Moribito One-Shot

Jin After Story


Langage : Français

Rated : T

Genre : Family, Romance, Fluff, Spiritual

Personnages : Taiga (Jin), OCs, Mayuna (mentionné)

Pairing : Taiga/OFC, Taiga/Mayuna


Note : Cette scène est tirée de mon troisième volume Kazoku no Moribito et a totalement été inchangée. Je l'ai séparée de sorte que ça fasse un petit One-Shot. Ce passage peut se lire séparément si on n'a pas suivi ma trame originale, mais je conserve toujours mon OC principal, Alika, car elle a quand même un petit rôle à jouer ici.

En clin d'œil pour Platy (EvilReceptionistOfDoom), Jin (alias Taiga) le hunter a trouvé une place parmi ma saga. Et j'ai également été inspiré par son propre fanon.

Sur ce, bonne lecture :3


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Taiga, plus connu sous le pseudo « Jin », espéra de tout cœur que, malgré l'alliance échouée avec Rota et Kanbal, Chagum puisse réussir, d'une quelconque façon, à sauver ceux qu'ils aimaient. Il l'avait vu si dévasté, si désespéré... Et Taiga avait été impuissant face à tout ça.

Il soupira et rentra à son tour au quartier des hunters. Il n'eut aucun mal à retrouver Mon qu'il croisa sur sa route alors qu'il montait les escaliers de pierre.

« Je vois tu es aussi de retour au bercail, Taiga, salua Mon. Je suis content de te revoir.

- Moi aussi, Okashira.

- As-tu le temps de me faire un rapport rapide quant à ta mission de protéger le Prince Héritier, Chagum ? »

Taiga baissa la tête. Il n'avait pas été capable de cacher à son chef le but de sa mission quant à protéger Chagum qui était encore en vie. Comme il n'aimait pas mentir, il avait dit toute la vérité à Mon en lui faisant promettre de ne pas mettre le Mikado ou le Saint Sage au courant. Mon avait tenu paroles.

« J'ai réussi, finit-il par dire, mais notre alliance n'a pas fonctionné... Yogo ne recevra pas l'aide militaire de Rota ni de Kanbal.

- Au moins, vous avez essayés. Tu dois être épuisé, alors rentre chez toi aussi vite que possible. »

Taiga fit un signe de tête et tourna les talons après avoir récupéré ses biens personnels dans la chambre qui lui était attitrée avant de quitter la bâtisse. Il traversa une petite forêt et descendit un escalier de pierres polies avant de passer sur un ponton qui traversait un petit ruisseau à demi-gelé. Le soleil descendait à l'horizon. Jin observa le paysage blanc couvert d'un fin duvet de neige. Un sourire illumina son visage quand il vit des sculptures de yukiusagi orner les rampes d'un balcon de manoir. Il y avait aussi des traces de pas dans la neige. Sur une plaque en or, au-dessus de la porte, était écrit en vieux Yogoese « propriété Amusuran ».

« De retour à la maison, murmura-t-il. »

Au lieu d'entrer par la porte principale et celle des visiteurs, Jin avait contourné le manoir pour trouver la porte arrière, qui était plus discrète. Il ouvrit le shogi et se dépêcha de le refermer pour empêcher l'air chaud de s'échapper.

« Je suis de retour, annonça-t-il. »

Il n'y eut aucune réponse. Jin s'approcha du salon et répéta sa phrase à nouveau. Une jeune femme sursauta, assise sur une montagne de coussins. Elle portait des cheveux bruns ondulés, avait de grands yeux bruns, un teint pâle et ses traits montraient qu'elle était clairement d'origine Kanbalese. Elle était âgée de vingt-neuf ans, soit, quatre ans et demi de moins que Jin.

« Taiga ! le salua-t-elle en se redressant rapidement.

- Bonjour, Maya, ma chérie. »

Elle le parsema de baisers et l'attira à la cuisine.

« Je vois que tu t'es laissée les cheveux détachées aujourd'hui, la complimenta-t-il.

- J'aime être décontractée, quand je ne suis pas obligée de forger des liens avec les femmes des autres manoirs Yogoese. »

Taiga avait rencontré Maya, à Kanbal, lors d'une mission diplomatique auprès du roi Radalle, agissant comme garde. Il avait loué une chambre dans une auberge, à la capitale de Kanbal. La propriétaire, Kora – qui était la mère de Maya – avait été accueillante et généreuse. Les Kanbalese étaient peut être pauvres, mais ils étaient reconnus pour leur bonté sans borne. À force de le voir fréquenter son auberge, elle avait vu une chance pour sa fille unique, Maya, d'avancer dans sa vie. Celle-ci était en âge de se trouver un mari, de préférence riche, chose qui était presqu'impossible à trouver si l'homme ne faisait pas parti des Lanciers du Roi, ou du cercle du Roi en lui-même. Comme elle ne trouvait personne qui convenait à sa fille unique, l'homme qui possédait l'hypothèque de l'auberge avait souvent menacé Kora que si elle ne se décidait pas, son idiot de fils épouserait Maya.

