'est pas pour le jour de l'an, plutôt ? s'étonna Jon.

- Il y a les deux. Les sérieuses sont pour la nouvelle année, mais la résolution la plus importante est pour Noël. Le père Noël est censé t'offrir en présent la force de la mener à bien.

Jon médita quelques instants l'information, avant de déclarer :

- Alors je formule la résolution de mieux dormir la nuit. J'aurais bien besoin d'un coup de main du Père Noël. Et vous ?

- Nous ne sommes pas censé le dire, répondit Jaime.

Il espérait que l'obscurité empêche le brun de déceler la rougeur de ses joues. Il venait en effet de mentir ; personne n'avait jamais recommandé à quiconque de taire sa résolution. Mais celle-ci était si pathétique qu'il n'osait l'admettre à voix haute.

Je veux oublier Cersei et Brienne...

Il revint à la réalité en sentant une main sur sa joue.

Celle-ci partit aussi rapidement qu'elle n'était arrivée, laissant un Jon pantois.

- Je suis désolé, vous... vous aviez de la farine et...

- Ce n'est pas gênant, murmura Jaime en essayant de s'essuyer.

Ils restèrent silencieusement quelques instants, jusqu'à ce que le brun ne fasse remarquer :

- Vous en avez toujours.

Jaime aurait dû s'aider d'un objet réfléchissant ou demander au loup de le guider. Au lieu de cela, il se surprit à lui demander :

- Vous pourriez l'enlever ?

Les doigts graciles de Jon s'exécutèrent et, quand une bouche timide vint les remplacer, Jaime ne fut qu'à moitié surpris. Il s'empressa de dégager sa joue pour offrir au brun ses lèvres assoiffées d'amour. Les sablés furent ainsi rapidement oubliés, au profit d'une exploration enfarinée et tendre.

Quand Jon lui suggéra de regagner leurs chambre, ou bien la sienne s'il préférait, Jaime sourit.

Pour la première fois de sa vie, sa résolution était en voie d'être accomplie.

Je veux oublier Cersei et Brienne... dans tes bras, Jon.