Maya avait retrouvé Taiga dans sa chambre et, étant très bavarde, elle lui avait parlé toute la nuit durant. Au petit matin, Kora avait demandé à Jin d'escorter Maya jusqu'à la capitale, car la route n'était pas sûre et qu'il allait de toute façon dans cette même direction. Jin n'était pas tombé amoureux d'elle sur le coup – étant encore trop émotionnellement attachée à sa défunte fiancée, Mayuna – à comparer de la jeune femme Kanbalese qui s'était sentie amoureuse de lui très rapidement. Leur relation avait mis du temps à se développer, mais Jin ne cachait pas que même si physiquement, Maya et Mayuna ne se ressemblaient d'aucune façon, elles possédaient le même sourire. Elles étaient aussi optimismes, positives et aventureuses. Et même que dans les premiers temps, il avait par habitude, et par accident, appelée Maya par le prénom de Mayuna.

Taiga avait dû recevoir une autorisation spéciale afin d'épouser une paysanne Kanbalese, et Shuga n'avait pas vraiment été ravi de cela, car les hunters étaient censés épouser d'autres nobles Yogoese, pas des étrangers ni des pauvres... et Maya était à la fois les deux : étrangère et pauvre. Son Yogoese n'était pas génial non plus, au début, et elle ne connaissait pas les us et coutumes du Nouvel Empire de Yogo. Néanmoins, Jin s'était marié à elle de façon privée et intime, n'invitant qu'une prêtresse, Mon comme étant son témoin et la mère de Maya, qui avait fait le chemin de Kanbal jusqu'à Yogo pour voir sa fille s'unir à lui.

« Tu ne devineras jamais qui j'ai croisé pendant mon travail, s'amusa Taiga alors que Maya lui versait une tasse de thé chaude.

- Qui donc ?

- Balsa.

- Balsa la lancière ?! s'égaya-t-elle soudainement.

- Oui, elle. »

Depuis que Maya avait entendu parler de Balsa, via la cérémonie des remises à Kanbal, elle l'avait pris pour modèle et héro. Son admiration fut accentuée quand un musicien ambulant avait commencé à chanter ses exploits concernant le Prince Héritier Chagum et Balsa, la lancière. Le nom de la garde du corps avait une très bonne réputation à travers le pays, mais Maya se sentait plus proche d'elle que n'importe qui à Yogo, car elles possédaient des origines communes Kanbalese. Le prénom d'Alika avait aussi commencé à se faire de plus en plus connaître ces quatre dernières années, et lorsque Maya avait appris cette information, elle fut légèrement sous le choc. Qui aurait cru qu'une guerrière incontestée et aussi légendaire que Balsa avait des enfants ici-bas et les gardait secrets ?

« Comment tu l'as rencontrée au hasard ?! s'empressa-t-elle de demander.

- En protégeant le Prince Héritier Chagum d'un assassin, lors de notre retour de Kanbal ici. Maintenant, il est en sécurité avec elle.

- J'aurai tout donné pour la revoir !

- Je suis sûr que tu finiras par la revoir, la rassura Jin avec un sourire. »

En effet, comme Taiga allait porter les lettres de Chagum à sa deuxième famille vivant dans les montagnes, Maya l'avait accompagnée quelques fois et avait pu voir et parler à Balsa. À leur première rencontre, elle était tellement impatiente et nerveuse qu'elle avait failli tomber dans les pommes. Elle avait aussi fait la connaissance d'Alika et la dernière fois que Maya avait vu Balsa et sa famille, il n'y avait que Motoko et Nao qui s'étaient rajoutés en tant qu'enfants.

« Où sont Mayuko et Touji ? questionna Taiga.

- Ils sont avec Martha. Elle a dit qu'elle les ramènerait après l'heure du souper. »

Martha était le nom de leur servante, au service de la famille Amusuran. Mayuko et Touji étaient les enfants de Taiga et de Maya, après qu'ils se soient mariés. Leurs prénoms leur avaient été donnés en l'honneur du petit frère défunt de Taiga, Touji, et inspiré de celui de Mayuna, sa fiancée défunte.

« Tu savais que je revenais ce soir ? questionna Taiga.

- Non. Parfois, j'ai juste besoin de retrouver un peu de solitude pour recharger mes énergies, même si ça peut sembler égoïste. J'aime nos enfants plus que tout, mais j'ai aussi besoin de répit de temps en temps.

- Ne t'inquiète pas, je comprends. »

De temps en temps, même s'ils avaient des serviteurs pour s'occuper de la cuisine, Maya retrouvait ses racines Kanbalese et faisait des mets typiques de son pays natal tels que les lossos et la ponco. Jin mangea donc avec appétit ce repas en tête à tête avec elle. Ils étaient en plein milieu du dessert, en train de manger des marzipans lorsque la porte d'entrée principale s'ouvrit sur Martha. Elle portait Touji dans ses bras, un bambin pas plus vieux qu'un an et Mayuko à ses côtés, trois ans et demi, qui commençait à retirer ses bottes et son foulard. Ils avaient tous les deux les cheveux bruns et les yeux de la même couleur.

« Ha ! Otouchan ! s'écria Mayuko, se dépêchant de retirer sa cape avant de courir vers Jin.

- Je suis de retour, mon petit rayon de soleil, l'accueillit-il en la happant. Tu as été sage aujourd'hui ?

- Oui ! On a fait des yukiusagi ! Ils disent bonjour aux visiteurs !

- J'ai été bien salué à mon arrivé. »

Les cheveux bruns de Mayuko étaient attachés en deux chignons par des rubans rouges. Ce n'était pas un choix que les servantes ou Maya avaient choisi pour elle, non. Ce fut la fillette elle-même qui en avait fait la demande. Un peu surprit de cette coiffure qui était sans contester la façon dont sa défunte fiancée attachait ses cheveux, Taiga avait été pris de court.

L'avant dernière fois qu'il avait été voir Alika, soit avant la guerre, il lui avait demandé si c'était possible que Mayuna ait décidé de se réincarner dans un de ses enfants. Ça semblait totalement illogique ! Une âme sœur naissant dans le corps de l'enfant de sa douce moitié...

Heureusement, la médium lui avait dit que sa fiancée défunte était toujours dans le monde spirituel et n'avait pas l'intention de retourner dans le corps d'un vivant avant un moment, pas à cette époque du moins.

« Est-ce qu'elle m'en veut d'avoir pris une autre femme autre qu'elle ? avait alors questionné Taiga, stressé, alors qu'ils marchaient dans la forêt.

- Elle est possessive et un peu jalouse, le renseigna Alika, mais en même temps, elle ne veut pas que tu te bloques d'aimer une autre femme et elle comprend que tu ne peux pas terminer ta vie, seul, à repousser toutes les possibles rencontres qui puissent te faire évoluer et apprendre.

- Es-tu sûre qu'elle ne voudra pas assassiner Maya dans son sommeil ou dans ses rêves ?

- Mayuna connait ses limites et elle sait qu'elle ne peut pas faire du mal gratuitement sans être surveillée ou avoir un avertissement. Oui, ça lui fait mal de savoir qu'elle ne pourra jamais porter tes enfants dans cette vie-ci, ni même te marier ou te cajoler, mais ce n'est pas une raison pour que tu te bloques. Mayuna évolue aussi dans le monde spirituel, encore plus que sur Sagu. »

Suite à cette discussion, Taiga avait été soulagé et sa vie avait commencé à être plus épanouie en sachant que sa fille n'était pas la réincarnation de sa défunte fiancée. En y repensant, il donna un bisou sur le front de son enfant, se demandant si Mayuna avait choisi de la suivre sous forme spirituelle pour la protéger. Mayuko désira prendre un marzipan et se mit à le savourer quand son père lui en offrit la permission. Martha déposa Touji au sol, proche de Maya. Il alla sur les genoux de sa mère et écouta son père raconter ses récits d'aventure en tant que hunter, qui faisait de grands gestes pour expliquer ce qu'il avait vécu – exagérant beaucoup de détails également. Martha prit congé pour retrouver son mari dans ses propres appartements et passer du bon moment avec lui.

Lorsque Maya se redressa pour donner le bain aux plus jeunes, quelque chose attira le regard de Taiga. Il avait eu l'impression de voir une boule lumineuse, le quart d'une seconde, du coin de l'œil. La sphère s'était tenue proche de la fenêtre. Doucement, il sortit en mettant une main instinctivement sur un talisman qu'Alika lui avait offert – qui éloignait les mauvais esprits – mais vérifia également les alentours d'un possible espion Talsh qui se serait introduit dans le domaine des Amusuran. Il se détendit en n'y voyant rien. Le soleil venait de se coucher et il faisait déjà sombre, mais il crut apercevoir une lueur rougeâtre virevolter dans les airs pour se poser sur les branches d'un cerisier non loin de la bâtisse. Elle avait la forme d'un petit oiseau luminescent. Taiga le reconnut aussitôt : c'était un cardinal rouge ! Un des oiseaux préférés de Mayuna.

L'animal prit soudainement son envol et disparut dans le ciel de la nuit. Taiga ferma les yeux : décidemment, Mayuna le veillait au grain même de l'autre côté de ce monde. Cette pensée le soulagea et il se sentit léger et heureux, même s'ils étaient sur le point de rentrer en guerre. Il referma doucement la porte.